09.05.2008
Pascal Sevran (1945-2008)
"Christophe, le nouveau jardinier, est allé ramasser les premières fleurs dans le parc, sous les bois. Il a posé sur le rebord de la fenêtre un bouquet d'or pour moi. Il n'y a jamais eu qu'un jeune homme ici avant lui pour cueillir les fleurs. Stéphane avait le privilège des jonquilles."
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04.05.2008
Echec aux OGM
A peine remis de la cuisante défaite enregistrée aux municipales de Strasbourg par la liste Cutajar sur laquelle il s'était engagé avec fougue, Yann Wehrling s'est vu exclu des Verts par la direction nationale du parti. Son péché ? Justement ça. Une criminelle tentative d'hybridation entre un opportunisme centriste sans frontières et une écologie politique habituellement plus à l'aise quand elle convole avec les "socialistes" relookés "tout marché" et les dinosaures "communistes" abonnés à un productivisme qui fleure bon son plan quinquennal.
Qu'on se le dise. Chez les Verts l'ouverture à l'Autre a quand même des limites. Et l'on n'y plaisante pas avec certaines expériences métisseuses. C'est peut-être le coté "réac" de la nature verte. La vie exige d'y être perpétuée par des géniteurs de même souche (ADN certifié de "gauche"). Foin donc des chimères improbables manigancées par les docteurs Folamour du touillage génétique . Contrairement aux allégations d'un discours de tolérance sans cesse affiché on y récuse tout aussi bien le mariage de la carpe et du lapin que l'OGM trituré à partir du vert-galant et de l'ânesse de rancart. Principe de précaution oblige.
Pour les Verts, les frontières nationales c'est mal, mais les frontières politiques c'est sacré. Ci devant jeune pousse du monde politique alsacien Wehrling se retrouve donc privé d'étiquette, comme fauché au champ d'honneur de l'expérimentation politique, tel un vulgaire maïs Monsanto. Chez les Verts on se méfie de la dissémination sauvage des espèces invasives aussi burlesques soient-elles. Le voici donc privé d'étiquette et par conséquent dépourvu de cette traçabilité qui est devenue l'exigence minimale de tout consommateur citoyen. Remonter la piste de sa traçabilité n'a d'ailleurs rien d'infamant. Yann Wehrling, en effet, a fait ses premières armes auprès d'Antoine Waechter, authentique militant écologiste qui n'a jamais accepté de prostituer ses idées sur les trottoirs du libéralisme comportemental et des alliances contre-nature avec les forces d'un système économique dont la logique est à l'origine des immenses dévastations de nos écosystèmes.
Qu'on se rassure cependant, Wehrling ne restera pas longtemps un vert solitaire. Plutôt que de revenir à ses premières amours, il a juré qu'il soumettrait sous peu sa demande de réadmission au tribunal inquisitorial des Verts (chez les jeunes étalons ce syndrome du tournoiement et de l'aller-retour est curieusement appelé vertigo). Il ira donc à Canossa, dans l'espoir de dégoter un mandat grâce à la volaille de batterie socialiste, comme l'ont fait ses anciens-futurs amis désormais installés à la mairie et à la CUS pour y servir, à des postes de responsabilité s'il vous plaît, une authentique vocation désintéressée au service du bien commun.
Pour quelqu'un qui en veut cette solution est en tout cas plus sûre que les dix points imprudemment promis par Chantal Cutajar.
Coclès
20:35 Publié dans La Gauche bouge | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Droite, strasbourg, verts, Wehrling, Cutajar
01.05.2008
Quand l'Afrique s'éveillera
"Humanitairement, ce n'est pas la France qui va donner des leçons à la Chine". La déclaration d’Eunice Barber a le mérite de la clarté. Surtout lorsqu’elle rajoute : Il y a tellement de Noirs et d'Arabes qui se font incendier (ou massacrer selon la radio) en France. Là, les humanitaires ne se lèvent pas.
L’athlète poursuit : « J'aimerais que les Noirs soient un peu comme les Chinois, qu'ils se développent, qu'ils achètent tout ce qu'ils peuvent acheter. Ils ne font que du business. C'est ainsi qu'on respecte les gens et les Chinois on les respecte car économiquement ils sont bien. J'ai envie qu'on leur donne leur chance ».
Moralité, la charmante Eunice ne portera pas le badge imaginé par certains athlètes français.
La Droite Strasbourgeoise apprécie le vœu de cette sportive née à Freetown en Sierra Léone de voir l’Afrique se développer et s’étonne donc qu’elle n’ait pas préférer les couleurs du Sierra Léone pour incarner, à Pékin et ailleurs, cette Afrique qui s’éveille. Eveil, que nous appelons de nos vœux !
09:10 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : eunice, barber, chine, afrique, sport, droite, strasbourgeoise
28.04.2008
Sur la commémoration de la Shoah
Suite au succès presque interplanétaire de l'extrait de l'interview d'Emmanuel Todd à la Revue pour l'intelligence de monde, livré lundi dernier, la Droite strasbourgeoise remet le couvert avec un deuxième morceau choisi. Il a le mérite de montrer qu'en plus d'être lucide, l'auteur a de l'humour... qui peut ne pas faire rire tout le monde.
« Quand Sarko se rend compte qu'il n'a pas de solution pour résoudre la crise économique, il nous sort son gadget mémoriel sur la Shoah, qui prépare peut-être une nouvelle campagne islamophobe ! Dans la société française d'aujourd'hui ce ne sont pas les Juifs qui sont persécutés, je me permets de la dire en tant que descendant d'un grand rabbin de Bordeaux. Ceux qui en prennent plein la gueule pour des questions d'origine sont les musulmans [...]
Si on voulait vraiment emmerder Sarkozy, on appuierait son projet de célébration en demandant que les petits musulmans en soient dispensés, puisque eux n'ont pas participé à la Shoah ! Sarko a été un chouïa trop loin en montrant qu'il n'a rien compris au judaïsme, pas plus qu'aux banlieues d'ailleurs. Ceux qui ont vraiment morflé le sentent. Où est la joie de survivre au-delà des massacres, qui fait partie intégrante du judaïsme ? Il y a des choses avec lesquelles on ne fait pas joujou, parce qu'elles risquent de vous péter à la gueule ».
15:50 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : todd, shoah, islam, sarkozy, droite, strasbourgeoise, strasbourg
24.04.2008
Ode socialiste à l'humanisme.
L'autre soir Antenne 2 nous servait un docu-fiction sur Mitterrand à Vichy. Le film était suivi d'une série d'interviews où il était essentiellement question de l'antisémitisme vichyssois, du statut des juifs, de leur déportation et de la solution finale. Bien sûr on y fustigeait la cécité de cet homme de "droite" vis à vis de la souffrance juive, cécité que son passage, héroïque, dans la Résistance ne saurait absoudre. Devenu homme de "gauche" François Mitterrand n'aura certes pas lavé l'opprobre qui pèse désormais sur sa mémoire, mais au moins, comme le soulignait Edwy Plenel, le "trotskiste culturel" de service, en devenant "progressiste" sur le tard, aura-t-il acquis un droit aux circonstances atténuantes.
En 1961, le même François Mitterrand, pleinement acquis au "progressisme" publiait chez Julliard un essai intitulé "La Chine au Défi". Sur le grand timonier Mao Tsé Toung, il portait alors un jugement plein de mansuétude admirative. Un Mao que les historiens s'accordent pourtant à juger responsable de la mort de trente à soixante millions de Chinois. De ce jugement intempestif il n'est curieusement jamais question. Peut être que pour la "gauche" morale les Chinois ne sont pas tout à fait des hommes comme les autres et qu'après tout ces morts là furent immolés à un juste cause, celle du "progrès" comme dirait Plenel... Qu'on en juge par cet extrait :
"Mao n'est pas un dictateur, mais le magistère qu'il exerce lui confère un pouvoir sur son peuple que ne possédèrent jamais ni le fanatisme incantatoire (assorti d'un solide régime policier) de Hitler en Allemagne ni l'énergie dévorante et cynique de Mussolini en Italie; que n'acquerront jamais un Nasser en Égypte, malgré son astucieux mélange de violence, de ruse et de pondération, un Franco en Espagne, malgré l'insolente protection de ses trois gendarmes: l'armée, l'Église et l'argent. Il n'est pas non plus de l'école de Gandhi. Ce marxiste chinois ne peut que demeurer étranger aux méthodes de pensée et d'action d'un Nehru. La rigueur doctrinale s'allie en lui à un réalisme vigilant, au goût et à l'expérience du concret, à la volonté acharnée de bâtir une société qui réponde à ses exigences sans détruire au passage l'objet même qu'elle se propose de servir. Mao est un humaniste. Mais cet humaniste-là, qui mène une révolution conquérante depuis plus de trente ans (il a conduit des armées comme le partisan qui dresse une embuscade et comme le professeur d'école de guerre qui prépare sur la carte la retraite dont il attend la victoire et ne livre combat que sur le terrain qu'il a lui même choisi), qui accepte les devoirs d'un militant et qui se soumet aux disciplines formelles, échappe aux définitions ordinaires. Même en Chine, il représente un nouveau type d'homme. La sagesse, la culture n'ont de sens, pour lui, qu'identifiées à l'action."
François Mitterrand, "La chine au défi", Julliard, 1961, p. 27-28.
Coclés
12:45 Publié dans Les idées parlent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois, mitterrand, chine, défi, vichy, droite, strasbourgeoise
23.04.2008
Aimé Césaire : Y a pas bon...
Du recyclage de la négritude
par Pierre Damiens
Que Césaire ait chanté sa couleur et en ait fait une arme idéologique, on ne saurait l’en blâmer tout à fait. Il n’a fait en cela que suivre l’air du temps de ces années trente et quarante qui l’ont intellectuellement façonné, et au cours desquelles le fascisme puis le national-socialisme ont érigé la notion de race et d’identité culturelle comme fondement de l’édifice politique et social. Césaire n’est donc qu’un théoricien «racialiste» parmi d’autres, un des nombreux gauleiters tropicaux dont l’entreprise a pu prospérer, après que le règlement juridique et politique du conflit mondial a conféré aux peuples de couleur le monopole du nationalisme légitime.
Son succès, tout relatif quand on le compare à celui de l'épopée sioniste ou castriste, n’est pas dû à son seul talent. La lourdeur de sa plume, la pauvreté de son inspiration et la redondance de ses thématiques font de l’œuvre de Césaire un monument tautologique. Non. La réussite du concept de négritude provient essentiellement de son contexte et de sa contribution aux desseins hégémoniques des grandes puissances. A l’issue de la seconde guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS se sont partagé l’Europe. Cependant, les empires coloniaux britanniques et français subsistent. Il faut encore les dépecer afin de parachever la redistribution des cartes stratégiques. Tandis que les USA soutiennent discrètement les mouvements indépendantistes, Moscou met en branle le formidable outil de propagande qu’est le Parti Communiste, devenu l’apôtre de la révolution mondiale et de la libération des peuples colonisés.
C’est ainsi qu’Aimé Césaire est recruté par le PCF, avec pour mission d’arracher les Antilles à la souveraineté française. Mais Césaire n’est pas Guevara et ce bourgeois n’est pas prêt à sacrifier son train de vie à son idéal affiché. C’est en potentat local qu’il règnera sur la Martinique, employant habilement le mouvement autonomiste comme un moyen de marchandage avec la métropole, menaçant de prendre le large tout en prenant grand soin de ne pas larguer les amarres. Cumulant despotiquement les mandats électoraux et les emplois administratifs, profitant des subsides de l’État français, il détournera pendant plus d’un demi-siècle cette manne financière contre le pays qui l’a élevé, éduqué et nourri et qui ne cessera, jusqu’à sa mort, de le couvrir d’honneurs et d’avantages, dans un amour à sens unique qui tient du masochisme. 
Cependant, la postérité de Césaire ne s’incarnera pas seulement dans la perpétuation de son chantage autonomiste, dans ce subtil mélange d’émeutes et d’appel à la solidarité nationale auquel sont abonnés les fonctionnaires de la révolte créole. Césaire et sa négritude ont été récupérés à d’autres fins. Ce n’est pas un hasard si, de la gauche affairiste à la droite mercantile, l’hommage à Césaire rivalise de grandiloquence avec le culte stalinien de la personnalité. La négritude est, pour les hommes liges de la mondialisation et du cosmopolitisme, un instrument de culpabilisation de l’indigène de France, de condamnation de l’identité française et de mise en œuvre du diktat du métissage de l’Europe. La lecture fastidieuse du Discours sur la décolonisation imposée à nos lycéens n’a pas pour objectif d’éveiller ces derniers à la responsabilité politique de l’individu, à la nécessité de son enracinement, à l’indispensable communion des êtres au sein d’une communauté de culture et de destin.
A contrario de l’intention prétendument émancipatrice de l’œuvre de Césaire, celle-ci a été recyclée pour participer à l’avènement d’une nouvelle ère d’asservissement : le règne totalitaire d’un ordre mondial, mettant au service d’une intelligentsia cooptée, un cheptel humain standardisé, docile et résigné.
L'auteur
Pierre Damiens, âgé de 38 ans, est consultant international en sécurité.
Lu sur l'excellent blog littéraire du Stalker : http://stalker.hautetfort.com
14:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aimé césaire, stalker, pierre damiens, droite, strasbourgeoise, strasbourg, politique
21.04.2008
Sur le problème islamique
Le numéro de mars-avril de la Revue pour l'intelligence du monde publie une excellente entrevue avec le sociologue Emannuel Todd. Non seulement son point de vue est dérangeant, mais il a peut-être aussi un petit temps d'avance. Premier morceau choisi : le problème islamique.
« C'est nous qui sommes entrés dans une crise de civilisation. Les gens font de l'islam un repoussoir et un bouc émissaire, sans comprendre qu'ils vivent eux même dans une société malade. Et pas seulement parce que c'est l'argent qui domine, mais parce qu'on a atteint le vide absolu au niveau des valeurs, d'une atomisation narcissique du monde, d'une incapacité totale de l'action collective, etc. Sarkozy est un symptôme beaucoup plus grave qu'Ahmadinejad ! Et comme toujours en pareils cas, on exagère les menaces, on se raconte qu'on est victime du terrorisme islamique alors qu'en réalité c'est nous qui dévastons des pays musulmans, et c'est nous qui parlons d'envoyer des bombes sur l'Iran. »
17:25 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : todd, islam, terrorisme, sarkozy, ahmadinejad
17.04.2008
Le Président veut-il la peau de Mme de La Fayette ?
Lu chez Pierre Assouline (http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/)
Décidément, le Président a un un vrai problème avec elle. Entre eux, c’est du sérieux. Car il ne la lâche pas. Ce n’est plus de l’amour mais de la rage. Elle a dû lui résister dans sa jeunesse lycéenne et il ne lui a jamais pardonné, à la princesse de Clèves (1678). Car il vient de remettre ça. On se souvient des deux premiers épisodes de ce feuilleton. La première fois, c’était le 23 février 2006, une méchanceté lâchée devant un parterre UMP rigolard à Lyon par le candidat Sarkozy. La deuxième fois, ce fut le 20 avril 2007. La troisième s’est donc inévitablement produite le 4 avril dernier à Bercy. Le Président y lisait une longue déclaration sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l’Etat devant des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires des Finances. L’entame de l’ancien occupant des lieux donnait le ton (“J’ai vu que l’on s’était occupé du bâtiment sur la Seine. Ce truc vert que l’on a collé dessus, cela doit être de l’architecture. Chacun ses goûts”) quand soudain :
“… Les premières victimes de l’organisation actuelle, ce sont les fonctionnaires. Innombrables sont ceux qui m’ont dit : A quoi ça sert qu’on se donne du mal, on a l’impression que tout le monde s’en moque ! Et la qualité de vie d’un fonctionnaire, ça compte aussi. C’est tout ce que nous engageons (…) sur la mobilité, sur la reconnaissance du mérite, sur la valorisation de l’expérience, sur la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter par coeur la Princesse de Clèves ! Ca compte aussi dans la qualité de vie d’un fonctionnaire…”
Dans la mesure où le recueil des discours du Président ne constitue pas ma lecture de chevet, en ce moment, j’avoue que cette nouvelle saillie m’avait échappé. Je dois donc à un fidèle lecteur d’avoir été voir du côté de Charlie-Hebdo où Philippe Val vient de consacrer un éditorial à la question Clèves. Il s’y dit accablé non seulement par cette attaque renouvelée contre Mme de La Fayette, mais encore par le silence des milieux littéraires et intellectuels. Non qu’il faille se demander s’il faut mourir pour la Clèves comme autrefois pour Dantzig, mais tout de même, quelle léthargie : “Un tel silence, un tel désaveu, une telle injustice, résonnent comme une résignation à la médiocrité.” écrit-il. Pas de quoi en faire une affaire, mais bien assez pour secouer le cocotier des idées, ou ce qu’il en reste. Juste pour dire que ce signe d’époque est mauvais signe.
Qu’il y a quelque chose de vil et de bas dans cette manière si démagogique de susciter des rires gras sur le dos non d’un quelconque auteur controversé, mais sur ce que l’histoire littéraire française a de plus brillant, de plus éclatant et de plus enviable en la personne de Mme de La Fayette. Comme si, après plusieurs mois de sevrage bling-bling imposé par le très proche entourage et une vertigineuse chute de popularité dans les sondages, le naturel avait repris le dessus dans la relative intimité de son ancien bureau de Bercy face à ses anciens collaborateurs. Quel est donc son problème : l’exceptionnelle capacité de séduction de Monsieur de Nemours qui le rend fou de jalousie ? L’effacement du narrateur qui ne dit “je” qu’une seule fois, cinglant camouflet aux centaines de “je” qui ponctuent les discours sarkoziens ? l’esprit même de cet exquis traité sur l’art d’aimer et l’art de plaire dont les ressorts lui échappent manifestement ? Insulter de cette manière répétée, lourde, insistante la Princesse de Clèves, nouvelle galante qui est soit dit en passant la matrice du roman français moderne, prend une résonance extra-littéraire, sans quoi ce serait anecdotique. C’est cracher sur la légèreté, le goût de la nuance en toutes choses, l’esprit de finesse, la grandeur d’une langue, une forme de sensibilité qui lui tragiquement étrangère. Au fond, sur une certaine idée de la France. 
On avait déjà compris que le candidat Sarkozy ne la partageait pas. Au cas où l’on aurait eu des doutes, le Président Sarkozy tient absolument à nous rappeler que lui non plus ne la partage pas. Sur ce point au moins, il est cohérent. Navrant. Et dire que l’on se moque de Berlusconi… “La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n’en était pas moins violente, et il n’en donnait pas des témoignages moins éclatants…”. Ce sont les premiers mots de La Princesse de Clèves. De quoi se réconcilier avec l’humanité lorsqu’on l’a prise en grippe. Que l’on ne nous dise pas qu’il y a des choses plus importantes : il y en a toujours eu et il y en aura toujours. A ceci près que ce qui est menacé de notre société, de notre culture, de notre langue à travers le crachat adressé à la Princesse de Clèves représente justement une bonne partie de ces si importantes choses. Lorsqu’il faut choisir son camp, je choisis celui-là.
A lire aussi : http://madamedelafayette.free.fr/ et http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/tendre.html
15:45 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre assouline, princesse de clèves, Mme de La Fayette, Nicolas Sarkozy, la république des livres
14.04.2008
Changement de décor
A la veille de son troisième anniversaire, la weblog de la Droite Strasbourgeoise s'offre un nouveau costume. Plus qu'un simple nettoyage de printemps, l'actualité locale et nationale demande de marquer le coup, en même temps qu'elle offre l'opportunité d'une réflexion et d'un positionnement politique renouvelés : « Ce n'est qu'après avoir tout perdu qu'on est libre de faire ce que l'on veut » (Tyler Durden).
La vie mouvementée qu'a connu le blog depuis sa création en juin 2005, l'invite aujourd'hui naturellement à évoluer : de nouvelles plumes sont venues compléter une équipe rédactionnelle de hussards (les références sont à chercher autant dans la cavalerie que dans la littérature) qui s'agrandit encore et s'enrichit d'une nouvelle diversité ; la ligne politique est désormais libérée des contraintes et des « positions de principe » liées aux précédents mandats ; quelques-uns ont fait leur outing tandis que d'autres préservent un anonymat qui leur garantit une certaine liberté d'expression...
Graphiquement, il convenait donc également de marquer le changement. Les couleurs d'abord, marquent une rupture avec le bleu des droites de tous poils, et visent à se dégager des réflexes établis par l'intelligentsia pour recomposer un discours censé, cohérent et assumé en totalité. Le rouge et le blanc rappellent naturellement les armes de Strasbourg, et la belle Strasbourgeoise, toujours ravissante, est représentée sous les traits d'une marionnette dont on ne voit qui tire les ficelles. Il n'y a évidemment pas de paranoïa derrière cette image ; simplement l'idée qu'il faut rester lucide et attentif, comme le rappelle la citation d'Ernst Jünger. N'est pas libre celui qui croit. Enfin, la rosace de la cathédrale de Strasbourg marque notre attachement à la ville et aux siècles qui constituent son histoire et sa culture, mais également le quotidien (l'avenir aussi, naturellement) de tous les strasbourgeois. Parallèlement, la Droite Strasbourgeoise lance le Right Club, dont nous vous reparlerons très prochainement.
Avec aujourd'hui plus de 5000 lecteurs mensuels, la Droite Strasbourgeoise se porte donc bien, et elle vous en remercie. Elle compte bien garder le cap et continuer à décrypter l'actualité locale et nationale, à la lumière des valeurs qui sont les siennes, pour offrir autant de cartouches à un réarmement idéologique plus que nécessaire. L'objectif s'associe à un combat qui nous fera voir du pays, sur tous les fronts qui composent le champ métapolitique, avec une seule arme, celle de la critique. Et, comme le dirait notre bon ennemi Alain Bihr : « L'arme de la critique n'est jamais autant acérée et ne fait jamais autant de mal à l'ennemi que lorsqu'elle est patiemment affûtée sur la meule du concept [...] Sacrifier à l'exigence théorique ne doit pas cependant nous priver de manier cette autre arme polémique que constituent l'humour et l'ironie ».
Pierre-Antoine Beyer
21:20 Publié dans La Droite avance | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : la droite strasbourgeoise, strasbourg, ernst junger, alain bihr, tyler durden, droite, strasbourgeoise
11.04.2008
Arlette Grosskost s'exprime dans Minute ...
Sacrée Arlette ! Non, pas celle là, on vous parle d’une alsacienne, d’une mulhousienne, victime collatérale de la conversion de Jean Marie Bockel au sarkozysme triomphant. Dans la dernière édition de Minute f, l’hebdomadaire peu centriste, elle s’exprime d’une façon franche et directe. Elle est comme cela Arlette Grosskost.

C'est la chienlit non ?
18:35 Publié dans La Droite trahit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arlette, grosskost, minute, alsace, strasbourg, mulhouse, droite


