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08.11.2007

Roms hors d'Italie : arrivederci Roma !

ae439d77e514e181a7cb525fdbac4c18.jpgLu ces deux articles dans Le Monde. En France, on utilise l'euphémisme politiquement correct de "gens du voyage"... :


L'Italie veut expulser des milliers de Roumains

La préfecture de Milan n'a pas tardé à mettre en application, vendredi 2 novembre, le décret-loi adopté dans l'urgence mercredi 31 octobre. Quatre premiers Roumains font l'objet d'une procédure d'expulsion. Selon le préfet de Milan, Gian Valerio Lombardi, "des centaines" d'individus pourraient être éloignés de Milan dans les jours qui viennent.

Sur l'ensemble du territoire italien, ce sont des milliers de ressortissants roumains qui peuvent désormais être expulsés. Le décret-loi autorise en effet les préfets à renvoyer dans leur pays d'origine, sans procès ni recours possible, des citoyens de l'Union européenne qui "contreviennent à la dignité humaine, aux droits fondamentaux de la personne ou à la sécurité publique". Une définition suffisamment vague pour englober le maximum de petits délinquants, avérés ou simplement suspectés. Ce tour de vis sécuritaire a été donné par le gouvernement de centre gauche conduit par Romano Prodi dans les heures qui ont suivi l'agression mortelle d'une femme par un Roumain, dans la banlieue nord de Rome.

La sauvagerie de ce fait divers et la nationalité du meurtrier présumé ont déclenché dans tout le pays une onde d'émotion, teintée de xénophobie envers une présence roumaine de plus en plus visible.

Selon les statistiques de l'immigration rendues publiques, mardi 30 octobre, par la fondation Caritas-Migrantes, les Roumains constituent la première communauté étrangère en Italie, avec près de 560 000 personnes recensées. Plus de 100 000 d'entre elles sont arrivées depuis le 1er janvier, le plus souvent installées dans des bidonvilles insalubres à la périphérie des villes.

"Rome était la capitale la plus sûre d'Europe avant l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne", a tonné le maire de la cité, Walter Veltroni (élu secrétaire du nouveau Parti démocrate le 14 octobre), attribuant aux ressortissants de ce pays les trois quarts des crimes et délits commis dans l'agglomération. Le "péril roumain" évoqué par le nouvel homme fort du centre-gauche semble confirmé par les chiffres de la police : sur 10 500 arrestations effectuées dans la région depuis le début de l'année, 7 300 concernaient des étrangers, dont 6 000 des Roumains. D'après la presse, 5 000 d'entre eux répondraient aux critères d'expulsion du nouveau décret.


La police a procédé, jeudi et vendredi, à des contrôles dans les campements roms de la capitale, ainsi qu'à Florence, Milan et plusieurs villes du nord de l'Italie. "Nous ne faisons pas la chasse aux Roumains, mais aux délinquants roumains", a nuancé le ministre de l'intérieur, Giuliano Amato. Toutefois, son ancien chef de cabinet, aujourd'hui préfet de Rome, Carlo Mosca, a confirmé la "ligne dure" des autorités "parce que face à des bêtes on ne peut répondre qu'avec la plus grande sévérité". Les premiers arrêtés d'expulsion ont été pris dès vendredi 2 novembre, après la publication du décret-loi au Journal officiel.

Ce texte accélère l'application de mesures contenues dans un projet de loi, annoncé le 30 octobre, qui devait donner plus de pouvoirs aux maires dans la lutte contre la microcriminalité. L'Association nationale des magistrats (ANM), qui regroupe les 9 000 magistrats italiens, a approuvé son contenu. Si une instruction est en cours, le juge décidera de la poursuite de l'action judiciaire ou de la remise du prévenu aux autorités pour reconduite dans son pays. Le chef du gouvernement, Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, a précisé que le décret est conforme au droit communautaire.

Pour l'opposition de centre-droit, cette manifestation de fermeté est "tardive et partielle". Gianfranco Fini, chef d'Alliance nationale (AN, droite conservatrice), exige "la destruction de tous les campements abusifs et l'expulsion des clandestins sans source de revenus". Il est reproché à M. Prodi d'avoir levé les restrictions mises par le gouvernement Berlusconi à l'immigration venue d'Europe de l'Est : "Nous payons aujourd'hui le prix de la tolérance excessive du passé", estime dans la presse italienne Franco Frattini, le commissaire européen chargé du dossier justice, liberté, sécurité.

Alors que les débarquements de migrants clandestins venus d'Afrique continuent en Sicile et en Calabre (plus de 300 arrivées le week-end dernier, et une cinquantaine de morts et de disparus dans des naufrages), les derniers chiffres de l'immigration concourent à une surenchère xénophobe. "Maintenant, l'Italie est aux mains des étrangers", a titré le quotidien berlusconien Il Giornale, en commentant l'augmentation de 21 % de la population étrangère en un an.

L'immigration est "source d'insécurité" pour 48 % des Italiens, selon un sondage.
(...)

 

Romaphobie

 
Giovanna Reggiani a été enterrée samedi 3 novembre à Rome. Son meurtrier présumé est un ressortissant roumain, Nicolae Romulus Mailat. La veille au soir, quatre Roumains ont été attaqués par un groupe d'individus à coups de bâton et de couteau aux abords d'un centre commercial à la périphérie de Rome. Ils ont été hospitalisés dans un état grave. Au même moment, entrait en application le décret-loi adopté dans l'urgence permettant l'expulsion sans procès ni recours de citoyens de l'UE qui "contreviennent à la dignité humaine, aux droits fondamentaux de la personne ou à la sécurité publique". Le ministre de l'intérieur, Giuliano Amato, a expliqué au journal La Repubblica que c'est justement pour éviter les débordements de xénophobie, "ce tigre qui risque de sortir de sa cage", que le gouvernement italien a décidé d'agir vite et fort.

Dans la presse transalpine, "roumain" est devenu synonyme de "rom". On comprend la réticence à désigner une ethnie. Mais, en l'espèce, ce sont bien des Roms qui sont en cause. C'est vrai, dans l'UE, les Roms posent problème. Ils mendient, se regroupent dans des bidonvilles, certains pratiquent toute la palette des conduites délinquantes. Ils gênent et ils inquiètent. (...) 

Commentaires

Il s'agit d'autant moins de sentiments anti-roumains, que l'Italie est, chose peu connue, au moins aussi présente en Roumanie, que la France, et la coopération se passe fort bien. En fait, soustraction faite de l'énorme investissement de Renault dans Dacia, les Italiens nous devancent dans ce supposé fief de la "francophonie". Les entreprises familiales italiennes du Nord (lequel est en moyenne plus riche que la France) ont anticipé l'entrée de la Roumanie dans l'UE et confient à leurs implantations ou coentreprises en Roumanie, tout ce qui n'exige pas trop de raffinement. Voyant aussi à long terme, elles comprennent bien que la main-d'oeuvre roumaine, décemment éduquée, dispose d'un potentiel d'amélioration plus important que d'autres (aucun exemple pour cause de politiquement correct). Etant aussi hyper-réactives, elles sont arrivées souvent les premières, les meilleurs emplacements et le peu de main-d'oeuvre déjà qualifiée ont donc été dans leur escarcelle. Ces investissements portant leurs fruits, autant dire que l'image des Roumains (les sédentaires) en Italie, est excellente - et réciproquement.

Ecrit par : denis l. | 08.11.2007

Fini, c'est pas le nouvel ami de sarko ?

Ecrit par : Anti tout | 11.11.2007

"La chasse aux délinquants roumains" selon la délicate expression du ministre de l'intérieur italien Giuliano Amato, membre du gouvernement de "gauche" de Romano Prodi a déjà fait un mort. Le groupe "Identité-Tradition-Souverainetés" crée en janvier de cette année au parlement européen sous la direction de Bruno Gollnish a, en effet, éclaté en plein vol.
S'exprimant dans ce langage délicieusement euphémisé qui est propre à la langue de bois "citoyenne" et aux pieux éditoriaux des Dernières Nouvelles d'Alsace, Alessandra Mussolini, petite fille du Duce et députée européenne, ayant déclaré que "les Roumains ont fait de l'infraction un mode de vie. ", le sang des députés du parti de La Grande Roumanie n'a fait qu'un tour. Ils s'en sont pris vertement à la "xénophobie", à "l'intolérance" et "au racisme de type fasciste" de l'élue italienne et ont claqué la porte du groupe le réduisant ainsi à néant.
Etrange situation tout de même. Alessandra Mussolini, pourtant réputée "xénophobe", adopte le jargon politiquement correct et parle de "Roumains" quand tout le monde sait qu'il s'agit de Roms. Les leaders de La Grande Roumanie réputés nostalgiques de La Garde de Fer des années trente fustigent le racisme fasciste. Ces gens là qui aspirent à fonder non une alternance mais une alternative n'ont donc pas de langage propre ni de références singulières et c'est avec les formules de leurs adversaires qu'ils s'apostrophent légitimant du même coup le lexique réprobateur dont on les accable. Faut-il que les défenseurs auto-proclamés des identités soient si peu identifiables qu'on les confonde à juste titre avec les innombrables contempteurs de toute identité...

Ecrit par : Coclés | 13.11.2007

Excellentes observations de Coclès. Il faudrait traduire ce texte en italien pour l'Alessandra, en roumain pour les Eurodéputés et en ch'ti pour l'héninoise - avec un "h" - de vieille souche qu'est Marine Le Pen.

Nota : avec Coclès, moins c'est long plus c'est bon ;-)

Ecrit par : denis l. | 14.11.2007

Pour approfondir le débat sur l'épineuse question des Roms en Italie et pour apporter un point de vue italien, voici un article écrit par Salvatore Carrubba pour le quotidien économique milanais Il Sore-24 Ore : "Les Roumains ne sont plus les bienvenus à Rome"

"Après le tragique assassinat de Giovanna Reggiani [une Romaine de 47 ans, retrouvée dans le coma près d'un campement de Roumains, le 30 octobre, et dont l'assassin présumé est un Rom roumain de 24 ans], l'opinion publique a toutes les raisons de se sentir inquiète. Son sentiment est renforcé par les données du ministère de l'Intérieur, qui confirment une montée dramatique de la criminalité (et surtout des délits qui alarment particulièrement la population, comme les hold-up, les vols à la tire, les sacs à mains arrachés...). Parallèlement à ces données, celles de la police roumaine assurent qu'en 2007 ces mêmes délits ont diminué en Roumanie de 26 % ; est-ce à dire que l'Italie est devenue importatrice de délits [on estime à 556 000 le nombre de Roumains vivant en Italie] ?

La sécurité collective s'est effectivement dégradée, en particulier dans les grandes villes. Il s'ensuit fatalement une fragilisation du contrat social tacite à la base de toute cohabitation, tout comme de la politique : davantage de sécurité en échange de moins de liberté. La xénophobie n'est pas le seul facteur d'un éventuel retour de l'insécurité collective. L'"antipolitique", avec tous les risques que cela comporte, trouve son explication (et non sa justification) dans l'impression diffuse que la politique n'est plus en mesure d'assurer les services que sont la sécurité, la justice, la défense des frontières, alors que, pour les garantir, elle demande des voix et lève des impôts ?

Là se situe la grande erreur de ceux qui s'obstinent encore à penser que la demande de sécurité est l'expression d'une mentalité de justicier impénitent. Ils ne prennent pas en compte le fait que ce sont les plus faibles qui, les premiers, paient l'insécurité au prix fort. Ils négligent le fait que l'indifférence peut inciter à se détourner de la démocratie et oublient la leçon de 2002, quand les Français ont abandonné Chirac et Jospin pour se réfugier dans le giron de Le Pen. Défendre le crime n'est pas de gauche : c'est pourquoi on peut attendre du gouvernement de Romano Prodi qu'il poursuive dans la voie qu'il a empruntée avec un si grand embarras quand il a pris l'engagement de garantir la sécurité des citoyens par des mesures ni opportunistes ni dictées par urgence.

Ce n'est certes pas un défi banal : dans tous les pays démocratiques, les gouvernements sont confrontés aux même problèmes. L'Italie paie en plus la remontée en puissance de nombreuses mafias - de toutes nationales ! qui contrôlent les rackets et autres nuisances, même les plus minables. Les citoyens savent qu'ils ne doivent pas s'attendre à des miracles, mais ils ne sont plus disposés à pardonner l'indifférence. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, parmi les politiques, les plus sensibles à ce thèmes sont aussi les plus exposés au jugement quotidiens de leurs électeurs : les maires, qui, désormais vaccinés contre les remords pseudo-idéologiques, affrontent le sujet avec une détermination de plus en plus nette - un thème sur lequel, d'ailleurs, Rome ne s'était guère distinguée [le maire de Rome, Walter Veltroni, a surpris en adoptant une position dure après le meurtre de Giovanna Reggiani]. Cet activisme commence à être récompensé, comme le montrent les chiffres sur la diminution de certains délits à Bologne, laboratoire des initiatives (qui impliquent de sérieuses prises de risques politiques) du maire de gauche Sergio Cofferati. Cette expérience confirme que la politique qui se veut du côté des citoyens ne peut en ignorer les exigences, les besoins et les inquiétudes - ni, pis encore, les mépriser -, surtout quand les chiffres, implacablement, donnent raison aux citoyens [le 31 octobre, le gouvernement a adopté un décret-loi facilitant l'expulsion des citoyens de l'Union européenne accusés de délits graves].

Ecrit par : marc | 02.12.2007

Et maintenant, un point de vue roumain : papier de Mircea Kivu pour le quotidien Romania Libre : "Les Roms sont des citoyens comme les autres"

"Pour l'opinion publique, un crime commis par un étranger est beaucoup plus scandaleux que celui commis par un compatriote. Imaginons ce qui serait advenu si la femme d'un officier roumain avait été violée et tuée par un ressortissant, disons... chinois. En fait, on n'a même pas besoin de faire un effort d'imagination. Il suffit de se rappeler ce qui s'est passé en 1993 dans le village de Hadareni, du judet de Mures. Deux personnes se sont bagarrées et l'une a mortellement poignardé l'autre. Normalement, l'affaire aurait dû se terminer par l'arrestation et le jugement de l'agresseur. Mais, comme le criminel était rom et la victime roumaine, la situation a dégénéré, avec des relents de pogrom contre la communauté tsigane du village. De ce point de vue, la réaction dure des autorités italiennes, comme l'aversion exprimée envers tous les Roumains par l'opinion publique italienne, sont compréhensibles. Les justifications du type "la plupart des Roumains établis en Italie sont des honnêtes gens qui s'occupent tranquillement de leur travail" sont, dans ce cas de figure, totalement inefficaces. Les chiffres sont sans appel : deux tiers des délinquants étrangers jugés en Italie sont roumains. La presse roumaine a souligné, comme une excuse, le fait que l'agresseur "était un citoyen roumain d'origine rom", donnée que les Italiens ne pouvaient pas connaître. C'est une bien piètre excuse. Ce type d'argumentation se retrouve pourtant souvent mis en avant par Bucarest pour expliquer l'augmentation des infractions commises par les Roumains vivant à l'étranger. Parce que, apparemment du moins, nos conationaux à l'étranger commettent beaucoup plus souvent des actes de délinquance que ceux restés à la maison.

Généralement, l'émigration suppose une carence d'intégration dans la société d'origine. Qu'il s'agisse des spécialistes hautement qualifiés ou de pauvres gens partis gagner un pain plus blanc, à l'origine de la décision il y a toujours un désaccord avec l'état des choses dans le pays. L'immigrant se trouve, le plus souvent, dans une situation d'anomie. L'anomie ne mène pas obligatoirement à l'infraction, mais elle prédispose aux actes antisociaux. Et en terre étrangère, où le contrôle social est encore plus faible que dans la société d'origine, l'émigrant encourt des risques accrus de devenir un délinquant. Surtout s'il est confronté à l'échec.

Et si l'on doit aborder ici la question des Roms en Roumanie, il faut rappeler le degré d'exclusion qui frappe cette communauté depuis des décennies. Pourtant, des sommes prodigieuses ont été consacrées à l'intégration des Roms. Il existe même depuis 2001 une stratégie gouvernementale dans ce domaine, mais ses résultats sont à peine visibles. En avançant l'argument selon lequel les criminels sont des Roms, nous faisons preuve d'une incroyable légèreté. Car en fin de compte, c'est toute la société roumaine qui est responsable du chaos qui règne dans la communauté rom."

Ecrit par : marc porta | 08.12.2007

Cet article est bien-pensant et ne reflète en rien de ce qui peut se penser en Roumanie, en Europe en général sur les Roms. A part les Italiens, personne n'ose s'élever contre une communauté dont les fonctionnements sont à l'évidence, sources de problèmes. Il n'y a qu'en France où évidemment, on tente de juguler cela, sans y parvenir bien sûr !

Ecrit par : La Droite strasbourgeoise | 10.12.2007

Si la belgique pouvais faire pareil avec les musulmans ! ! ! !
VIVA ITALIA ! cà au moins, c'est des gens qui ne se laissent pas infester !!

Ecrit par : merle | 16.05.2008

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