28.11.2008
Un bonheur à Strasbourg : Gabriel Matzneff à la librairie Kléber

La venue de Gabriel Matzneff est un petit événement pour les amateurs d'intelligence, de dandysme et surtout de littérature ! Ce sera à l'occasion de la parution d'un recueil d'articles et de chroniques, Vous avez dit métèque ? (Ed. La Table ronde), représentant quarante années d'activité journalistique et d'écrivain et exprime une certaine philosophie aristocratique de l’existence.
Nous conseillons fortement un écrivain rare, trop rare, qui plaira aux amateurs d'émotions fortes et de grand air des cimes littéraires. D'autant plus que ce recueil présente une facette trop peu connue de Matzneff : "Le public se rendra compte que je n'aurai pas uniquement été l'hédoniste, le paresseux, le libertin, le décadent, le fripon sybaritique que donne parfois à penser la lecture de mon journal intime, mais aussi un intellectuel engagé dans les combats politiques et religieux de son temps, un écrivain qui a défendu sa propre vision de la création littéraire, un homme qui n'aura jamais hésité à se battre pour les causes qu'il croyait justes".
L'article que nous nous permettons de reproduire ci-dessous provient de la dernière sortie de l'excellent bimestriel Poly, magazine culturel alsacien (disponible gratuitement dans de nombreux points culturels)...
Le dandy archangélique
La personnalité d’un écrivain protéiforme comme Gabriel Matzneff met à mal les penseurs à sens unique.
Orthodoxe entre encens et icônes, mystagogue enchaînant les conquêtes féminines qu’il décrit avec un luxe de sensualité dans ses fameux «carnets noirs » (où il note depuis les années cinquante son journal intime), amateur de bon vin et de bonne chère mais courant au moindre kilo pris chez son diététicien, Matzneff est un écrivain comme peu actuellement peuvent se targuer d’être.
Peut-être parce ce cavalier émérite au style frondeur est entré en littérature en 1965 avec « Le défi », véritable vade mecum pour jeunes gens flamboyants, où est évoqué notamment le suicide chez les Romains.
Les amateurs éclairés le classeront dans les irréductibles, à l’instar de Renaud Camus, Richard Millet ou Pascal Quignard, pour qui le style équivaut aux quartiers de noblesse.
Mais il y a-t-il une autre voie pour un tel auteur, qui dresse son intelligence et ses livres contre la barbarie et l’abrutissement généralisé de la société occidentale ?
L’aristocrate Matzneff envers et contre tous a traversé les pays arabes en observateur intelligent pour en rapporter son impeccable « Carnet arabe», a évoqué la vie de Byron dans « La diététique de Lord Byron » et a publié quelques romans et essais qui comptent pour ceux souhaitant savoir ce qu’est un art de vivre, un comportement en face de l’amour, de la création littéraire, de la société ou de Dieu.
Aimant les bains de mer et de soleil à l’instar d’un Paul Morand, Matzneff a publié un texte récemment réédité dans les années soixante, écrit « en Grèce, en Espagne, au Maroc et en Corse un bref récit au titre héraclitéen, Comme le feu mêlé d’aromates, où j’exprime mon amour du mare nostrum, de ses eaux moirées, de ses navires, de ses couleurs, de ses parfums, de ses marbres, de ses plages, de ses bois, de ses jolies filles à la peau dorée, de ses dieux que les sots croient morts, mais dont nous, qui les savons vivants, continuons à fleurir les autels désertés. »
Ces jours-ci paraît un recueil d’articles, « Vous avez dit métèque ? » (Ed. La Table Ronde) où il évoque pêle-mêle la drague, Tintin et son grand ami Hergé, Drieu La Rochelle, bref ceux qu’il nomme avec révérence ses « maîtres et complices » du nom d’un de ses plus remarquables ouvrages, où il rend hommage aux livres, à la lecture et aux écrivains : de Pétrone à Plutarque, de Bossuet à Baudelaire, de Byron à Wilde…
Ses passages à Strasbourg sont toujours remarquables d’intelligence et de chaleur humaine :
« Les lecteurs attentifs (…) le savent, Strasbourg a joué (j’ajoute : joue et jouera, car le passé, le présent et l’avenir forment un tout qui s’appelle le Temps, comme les trois hypostases de la Sainte Trinité forment un tout qui s’appelle Dieu) un rôle cardinal dans ma vie et donc, conséquemment, dans mon travail. »
Vyvyan Vog
Gabriel Matzneff à la Librairie Kléber samedi 29 novembre à 15H.
10:48 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gabriel matzneff, vous avez dit métèque, librairie kléber, strasbourg
27.11.2008
Le travail le dimanche, une mauvaise idée !
La Droite strasbourgeoise salue les 58 parlementaires de bon sens qui viennent de faire paraître dans le Monde, malgré les pressions de certains caciques de l'UMP (Copé, Bertrand...) une tribune contre le travail dominical. A voir notamment sur le site http://www.travail-dimanche.com/ et du journal Le Monde.
Nous félicitons les députés alsaciens et tout particulièrement le strasbourgeois Jean-Philippe Maurer !
Le travail le dimanche, une mauvaise idée
C’est sans doute l’ironie de l’histoire. La liberté d’entreprendre et l’économie de marché triomphent partout et dans le même temps le profit voulu pour lui-même, recherché par tous les moyens et déconnecté de l’économie réelle, montre, dans la gigantesque crise que nous traversons, toute la puissance de sa nocivité.
Ceci doit nous conduire au plan national à ne pas prendre le risque de laisser au seul marché le soin de réguler l’activité.
De ce point de vue, la proposition de loi en débat sur le travail dominical accroît dangereusement quatre risques qu'il faut traiter au fond :
la régulation des commerces par le seul marché ;
la compétition entre les territoires ;
la dichotomie entre le consommateur et le citoyen ;
l'inégalité entre les salariés.
1/ On veut limiter l'ouverture dominicale à certaines zones géographiques, des « groupements urbains d'un million d'habitants ». Si la volonté de ne pas soumettre l'ensemble des territoires à cette autorisation est louable, il faut en craindre les effets. Que deviendront, dans quelques mois, les commerces concurrents qui, situés du mauvais côté de la frontière, verront partir leurs clients du week-end vers « la zone » ? Et les commerces de proximité qui ont besoin d'un flux de passants pour vivre ? Ils seront à l'évidence appauvris, et viendront saisir les pouvoirs publics en leur demandant la possibilité d'ouvrir à leur tour tous les dimanches. Alors, le marché aura eu raison des pseudo-frontières administratives, comme c'est d'ailleurs le cas partout. Et nous aurons abouti – tour de force – à un résultat dont visiblement personne (en tous les cas nous l'espérons) ne souhaite l'avènement : la généralisation sans restriction du travail dominical.
2/ Cette compétition entre les commerces affectera évidemment les territoires. Il est à craindre que le phénomène de « pompe aspirante » soit accentué, quand tout le monde en constate déjà la nuisance pour nos commerces de centre-ville. La logique pure de marché prévalant ainsi entre les territoires produira les mêmes effets qu'à l'habitude : une concentration accrue du commerce dans les mains d'un petit nombre d'opérateurs, et donc en un petit nombre de lieux. C'est en effet une des conséquences fréquentes de la liberté du marché exagérément livrée à elle-même : elle conduit presque toujours à des situations d'oligopole dont le bien-fondé social et économique n'est démontré nulle part. Remarquons, d'ailleurs, que les représentants des artisans, du commerce de proximité et des petites et moyennes entreprises sont majoritairement opposés à la perspective d'un élargissement du travail dominical : et on les comprend, car ils n'auraient pas les moyens de lutter contre cette concurrence déloyale.
3/ Les sondages produisent des résultats partagés à souhait, et leurs commentaires sont parfois lourdement déviés. D'abord, la majorité de l'opinion n'est pas orientée aussi clairement en faveur de l'ouverture dominicale qu'on veut bien le dire. Et puis, ceux qui accueillent volontiers cette perspective lorsqu'ils sont dans la posture des consommateurs deviennent subitement très réservés lorsqu'ils peuvent être concernés comme travailleurs. Pour ainsi dire, on veut bien avoir des services et des commerces à portée de la main, sauf s’il faut se lever de bonne heure le dimanche matin pour que cela fonctionne… On se demande bien comment l’encouragement d’une telle schizophrénie pourrait nous procurer une croissance importante et durable : à moins de considérer que la richesse se réduit à sa seule expression quantitative et monétaire, ce qui est proprement indéfendable. Et à supposer d’avoir démontré que l’extension de l’ouverture dominicale crée effectivement des emplois, ce qui n’est pas fait : rappelons que l’ensemble des études montrent qu’un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail.
4/ Il est dit que les salariés concernés par ce projet seraient protégés par le volontariat, de sorte qu'ils ne pourraient encourir aucune sanction pour avoir refusé de travailler le dimanche. Il ne manquerait plus que ça ! Mais tout de même, qui pourra reprocher à un chef d'entreprise d'organiser la progression de carrière, la répartition de la formation professionnelle, la responsabilité des projets structurants pour son entreprise, à ceux qui auront fait l'effort de se mobiliser régulièrement les dimanches plutôt qu’aux autres ? Personne, évidemment : ce seraient là de « saines » décisions de gestion. De sorte que l'instauration du travail dominical sans limitation dans certains secteurs produira à coup sûr deux catégories de salariés, du fait d’une discrimination exagérément positive liée à la bonne marche de l'activité. Et puis, chacun connaît les limites du volontariat : sans faire d’injustes procès d’intention aux chefs d’entreprise, il est peu probable que les salariés sollicités le dimanche puissent avoir d’autre choix que celui d’accepter. Parfois même, les parents isolés seront mis dans l’inextricable situation de devoir travailler le dimanche pour préserver leur métier et son évolution, avec la conséquence que l’on imagine sur la garde de leurs enfants : devront-ils dépenser la majeure partie de leur rémunération bonifiée (lorsqu’ils l’auront obtenue) pour rémunérer leur assistante maternelle ? Avouons qu’il est difficile d’entrevoir, dans les situations de ce genre, un réel progrès social
Certes, ces différents risques ne sont pas l'intention de l'auteur et des promoteurs de la proposition de loi en débat. Ils y sont cependant contenus en germe. Et il est tout de même très malvenu qu'un tel message soit, même implicitement, adressé aux français par les temps qui courent. Alors même que la crise mondiale devrait nous inviter à prendre le temps de réfléchir collectivement à ses causes et à ses conséquences, que l’absence de repères personnels et sociétaux est de plus en plus cruelle, il n’est pas acceptable de faire courir aux français ce risque de généralisation du travail dominical, qu’il soit proche ou lointain. Et, dans cette proposition de loi, ce risque est plus proche qu’on veut bien l’admettre. Pour cette raison, même s'il faut trouver les moyens de régler localement les situations aujourd'hui irrégulières, il n’est pas souhaitable qu’elle soit inscrite en l'état à l’ordre du jour de notre Assemblée.
Liste des députés soutenant le principe du repos du repos hebdomadaire partagé par tous.
Jean-Frédéric POISSON, Député des Yvelines - Marc LE FUR, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor – Philippe MEUNIER, Député du Rhône – Thierry BENOIT, Député d’Ille et Vilaine – Véronique BESSE, Députée de la Vendée - Jean-Claude BOUCHET, Député du Vaucluse - Françoise BRANGET, Députée du Doubs – Xavier BRETON, Député de l’Ain - Françoise Briand, Députée de l'Essonne - Yves BUR, Député du Bas-Rhin – Jean-François CHOSSY, Député de la Loire – Dino CINERI, Député de la Loire- Jean-Yves COUSIN, Député du Calvados – Jean-Louis CHRIST, Député du Haut-Rhin - Marie-Christine DALLOZ, Députée du Jura – Laure DE LA RAUDIERE, Députée de l’Eure et Loir- Lucien DEGAUCHY, Député de l’Oise – Jean DIONIS DU SEJOUR, Député du Lot-et-Garonne - Jacques Domergue, Député de l'Hérault - André FLAJOLET, Député du Pas de Calais - Daniel GARRIGUE, Député de la Dordogne – Hervé GAYMARD, Député de la Savoie - Philippe GOSSELIN, Député de la Manche – Jean-Pierre GRAND, Député de l’Hérault - Michel Heinrich, député des Vosges - Guénhaël HUET, Député de la Manche – Jacques LE NAY, Député du Morbihan – Denis JACQUAT, Député de la Moselle - Fabienne LABRETTE-MENAGER, Députée de la Sarthe – Marguerite LAMOUR, Député du Finistère – Jacques LE GUEN, Député du Finistère - Jean-Marc LEFRANC, Député du Calvados - Céleste LETT, Député de la Moselle– Franck MARLIN, Député du Loiret, Jean-Philippe MAURER, Député du Bas-Rhin – Alain MARC, Député de l'Aveyron - Christian MENARD, Député du Finistère – Damien MESLOT, Député du Territoire-de-Belfort - Jean-Marie MORISSET, Député des Deux-Sèvres – Jean-Marc NESME, Député de Saône et Loire - Etienne PINTE, Député des Yvelines – Jean-Luc PREEL, député de la Vendée - Jean-Luc REITZER, Député du Haut-Rhin - Jacques REMILLER, Député de l’Isère – Bernard REYNES, Député des Bouches du Rhône - Michel SORDI, Député du Haut-Rhin - Alain SUGUENOT, Député de la Côte d’Or – Dominique SOUCHET, Député de la Vendée - Eric STRAUMANN, Député du Haut-Rhin – Michel TERROT, Député du Rhône – Jean UBERSCHLAG, Député du Hault Rhin – Christian VANNESTE, Député du Nord – Patrice VERCHERE, Député du Rhône – François Xavier VILLAIN, Député du Nord - Michel VOISIN, Député de l’Ain - Marie-Jo ZIMMERMANN, Députée de la Moselle – Michel ZUMKELLER, Député du Territoire de Belfort
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26.11.2008
Jean d'Ormesson et l'inauguration du collège Kléber Haedens
Suite du feuilleton où de ridicules monomaniaques du politiquement correct tentent de manifester contre l'inauguration d'un collège dédié à l'excellent écrivain Kléber Haedens à La Garenne-Colombes...Evidemment, en bons défenseurs de la liberté d'expression et de penser, nous soutenons dans sa démarche le maire UMP Philippe Juvin !
Et c'est Jean d'Ormesson qui visiblement ravi, va inaugurer ce bâtiment et qui entre dans la bataille pour défendre la mémoire de son ami...

En pleine polémique, il s'apprête à inaugurer le collège Kléber-Haedens
Jean d'Ormesson: «Kléber Haedens était un type absolument charmant»
PAR GRÉGOIRE LEMÉNAGER
«Un collège peut-il porter le nom d'un écrivain de droite?», avait titré Rue89 le 23 octobre dernier, en indiquant que le maire UMP de La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, avait voté pour le nom de Kléber Haedens (1913-1976), proche de Charles Maurras et auteur, en particulier, d'une «Histoire de la littérature française» fort peu sensible aux charmes des avant-gardes qui ont dominé le XXe siècle. Depuis, le titre de Rue89 a changé («Un collège peut-il porter le nom d'un écrivain réactionnaire?») et la polémique, notamment nourrie par des Garennois et certains représentants du Modem, n'a cessé d'enfler. Quelques heures avant l'inauguration du collège, à laquelle il participe cet après-midi, Jean d'Ormesson a accepté de répondre aux questions de BibliObs
BibliObs. - Vous vous apprêtez à inaugurer, cet après-midi, le collège Kléber-Haedens à La Garenne-Colombes. Le choix du nom de cet écrivain suscite pourtant beaucoup de protestations...
Jean d'Ormesson. - Kléber Haedens était un type absolument charmant. Il aimait l'opéra, le cassoulet - il avait une femme, Caroline, qui faisait un cassoulet admirable. Et puis c'était un ami de Louis Malle, de Michel Déon... Je suis même sûr que des gens comme Jacques Julliard, ou comme Jean Daniel, ont de l'estime pour lui. Son «Histoire de la littérature française» reste un livre formidable. Alors bien sûr, il a été à l'Action Française... Mais il n'y a pas dans sa vie l'ombre d'une collaboration ! Son cas n'a rien à voir avec celui de Céline, qui incarne tout ce que je vomis : avec lui, ce n'est plus la droite, c'est la collaboration.
BibliObs. - Vous semblez avoir bien connu Kleber Haedens, puisque vous avez eu le plaisir de partager son cassoulet... A quelle occasion l'avez-vous rencontré?

J. d'Ormesson. - C'est très simple, je peux vous le dire. Il avait écrit dans «Paris presse» un article sur un de mes premiers livres, qui n'était pas fameux-fameux, pour dire qu'il était épatant... Ses articles étaient toujours savoureux, très amusants. C'était le Bernard Frank de la droite.
BibliObs. - Au-delà de vos liens avez l'homme, diriez-vous que votre soutien à sa mémoire repose d'abord sur des affinités d'ordre littéraire?
J. d'Ormesson. - Oh, je ne partage pas la plupart de ses opinions, loin de là. Il trouvait Hugo ridicule, alors que je l'adore, par exemple. Mais je fais partie de ceux qui considèrent que la littérature, c'est plus fort que la politique. C'est pourquoi j'ai toujours défendu Aragon, tenez. Même «Hourra, l'Oural», où figurent ses odes à Staline, je trouve ça très beau.
BibliObs. - Si la chose était imaginable, vous seriez donc prêt à inaugurer un collège Louis-Ferdinand Céline?
J. d'Ormesson. - Ah ! Là, j'enverrais plutôt votre ami Vitoux [auteur d'une biographie de référence sur Céline. NdlR]!
BibliObs. - Que répondez-vous aux pétitionnaires du Modem qui lancent un «appel républicain» pour un rassemblement de protestation, cet après-midi, à La Garenne-Colombes?
J. d'Ormesson. - Le maire de La Garenne-Colombes m'a téléphoné [Philippe Juvin, UMP]. Il a appelé François Bayrou qui trouve cela absurde. Vous imaginez bien que Kléber Haedens est très populaire dans le Sud-Ouest! Simplement, François Bayrou refuse de se prononcer publiquement parce qu'il serait embarrassant, pour lui, de se désolidariser de ses troupes.
BibliObs. - Des Garennois vont jusqu'à rappeler, sur un blog, la gifle que vous avait adressée votre père, lorsqu'à six ans, vous aviez applaudi une parade nazie à Munich. Et cela inspire à d'autres l'idée que l'inauguration du collège Kléber-Haedens méritait, elle aussi, «une gifle symbolique»...
J. d'Ormesson. - C'est absolument scandaleux. Je le répète. Haedens a été à l'Action Française, comme Thierry Maulnier et Michel Déon, ou comme le père du Général de Gaulle, mais il n'a pas participé à la collaboration. Moi, j'ai toujours été élevé dans l'horreur de l'Action Française. Ca ne m'empêche pas d'avoir de l'admiration pour un écrivain.
BibliObs. - Lui en avait en tout cas, selon ce blog, pour Brasillach, Drieu la Rochelle ou Maurras. C'est ce que résume Aragon, que vous aimez tant, lorsqu'il observe que son «Histoire de la littérature française» était «très favorable aux écrivains fascistes ou fascisants».
J. d'Ormesson. - Haedens n'est évidemment pas très tendre avec des écrivains de gauche, comme Hugo ou Zola. Il préférait sans doute quelqu'un comme Paul Morand, à qui mon père ne serrait pas la main, mais qui comptait, comme Chardonne, parmi les écrivains préférés de François Mitterrand... Tandis que Pierre Lazareff, qui dirigeait «France-Soir» et «Paris presse», et qui était clairement gaulliste, appréciait Haedens... Tout est très compliqué dans ces domaines-là, vous savez.
BibliObs. - Vous êtes donc prêt à affronter cet après-midi les manifestants qui vous attendent à La Garenne-Colombes?
J. d'Ormesson. - Oh oui! Ca va être très amusant!
Propos recueillis par Grégoire Leménager pour Biblio Obs
12:40 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean d'ormesson, kléber haedens, philippe juvin, biblio obs
25.11.2008
L'écrivain Kléber Haedens harcelé par le politiquement correct à La Garenne-Colombes
Encore une fois, le politiquement correct, l'inculture et la bétise s'attaque à la littérature. De droite en l'occurence, si nous pouvions utiliser ce terme un peu galvaudé.
Après l'affaire Céline à Strasbourg, où le Maire socialiste s'abaisse à effacer des portes de toilettes une citation de Louis-Ferdinand Céline sur les injonctions du premier petit lobbyiste venu (rappel : un débat autour de Céline se déroulera le 9 janvier prochain à la librairie Kléber), voilà une affaire à propos d'un écrivain injustement oublié, Kléber Haedens. Dans la lignée de Chardonne, Drieu la Rochelle, Paul Morand, Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon. Du beau monde pour beaucoup, des méchants hommes de droite pour le premier crétin illettré venu, qui confond Bernanos avec un antisémite ou Céline avec un nazi. Il est vrai que Haedens n'est ni Noir, ni Maghrébin, ni Asiatique, ni Juif, il est n'est que profondément français, enraciné dans le Sud-Ouest, le bon vin, les chevaux, le rugby,l'Angleterre, bref l'Europe, la vraie.
Saluons le panache et le goût littéraire du Maire UMP de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin, qui est soit-dit en passant, soutenu par l'UMP locale. Nous attendons toujours les interventions de l'UMP du Bas-Rhin et de Strasbourg, au sujet de l'affaire Céline mais bon...
J'ai eu le plaisir de parler de lui avec Jean d'Ormesson lors d'un déjeuner. "Oh, Kléber, il était très à droite mais quel écrivain !". Ce qui n'était ni pour me déplaire ni pour déplaire à Jean d'Ormesson, qui d'ailleurs doit inaugurer le collège à La Garenne-Colombes qui doit porter le nom d'Haedens. On signalera encore le joli livre de l'éditorialiste du Figaro, Etienne de Montety, "Salut à Kléber Haedens" (Ed. Grasset), qui sert d'illustration à cet article...et bien évidemment les beaux livres d'Haedens comme "L'été finit sous les tilleuls"
Laurent Husser
Lu chez Pierre Assouline :
La tension monte à La Garenne-Colombes
Qui aurait imaginé au mitan du XXème siècle que dans les années 2000, on en viendrait verbalement aux mains à cause de l’écrivain Kléber Haedens ? Personne. C’est pourtant ce qui se passe depuis peu du côté de La Garenne-Colombes. Et la situation risque de dégénérer, d’autant que des manifestations sont prévues après-demain, après les distributions de tracts de “pro” et d’”anti” samedi au marché. C’est en effet mercredi, en présdence de l’académicien Jean d’Ormesson, que la municipalité de cette commune des Hauts-de-Seine doit poser la première du futur collège du quartier des Champs-Philippe, un collège dit HQE, c’est à dire construit aux normes “Haute Qualité Environnementale”. Son nom ? Collège Kléber Haedens. Une appellation d’origine très contrôlée, portée hâtivement sur les fonts baptismaux le 20 octobre, comme s’il y avait urgence, alors que le bâtiment ne doit être inauguré qu’en septembre prochain. Tout cela est d’autant plus curieux que les travaux sont déjà bien avancés. Mais ainsi en ont décidé après délibérations le Conseil municipal de la ville et le Conseil général du département. C’était le choix du maire de la ville depuis sept ans, le docteur Philippe Juvin, professeur de médecine, vice-président du Conseil général et secrétaire national de l’UMP. Or, contrairement à Deng Xiaoping, Kléber Haedens n’y a jamais habité. Son oeuvre n’a pas davantage de rapport avec cette ville. C’est simplement que M. le maire a voulu honorer la mémoire de l’un de ses écrivains de chevet. Sans demander l’avis des enseignants, des parents d’élèves ou des habitants du quartiers. Dans le même élan, il serait déjà prévu de distribuer Une histoire de la littérature française de Kléber Haedens aux enfants entrant en 6ème “afin de développer leur esprit critique”. Aussitôt, la contre-offensive s’est organisée auprès d’un certain nombre de garennois afin que l’on ne donne pas le nom d’un “écrivain antirépublicain qui préférait les valeurs de la la Révolution nationale à celle des la Révolution française“.
Des pétitions ont circulé, des conseils municipaux ont été alertés, et Bernard Dargols, un ancien combattant garennois, vétéran du Débarquement à Omaha beach, s’est même dit prêt à rendre ses décorations ; en attendant, il écrit une lettre ouverte intitulée ”J’ai honte d’avoir survécu pour voir ça à La Garenne-Colombes”. Il est vrai que les détracteurs de Philippe Juvin se sont mis entre temps à explorer le dossier Haedens et qu’ils ont mis en ligne sur leur blog un certain nombre d’informations dans lesquelles l’Action française cotoie Je suis partout et l’OAS ; dans le même temps, les catholiques traditionnalistes célèbrent à l’église Saint-Urbain de cette ville une messe selon le rite extraordinaire (missel du Bienheureux pape Jean XXIII) depuis dimanche dernier ; ce qui amène donc des garennois à se souvenir que, malgré les requêtes de l’opposition municipale, le “Liberté, égalité, fraternité” qui avait disparu du fronton de la commune il y a quatre ans n’a toujours pas réapparu !
Pour les contrer, le maire diffuse ce matin sur son blog une intervention du journaliste André Bercoff qui prend sa défense au nom du combat contre “le politiquement correct”, évoque les boulevards Lénine de nos ex-blanlieues rouges et prévient que si ça continue, si le “scandale” du boyccot de Haedens devait perdurer, il n’y aurait plus qu’à réactiver les Sections spéciales… Le blog de Philippe Juvin en fait lui aussi des tonnes. Ainsi ose-t-il, à travers un communiqué de soutien de l’UMP local, présenter Kléber Haedens comme “un résistant” (ce qui doit bien le faire rire là-haut) au motif que juste après la guerre, Pierre Bénouville a écrit dans ses mémoires que son ami écrivain lui servit occasionnellement de boîte aux lettres à Lyon. Encore faut-il préciser que Bénouville lui-même continuait jusqu’en 1943 à collaborer comme lui à des organes maurrassiens, antirépublicains, antisémites et anticommunistes tels que L’Alerte de Léon Bailby notamment. Quelle caution de moralité, Bénouville ! Le blog va jusqu’à mettre Kléber Haedens sur la même ligne et sur le même plan qu’Honoré d’Estienne d’Orves, premier martyr de la Résistance exécuté par les Allemands au Mont-Valérien, et que Georges Bernanos, un authentique grand écrivain, lui, qui jeta son talent et son autorité morale dans les articles qu’il écrivit pour défendre la Résistance et la France libre depuis le Brésil où il s’était exilé. Un amalgame indécent entre ces trois hommes au motif qu’il avaient été tous les trois “royalistes, maurrassiens et résistants”. Ce qui n’est pas pour déplaire au site maurrassien Royal-Artillerie.
Alors qu’en est-il exactement de Kléber Haedens (1913-1976), si fameux qu’il vaille que l’on s’étripe autour de son nom ? Ce n’était pas vraiment un homme de gauche, non. Formé à l’école du polémiste Léon Daudet, il fraya dès sa jeunesse avec les milieux d’Action française avant de rejoindre ceux qu’on a appelé “les non-conformistes des années 30″ ( Maurice Blanchot, Robert Brasillach, Denis de Rougemont etc) à la revue mensuelle Combat au moment où elle devenait de moins en moins culturelle et de plus en plus politique. Avant-guerre, il collabora également par ses articles à des journaux d’extrême-droite tels que L’Insurgé, L’Action française, Je suis partout mais aussi de la NRF à partir de 1939. Il fut l’un des secrétaires de Maurras à Lyon lorsque l’AF s’y replia, comme Michel Déon.
Sous l’Occupation, avec quelques camarades de Combat dont Claude Roy, il adhéra aux Compagnons de France, mouvement qui dépendait du Secrétariat général à la Jeunesse du gouvernement de Vichy. Mais dans ses articles de la revue lyonnaise Confluences et du Figaro entre autres, comme dans ceux de 1940-1942 dans des journaux de zone sud (L’Alerte, Idées), ce maréchaliste n‘hésitait pas à moquer la prétention du nouvel ordre moral à régénérer la littérature :”Entreprendre le redressement d’une littérature qui compte des écrivains comme Claudel, Maurras, Valéry, Proust, Gide, Giraudoux, Montherlant est une prétention ridicule. On n’avait pas eu une pareille floraison de talent et de génie depuis le XVIIème siècle” (cité par Gisèle Sapiro dans La Guerre des écrivains, Fayard, 1999). La littérature au-dessus de la politique : ce sera sa constante jusqu’à sa mort. Quant à sa collaboration à l’hebdomadaire Je suis partout, brandie par ses adversaires d’aujourd’hui, elle se résume à deux articles littéraires les 25 mars et 1er juillet 1938, et à une nouvelle intitulée “Pas de chance” le 22 mars 1940 (selon Pierre-Marie Dioudonnat Les 700 rédacteurs de Je suis partout 1930-1944, Sedopols, 1993).
Après-guerre, Kléber Haedens collabora à de nombreux journaux (Paris-Presse, Candide …). Parallèlement, il mena une activité de romancier (Salut au Kentucky, Adios, L’été finit sous les tilleuls) laurée notamment par le prix Interallié et le prix de l’Académie française. Autant si ce n’est plus que ses romans, ses essais et notamment le remarquable Une histoire de la littérature française (publié en 1943 et repris chez Gallimard dix ans plus tard), en ont fait l’un des pères spirituels de ces agitateurs de la droite littéraire qu’on appela “les Hussards”. Ce qu’une anecdote résume mieux que tout : en 1976, Paul Morand mourut pendant le Tour de France, et Kléber Haedens quinze jours plus tard ; Antoine Blondin qui passait par là en suivant les cyclistes fit un détour par la maison de Haedens, près de Toulouse, où il avait si souvent été, pour lui faire ses adieux en compagnie de quelques amis ; un chauffeur-livreur se présenta qui venait livrer “la cave de M. Morand” dont Haedens était l’héritier. Le lendemain, il n’en restait rien. Quand il reprit ses esprits deux jours plus tard, Blondin conclut :”Tout le reste n’est que litres et ratures”. Ceci pour dire que Kléber Haedens après les années 50, c’était surtout ça, qu’on aime ou pas cet état d’esprit : un anar de droite qui croyait avant tout au rugby, à la tauromachie, aux amis, au vin et surtout à la littérature. Ce qui ne l’empêcha pas d’adhérer au comité Charles Maurras à l’occasion de son centenaire en … 1968, ce qui n’en faisait pas vraiment un opportuniste.
Voilà Kléber Haedens. Sa présence s’impose-t-elle au fronton d’une école dans une ville où il n’avait peut-être jamais mis les pieds ? J’avais de la sympathie pour le personnage et j’éprouve toujours un vif plaisir à relire certains de ses livres ; mais franchement, la France ne manque pas de grands écrivains à honorer tout en honorant une école, sans qu’il soit nécessaire d’aller chercher du côté des seconds couteaux, surtout si leur passé prête à controverse alors qu’une telle initiative doit être par définition consensuelle. L’affaire valait qu’on s’y attarde car elle est un reflet de l’air du temps en France. En septembre prochain, une école primaire doit ouvrir ses portes à La Garenne-Colombes en même temps que le collège Kléber Haedens. Elle s’appelera “Ecole Jean Jerphanion”, du nom du héros des Hommes de bonne volonté de Jules Romains. Rien à signaler sur ce front-là, pour l’instant.
12:48 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kléber haedens, jean d'ormesson, charles maurras, la garenne-colombes, philippe juvin
20.11.2008
Strasbourg : Enfin l’Ump gagne une élection
Que n’a-t-on dit, pensé et même écrit ces derniers jours concernant le blog de la Droite Strasbourgeoise. Il a donc suffit qu’une de nos plumes soit tentée par l’engagement politique interne à l’UMP pour que certains l’imaginent chasser le maroquin (Non, Schlomo, on a pas fait de fautes d’orthographe) !
Nous avons nous choisi de soutenir le compagnon dans sa démarche et finalement il y a lieu de se réjouir. En effet, enfin, l’UMP a gagné une élection à Strasbourg. Et cela faisait longtemps, si l’on excepte effectivement les députés des 2ème et 3ème circonscription. Certes, les esprits chagrins rappelleront qu’elle fut interne, mais pourtant, ce ne fut pas évident. On vous l'assure.
Au-delà donc de ces (d)ébats internes répercutés en ville et dans la blogosphère, ces élections ne changeront rien. Elles confirmeront l’état de l’Ump, ses divisions et les travaux qui restent à mener. Nous disons bien les travaux car nous en voyons plusieurs et presque herculéens. Sauf que nous ne voyons pas d'Hercule !
Tout d’abord, il conviendrait de faire le deuil de la défaite municipale. Cela ne peut se faire sans la critique et l’autocritique nécessaires. Or, à ce jour, nous attendons toujours que la droite parlementaire et municipale tire les leçons de la victoire de Roland Ries, qu’elle ose entamer un vrai débat, un renouvellement et surtout une vraie révolution.
Ensuite, il faudra reconstruire. Cette reconstruction nécessite des bases solides et élargies, mais aussi que l’on ne sacrifie pas la pensée sur l’autel de coups supposés médiatiques. Il conviendra alors de mesurer l’image et l’incarnation de la droite et de son avenir dans le paysage politique local.
Nous avons, à ce sujet, évoqué des scénarii qui permettraient à la gauche de gagner les élections régionales et d’entamer la majorité départementale. Aujourd’hui, nous commençons à penser que ces songes passent, hélas, du statut de fiction à celui d’hypothèses plausibles. Et cela sans que cela ne dérange pas les ténors alsaciens et parisiens de la vie politique locale ?
Enfin, il faudra reconquérir et là, on mesurera le vrai degré d’implication et d’implantation de la droite divisée, mais aussi d’un centre tenté par la sirène socialiste.
Quoiqu’il en soit, La Droite Strasbourgeoise sera présente, autant pour croiser le fer avec la gauche municipale, comme elle l’a fait récemment que pour éveiller les consciences de droite, trop souvent embuées par le politiquement correct ou emplies d’un brouillard désidéologisé.
Là, nous ferons souffler un vent de rébellion, un vent nouveau, un vent droitier et décomplexé !
Eric Neustadt
Note de l’auteur : Finalement, ces élections seront sans surprise sauf vraisemblablement dans la 3ème circonscription du Bas-Rhin ou rancoeurs cantonales et cicatrices municipales, mais aussi (des)équilibres locaux auront coûté la place au conseiller national sortant. Ce qui ne change pas non plus la face du monde.
22:06 Publié dans La Droite avance | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : elections internes, ump, jump67, strasbourg, blog, politique
18.11.2008
LAURENT HUSSER : UNE CANDIDATURE FORTE POUR LES ÉLECTIONS INTERNES DE L'UMP À STRASBOURG
Si La Droite strasbourgeoise est plurielle et se compose de diverses sensibilités politiques et idéologiques, il fallait bien un jour que ces idées s'incarnent. Le combat d'idées est évidemment indispensable, nous le prouvons via ce site depuis le printemps 2005 ! Il est temps aussi de descendre dans l'arène et de faire bouger les partis de droite.
La candidature d'un des membres de LDS n'engage pas le site dans son intégralité. Mais permet d'en élargir encore la portée. Nos multiples interventions, les actions menées, les idées brassées doivent désormais aussi être utiles au sein même d'un parti tel que l'UMP.
Deux postes sont à pourvoir lors des élections internes de l'UMP du Bas-Rhin, le jeudi 20 novembre.
Je me présente aux deux élections, celle de membres du comité de la circonscription 2 (Meinau, Neudorf, Esplanade, Krutenau, Bourse), circonscription dirigée par le député Jean-Philippe Maurer, ainsi qu' au poste de délégué national de la Fédération du Bas-Rhin au Conseil National. Voici la profession de foi que les adhérents de la 2e peuvent lire.
Strasbourg, le 9 octobre 2008,
Mes chers amis,
Les élections internes de notre parti, cet automne 2008, sont une aubaine pour la vie de l’UMP et en particulier pour celle de notre fédération du Bas-Rhin. Déjà membre du précédent Comité de circonscription, où je me présente à nouveau, je sollicite vos suffrages pour un poste de délégué de la Fédération au sein du Conseil National.
Les instances locales de l’UMP du Bas-Rhin connaissent cette année de profonds changements ; ils doivent être l’occasion de développer des idées pour faire avancer et oxygéner les propositions que nous ferons aux adhérents de notre parti et aux électeurs alsaciens et strasbourgeois lors des échéances à venir.
Les multiples crises, structurelles, sociétales, économiques, culturelles que subit la France depuis des années ne sont pas une fatalité. Les multiples réformes entamées par le Président de la République Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon sont là pour le prouver. Ils doivent être clairement soutenus et d’autres initiatives doivent, elles, être pensées et initiées.
Au niveau local, les échecs récents, notamment lors des élections municipales à l’instar de Strasbourg, mais aussi Wissembourg (car la gauche se développe aussi désormais hors des centres urbains), les futures échéances régionales incertaines nécessitent que l’on prenne la juste mesure des changements à apporter, pour renforcer l’UMP du Bas-Rhin, au niveau idéologique et militant et développer ses réseaux dans les milieux associatifs, économiques et culturels, où la gauche ne se gène pas pour s’implanter.
Il est temps de faire comprendre qu’être de droite en politique ne doit plus être un tabou. Être de droite, c’est assumer un ensemble de responsabilités fortes au service d’une communauté de destin.
Enfin, la réflexion doit l’emporter sur les guerres internes et les querelles de personnes, les propositions doivent l’emporter sur les éternelles critiques infructueuses. Le temps est donc à la reconstruction locale et au soutien à la majorité gouvernementale justement parce que c’est dans les tempêtes que se façonnent les grands équipages.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai l’honneur de solliciter de votre part un tel mandat de délégué au Conseil National.
Avec toute ma considération,
Laurent Husser
11:08 Publié dans La ville en parle | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent husser, élections internes ump, strasbourg
17.11.2008
Noir désir, sombres pensées !
Entre Obama et la sortie de deux titres de Bertrand Cantat, l’heure est bien aux noirs désirs. Le second, sorti de prison en 2007 après y avoir passé quatre années pour le meurtre de sa compagne, Marie Trintignant, propose donc deux titres téléchargeables gratuitement sur le site Internet du groupe. Ce n’est pas à nous de jouer les pères la morale, mais parfois, ne devrait-on pas savoir se retirer ? Tout est question d’honneur.
Cantat précise que « La chanson, « Gagnants / Perdants » a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition ». Au moins on est prévenu, les militants sont de retour.
Vient ensuite une très belle chanson, « Le Temps des Cerises ». Les cerises évoquent ici par leurs couleurs le sang versé et le drapeau rouge des Communards. Chanson forte de la gauche – que l’on sait aussi chanter à droite – elle fut l’hymne choisi en 1996 pour rendre hommage à François Mitterrand.
Paroles et sons ne sont donc pas innocents. Et si ce Noir Désir là n’est pour rien dans la victoire d’Obama, il lance un message clair aujourd’hui son retour en politique. Un retour à gauche toute, avant bien entendu un nouvelle album (peut-être pour les fêtes ou en 2009), car les rebelles patentés doivent bien vivre.
Lui a purgé une peine pour « meurtre commis en cas d'intention indirecte indéterminée », mais pas celle qu’il a provoquée au cœur de la famille Trintignant. Aujourd’hui libre, il chante !
Il ne nous appartient pas de juger, mais quel symbole quand même. Autant quant aux violences faites aux femmes qu’en matière militante !
Eric Neustadt
20:14 Publié dans La ville en parle | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : noir, désir, bertrand, cantat, temps, cerises, gauche
12.11.2008
Français de souche, encore un effort pour disparaître !

Depuis l'élection de Barack Obama aux Etats-Unis, c'est l'hystérie collective en France. Mme Bruni-Sarkozy s'engage pour l'égalité des chances, le mouvement des jeunes de l'UMP n'a plus que le mot de dicrimination positive à la bouche, les prix littéraires sont décernés, tel le Goncourt, à des auteurs moyens ou médiocres mais qui ont l'avantage d'être étrangers, immigrés, s'exprimant certes en français, mais bon, ils viennent d'ailleurs donc ils sont meilleurs...
Français de souche, tu n'as plus qu'un espoir : rencontrer l'Autre, qui, selon la vulgate médiatique actuelle est forcément meilleur, performant, riche de ses différences etc...alors que toi tu n'es qu'un minable attaché à ses traditions éculées, à un monde définitivement condamné. Si tu es catholique ou chrétien, tu en deviens encore plus dangereux. De toute façon tu es ou réactionnaire ou raciste ou facho. D'ailleurs, c'est le journal Le Monde qui le dit quasiment tous les jours et qui nous explique cela doctement (les manuels scolaires sont trop "Blancs", la télé est trop "Blanche", la littérature aussi est trop "Blanche", de toute façon, elle est "post-coloniale" les politiques sont trop "Blancs" etc...
Nous vous donnerons au cours des prochains billets quelques exemples amusants de cette folie du métisage à tous crins. Après tout, à La Droite strasbourgeoise nous aussi sommes "multiculturels" ; mais à notre manière ...
14:24 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : français de souche, obama, prix goncourt
10.11.2008
Obama, une occase à la oncle Tom ?
Comme l’écrit Elisabeth Lévy sur le site du Causeur : « C’est bien connu, seuls les cons ne changent pas d’avis. Il y a à peine quelques mois, pour les médias et donc pour le public français, l’Amérique était bushiste, raciste et intégriste : un cauchemar planétaire. La voilà devenue la nouvelle Mecque du progressisme, l’espoir de tous les opprimés et discriminés à travers le monde. Bien sûr, quelque résidus de l’ancienne Amérique subsistent sous la forme d’électeur républicains (ces fieffés racistes) ou, pire encore, en la personne de Sarah Palin ».
Et pendant qu’Obama formait son équipe révélatrice des priorités de son mandat, la France cherchait son « Obama », le PS aussi et hésitait ainsi entre deux profils atypiques, Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë. Pour contrer Ségolène, peut-être faut-il conseiller aux soutiens à Bertrand Delanoë de trouver leur « Larry Flint » hexagonal pour tourner un porno avec un sosie de Ségolène. Mais entre nous, même là, il n’est pas dit qu’elle ne sorte pas renforcée, portée par une base partie à la chasse aux éléphants.
Ah donc, comme aurait pu le chanter Michel Sardou : « si les Ricains n’étaient pas là ». Pour lui, nous serions sans doute en Germanie mais revenons-en à nos moutons, ceux qui n’arrêtent pas de communier dans une Obamania naturellement médiatique et télévangéliste. L’Europe, la France, ne pourraient donc vivre sans la tutelle américaine !
En France, en Alsace, certains esprits courts font du futur président « l’occase de l’Oncle Tom », la chance, la preuve de l’intégration. Nous leur ferons remarquer qu’Obama, lui, n’a pas joué cette partition, sachant que, comme en son temps, elle aurait pu lui coûter jusqu’à l’investiture démocrate, sachant aussi qu’en cas d’échec, son mandat aurait lui aussi des conséquences historiques
On prie donc, on communie. « Obama au plus haut des cieux » … et voilà l’Amérique qui réalise le changement, la rupture, le lifting diplomatique pour doter son impérialisme d’un visage humain. Voilà Obama sacré candidat des « minorités agissantes » qui feront, n’en doutons pas, bouger à défaut de changer le monde. Là est pourtant la clé. Obama est effectivement, le candidat de la communauté afro-américaine, celui de la communauté hispanique (qu’il a su draguer), mais aussi celui de l’hyper classe et de wall street, heureux de donner un nouveau visage à l’Amérique. Les milliardaires Warren Buffett et George Soros ne s’y sont pas trompés. A telle enseigne que l’essentiel des 660 millions de dollars collectés par Obama pour financer sa campagne viennent des milieux les plus aisés. Voilà qui permit aussi à Obama de faire une campagne démesurée et dépensière, les médias et Internet jouant alors le jeu de la charge de la cavalerie légère pour conforter le soldat Obama. Promu comme une marque, Obama va maintenant devoir passer du statut de candidat à celui de président.
Là, on comprend la frilosité russe, la prudence slave autant que l’on s’étonne du délire festif français qui accompagne l’élection. On se souviendra souvent d’une jurisprudence qui veut que les candidats qui prônent le changement aux Etats-Unis sont souvent ceux qui inscrivent le plus leurs pas dans les fondements mêmes de l’empire américain. Les premières annonces vont dans ce sens. Au Moyen-Orient, on ne voit pas comment sa politique changerait. On voit par contre qu’il va clairement vouloir entraîner l’Europe à ses côtés dans la guerre contre le terrorisme, et demain, contre le nucléaire iranien. En politique économique, tandis que l’on subit pour le moment uniquement l’effet « subprimes » concernant l’immobilier, et que l’on attend celui sur la consommation, les ondes de chocs induites et l’endettement de l’Amérique laissent peu de marge de manœuvre.
On risque donc d’expérimenter le changement américain dans une continuité impérialiste : la volonté de puissance états-unienne vient de changer d’incarnation, mais elle reste intacte. A côté de cela, l’Europe, l’économie européenne, tousse gravement. Elle n’a toujours pas compris que sa puissance à elle s’inscrit dans un monde multipolaire où elle assumerait son indépendance. Loin des USA, loin d’Obama…
Eric Neustadt
20:22 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, ps, ségolène, royal, delanoe, europe
07.11.2008
Barack Obama, icône ambiguë

Ridicule. Oui ridicule et dangereux unanimisme depuis l'élection d'Obama, qu'évidemment nous ne souhaitions pas. Non pas seulement pour des questions purement politiques (vous l'auriez remarqué, le socialisme c'est pas notre truc), qui d'ailleurs ne nous concernent que peu (rappellons aux Français que ce n'est pas eux qui votent aux Etats-Unis). Mais pour des questions idéologiques. On voit depuis le déferlement de démagogie au sujet d'une grande population mondialisée et métissée, d'une montée des minorités visibles (dans minorité il y a minorité n'est-ce-pas, et pas majorité? Ou bien ?). Chacun appréciera aussi cet élan vers une politique...raciale, à rebours.
Les Français, jamais en reste pour emprunter le pont-aux-ânes de la multiculturalité réclament à corps et à cris leurs politiques maghrébiens, noirs, etc.... Tout ce beau monde oublie (médias, élites...) que ces populations n'ont jamais fait émerger de leaders culturels, politiques ou intellectuels de premier plan, comme cela a été le cas aux Etats-Unis (Marthin Luther King par exemple), avec leur longue tradition d'opposition, de mouvement artistique etc... Ne citons pas par charité, les cas de Mmes Dati, Yade ou Amara... En attendant, Ivan Riouffol du Figaro remet quelques pendules à l'heure aussi...
Lu chez http://www.lefigaro.fr/debats/2008/11/07/01005-20081107AR...
Le bloc-notes d'Ivan Rioufol du 7 novembre.
Se réjouir, à ce point d'unanime exaltation, de l'élection de Barack H. Obama ? Bien sûr !, si l'universel antiaméricanisme, exacerbé par deux mandats de George W. Bush, ne devait plus trouver de prétextes à ses rancœurs. Mais l'opinion planétaire aimerait les États-Unis dociles et tout sucre. Le nouveau président «citoyen du monde» sera-t-il ce sirop ? Bien qu'il répugne à déplaire, rien ne permet de lui prêter cette faiblesse. Pourtant l'incertitude est permise.
L'immaculé Obama, cette image doucereuse produite par un exceptionnel marketing politique, n'est pas la moindre des ambiguïtés de cette élection, soutenue par les médias et les élites. Devenue l'incarnation du Bien, l'icône aura été financée par Wall Street et scénarisée par Hollywood. Dans ce temple de la bien-pensance, il serait même interdit de se dire républicain, comme l'a révélé Libération, mardi. Ainsi font souvent les donneurs de leçons de tolérance.
Ce culte de la personnalité, que la Corée du Nord ne renierait pas, n'est pas l'effet d'une démocratie sereine. D'autant qu'à la propagande sur l'homme providentiel s'est ajoutée une suspicion de racisme contre ceux qui regimberaient. Alors qu'Obama s'est intelligemment présenté comme le symbole postracial, sa couleur de peau aura été au centre des arguments de ses soutiens. On est prié d'applaudir l'élection d'un Noir et l'enterrement de la vieille Amérique.
L'événement est incontestablement historique pour les États-Unis, qui soldent un drame avec les 40 millions d'Africains-Américains issus de l'esclavage et de la ségrégation. Ces derniers ont d'ailleurs voté à 95 % pour Obama. Mais la même lecture raciale qu'en font les commentateurs français, qui se félicitent qu'«American is Black» (Le Monde, jeudi), outre qu'elle joue avec le feu (que dirait-on d'un éloge des Blancs ?), conduit à accepter le communautarisme et ses fractures. Serait-ce là le nouvel idéal ?
Dans ce contexte, aggravé par la crise financière, John McCain a perdu avec les honneurs. On lui reprochera sa mauvaise campagne (mais difficile d'être bon quand on a deux fois moins d'argent que son adversaire et la presse contre soi) et son choix de Sarah Palin, bête noire de l'intelligentsia et des branchés. La défaite du camp républicain signe-t-elle pour autant la fin de la révolution conservatrice ? Elle est stoppée, assurément. Mais gare au retour de manivelle.
Politique raciale
En France, l'élection d'Obama est évidemment comprise par les immigrationnistes comme un plébiscite en faveur du multiculturalisme et de l'accès des Noirs et des Arabes au pouvoir. Il est vrai que le président américain (né d'un père africain et musulman et d'une mère blanche et chrétienne) représente l'idéal cosmopolite de façon remarquable. Mais il est aussi le fruit d'une assimilation exemplaire, rendue possible par l'éducation de sa famille (notamment sa grand-mère maternelle, décédée la veille de sa victoire), par le système éducatif et par ses propres efforts. Son métissage est passé par une adhésion totale à la démocratie américaine, à sa patrie et même en l'occurrence à la religion chrétienne.
De ce point de vue, Obama devrait être le modèle à suivre pour les jeunes d'origine immigrée qui, pour certains, en sont à douter de leur sentiment d'appartenance à la nation. Un sondage récent montre que 14 % des musulmans se considèrent d'abord comme Français, contre 60 % autant Français que musulmans. Seuls 38 % estiment que la charia n'a pas à s'appliquer dans un pays non-musulman. Les exemples donnés par Rama Yade, Fadela Amara et Rachida Dati sont pourtant autant d'espoirs donnés aux compatriotes musulmans d'accéder, au terme d'un parcours républicain normal, aux plus hautes responsabilités.
Cependant, entendre l'obamania soutenir que la couleur de la peau et l'origine vaudraient un droit d'accès prioritaire fait froid dans le dos. Une politique raciale dirait-elle autre chose ? Il faut, certainement, mieux soutenir les ambitions de ceux qui, issus de la diversité, ont choisi de participer à la vie commune et d'en accepter les règles et les codes. Mais, dans une nation où l'intégration est «à bout de souffle» (Brice Hortefeux), les minorités, qui ont choisi leur exil contrairement aux Noirs américains, ont encore beaucoup à prouver.
10:03 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : iva rioufol, john mc cain, barack obama, ump



