31.10.2008

one vote ! For God, for Country, for Faith

Une fois de plus les professionnels de la profession ont oublié leur sens critique. Une fois de plus, la caste journalistique française s'imagine donner le ton et comme un seul homme, s'engouffre dans le vide Spectaculaire d'une gigantesque machine de communication creuse.

Une fois de plus, beaucoup oublient que c'est le coeur profond de l'Amérique qui vote. Les chrétiens évangélistes (qui sont près de 60 millions, autant que de Français !)  avaient fait pencher la balance vers Georges W. Bush en 2004. Ils s'engagent à nouveau, par exemple avec la diffusion de ce spot.

One vote...

NOBAMA !

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27.10.2008

Les délires pro-Obama de la presse française

mcCain.jpg

 

Vous n'en pouvez plus. Pour peu que vous ayez un minimum de sens critique, vous ne comprenez plus les fallacieux reportages et articles de la presse française au sujet des élections américaines. Un doute plusieur fois par jour vous prend : mais y-t-il encore une élection ? Pour France 2 l'autre soir, un reportage sur la visite du candidat Obama à sa grand-mère malade mais pas un mot sur l'autre candidat, John Mc Cain. D'ailleurs, c'est évident Obama DOIT gagner. Pour le bien-être de l'Amérique, pour le bien-être de la nouvelle religion du métissage, pour la culture de la diversité, pour le bien du monde, n'est-il pas le Sauveur ? Curieux manichéisme, comme si la presse française rejouait une 3ème mi-temps, celle de l'élection présidentielle française, où Sarkozy était caricaturé de la même façon face à l'innocente Mme Royal...

Quand vous ouvrez la presse, c'est devenu insupportable. Les Dernières Nouvelles d'Alsace, jamais en reste pour enfourcher le dada de la pensée unique et commune, nous expliquaient récemment que la mobilisation des démocrates était forte à Strasbourg, pour l'inscription des votants américains séjournant ici. Si vous êtes connectés aux actualités sur le Net, que ce soit Yahoo ou Google, tous les jours des dépêches tombent pour vanter Obama ou au contraire, pour dénigrer Sarah Palin, cette sale inculte quasi nazie ou ce vieux con de Mc Cain. Pas une critique n'épargne le camp républicain, coupable de tous les maux, repaire de dangereux réactionnaires-racistes. Finalement, Madonna avait raison d'aligner des portraits de Hitler et de Mc Cain, c'est elle qui a raison, vous avez tort et il faut penser ainsi.

La presse française, majoritairement composée de journalistes engagés à gauche ou véhiculant une pensée atrophiée et non documentée, une pensée tirée de Wikipédia, à l'unisson nous rejoue la chanson entonnée lors des élections Bush-Kerry. On se souvient du résultat... Elle n'analyse même plus les programmes ou les entretiens, elle fait caisse de résonnance pour un seul camp. Curieuse pluralité...

Dans le concert des grenouilles médiatiques, quelques prédateurs pensant vite et bien se font jour et mordent. Il en est ainsi de Causeur, un remarquable site qu'on pourrait qualifier de média de ré-information.

Nous vous livrons l'un de ses récents textes, d'autres se trouvent sur le site, profitez en, car nous vous livrons un secret : vous pouvez penser par vous-même ou ne pas penser comme le veulent les grands médias de notre République et le bulldozer de la pensée anti-raciste et anti-réactionnaire.

De toute façon, rassurons nos éditorialistes succombant à l'obamania. Au final, dans les urnes, ce sont les Américains qui voteront, pas nos journalistes. Mais cela, ils l'ont oublié...

 

Laurent Husser

 

 

Obama-Mc Cain, ces rats qui quittent le navire
Comme Colin Powell, nombre de Républicains virent leur cuti…

 

Cette campagne présidentielle devient très étrange. La campagne du candidat républicain sur les relations douteuses de Barack Obama (avec l’ex-terroriste d’extrême gauche Bill Ayers et le pasteur noir raciste Jeremiah Wright), a suscité l’ire de deux journalistes qui, sur CNN, ont entonné le dernier refrain à la mode selon lequel le noble McCain d’hier se serait transformé en vilain petit Mc Cain. Christopher Buckley, éditorialiste de la très conservatrice National Review, a récemment apporté son soutien à Obama, déplorant lui aussi, la disparition du bon vieux McCain d’antan. Quant à David Brooks, le plus droitier des chroniqueurs du New York Times, il a carrément qualifié Sarah Palin de “cancer”.
Pour replacer les choses dans leur contexte, il faut rappeler que, pendant la campagne de 1988, les attaques de George Bush père contre Michael Dukakis au sujet de Willie Horton* furent bien plus rudes, comme d’ailleurs celles de Bush fils pendant les campagnes de 2000 et 2004. Par rapport à ce que nous avons vu des deux côtés ces dernières années, la campagne de McCain est plutôt modérée. D’autre part, il faut savoir que le “vilain McCain” est une invention subtile de l’équipe Obama qui, en réalité, a su, mener – sans avoir l’air d’y toucher – une campagne bien plus vicelarde.
Barack et les siens ont été les premiers, comme l’avait annoncé Bill Clinton, à jouer la “carte raciale”. Préventivement, sans doute, mais à deux reprises au moins, Obama a alerté les Américains qu’il allait être victime de la part de ses adversaires d’une manipulation des stéréotypes raciaux.
Son staff, à l’instar de Joe Biden, continue de hurler au racisme chaque fois que se posent des questions légitimes concernant le passé d’Obama.
Accessoirement, depuis trois mois, on n’entend plus parler que de l’âge du capitaine McCain : “confus”, “ne se souvient plus”, “perturbé”, “perdant ses repères”, etc. Pourtant, que je sache, les supporters de McCain n’ont pas “hacké” les courriels de Biden, ni ne l’ont accusé d’être un nazi ; ils n’ont soupçonné personne de ne pas être le parent de l’un de ses enfants. Pour pousser la comparaison, on ne trouve heureusement pas de pasteurs blancs racistes qui qualifient McCain de “Messie”, ni d’autres qui soient prêts à bourrer les urnes en son nom.
Simplement, un grand nombre de modérés et de conservateurs sont las de Bush – et aussi de la haine anti-Bush, des leçons et autres accusations de « racisme » et de « danger pour les libertés » venant d’Europe. Dans cette lassitude, ils finissent par se dire qu’au moins Obama les débarrassera de ce fardeau, les fera aimer à l’étranger et mettra fin aux clivages blanc/noir et rouge/bleu*.
Ils pourraient juste se demander si Jimmy Carter est arrivé à restaurer “l’Amérique authentique” avec ses campagnes sur les Droits de l’homme, l’éloge des dictateurs de gauche, le dialogue pendant la crise des otages iraniens avec ceux qui nous traitaient de Grand Satan, ou le message : “N’ayons plus peur du communisme !”
A fortiori, maintenant qu’Obama est donné gagnant avec de plusieurs points d’avance, certains, dans les allées mêmes du pouvoir, en viennent à penser qu’il est temps de changer de cheval pour gagner la course. En tant qu’intellectuels, ils espèrent même convaincre les plus subtils des démocrates de rejoindre le camp des vainqueurs : le leur !
Ces gens-là ne sauraient pactiser avec une Sarah “Cancer” Palin, qui même avec l’aide de son mari Todd, serait bien incapable de parler intelligemment de Proust. En revanche elle en sait long sur les fusils à pompe, et même sur les machines à déneiger.
En outre, beaucoup de modérés qui de toute façon n’auraient pas voté McCain ne retrouvent plus dans son discours actuel ce qu’ils y appréciaient autrefois le plus: ses attaques ironiques contre Bush le simpliste et autres conservateurs en carton-pâte.
Mais aujourd’hui, McCain a une campagne sur les bras, et ce n’est pas le moment pour lui de jouer au noble “loser”. Pour l’instant il faut juste qu’il soit bon : s’il perd, il aura tout le temps d’être parfait.
Obama a si brillamment balisé le terrain médiatique que quand il accepte le soutien de Louis Farrakhan personne ne s’offusque. Quand ses supporters traitent Sarah Palin alternativement de nazie ou de pouffe – et McCain de raciste et de sénile, tout le monde trouve ça normal. En revanche quand les caméras de télé repèrent un unique T-shirt raciste dans une foule de 10.000 personnes venus soutenir McCain, là, ça barde !
Bien sûr, la plupart des conservateurs ne sont pas dupes de ce tour de dupes ; mais il suffit qu’un seul d’entre eux soit soudain indigné par les “bassesses” de la campagne McCain pour que CNN en parle aussitôt.
Si j’écrivais une tribune louant l’intelligence d’Obama, ses goûts littéraires exquis et sa métrosexualité, j’aurais l’air d’un homme de principes et non d’un cynique, d’un berger plutôt que d’un mouton.
Mais je me dois de prévenir les conservateurs qui s’apprêtent à virer leur cuti : voter Obama, cela signifiera des impôts plus élevés, un gouvernement plus interventionniste, des juges gauchisants à la Cour suprême, l’ouverture des frontières, une politique étrangère encore plus axée sur l’ONU, le dialogue avec l’Iran, moins de charbon, de pétrole et d’énergie nucléaire produits aux Etats-Unis. C’est ça, chers transfuges, vos “vraies valeurs de droite” ?
Tout compte fait, Obama est beaucoup plus à gauche que McCain n’est à droite. Au Sénat par exemple, le démocrate s’est montré nettement plus sectaire que le républicain dans ses votes.
Pour ceux qui ont lu Les Deux tours de Tolkien, je pose la question : en quoi avez-vous confiance ? En la voix rauque de Gandalf détaillant les dangers du sarumanisme, ou en celle, charmante et melliflue, de Saruman en personne qui veut venger le monde entier de sa victimitude supposée ?

Victor Davis Hanson

Professeur émérite à la California State University, considéré comme l’un des plus grands historiens militaires actuels, Victor Davis Hanson est notamment spécialiste des conflits armés dans la Grèce antique. Il est aussi, à ses heures perdues, viticulteur et blogueur. C’est l’une des signatures-vedettes de Pajamas Medias, le site américain avec lequel Causeur a passé un accord de publication réciproque.


* Willie Horton, condamné à la réclusion à perpétuité pour meurtre, une peine qu’il purgeait dans une prison à Massachussetts, a bénéficié d’une permission de weekend pendant laquelle il a commis un vol à main armée et un viol. La campagne de George Bush a utilisé cette affaire pour attaquer Dukakis, gouverneur du Massachussetts ; une attaque considérée comme décisive pour la victoire du candidat républicain.

* Démocrates/Républicains.

24.10.2008

LE MAUVAIS SORT S'ACHARNE SUR LE PRÉSIDENT SARKOZY.

sarkozy-poupée-vaudou.jpgAlors que notre Président fait feu de tout bois pour civiliser la jungle financière et en finir avec les pratiques barbares d'un capitalisme de fauves, des forces occultes semble vouloir s'acharner sur sa personne.

On savait depuis quelques jours que son compte bancaire personnel avait été piraté il y a quelques semaines par d'audacieux malfrats. Lancées à leurs trousses  les polices de France et de Navarre ont fini par leur mettre la main au collet. Selon la presse il s'agirait de deux citoyens congolais (ou Sénégalais, selon les sources) dont les dépêches ne précisent pas s'il s'agit d'immigrés clandestins aux bons soins du Réseau Éducation Sans Frontières ou si il s'agit d'immigrés choisis dont la présence sur le territoire national pourrait s'inscrire dans la ligne volontariste du ministre Hortefeux.

 

Ce qui est certain c'est que leurs indéniables compétences informatiques semblent les désigner pour une carrière de haut vol dans les arcanes d'un système financier que des irresponsables prétendent, hélas, moraliser au nom d'une conception archaïque de l'éthique. Mais ce n'est pas tout.

 

Sans doute victime des retombées maraboutiques que son discours de Dakar n'a pas manqué de déclencher dans l'ensemble d'un monde noir blessé, à juste titre, de se voir réduit à un immobilisme qui est une injure patente (et un tantinet "raciste") au sens du progrès qui anime l'ensemble de l'humanité, notre Président doit désormais affronter les innombrables dangers de l'envoûtement. Qu'on en juge. Le 17 octobre il a du se résoudre à porter plainte contre un manuel vaudou paru quelques jours plus tôt. Celui-ci est assorti d'un kit féticheur complet (Ed. K & B)avec figurine de tissu à son effigie et aiguilles farceuses que l'acheteur est invité à planter méchamment dans le torse et les jambes du chef de l'État afin de réduire la République à l'impuissance. Soyons juste, un autre matériel sorcier, mis en vente le même jour par le même éditeur s'en prenait, lui, à Ségolène Royal. Mais, tandis que le premier était tiré à 20 000 exemplaires, le second ne l'était qu'à 12 000. Cette offense machiste à la parité  laissera t-elle la HALDE indifférente? Une chose est sûre, c'est qu'une telle accumulation de sortilèges ne peut pas relever du seul hasard. Alors que notre Président entreprend de sauver la planète en répandant la magie blanche de son verbe sur les plaies d'une finance exsangue, une magie noire agit dans l'ombre, sourde au bien commun et indifférente aux appels à l'unité nationale.

C'est consternant !

 

Coclés

22.10.2008

Rap et blogosphère : Strasbourg en pointe

conseil_tenu_par_les_rats.jpg

Ils vont finir par croire aux complots. Qui ? La gauche strasbourgeoise d’abord, qui a ressorti avant-hier pendant le Conseil Municipal de Strasbourg (20 octobre 2008) les arguments les plus « gauchisants » pour, tout en dénonçant les images, tenter d'évoquer la situation des banlieues qui expliqueraient certains clips de rap dénoncés depuis des semaines par des confrères bloggeurs (Cagliostro et Johnny Halité) ; ces clips ont été relayés par une campagne de mails assez bien huilée...

 

Ces blogs décriés avant-hier soir dans l’assemblée municipale (nous en reparlerons, c'est évident, nous sommes d'infâmes réactionnaires voire pire...) ont mis en avant la prose "châtiée" et certaines images dignes de la civilisation défendue par les bonnes âmes droits-de l'hommistes et véhiculées au travers de clips tournés dans divers quartiers strasbourgeois, notamment Hautepierre.

Eveilleurs, nos confrères ont donc dû entendre leurs oreilles siffler l'autre soir (tout comme nous...)  puisque les qualificatifs ont volé bas.

Ceux qui dans l'hémicycle ont hurlé au loup feraient bien de se pencher sur ce qui se passent dans nos charmantes banlieues, où les "pauvres opprimés" de la République, des colonies, ces laissés-pour-compte de notre méchant Etat s'en donnent à coeur joie et se comportent, il faut bien utiliser le terme, comme des animaux. Mais lesquels ? Nous pouvons nous permettre ce terme, puisque, l'un des héros de la gauche intellectuelle française, Alain Badiou, a commis il y a quelques mois un livre surprenant ("De quoi Sarkozy est-il le nom ?"), où le candidat Nicolas Sarkozy est désigné (bien après Freud mais sans rapport avec le cas célèbre de “l’homme aux rats”) ainsi que ses électeurs, comme des “rats”.

 

Si l'électeur, notamment UMP est considéré comme un "rat" (ce qui rappelle furieusement une période de l'Histoire de l'Europe, circa années 30-40, où une catégorie de la population était nommée ainsi)  de quoi alors les rappers strasbourgeois,visibles dans ces clips peuvent-ils être rapprochés dans le règne animal ? La gauche strasbourgeoise, si prompte à accuser Nicolas Sarkozy, certains membres de son équipe et les électeurs de droite en particulier, de "pétainistes", de "réactionnaires" voire de les accuser d'antisémitisme et de racisme larvés, quels termes utilisera t-elle pour dénoncer ces décérébrés ?

 

Les mêmes qui hier, hurlaient au "cynisme meurtrier du sarkozysme", nous accusait de manier "l’arme favorite de (notre) camp, le mensonge, l’invective au service d’une cause, la haine." (n'est-ce pas M. Syamak Agha Badaei, conseiller municipal?) quels termes utiliseront-ils pour qualifier ces barbares ?


Aujourd’hui, l’affaire prend une nouvelle ampleur. Avisé ou non, directement ou indirectement (avec Internet, on ne sait plus), le syndicat Unsa Police s’est fendu, par le biais de son Secrétaire Général, d’une lettre à l’attention de Madame le Ministre de l’Intérieur dénonçant le clip qui « met en scène l’enlèvement d’un policier qui est ensuite enfermé dans le coffre d’un véhicule, puis fini par être roué de coups ». L’affaire est reprise depuis par l’ensemble des grands médias.

Les bloggeurs avaient dénoncé les images et propos haineux, sexistes et homophobles, ils sont aujourd’hui repris ou suivis par un syndicat de police. Tant mieux ! D'autres clips circulent, nos confrères de la Toile strasbourgeoise se chargent de les stigmatiser, nous ne pouvons que soutenir ces démarches.

On notera dailleurs qu’à Strasbourg, la veille politique est de plus en plus assurée par des équipes d’internautes vigilants qui sur différents dossiers, agissent plus vite et plus fort, usant de l’Internet comme un nouveau média. La Droite Strasbourgeoise, qui n’est pas en reste sur le sujet (cf; l'affaire de la censure d'une citation de LF Céline), s’en réjouit.

Illustration : "Conseil tenu par des rats", image illustrant la Fable de Jean de la Fontaine

17.10.2008

Tous les chemins d'expulsion mènent aux Roms !

P1020122.JPGLa fin de l'année approche et chaque électeur de Nicolas Sarkozy doit se demander anxieux "mais où en est Brice Hortefeux avec ses 25 000 expulsions d'immigrés et sans papier annoncées?". Donnons lui une chance de remplir sa dure et enthousiasmante tâche et ne perdons pas de temps à Strasbourg, à Koenigshoffen notamment ! Bientôt la trève hivernale... Nous vous l'avions évoqué il y a quelques mois, dans une note qui avait remporté un franc succès, un camp illégal est installé à l'entrée de ce quartier, déjà bien (trop) chargé en termes d'immigrés non intégrés. Depuis, le camp transformé en bidonville de plusieurs familles Roms s'est sérieusement implanté, on peut légitimement se demander pourquoi.

 

Hosannah ! ce matin dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, journal qui se transforme jour après jour en chronique des expulsions annoncées (et bien évidemment dénoncées dans des articles "citoyens"), nous apprenons sous la plume larmoyante de Mme Grandgeorge que ces familles sont à nouveau "menacées" d'expulsion. Le lecteur alsacien lit ainsi ces phrases terribles qui rappelent des périodes sombres de notre histoire : "Pas d’eau, pas d’électricité, pas de sanitaires. Quelques planches et des vieux tapis à même la terre pour ne pas trop patauger dans la boue par temps de pluie."

 

Effectivement, ces familles semblent dénuées de certains choses élémentaires mais Mme Grandgeorge et les nombreuses associations qui viennent en aide à ces familles ne doivent pas passer régulièrement devant ce campement, sinon tous verraient les rutilantes berlines (une Audi Passat, une Mercedes et ce matin même, un joli 4/4 Mercedes camouflé sous une bâche bleue etc...) qui servent sans doute de poulailler ou qui doivent être entreposées ici en vue d'un échange futur...

 

P1020124.JPGNous apprenons encore, ironie de l'histoire que ces familles "vivent des allocations familiales et de l’aide des oeuvres caritatives." Chacun de nos lecteurs appréciera de savoir vers quels produits de première nécessité va son argent...

 

Il reste néanmoins un espoir, celui d'une expulsion prochaine, qu'on espère rapide, pour qu'enfin les quotas de M. Brice Hortefeux soient respectés dans notre région. En effet "La demande d’expulsion a été rejetée pour vice de forme. Le tribunal administratif statuera sur le fond samedi », précisent les membres du comité Romeurope Alsace, un collectif qui regroupe Médecins du Monde, ADT Quart Monde, le DAL, la Cimade, le MRAP, l’Aumônerie de rue, la Ligue des droits de l’homme, RESF."

 

Vivement samedi...et vivement que la justice passe et que ce campement soit démantelé...mais je le dis sans pathos (comme l'écrivait récemment un autre journaliste des DNA à propos de l'affaire Céline)...

 

Palamède

16.10.2008

PENSÉE CRITIQUE : Alain de Benoist

benoist.jpgDepuis les années Mitterrand, c'est à dire depuis l'effondrement des "grands récits" et l'irrésistible convergence de la "gauche" et de la "droite" vers un néo-libéralisme plus ou moins mâtiné de placebos d'inspiration sociale-démocrate, il n'y a plus d'opposition organisée au "système". Cette atonie du sens critique n'a fait que renforcer depuis une vingtaine d'années le vaste parti unique des approbateurs silencieux ou enthousiastes sur fond de cynisme, de fatalisme ou de désespérance de masse. Le "parti unique" règne sans anicroche majeure sur une masse amorphe de "consommateurs" plus ou moins chanceux priant de concert avec les oligarchies pour "le retour de la croissance".

 

Certes, le parti de la presse et de l'argent qui a le sens de la plaisanterie fait mine de désigner comme de dangereux radicaux susceptibles de bousculer "la démocratie" tantôt "l'extrême droite", tantôt "l'extrême gauche". Chacun est alors prié d'éprouver une sainte frayeur et de manifester sa conscience "citoyenne" dans des carnavals "festifs" où l'union sacrée se retrempe comme l'acier face à la perspective de l'innommable. La ficelle est grosse mais elle marche à tous les coups. En 2002 la "quinzaine anti Le Pen" a permis la réélection albanaise (ou gabonaise) de Jacques Chirac. Si, demain, le score de Besancenot explose, on nous ressortira les exploits de son nouveau supporter, le camarade Rouillan,  qui a déjà franchi avec succès les premières épreuves du concours d'accès au statut d'épouvantail à moineaux. Notons qu'en chacune de ces occurences les champions de la radicalité sont les premiers à faire chorus avec le "système".

 

En 2002 "l'extrême gauche" menait la bal contre le "fascisme"; "l'extrême droite", demain, ne demandera pas mieux que de dégommer du "gaucho" quand les oligarques feront mine de déceler dans le Nouveau Parti Anticapitaliste du facteur les prodromes d'un nouveau bolchevisme. En réalité, la radicalité des uns et des autres est à la mesure d'une époque frelatée qui a décidé, aussi, que Christine Angot est une "écrivaine", que Jeff Koons est un "artiste", que Bernard Henri Lévy est un "philosophe", que "Charlie-Hebdo" est un journal rebelle, que "le niveau monte" dans l'Education Nationale, que l'islam fait partie des racines culturelles de l'Europe ou que nous sommes en Afghanistan pour y donner sa chance à la "démocratie". C'est un constat morose et parfois désopilant: le désert croît sous la forme inédite du canular.

 

Mais il reste, comme toujours, des penseurs isolés dont le travail ne nous est livré par aucune publicité alléchante, aucune campagne de com arrogante, aucune rumeur contrôlée. On ne les voit guère à la télé où la gestion des espaces de cerveau disponibles n'est confiée qu'à de compétentes cervelles (NDLR : par chance, Alain de Benoist est invité régulièrement dans l'excellente émission de Frédéric Taddei, sur France 3) . On ne les entend pas à la radio. Ils ne sont pas invités à jacasser dans les colloques par les institutionnels timorés. Ils vivent en marge des autoroutes de la pensée conforme et c'est ce qui fait toute la richesse de leurs analyses. Certains sont morts comme Philippe Muray et Jean Baudrillard, d'autres ne publient plus comme Michel Clouscard. Mais de Jean-Claude Michéa à Serge Latouche, d'Alain de Benoist aux chercheurs du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales)  toute une pléiade de grands esprits continue de nourrir  le vivier d'une authentique pensée critique. À titre d'exemple nous publions ce texte récent d'Alain de Benoist sur une crise financière dont les retombées n'ont pas fini de nous assaillir. Prochainement, il sera question ici même du dernier livre de Michéa.

Coclés

 

Depuis plus de trente ans, Alain de Benoist poursuit méthodiquement un travail d'analyse et de réflexion dans le domaine des idées. Ecrivain, journaliste, essayiste, conférencier, philosophe. A lire






LA CRISE FINANCIERE MONDIALE
DE L’AUTOMNE 2008




On dit souvent que le capita lis me est synonyme de crise, qu’il se nourrit des crises qu’il provoque, ou encore que sa « faculté d’adaptation » est sans limites, laissant ainsi entendre qu’il est indestructible. En réalité, il faut distinguer les crises cycliques, conjoncturelles (on connaît les célèbres cycles de Kondratieff), et les crises systémiques, structurelles (comme celles qui ont eu lieu entre 1870 et 1893, lors de la Grande Dépression de 1929, ou entre 1973 et 1982, lorsqu’un chômage structurel a commencé à apparaître dans les pays occidentaux). Avec la crise financière actuelle, il ne fait pas de doute que nous sommes devant une crise conjoncturelle, correspondant à une rupture de la pertinence logique et de la cohérence dynamique de l’ensemble du système. Venant après la crise du marché des actions de 1987, la récession américaine de 1991, la crise asiatique de 1997, l’explosion de la bulle des valeurs Internet de 2001, cette crise, beaucoup plus forte que les précédentes, est de toute évidence la plus grave que l’on ait connue depuis les années trente.

La plupart des gens ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe. On leur a pendant des années vanté les mérites du « modèle américain » et assuré des bienfaits de la « mondia lis ation heureuse ». Ils voient maintenant le modèle américain s’effondrer et la globa lis ation accroître la misère sociale. Le spectacle des banques centrales, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, qui ont injecté, depuis le 15 septembre, des centaines de milliards de dollars et d’euros sur les marchés financiers, les laisse songeurs : d’où vient tout cet argent ? Les interrogations se nourrissent encore du sentiment que personne ne semble vraiment savoir ce qu’on peut faire. Le silence relatif de la plupart des hommes politiques est à cet égard significatif. Enfin, les gens se demandent si cette crise était ou non prévisible. Si elle était prévisible, pourquoi n’a-t-on rien fait avant ? Si elle était imprévisible, n’est-ce pas la preuve que plus personne ne contrôle un système financier lancé dans une folle course en avant ?

C’est en fait à une triple crise que nous nous trouvons confrontés : crise du système capita lis te, crise de la mondia lis ation libérale, crise de l’hégémonie américaine.

L’explication la plus souvent avancée pour interpréter la crise actuelle est l’endettement des ménages américains par le biais des prêts hypothécaires immobiliers (les fameux « subprimes »). On oublie seulement de dire pourquoi ils se sont endettés.

L’un des traits dominants du « turbo-capita lis me », correspondant à la troisième vague de l’histoire du capita lis me, est la complète domination des marchés financiers globa lis és. Cette domination donne un pouvoir accru aux détenteurs du capital, et plus particulièrement aux actionnaires, qui sont aujourd’hui les véritables propriétaires des sociétés cotées en Bourse. Désireux d’obtenir un rendement maximal aussi rapide que possible de leurs investissements, les actionnaires poussent à la compression des salaires et à la déloca lis ation opportuniste de la production vers des pays émergents où la hausse de la productivité va de pair avec de très bas coûts salariaux. Résultat : partout, l’augmentation de la valeur ajoutée profite aux revenus du capital plutôt qu’aux revenus du travail, la déflation salariale se traduisant par la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat de la plupart des gens, et la diminution de la demande solvable globale.

La stratégie actuelle de la Forme-Capital est donc de comprimer toujours plus les salaires, d’aggraver toujours plus la précarité du marché du travail, produisant ainsi une paupérisation relative des classes populaires et des classes moyennes qui, dans l’espoir de maintenir leur niveau de vie, n’ont d’autre ressource que de s’endetter, alors même que leur solvabilité diminue.

La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’innovation financière majeure du capita lis me d’après-guerre. Les économies ont alors été stimulées par une demande artificiellement fondée sur les facilités du crédit. Outre-Atlantique, cette tendance a été encouragée depuis les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables (apport personnel voisin de 0 %), sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. On a ainsi cherché à compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires par l’emballement de la machine à crédit. En d’autres termes, on a stimulé la consommation à travers le crédit, faute de pouvoir la stimuler par l’augmentation du pouvoir d’achat. C’était là le seul moyen, pour les détenteurs de portefeuilles financiers, de trouver de nouveaux gisements de rentabilité, fût-ce au prix de risques inconsidérés

D’où le surendettement pharamineux des ménages américains qui ont depuis longtemps choisi de consommer plutôt que d’épargner (alors que 17 % de la population est déjà dépourvue de toute couverture sociale). Les ménages américains sont aujourd’hui deux fois plus endettés que les ménages français, trois fois plus endettés que les ménages italiens. Leur surendettement est même pratiquement égal au produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis.

Après quoi, on a spéculé sur ces « créances pourries » par le biais de la « titrisation », qui a permis aux grands acteurs de la sphère du crédit de se décharger, en les rendant liquides, des risques d’insolvabilité de leurs emprunteurs. La « titrisation », qui est une autre des innovations financières majeures du capita lis me d’après guerre, consiste à découper en tranches, dites obligations, les prêts accordés par une banque ou une société de crédits, puis à en revendre le montant, c’est-à-dire le risque, à d’autres agents financiers appartenant au monde des fonds de placement. Il se crée ainsi un vaste marché du crédit, qui est aussi un marché du risque. C’est l’effondrement de ce marché qui a provoqué la crise actuelle.

Mais celle-ci est aussi une crise de la mondia lis ation libérale. La transmission brutale de la crise hypothécaire américaine aux marchés européens est le fruit direct d’une mondia lis ation conçue et réa lis ée par les apprentis sorciers de la finance. Au-delà de sa cause immédiate, elle constitue l’aboutissement de 40 ans de déréglementation voulue par un modèle économique globa lis é selon les recettes libérales. C’est en effet l’idéologie de la dérégulation qui a rendu possible le surendettement américain, tout comme elle avait déjà été à l’origine des crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), etc. D’autre part, c’est aussi la globa lis ation qui a créé une situation dans laquelle les crises majeures se propagent désormais presque instantanément, de façon « virale » aurait dit Jean Baudrillard, à l’ensemble de la planète. C’est pourquoi la crise américaine a touché aussi vite les marchés financiers européens, à commencer par les marchés du crédit, avec toutes les conséquences que peut avoir une pareille onde de choc à un moment où l’économie américaine comme celle de l’Europe sont au bord de la récession, sinon de la dépression.

De ce point de vue, il est d’un irrésistible comique de voir ceux qui n’ont cessé de gloser sur les mérites de la « main invisible » et les vertus du marché « autorégulé » (« c’est le marché qui doit s’occuper du marché », lit-on régulièrement dans le Financial Times) se précipiter vers les pouvoirs publics pour demander leur recapita lis ation ou leur nationa lis ation de fait. C’est le vieux principe de l’hypocrisie libérale : privatisation des bénéfices et socia lis ation des pertes. On savait déjà que les Etats-Unis, grands défenseurs du libre-échange, ne se privent jamais de recourir au protectionnisme chaque fois que celui-ci sert leurs intérêts. On voit maintenant comment les adversaires du « big governement » se tournent vers l’Etat quand ils sont au bord de la faillite. La nationa lis ation de fait de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du prêt hypothécaire américains, représente à cet égard un fait sans précédent. Alors qu’en 1929, le gouvernement américain avait fait l’erreur de confier la gestion de la crise à un « syndicat de banquiers » dirigé par Rockefeller, Henry Paulson, secrétaire au trésor, et Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, ont décidé de nationa lis er les étab lis sements les plus menacés. Décision unique dans l’histoire des Etats-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, et intervention la plus radicale jamais faite dans le monde privé de la finance de toute l’histoire de la Réserve fédérale. On peut y voir un brutal retour du principe de réalité. Mais c’est aussi, pour l’idéologie libérale, un effondrement de l’un de ses principes de légitimation (la sphère publique ne doit jamais interférer avec les mécanismes du marché, sous peine d’en diminuer l’efficacité).

On ne doit pas perdre de vue, enfin, que cette crise mondiale a sa source aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans un pays qui doit déjà faire face à un déficit budgétaire abyssal, une dette extérieure qui ne cesse de croître et un déficit commercial colossal. Depuis dix ans, l’économie américaine n’a plus pour moteur la croissance due à la production réelle, mais l’expansion de la dette et la rente monétaire résultant de la domination mondiale du dollar. L’endettement total (dette publique + dette des ménages + dette des entreprises) représente aujourd’hui 13 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 410 % du PIB – l’adoption du plan Paulson étant encore appelée à aggraver le déficit !

Or, la crise ne peut que contribuer à éroder la confiance dans le dollar, lequel sera probablement amené encore à baisser. Le fait que le dollar soit à la fois une monnaie nationale et une unité de compte internationale, qui plus est libérée de tout lien avec l’or depuis 1971, a longtemps permis aux Etats-Unis d’affirmer et de faire peser leur hégémonie tout en contribuant d’enregistrer des déficits colossaux. Le procédé a consisté pour les Américains à exporter systématiquement leurs titres de dettes vers des pays excédentaires. A l’avenir, l’inquiétude des grands fonds publics et privés qui, notamment en Asie, détiennent des quantités considérables de titres publics et parapublics américains (bons du Trésor, etc.), et donc autant de créances sur les Etats-Unis, sera déterminante. A l’heure actuelle, 70 % de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars, cette masse n’ayant plus depuis longtemps le moindre rapport avec le volume réel de l’économie américaine. Dans les années qui viennent, il n’est pas impossible que les pays exportateurs de pétrole abandonnent peu à peu le dollar (les fameux « pétrodollars ») pour l’euro. A long terme, cette situation pourrait aboutir à ce que des pays comme la Chine et la Russie postulent à des responsabilités financières internationales, voire à ce qu’ils se concertent pour concevoir un projet alternatif à l’ordre financier international actuel. George Soros, au printemps dernier, le disait sans ambages : « Le monde fonce vers la fin de l’ère du dollar ».

On assure maintenant qu’il suffirait de « réguler » ou de « mora lis er » le système pour éviter ce genre de crises. Les hommes politiques, à commencer par François Fillon et Nicolas Sarkozy, parlent de « dévoiement de la finance », tandis que d’autres stigmatisent l’« irresponsabilité » des banquiers, laissant ainsi entendre que la crise n’est due qu’à une insuffisance de réglementation et qu’un retour à des pratiques plus « transparentes » permettrait de faire revenir sur la scène un capita lis me moins carnassier. C’est une double erreur. D’abord parce que c’est précisément l’impuissance des politiques à faire face à la crise d’efficacité du capital qui a ouvert la voie à la libéra lis ation totale du système financier. Ensuite et surtout, parce que c’est ignorer la nature même du capita lis me. « Le capital ressent toute limite comme une entrave », disait déjà Karl Marx. La logique de l’accumulation du capital, c’est l’illimitation, le refus de toute limite, l’arraisonnement du monde par la raison marchande, la transformation de toutes les valeurs en marchandises, le Gestell dont parlait Heidegger.

L’adoption du plan Paulson était certes nécessaire, mais elle aura sans doute des effets pervers. En effet, si les banques et les grosses sociétés au bord de la faillite sont par avance assurées du soutien financier des pouvoirs publics, cela représente une incitation indirecte à ce que les mêmes dysfonctionnements se reproduisent, débouchant ainsi sur de nouvelles crises spéculatives.

Dans l’immédiat, il est significatif que ni les injections de liquidités en provenance de la Réserve fédérale et des banques centrales, ni l’adoption du plan Paulson, ne semblent avoir provoqué la réaction positive escomptée de la part des marchés. C’est une claire démonstration des limites d’une politique purement monétaire.

Dans les phases de suraccumulation du capital, le renforcement du pouvoir financier devient le levier déterminant de toute stratégie visant à augmenter la rentabilité du capital. Au-delà de la seule finance, c’est en fait la régulation de l’économie tout entière par le seul critère du taux de profit, sans considération des facteurs humains, des vies broyées, de l’épuisement des ressources naturelles, des coûts non marchands (les « externalités négatives »), qui est mise en question par la crise financière. La cause finale de cette crise, c’est la recherche du profit financier le plus élevé possible dans le minimum de temps possible, en clair la recherche de l’augmentation maximale de la valeur des capitaux engagés à l’exclusion de toute autre considération.

Par un effet de « dominos », la crise peut-elle entraîner à terme des défauts de paiement en chaîne de tous les agents économiques, et donc un effondrement de tout le système financier mondial ? On n’en est pas là. Il est possible que les mesures prises ces dernières semaines soient de nature à empêcher le système financier de s’écrouler complètement. Mais dans le meilleur des cas, la crise économique va durablement se maintenir, avec une récession (voire une dépression) aux Etats-Unis et un très fort ralentissement en Europe, qui provoquera une remontée du chômage. Il devrait en résulter une baisse importante des profits, qui se répercutera inévitablement sur les marchés et les cours de la Bourse. Contrairement à ce que l’on dit parfois, le lien entre l’économie spéculative et l’économie réelle est bien réel. Les entreprises dépendent en effet du système bancaire, ne serait-ce que pour le crédit dont elles besoin pour leurs investissements. Or, la crise fait que les banques, fragi lis ées par l’accumulation de mauvaises dettes issues de l’immobilier, réduisent aujourd’hui brutalement leurs crédits (c’est le « credit-crunch »). Les conséquences politiques et sociales se feront très vite sentir.

Les difficultés ne font que commencer.

Alain de Benoist

Paris, 10 octobre 2008.

15.10.2008

Manuel Valls : perdu dans une Gauche perdue

images.jpegTemps magnifique ce samedi matin à Strasbourg. L'occasion d'aller faire un tour à la librairie Kléber et de s'arrêter quelques minutes à l'entrée de la Salle blanche pour écouter Manuel Valls, l'homme qui veut « en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche », présenter son ouvrage avec une platitude si convenue, qu'elle en est devenue instructive sur le véritable état de la Gauche.

Au premier rang, une belle brochette de socialistes, fraîchement élus pour certains, sont venus écouter le camarade d'Evry expliquer aux alsaciens comment refonder une nouvelle Gauche en rompant avec les erreurs qui ont conduit le PS dans le marasme où il se trouve actuellement. Avec un tel effet d'annonce, on pouvait en effet s'attendre à un débat péchu, rythmé par les questions d'un jeune homme et d'une demoiselle (à la répartie navrante, mais charmante au demeurant), « inconnus de nos service », mais probablement issus d'un MJS encore porté par le vent électoral. Manqué ! C'est une série de banalités poussiéreuse que l'on a entendu pendant une heure, dont nous résumerons les principes en deux idées « vachement politiquement incorrectes » pour un gars du PS.

Première idée « casse-tabou » : re-fonder la gauche sur l'économie de marché, qui apparaît comme le seul système économique réaliste dans la mondialisation actuelle. Plus qu'une idée, c'est un paradigme qui invite à une réflexion sur les modes de régulation de cette économie, impliquant les travailleurs (qui devraient d'ailleurs travailler plus et cotiser 41 ans avant la retraire), les entreprises (leviers de la croissance), et l'État (un garde-fou assurant un minimum d'équité). Bref, l'idée est libérale, et on se demande si elle ne trouverait pas meilleur écho au Modem ou à l'UMP. Pourquoi se dire de gauche quand on soutient un programme de droite ?

Deuxième idée « casse-tabou » : se servir de l'immigration, qui apparaît non seulement comme une « chance » pour la France, mais surtout comme une « nécessité ». En effet, dans le contexte libéral décrit précédemment, il convient d'ouvrir tous les marchés, même celui de la main d'oeuvre. Pourquoi se priver d'un travailleur qui rapporte plus, et qu'une bonne politique d'intégration suffirait à rendre heureux, en même temps qu'elle réglerait les problèmes d'insécurité devenus insupportables pour le bourgeois moyen ? Bref, l'idée est toujours aussi libérale, et on continue d'en masquer l'échec derrière la formule magique de l'intégration, qui n'a pourtant plus aujourd'hui d'autre légitimité que celle d'un attrape-nigauds vieux de trente ans...

En résumé, il faudrait peut-être penser à devenir de gauche « avant » d'en finir avec le socialisme. Une idée que nous suggérons à un candidat qui risque de montrer ses crocs au congrès du PS à Reims en novembre, congrès qui promet par ailleurs de valoir son pesant de cacahuètes en drôlitude et en ridiculitude. On le suivra confortablement assis dans un fauteuil, car nous avons encore, vu la démonstration de Manuel Valls, quelques décennies d'avance sur la gauche décomplexée.

Pierre-Antoine Beyer

14.10.2008

L'extradition de Marina Petrella : quand la droite trahit

20080724PHOWWW00196.jpgChristian Vanneste, député UMP du Nord au Figaro.fr  : «Je suis très choqué, pas seulement par la décision mais par l'attitude de la France depuis le début de cette affaire. Notre pays a accueilli et protégé une meurtrière qui n'a jamais exprimé le moindre remord et qui n'a pas donné l'identité de ses complices. Elle a lutté contre la démocratie. On sent le poids énorme des milieux 'gauchistes'».

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, s'attaque plus à la forme qu'au fond : «Ce qui me choque, c'est cette ambiance digne de la cour de Louis XIV, qui fait que c'est Mme Bruni qui prend la décision», nous confie-t-il, allusion à la visite rendue par la première dame à l'ex-brigadiste. «C'est le fait du prince, les bonnes œuvres du couple présidentiel. On se demande s'il y a un gouvernement, un ministre de la Justice», s'interroge-t-il. Quant à la décision, «pour des raisons humanitaires, on peut surseoir à l'exécution», admet-il, à condition que cette suspension soit «temporaire, sinon c'est scandaleux».

Rappellons aussi le CV de Mme Petrella : Dans les années 1970-1980, Marina Petrella fait partie des Brigades rouges, groupe terroriste qui ensanglante l'Italie des "années de plomb".
Membre de la direction romaine de l’organisation, elle est responsable de l'assassinat d'un commissaire de police en 1981. La justice italienne lui reproche également la séquestration d'un magistrat, et quatre autres agressions.

13.10.2008

Montfermeil : la fièvre, c'est pas que le samedi soir

leon.jpgComme Jeanne d’Arc (et pas comme Roland Ries), La Droite Strasbourgeoise entend des voix. Elle avait ainsi entendu celles de Luc Besson et lu ses propos dans le Monde. A l’époque, le PDG d'EuropaCorp, s’engageait dans une série de projets dans les cités sensibles d'Ile-de-France, vantait son réseau et déclarait "Je suis choqué de la façon dont on traite les habitants de ces quartiers. On les met vraiment dans des situations intolérables. Ils habitent dans des quartiers d'une insalubrité incroyable, on leur donne pas de boulot, puis une fois sur deux on leur met pas de bus et pas de métro - comme ça il y a pas de problème !".

L’homme découvrait la vraie vie expliquant qu’il était déçu par les hommes politiques qui "annoncent des plans banlieue tous les six mois, pour lesquels ils enlèvent ensuite la moitié de l'argent". L’homme allait agir et il le fit déclarant si besoin était que "Le jour où la France aura compris que son vrai trésor est là. Son trésor pour l'avenir..." On verrait forcément ce que l’on allait voir.Autant de logique qui l’on poussait à entamer le tournage de From Paris With Love à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis (93) en présence de John Travolta.

Pour les quelques scènes qui se passent dans la célèbre cité des Bosquets, le site Pure People nous explique cependant que le tournage aurait été différé de deux à trois semaines, pour "une question de timing". « La raison de ces atermoiements : outre les figurants rémunérés au tarif syndical, le tournage emploie des jeunes du quartier en qualité de vigiles, utilisant leur connaissance des lieux et leur notoriété locale pour sécuriser le plateau, assurer la circulation, demander le silence, etc. Une pratique courante. Mais les jeunes en question, rémunérés 120 euros la journée et au courant du budget conséquent du film, demandent plus et souhaitent négocier avec Luc Besson : "on n'est pas aveugles, on sait qu'il y a un gros budget. Ca fait réfléchir. Tant qu'ils n'auront pas notre accord sur le salaire et les gens embauchés, ils ne pourront pas tourner." Outre la renégociation de leur rétribution, leurs porte-parole attendent un geste : "Pourquoi pas un studio de répétition, ou un centre de formation audiovisuelle pour les jeunes ? Il se dit le serveur des quartiers. C'est normal, avec les films qu'il fait, la banlieue c'est son créneau. Mais il faut que les jeunes ressortent gagnants »…

A 120 € par jour 5 jours par semaine, voilà qui aurait donc fait 660 € de revenus par semaine et 6600 € au bout des 11 semaines de tournages. C'est sur, on frôle l'injustice sociale.

Et voilà qu’aujourd’hui, on apprend que des voitures brûlent autour du tournage et que les équipes de Luc Besson vont quitter le quartier des Bosquets pour tourner ailleurs. From Paris donc, mais pas with love. Quant au trésor que constituent les banlieues lorsqu’elles se placent hors la loi, il faudra bien une équipe de plongeurs dignes du grand bleu pour le remonter des profondeur (non, j’ai pas écrit « de profondis ».

Une fois rentré aux USA, John Travolta pourra expliquer qu’en France, la fièvre, ce n’est pas que le samedi soir et Luc pourra peut-être demander à Léon de venir faire le ménage. Ah, suis-je bête, c'était du cinéma là !

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