07.04.2008

« Ne me demandez pas des nouvelles des Jeux Olympiques »

6e2b5c05343eba5105e7cd5c1eba9ed1.jpg« Ne me demandez pas des nouvelles des jeux olympiques … » écrivait en 1896 Charles Maurras dans la Gazette de France qui l’avait envoyé à Athènes « couvrir » les premiers J.O modernes, ressuscités à l’initiative de Pierre de Coubertin. L’été prochain à Pékin, s’il était encore de ce monde ,  Antoine Blondin commencerait sans doute son premier « papier » de la même manière , en hommage à l’un de ses maîtres.Le temps qui passe ne les rend pas plus comestibles et la polémique autour du boycottage des J.O de Pékin  nous ramène sans nulle doute à celle des J.O de Moscou en 1980 où l’on avait envisagé un moment une solution de rechange.

La Grèce avait alors , par la voix de son président Karamanlis le Grand - l’oncle , pas le falot neveu actuel qui dirige le pays – proposé d’accueillir à titre permanent des Jeux qui allaient – avait-il prédit -  à chaque fois être boycottés pour de multiples raisons , comme ce fut le cas  quatre ans plus tard en 1984 à Los Angeles , auparavant en Afrique du Sud, et puis maintenant peut-être à Pékin. Mais la Grèce des années 198O ne disposait pas d’infrastructures adéquates pour accueillir des Jeux modernes.

Ce qui n’est pas le cas actuellement avec le succès que l’on connait des Jeux d’Athènes de 2004 qui – tout le monde le reconnait aujourd’hui –se sont déroulés sans la moindre anicroche. Alors pourquoi ne pas revenir, après tout,  définitivement en Grèce où les Jeux Olympiques sont nés , revenir à l’esprit de Pierre de Coubertin et aux antiques jeux à la gloire de Zeus qui se déroulaient tous les quatre ans à Olympie ?

L’idée n’est pas nouvelle : avant Karamanlis , l’empereur Hadrien ,le plus philhellène des empereurs romains s’était mis en tête d’installer à Athènes des jeux qui supplanteraient ceux qu’Olympie accueillait depuis plus de neuf siècles. La Grèce est sans nulle doute la terre où naquit l’olympisme , car il y avait d’autres jeux – Pythiques de Delphes, Néméens du Péloponnèse, Isthmiques de Corinthe-  dont l’ensemble constituait le Circuit, et dont l’alternance tous les quatre ou deux ans permettait qu’il n’y eût d’année sans que des couronnes de laurier, de pin ou d’olivier, et rien d’autre, fussent décernés aux vainqueurs.

« Seule l’institution durable à l’infini fait durer le meilleur de nous ! » écrivait encore Maurras. Il faut relire de toute urgence ses « Lettres des Jeux Olympiques » où les habituels poncifs sur l'académisme de la prose maurrassienne s'effondrent devant la drôlerie du ton et les qualités d'évocation des descriptions. A la voix altière du maître que manifestent le balancement des périodes et la noblesse du lexique dans les grandes pages philosophiques de Maurras, se superpose ici la voix plus familière de la confidence enthousiaste, mais toujours mesurée d'un amoureux qui veut faire partager sa passion.

 

José Meidinger

 

 

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