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30.10.2007
LE TEMPS DES CERISES REVIENDRA !
Au moment où l'ouverture à "gauche" entamée avec succès par le nouveau président de la République confirme la grandissante caducité de la polarité "droite-gauche" et où Dominique Strauss-Khan, "toujours socialiste" selon ses dires, en administre la preuve en intégrant son nouveau poste à la direction du FMI, il nous paraît intéressant de souligner que le "socialisme" ne fut pas toujours la caricature "bourgeoise" qu'il est devenu entre les mains de la Nouvelle Classe et qu'il a su incarner, quand cette étiquette n'était pas encore synonyme d'usurpation, des valeurs que la gauche contemporaine rattrapée par l'individualisme libéral qualifie aujourd'hui de "réactionnaires".
C'est ce que montre, parmi d'autres, Jean-Claude Michéa dans son dernier livre ( "L'empire du moindre mal", Climats, Flammarion, 2007 ). C'est ce sur quoi insiste aussi le dernier numéro de la revue Éléments (en vente dans les principaux kiosques). Ce trimestriel de bon niveau appartient à la galaxie réduite des revues dissidentes et ce numéro 126 analyse ce qu'aurait pu devenir un "socialisme"qui n'aurait pas été annexé, hier par la "gauche" parlementaire et aujourd'hui par les revendications "sociétales" d'un électorat dressé par la stratégie publicitaire de la marchandise.
Ci-dessous l'éditorial d'Éléments.
Coclés
LE TEMPS DES CERISES REVIENDRA !
Le socialisme a longtemps représenté une grande chose. Il a d’ailleurs été une chose avant d’être un mot, car le mouvement ouvrier, à l’origine, ne se définit pas toujours comme socialiste et moins encore comme de gauche. Lointain héritier des guildes et des corporations, né au XIXe siècle de la prise de conscience d’une solidarité d’intérêts entre les membres de la classe laborieuse, il rassemble des déracinés, fils et petits-fils de paysans brusquement jetés dans les grandes villes par la révolution industrielle et qui, menacés par le paupérisme, tentent à leur mesure de recréer des solidarités disparues et de contrôler les conditions de leur existence. Le socialisme naissant est d’abord cela : l’affirmation, face à l’aliénation du salariat et aux exigences du capitalisme bourgeois, des prérogatives du lien social, du vivre-ensemble grâce à des valeurs partagées.
20:20 Publié dans Les idées parlent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Eléments, Robert de Herte, ouverture, Municipales 2008
27.10.2007
Un exemple politique de la guerre des sexes
Bon, c'est entendu, Cécilia ne veut pas jouer dans le film, ça l'ennuie, ça la dérange, ça la fatigue, ça la blesse, elle en a marre et c'est bien son droit. Nous avons changé d'ère grâce à Mai-68, le coup du conjoint sacrifié à la fonction ne fonctionne plus, et Cécilia n'a pas l'air de vouloir entamer une carrière politique. Dans le cas du couple politique, les dangers sont grands : on l'a vu dans le renvoi de Hollande par Ségolène, dans la tragédie de Lady Di, seuls les Clinton ayant échappé, par solidarité indéfectible, à l'explosion conjugale.
Au fond, quoi ? Cécilia veut vivre dans la vraie vie qui, d'ailleurs, est un film comme un autre, mais où elle jouerait son propre rôle et pas celui, crevant, de « première dame de France ». L'embêtant, c'est que, si elle s'en va, elle restera « ex-première dame de France », encore un film, on n'en finit pas. Qui sait, en réalité, si Nicolas Sarkozy n'a pas lui-même envie d'être bientôt « ex-président » ? La lassitude de Cécilia serait alors la sienne. La perspective d'être le célibataire de l'Elysée n'est pas particulièrement excitante, sauf remariage rapide à grand spectacle avec une partenaire dévouée. Pourquoi pas Rachida Dati ? Ce serait grandiose. La France, comme d'habitude, a une grande longueur d'avance dans les péripéties de la guerre des sexes. En voici une de plus, pas mystérieuse du tout. Les Sarkozy sont à la fois vieux et pas assez vieux, parce que la sérénité qui s'impose à la tête d'un Etat ne les a pas rejoints. Les familles recomposées, c'est bien beau, mais étouffant si on n'est pas encore grand-père ou grand- mère. Malgré le quinquennat (qui s'annonce très long), la présidence reste sourdement monarchique, c'est un jeu de rôle, il faut s'y tenir, sinon on a l'air humain, trop humain. Un président qui souffre du fait de sa femme, c'est du jamais-vu, c'est consternant. Allons, assez de rumeurs et de contre-rumeurs, il faut une décision héroïque. L'opinion l'exige, à travers les médias et les magazines. Ca ferait aussitôt une belle diversion par rapport à un ADN gênant. Que veut Cécilia ? Quelle le dise, et, mieux encore, qu'elle l'écrive. Voilà un best-seller garanti, mieux que Yasmina Reza, et beaucoup mieux que le prochain Royal, à moins qu'il y ait un long chapitre intitulé « Le jour où je n'ai plus aimé François ».
Tout cela, me souffle quelqu'un, n'est pas du meilleur goût. C'est le moins que l'on puisse dire. Ces braves gens nous gonflent avec leurs histoires privées. Il leur faut rebondir, sortir par le haut. Je ne sais pas moi : une conversion religieuse fulgurante de la part de Cécilia ne serait pas une mauvaise idée. Le couvent comme autrefois ? Un truc comme ça.
Philippe Sollers
Le Nouvel Observateur n° 2241 du 18 octobre 2007.
12:09 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : philippe sollers, le nouvel observateur, cécilia sarkozy, nicolas sarkozy
26.10.2007
Le vaudeville du « Tandem » peut-il continuer ?
Une nouvelle correspondante vient de rejoindre l'équipe de La Droite strasbourgeoise. Enfin une femme ! Jeune, jolie, active, de droite (elle adore Jacques Chirac mais Sarko la fait "kiffer" aussi). Elle est régulièrement confrontée à des partenaires professionnels à Strasbourg et navigue dans les eaux de la bonne société de notre ville, son Figaro Madame sous le bras (elle adore aussi le Canard enchaîné, Le Point mais lit principalement les pages saumon du Figaro, Les échos, La Tribune pour son travail). Cessons la discrimination sociale, les financières ont aussi le droit d'être de droite et pas seulement de gauche, pour s'encanailler ! Fidèle à son étiquette progressiste, démocratique et ouverte au dialogue, LDS publie son premier billet un brin caustique.
LDS
Le blog des Dernières Nouvelles d’Alsace (http://www.strasbourg2008.dna.fr/?Lettre-des-Vitrines-sea...) nous apprend régulièrement de bien joyeuses choses.
La dernière en date concerne les relations un brin houleuses (c’est un euphémisme…) de nos deux élus, Fabienne Keller et Robert Grossmann, avec certains commerçants de la ville, représentés par Les Vitrines de Strasbourg.
Comme souvent en période d’agitation pré-électorale, cela ne loupe pas, et cette association s’est fendu d’une lettre ouverte dans les DNA au sujet des contrôles aux entrées des zones piétonnes mis en place cet été par la municipalité, le nouveau plan d’accès des cars de tourisme et la suppression de la dépose de la place d’Austerlitz.
Sur ces sujets sensibles, pas de commentaires. Mais un commentaire sur la dernière partie de cette lettre : « Les Vitrines de Strasbourg, soucieuses de cette image, souhaitent engager dans les meilleurs délais une discussion sur les bases ci-dessus, avec vous-même et vos équipes, ce qui redonnerait ainsi un contenu aux mots « dialogue » et « démocratie. »
Il est vrai que le mot « dialogue » est un mot, comment dire pour ne pas froisser les susceptibilités, un brin inconnu du répertoire municipal...
Le tandem s’empresse de répondre et de contacter les tenants de l’association ; soit pourquoi pas ? C’est de la démocratie ça, on ne laissera pas dire que nos édiles ne mouillent pas la chemise pour causer avec leurs citoyens puisqu’ils s’empressent de rencontrer les deux têtes de l’association au restaurant (La cloche à fromage, rue des Tonneliers), brillante idée, ouch…surtout quand on connaît l’avis des uns sur les autres…Il devait y avoir du fil dentaire dans la fondue de certains !
En mars 2008, fais ce qui te plaît…
20:20 Publié dans La ville en parle | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Vitrines de Strasbourg, municipales de mars 2008, Robert Grossmann, Fabienne Keller
25.10.2007
C'est maintenant qu'il faut reprendre vie
A l'occasion de la parution de cercle, Yannick haenel est à la librairie Kléber le vendredi 26 octobre à 17h30.

De quoi est né ce livre ?
Il y a, au départ, une expérience personnelle. A 35 ans, j’ai eu une sorte d’illumination. J’en avais assez de la vie sociale. Je ne supportais plus d’aller à mon travail. J’ai tout arrêté, du jour au lendemain. J’ai commencé à écrire Cercle . Ça m’a pris cinq ans. J’ai écrit plus de 1 500 pages, sans but, avec la joie de la délivrance. Je suis parti en Europe de l’Est. Et à mon retour, j’ai récrit ce livre, phrase par phrase.
C’est donc l’histoire d’une résurrection ?
Oui, dès la première phrase : "C’est maintenant qu’il faut reprendre vie." Un matin, le narrateur, Jean Deichel, ne monte pas dans le train de 8 h 07. Il ne va plus à son travail. Il a une extase et se met à considérer son existence d’un point de vue poétique.
Cette renaissance le conduit à déambuler à travers l’Europe de l’Est. De Paris à Varsovie en passant par Berlin, il fait l’expérience d’un éblouissement érotique et aussi de la dévastation générale. S’ouvrir en même temps à la jouissance et au ravage, c’est peut-être ça se réveiller de ce que Joyce appelle le "cauchemar de l’Histoire".
Qu’est-ce qui l’avait tué ? La société du "combien" ?
Le narrateur a la sensation que nous sommes tous morts, mais qu’à chaque instant il est possible de devenir vivant. Qu’est-ce qu’être vivant ? Comment être libre, aujourd’hui ? Ce sont les questions qui travaillent Cercle . Le livre décrit ce qui arrive aux corps dans les capitales européennes, le conditionnement quotidien, la manière dont chacun laisse sa vie se rétrécir sous le règne du "combien". A partir du moment où Jean Deichel se libère, des phrases lui arrivent. Il fait l’expérience de la disponibilité absolue, il s’ouvre à une sorte de jeu érotique permanent avec Paris. Entre les phrases et les rencontres féminines, il y a un enchantement de féerie. Tout lui fait signe. La lecture de Moby Dick agit sur lui comme un sésame. Moby Dick, c’est le dernier grand livre sur le mal. En 2007, impossible de se figurer ainsi le mal. Il est à la fois partout et irreprésentable. C’est la question même de la littérature : comme témoigner de l’irreprésentable. Un roman qui ne se mesure pas à la question du mal n’a pour moi aucun sens. Ainsi, au départ, Cercle était une féerie : quelqu’un découvre une liberté qu’il ne soupçonnait pas. Puis c’est devenu un questionnement sur l’invivable. En écrivant le livre, je suis parti à Berlin, sans trop savoir pourquoi. J’ai passé du temps là-bas, seul. J’ai eu une expérience du nihilisme très forte. Quelque chose s’accomplit dans cette ville à travers la destruction. Puis, avec une voiture de location, j’ai continué vers l’Est, j’ai circulé en Pologne.
A Varsovie, il y a ce moment angoissant où le héros constate la disparition de la disparition. Puis, il va à Auschwitz, comme pour revenir vers un point zéro...
Oui, dans la troisième partie, le narrateur passe une journée à Auschwitz, que j’ai choisi de ne pas raconter. A la place, je raconte comment Jean Deichel et un couple plus âgé que lui essaient, en route vers le camp, de se souvenir ensemble de ce dont Primo Levi essayait de se souvenir à Auschwitz, c’est-à-dire le chant d’Ulysse dans L’Enfer de Dante. Ils recomposent le chant, c’est une passation de la mémoire. Je crois que cette scène change complètement Jean Deichel. Alors qu’il cherchait simplement à sortir de l’aliénation, il est pris dans une expérience spirituelle. Essayer d’écrire de la littérature aujourd’hui, c’est rencontrer cette question-là - en tout cas, c’est ce qui m’est arrivé. Si je suis parti vers l’Est, c’est parce que quelque chose du nihilisme s’est joué là, au XXe siècle, et continue à agir. Dans le livre, j’ai mis des photos de Walter Benjamin, Paul Celan et W.G. Sebald. J’admire ces trois écrivains. Ce sont de grands témoins de l’histoire européenne du XXe siècle. Je leur rends hommage, mais avec une certaine ironie sur la manière dont la culture a fait d’eux des représentants officiels du malheur. Aujourd’hui, si l’on essaie de témoigner de la dévastation, on ne peut plus le faire à la manière de Benjamin, ou même de Sebald, dont la perception est surtout mélancolique. La mélancolie, ce n’est pas mon point de vue. Et puis on est à un autre moment du temps. Ce qui a lieu aujourd’hui implique de trouver de nouvelles phrases afin de ne pas se laisser capturer par le conditionnement. On peut, à chaque instant, faire un bond hors du cauchemar de l’Histoire. La littérature, à mes yeux, dévoile la catastrophe, et, en même temps, elle trouve de nouvelles formes de liberté.
Cercle est un livre très érotique, sous le signe du féminin. On est sans cesse dans le va-et-vient entre l’expérience de la catastrophe et la jouissance...
Oui, la gratuité poétique que découvre le narrateur coïncide avec l’amour. Cercle est une odyssée du corps. Un livre de délivrance. Une "aventure joyeuse", comme disent les romans de chevalerie. Il y a une profusion de rencontres érotiques, les gestes des femmes enchantent Jean Deichel. Et puis il tombe amoureux. Il a une révélation, en voyant danser Anna Livia lors des répétitions d’un spectacle de Pina Bausch. Entre les gestes d’Anna Livia et ses phrases à lui, il y a une correspondance. J’ai choisi l’univers de Pina Bausch, parce qu’il met en jeu la magie amoureuse, et parce que la part démoniaque y est décisive. Le spectacle que je décris, je l’ai inventé, c’est une métaphore du livre.
Jean Deichel est constamment au bord du néant, il saigne, le monde le rend malade. Simultanément, il est débordé par une insurrection de jouissance. Etre vivant, en 2007, implique de se mettre à l’écoute à la fois de l’invivable et de la jouissance. "Reprendre vie" passe par cette double expérience. Qu’est-ce qui arrive à un corps qui découvre en lui la dimension du libre ? Il ne s’agit plus seulement de profiter de sa petite liberté, mais de vivre poétiquement. Dans Cercle , une immense opulence du temps s’ouvre à disposition. Cela fait surgir des choses aussi considérables que la mystique juive. Pour moi la grande découverte, en écrivant ce livre, a été cette rencontre. Il y a la Shoah, mais il y a aussi l’extraordinaire pensée juive, une pensée vivante, qu’on peut réveiller à chaque instant. Le narrateur fait cette découverte à Lublin, la ville historique des Hassidim. Il a la révélation que la spiritualité juive est plus forte que l’extermination. L’infinité de la mémoire est le sujet de Cercle . Au fond, ce qui est en jeu, c’est la poésie comme figure de l’immémorial.
Et de la métaphysique ?
Au fil du voyage, le destin de Deichel prend une tournure spirituelle. A un moment se dessine même une sorte de sainteté. Mais cette spiritualité ne rencontre pas de dieu. Ou alors ce dieu est le langage lui-même. L’expérience poético-amoureuse prend la place du rapport avec Dieu. La jouissance est le mot que saint Augustin emploie pour désigner son rapport avec Dieu, et moi je l’emploie pour désigner mon rapport avec l’existence.
Il est assez singulier qu’un Français de 40 ans, comme le narrateur, ou comme vous, revisite ainsi l’Europe de la catastrophe...
C’est vrai. Je m’intéresse à l’Histoire, et au processus biopolitique qui arraisonne les corps depuis un siècle. Je crois que le nihilisme planétaire s’origine dans ce qui est arrivé en Europe au XXe siècle. En écrivant Cercle , j’ai été amené naturellement à me confronter à la question de l’Histoire. Je crois qu’on ne peut pas se contenter de petits romans gentillets ou cyniques, bien calibrés. Ce ronronnement-là est en fait un renoncement, avec lequel il faut rompre. Contrairement à ce qui se dit, la littérature a une prise sur le monde. C’est une expérience de pensée. Quand j’ai écrit Cercle , j’ai senti que mes phrases se connectaient à un stock de mémoire. Je pense que les phrases peuvent être nouvelles si elles portent la mémoire de ce qui s’est écrit avant elles. J’aime bien ce que dit Pavese : "La richesse d’une oeuvre est donnée par la quantité de mémoire qu’elle contient." Plus j’écrivais Cercle , plus j’y pensais. On ne peut être de plus en plus léger, de plus en plus libre que si on est de plus en plus savant.
Comment, à la fin du voyage, le narrateur interprète-t-il la phrase de Dylan, citée au début : " Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir " ? Et pourquoi Cercle ?
Cette phrase, je l’entends comme une victoire. Le langage, c’est ce qui empêche, à chaque instant, de mourir. Alors oui, être "occupé à naître", c’est le sens de l’expérience littéraire. Etre occupé à naître afin de faire naître. Au fond, c’est une phrase mystique. Une parole de réveil. J’ai appelé ce livre Cercle parce que c’est la figure parfaite de ce qui, sans cesse, revient. Cercle , c’est l’autre nom de la résurrection.
Propos recueillis par Florence Noiville et Josyane Savigneau
(Le Monde des livres du 31.08.07)
22:27 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Yannick Haenel, Cercle, Gallimard, Librairie Kléber, Strasbourg
Et hop...
10:35 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Journal chic d'un strasbourgeois, laurent husser, point de lendemain
23.10.2007
Les limites du marketing
Cette note va sans doute faire sourire et encore plus lorsque je vous aurais dit qu’elle nous rapproche du point de vue de Jean Claude Meyer. Là, certains se disent qu’il se passe quelque chose, qu’un tremblement de terre bien plus impactant que le départ de Cécilia est en train de se produire.
Néanmoins, nous devons le dire. Nous sommes d’accord donc avec Schlomo, sur un point au moins. Récemment, nous devançant d’un temps, il a ainsi pu exprimer sa colère face à la francisation d’un nom par la Brasserie Fischer. Nous partageons cette colère !
Alors certes, le marketing a ses lois, mais nous ne partageons pas le choix de Fischer, l’un des dernières brasseries schilickoises d’avoir débaptisé la Doreleï pour en faire une pauvre « Réserve Ambrée ». Si ce changement n’est pas encore effectif sur le site de la marque, cet oubli ne nous empêche pas d’exprimer un courroux légitime.
Certes, la Loreleï et son rocher sont éloignés de Strasbourg, mais les flots ambrées de la Doreleï savaient nous rapprocher du Rhin romantique et nous relier ainsi à Heinrich Heine, à Nerval, à Apollinaire, ce que la réserve ambrée ne fera sans doute pas.
En entendant d’ailleurs le mot réserve, nous nous demandons si ce n’est pas le sort que des marketeux pourraient réserver à l’Alsace, n’être plus qu’une réserve ! Raison de plus de sortir de la nôtre. Il fut un temps où Adelshoffen brassait une Rheingold, un temps heureux et libre, un âge d'or.
Eric Neustadt
13:05 Publié dans Les idées parlent | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : biere, alsace, strasbourg, lorelei, dorelei, fischer
21.10.2007
Le bouc Zottel est ravi : l'UDC a gagné les élections en Suisse
Cela fera assurément mal au coeur des nombreux médias français qui ont de nouveau montré leur intransigeance face à ce qu'ils n'aiment pas. Cela réjouira beaucoup de gens de droite et félicitons les Suisses pour leur choix.
L'Union Démocratique du Centre, sous la conduite du tribun Blocher a remporté les élections :
"L'Union démocratique du centre (UDC, populiste) a renforcé sa position de première formation parlementaire en Suisse en recueillant 28,8% des voix selon des résultats préliminaires des élections fédérales.
Ce succès était largement attendu, l'UDC ayant fait campagne sur des thèmes porteurs allant des craintes liées à l'immigration au maintien du niveau de vie. Le parti voit augmenter de 2,1% sa part du vote."
On citera pour mémoire le très partisan article du Monde paru vendredi dernier. Extraits : "Difficile de penser à un lion quand, à la télévision suisse romande, on aperçoit Christoph Blocher avec son allure d'employé de bureau, ânonnant avec un fort accent suisse allemand, émaillé de germanismes.". On reconnaît là le ton mesuré qu'un journaliste français devrait utiliser pour parler de nos charmants voisins suisses, moins bêtes que nous sur beaucoup de faits de société...Imaginez que vous remplaciez certains termes de cette phrase, en parlant d'un homme politique maghrébien, yougoslave, africain etc...et imaginez les cris d'orfraie !
Rappelons encore notre précédent article à ce sujet : http://ladroitestrasbourgeoise.blogspirit.com/archive/200...
et enfin pour suivre les aventures du bouc nain Zottel, mascotte amusante et bien explicite de l'UDC : http://www.zottel-udc.ch/
20:31 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Union Démocratique du Centre, Suisse, Christoph Blocher
20.10.2007
Henri Guaino sur la repentance, Dakar et Barrès...
Henri Guaino, principal conseiller de Sarkozy, revient sur le message du jeune homme, la repentance et le discours de Dakar.
Recueilli par ALAIN AUFFRAYet ANTOINE GUIRAL
Il reçoit dans un vaste bureau, l’une des plus belles pièces de l’Elysée occupée jadis par Giscard d’Estaing. Henri Guaino, principal conseiller d président de la République s’explique sur le refus de la repentance, sur le discours de Dakar et sur la lettre de Guy Môquet que Nicolas Sarkozy veu faire lire lundi dans les établissements scolaires. Trois initiatives fortemen contestées. Henri Guaino assume sa «sensibilité barrésienne» et maintient que la nation est redevenue un «sujet fondamental» de la politique.
Si vous étiez professeur, que leur diriez-vous, lundi, à vos élèves ?
Je lirais la lettre de Guy Môquet. Je soulignerais ce qu’il y a d’universel dans cette magnifique figure de la jeunesse. Il y a beaucoup à dire sur ce garçon qui, au seuil de la mort, écrit une lettre d’amour et de courage, sans aucune trace de haine. A partir de cette lettre, le professeur d’histoire peut expliquer qu’il s’agit d’un drame ordinaire de cette période. Guy Môquet n’est pas une grande figure de la résistance de la stature d’un Jean Moulin. Il est communiste, comme son père emprisonné. Il résiste à sa façon. Il tombe victime de la barbarie nazie. A ce moment-là, il est l’un des plus beaux visages de la France.
Pourquoi avoir remplacé «camarade» par «compagnon» dans l’intitulé de l’hommage officiel ?
Je n’ai découvert cet intitulé qu’après coup. Quelqu’un a dû penser que «camarade», ça faisait ringard. C’est aussi bête que de gommer les cigarettes sur les vieilles photos. Mais est-ce si grave ? A force de se scandaliser de tout, on finit par ne plus savoir ce qui est important.
Comprenez-vous que beaucoup de professeurs refusent de lire la lettre ?
Je ne crois pas qu’ils soient si nombreux. Ce refus de quelques-uns m’est parfaitement incompréhensible. Que le professeur veuille remettre la lettre dans le contexte historique, c’est très bien, c’est nécessaire. Qu’il y ajoute son analyse de l’histoire, tout à fait normal. Mais va-t-on refuser d’étudier un texte de Hugo inscrit au programme en disant : «Moi je n’aime pas Hugo, c’est mon droit de ne pas faire étudier ce texte ?» Le professeur a des droits et aussi des devoirs. Les enfants qu’on lui confie ne sont pas les siens.
Certains protestent qu’ils ne sont pas «professeurs de patriotisme»…
Ceux qui disent ça, qu’ont-ils exactement derrière la tête ? S’il faut comprendre qu’ils refusent de parler des grandes figures de l’histoire nationale juste parce qu’elles sont nationales, alors je n’ai pas envie de leur confier mes enfants. Mais nous parlons d’une petite minorité de gens, qui pour des motifs qui n’ont rien à voir avec l’éthique de l’enseignant, ont ouvert une mauvaise controverse. Dans ce texte, il n’y a aucune trace de nationalisme, aucune propagande. Juste l’évocation d’une tragédie humaine dans un moment tragique de notre histoire.
Pourquoi a-t-il tant touché Sarkozy, ce texte qu’il ne connaissait pas ?
C’est un texte émouvant. Pendant la campagne, on en a lu un passage dans un discours. Ce fut un moment très intense. Peu à peu, c’est devenu une figure familière de cette campagne. Il n’y avait là aucun calcul. Nos adversaires en ont fait un sujet politique en prétendant nous interdire de parler de Guy Môquet. Nous avons répondu que cette figure-là appartenait à tous les Français comme Jaurès, Blum, de Gaulle ou Jeanne d’Arc. Nous voulions casser les affiliations automatiques. Moi, je ne me reconnais pas dans les antidreyfusards du début du siècle.
Mais vous rendez hommage à Barrès, antidreyfusard et proche de Maurras…
Je n’ai jamais été maurrassien. Maurras est un grand écrivain, mais je ne partage rien de ce qu’il a pu écrire. Ma référence, c’est Péguy. Barrès a dit des choses qu’il n’aurait pas dû dire, mais il a une conception très charnelle de la nation qui parfois me touche. Dans un discours, on a évoqué un jour la Colline inspirée. C’est un grand texte qui a joué un rôle important à un moment donné de notre histoire. C’est tout.
Pourquoi cette insistance à revenir sur l’identité nationale ?
Dans un pays où elle s’impose avec évidence, la nation n’est pas un sujet politique. Lors de l’élection de 1974, les Français ne s’intéressaient pas à ce que racontaient Malraux et les gaullistes sur la nation et la résistance. Mais aujourd’hui, avec l’immigration, la mondialisation, la désintégration du travail, il y a un problème identitaire. La nation est redevenue un sujet fondamental de la politique.
Ce qui frappe, c’est la soudaineté de l’initiative. Nicolas Sarkozy découvre ce texte et décide du jour au lendemain d’en rendre la lecture obligatoire. Ne fallait-il pas un minimum d’expertise ?
De quelle expertise a-t-on besoin pour ressentir la vérité et la profondeur humaine de ce texte ? L’historien intervient pour replacer ce destin singulier dans son contexte historique et pour analyser ce contexte. A chacun son rôle. Mais ce n’est pas Sarkozy, c’est de Gaulle qui a décidé de citer Guy Môquet à l’ordre de la nation. Il y a à Paris une station de métro Guy-Môquet. La lettre y est exposée. Des milliers de gens passent devant tous les jours. Nous n’avons pas inventé cette histoire. Il se trouve qu’elle n’était plus à la mode.
La mode, à vous entendre, serait à la repentance ?
Le politiquement correct pousse à la repentance. On veut faire expier aux fils les fautes des pères. C’est absurde. Ma France à moi, elle n’était pas à Vichy. Je ne vais pas me repentir de quelque chose que je n’ai pas fait et que je réprouve. Et tous les Français n’étaient pas pétainistes. Il y a eu des mères françaises qui ont caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants. Il y a eu autant de résistants que de miliciens. L’histoire de France n’est pas sans tâche. Il y a eu des fautes, il y a eu des crimes, mais il n’y a pas eu que cela. Il faut toujours chercher la vérité. Mais il faut résister à cette mode de la repentance qui finit par exprimer la haine de soi, qui débouche souvent sur la haine des autres.
Fallait-il vraiment rappeler à Dakar que le colonisateur a construit des ponts ?
Le discours de Dakar contient le réquisitoire le plus implacable contre la colonisation qu’ait jamais prononcé un chef d’Etat français. Nicolas Sarkozy a dit aux jeunes africains : l’héritage de la colonisation est aussi le vôtre. Il y a tous les crimes, mais il y a aussi les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes, l’universalisme. Vous êtes, comme disait Senghor, des «métis culturels». Assumez vos deux héritages. Sur ces deux héritages, nous pouvons bâtir un avenir commun.
A Dakar, le président de la République, citant Senghor, dit de la langue française qu’elle «éclaire la nuit» africaine. N’était-ce pas prendre le risque de blesser ses auditeurs ?
Je ne savais pas que citer Senghor, c’était faire injure aux Africains ! Que fait Senghor ? Il promeut l’identité africaine tout en disant que le français permet de parler à tous les hommes. Il écrit en français des poèmes africains pour tous les hommes. Il cherche à faire accéder la culture africaine à l’universel.
Comprenez-vous les réactions parfois violentes à ce discours ?
J’ai du mal à comprendre les caricatures et la malhonnêteté intellectuelle de ceux qui tirent une phrase d’un discours d’une heure. Quand on choisit de ne rien dire, on ne court aucun risque d’être mal compris. A Dakar, Nicolas Sarkozy a pris le risque de dire quelque chose aux Africains, avec lesquels nos liens sont particulièrement forts, parce que nous avons avec eux une histoire commune. Ce discours était très respectueux des Africains. C’était un discours sincère. Qu’est-ce que l’amitié sans la sincérité ?
On y a vu du paternalisme. Et votre description de l’homme africain, enfermé dans l’éternel recommencement, est très mal passée…
Le discours de Dakar n’exprime aucun sentiment de supériorité. Il parle aux Africains non comme à des enfants, mais comme à des frères. Au demeurant, le débat est resté limité : quelques invectives, quelques analyses critiques d’intellectuels. Et seuls deux chefs d’Etat ont réagi. M. Konaré [président de la commission de l’Union africaine, ndlr] est resté dans son registre habituel, celui de la critique contre Nicolas Sarkozy. Le président d’Afrique du Sud, M. Mbeki, a écrit au contraire tout le bien qu’il pensait de ce discours. Qu’il y ait débat, c’est légitime et c’est très bien. Ce discours vit sa vie. Quant à l’éternel recommencement, c’est un imaginaire commun à toute l’humanité à certains moments de son histoire. Les Grecs étaient incapables de concevoir l’idée moderne du progrès. L’idée de progrès, c’est celle qui s’est conceptualisée au moment des Lumières et que peu ou prou les diverses civilisations ont intégrée. Chaque civilisation a fait sa propre synthèse. L’Afrique doit faire la sienne.
Nicolas Sarkozy a-t-il tenté de vous réconcilier avec son ami BHL ?
Il y a d’un côté le problème politique : dire que la France, par la voix du Président, a tenu à Dakar un discours raciste, c’est une accusation très grave. Et puis, il y a le problème personnel : quand on dit «Guaino est un raciste», cela n’a plus rien à voir avec mes fonctions. Cela ne regarde que moi.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/286184.FR.p...
11:50 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Henri Guaino, Libération, Guy Môquet, Barrès
18.10.2007
Le comte Joseph de Maistre, né à Chambéry en 1753, mort à Turin en 1821
"Ce qu’on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment ; je voudrais, m’en coûtât-il grand-chose , découvrir une vérité pour choquer tout le genre humain : je la lui dirais à brûle-pourpoint."
Joseph de Maistre (Oeuvres, collection Bouquins, Laffont)
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15.10.2007
Une première erreur de campagne de la municipalité UMP-UDF qui coûtera cher, dans tous les sens du terme…
Dans sa grande mansuétude, la Mairie de Strasbourg annonce qu’elle « donnera un coup de pouce » à la construction de la Mosquée actuellement en cours.
Sans doute mus par des pensées éminemment spirituelles, estimant qu’ils n’avaient pas fait assez (terrain, subventions diverses) pour la communauté musulmane - voire les communautés musulmanes strasbourgeoises tant celles-ci ne sont pas, loin de là, unies - nos élus UMP-UDF pensent sans doute s’allier le vote d’une communauté, qui pourtant vote évidemment à gauche.
Les sondages des dernières élections présidentielles l’avaient montré, mais le tandem n’en a cure, sans doute porté par l’ivresse malsaine de l’ouverture sarkozyste. Ainsi Le journal « La Croix » avait-il commandé un sondage CSA/CISCO effectué à la sortie des bureaux de vote, le 22 avril dernier .
Ce sondage a donc porté sur 5.009 personnes. Sur ce total, 5% des sondés ne se sont pas prononcés, 25% se sont déclarés sans religion, 30% se sont déclarés catholiques pratiquants réguliers ou occasionnels, 34% catholiques non pratiquants, 2% protestants, 1% juifs et 3% musulmans.
Le vote des 150 électeurs s’étant déclarés « musulmans » - les sondages faisant rarement cette distinction - est radicalement différent de celui de l’opinion nationale moyenne : on trouve en effet 14% de vote d’extrême gauche (au lieu de 9,5%), 64% de vote Royal (au lieu de 25,9%), soit un total gauche/extrême gauche de 78%, à comparer à un score national de 35%. Nicolas Sarkozy totalisait 1% se retrouve, soit trente fois moins que sa moyenne nationale !
L’immigration maghrébine et sa part religieuse votent en masse - quand elle vote - pour les candidats de gauche. La rumeur persistante d’une présence d’une liste du Parti des Musulmans de France aux élections municipales et les résultats du candidat du PMF lors des dernières élections dans certains bureaux de vote du canton de Cronenbourg Hautepierre auraient du donner l’alerte. Les adjoints de quartiers ne disposent-ils pas, comme nous, d’une bonne calculatrice ?
Ces réalités constituent évidemment des « détails » pour nos élus, qui je le rappelle sont censés être attentifs aux souhaits de leurs partisans, qui en majorité ne sont guère favorables aux privilèges accordés à une religion… qui ne se montre guère soluble dans les principes édictés par la République.
Cette dernière est pourtant bonne fille, elle qui aime ces dernières années, se laisser mettre régulièrement un voile, appliquer les lois islamiques et développer un rapport au monde, aux choses, aux autres qui n’a rien à voir avec ses habituelles façons de vivre (voir ci-dessous le texte de Renaud Camus).
Où sont les hérauts de la laïcité (francs-maçons etc.…) couinant quand on met les drapeaux en berne à la mort du Pape Jean-Paul II ? Où sont-ils, eux qui deviennent rageurs à la moindre intervention publique juste et sévère de Benoît XVI ? Où sont les défenseurs de la cause féministe, homosexuelle, animalière (les moutons ne leur disent pas merci) ? Où sont les défenseurs des valeurs chrétiennes, gréco-latines de l’Europe crevant sous les coups du relativisme, du libéralisme et d’une islamisation constante et régulière ?
On reprendra les chiffres énoncés par les Dernières Nouvelles d’Alsace : « Rappelons que la Ville a mis à disposition le terrain et a déjà subventionné le projet à hauteur de 10% (soit 610 000 euros), les conseils général et régional, ayant eux versé une subvention de 8% chacun. L’ensemble des subventions publiques se monte donc à plus de 1,62 millions d’euros, pour un coût de construction initialement évalué à 6,1 millions euro. »
Ainsi, ce premier acte du tandem au début de la campagne est un geste fort, assurément. Un geste tellement fort qu’il crispe d’ores et déjà la frange dure de l’UMP, les électeurs régionalistes et ceux de la droite nationale. On sait qu’un geste peut faire basculer une élection locale…
Si c’est ainsi que le tandem espère sauver son âme, c’est mal parti. On ne sort pas si aisément du purgatoire…
Rappelons cette phrase du secrétaire particulier de Benoît XVI, George Gänswein : « les tentatives pour islamiser les pays occidentaux ne doivent pas être dissimulées. La menace que cela fait peser sur l’identité de l’Europe ne devrait pas être ignorée sous prétexte de respect mal placé. »
Ci-dessous un texte éclairant sur l’islamisation de la France de Renaud Camus paru dans « Le communisme du XXIe siècle » (Ed. Xenia) et qu’il serait bon de méditer…
10:25 Publié dans La Droite trahit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mosquée, strasbourg, municipales, 2008, renaud camus, islam, politique



