18.06.2008

Politique Friction : La gauche remporte les élections régionales en Alsace (2)

 Les résultats tombent (suite)

837f00036bdff913d15c1e719fb49b02.jpgDans les salons du Petit Broglie, les petits fours n'attirent aucun des barons de la droite locale. Même celui-ci léger avec du saumon frais reste sur les tables. Sénateurs et Députés se regardent. Le décor baroque semble terne tout à coup. Une élue arrive avec des résultats complémentaires, elle s'effondre en larmes.

Les derniers chiffres tombent, le Préfet tend une feuille à un quarteron d'anciens élus.

  •  
    • Liste « Une gauche unie pour l'Alsace » : 45 %
    • Liste « UMP, démocrates et indépendants de progrès » : 37 %
    • Liste « l'Alsace au centre » : 8 %
    • Liste « Alsace d'abord, la force régionaliste » : 5.2 %
    • Liste « Front National - Avec Marine Le Pen » : 4.8 %

Le Président du Conseil Régional s'assied dans un fauteuil. Au bar, un député commande un Whisky. Les téléphones vibrent quand les leaders de la droite strasbourgeoise rentrent dans la salle.

« Tout cela, c'est de la faute à Sarkozy , quelle idée de changer le mode de scrutin » déclame une personnalité. « Oui, franchement, Sarko a déconné » répond une autre avant de s'en prendre au Premier Ministre. Les critiques pleuvent. Tout cela vient de la faute de Paris.

« Pourquoi n'avons-nous pas pu nous unir comme la gauche a su le faire ? » demande un Conseiller municipal. Fusillé du regard par une élue centriste bronzée car rentrant encore de vacances, il plonge son nez dans sa bière...

Un autre le soutient. « Mais put...., tu as raison et on l'a entendu durant toute la campagne. Les Alsaciens nous ont parlé de l'Italie, de cette droite unie qui tient le pays depuis 4 ans et qui a su redresser l'économie. Ils nous ont aussi parlé de la Gauche Unie, mais comme d'habitude, personne n'a osé faire remonter l'info de peur de finir accroché au Pont du Corbeau».

Un silence répond à ce qui apparaît comme une arrogance. « Cette défaite, les blogs l'ont annoncé depuis celle des municipales » affirme un dandy, un knack à la main. Tous se regardent, mais tous savent ce qu'il en est. Ils savent aussi qu'ils en portent la responsabilité.

Pour se rassurer, un vieux loup de la droite locale s'interroge: « cela doit être une tendance nationale, non ? ». Non, la droite reprend même Paca et d'autres régions, là où des unions ont su se faire, la droite s'affirme. En Alsace, sa division a sonné le glas.

Tout d'orange vêtue, une élue centriste déclame : « on aurait de toutes les façons pas pu s'allier avec la droite extrême, cela ne serait pas passé ». Dans d'autres régions, certains ne s'en sont pas privés. Calculatrices en main, certains ont fait de rapide calcul. Une génération d'élus comprend que pour elle, l'heure de la retraite a sonné et qu'en plus, elle n'a pas de relève.

Place Kléber, rejoints par les jeunes des quartiers, on chante alternativement la Marseillaise et l'Internationale. Un adjoint au Maire de Strasbourg dénonce certains slogans communautaires qui s'en prennent directement à lui avant de disparaître rapidement sous les huées des jeunes de Koenigshoffen.

L'Alsace vient de passer à gauche. Mais tout cela était écrit... Dans un bar strasbourgeois, une poignée d'hommes et de femmes semblent insensibles à l'évènement. Un homme se lève parmi eux. « Vodka Pomme pour tous, maintenant, tout peut arriver »...

1c84626d2551f258e3b082c5b8bde93d.jpgA la télévision, la tête de liste de la « Gauche Unie » prend la parole. Un jeune baisse le son et s'adresse au Dj : « Eh, mets nous du bon son ». Un remix de Transmission fait entendre la voix légendaire de Ian Curtis, les couples se lèvent et dansent. Cette soirée est vraiment rock'n roll !

Dans la rue, les drapeaux du PS, réjoints pas des drapeaux d'autres pays continuent de défiler.

Ici, le temps suspend son vol... Il ne reste plus qu'à écrire l'histoire... Certains s'en chargent...

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Commentaires

Vous persifflez, LDS...
Tout ça pour en arriver toujours à la même conclusion!

Il ne faut pas perdre de vue que l'Alsace n'est pas Strasbourg... Et qu'à Strasbourg, si nous avons connu une défaîte, la ville ne devient pas ipso facto 100% socialiste. Au contraire, ce sera la période de la déception pour ceux qui voulaient du changement dans leurs quartiers. Ce sera la période où on s'apercevra que le Maire Hermann et son équipe palabrent mais agissent peu... A tout le moins mon scénario n'est-il pas plus fantaisiste que le vôtre.

Et tout peut dépendre du choix - on nous narre que ce seront les militants qui le feront - de la tête de liste...
Inutile de jouer les oiseaux de malheurs. Même si visiblement votre texte, bien écrit, fait un malheur auprès de vos clones de la blogosphère de droite...

Ecrit par : Nicolas | 19.06.2008

Ce texte est d une haute qualite, sachez que votre blog est lu jusque dans les couloirs de xxxxxxxxxx - Bravo aux parias que vous etes

Ecrit par : parisien initie | 19.06.2008

"Non, la droite reprend même Paca et d'autres régions" : nous n'y sommes pas encore et j'espère que ça n'arrivera pas. Ce dont je suis certain, c'est que réformer le mode de scrutin (passer de deux tours à un seul, comme vous l'avez compris) pour avantager son camp, ce n'est pas très classe. Pas très juste. Ce n'est pas ma conception de ma politique. Et quand on est président de la République et qu'on se revendique "au-dessus des partis", on devrait avoir honte de penser à mettre en oeuvre des manoeuvres aussi basses. On pourrait dire la même chose du redécoupage électoral, mitonné par Alain Marleix, expert en la matière et accessoirement secrétaire national aux élections de l'UMP. Si c'est comme ça que la droite entend gagner les élections à l'avenir, c'est vraiment lâche ! La ficelle est énorme.

Ecrit par : marc | 20.06.2008

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