23.02.2009

Retour vers l’OTAN, affaire Chauprade : comment piller le cadavre national

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Le prochain sommet de l'Otan qui doit se tenir sur les deux rives du Rhin en avril prochain a de quoi faire bondir. Bien sûr, tous les politiques locaux, de gauche comme de droite estiment pieusement que ce sommet sera "une chance pour l'image internationale de Strasbourg". Aucun ne réfléchit plus loin (où sont les Gaullistes d'ailleurs ? Epoussetent-ils le buste du Général qu'ils ont dans leur bureau, sans réagir à la situation actuelle ?), critiquant cette décision lourde de sens, prise par l'atlantiste Nicolas Sarkozy, de faire revenir la France dans le commandement de l'Otan, annulant une grande partie de l'indépendance de notre pays en une signature. Aucun ne critique non plus la gabegie financière de ce sommet pour notre ville et pour l'Etat, ni les nuisances graves qu'il entraînera pour la population.


Le texte ci-dessous (certes souverainiste en diable...) revient aussi sur l'affaire du limogeage scandaleux du géopoliticien Aymeric Chauprade "pour non confirmité de pensée" avec le lobby néo-conservateur qui semble règner sur la Défense française... M. Le Ministre de la Défense Morin s'est empressé d'éliminer un adversaire de ces idées, cela en dit long sur la liberté de ton et de pensée que l'on peut encore avoir dans les grandes institutions françaises.


Enfin, pour conclure signalons que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin ne s'est pas privé de tacler sévèrement M. Sarkozy : "Dominique de Villepin a estimé dimanche sur Canal + que Nicolas Sarkozy commettrait «une faute» en décidant de faire revenir la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Ce changement «n'est pas un détail», a argumenté l'ancien pre mier ministre. «Ce n'est pas juste une signature de plus pour normaliser une position», mais «c'est véritablement la France qui passe sous les fourches caudines d'un autre pays», a poursuivi Villepin."




La Droite strasbourgeoise commence ainsi la parution d'une série d'articles critiques contre ces diverses décisions politiques graves et contre la tenue de ce sommet de l'Otan, qui va bunkeriser toute la ville pour deux jours et la mettre sous coupe militaro-policière.

 

Laurent Husser

 

Lu sur le site du Stalker : http://stalker.hautetfort.com/archive/2009/02/19/retour-v...

A noter que cet article paraîtra dans la revue Libres:  http://www.revue-libres.com/

 

Le retour dans l’OTAN décidé par Nicolas Sarkozy vient mettre la dernière touche à la liquidation politique – engagée sous Giscard – du gaullisme et de politique d’indépendance stratégique de la France. Les sauts de cabris du Parti Socialiste et du Modem, qui ont si longtemps prêté le flanc à l’atlantisme, ne tromperont évidemment que les aveugles. Ils ont compris que cette dénonciation médiatique était payante électoralement. Le débat qui aura lieu à l’Assemblée ne sera qu’une énième mascarade parlementaire avec, pour final, l’entérinement de cette réintégration.


En réalité, cette décision ne fera qu’officialiser l’épreuve de servitude otanienne que les armées françaises vivent depuis vingt ans. Après tout, nous n’avons pas eu besoin d’être dans le commandement intégré pour prendre part à la destruction systématique de la Serbie et pour fournir à la mafia albanaise une plateforme d’opération clé en main en légitimant l’indépendance du Kosovo. Tous les subterfuges de la propagande américaine pour faire du pouvoir serbe un digne successeur du nazisme ont beau être désormais totalement éventés, nous continuons de reproduire l’intoxication : Bernard Kouchner a reconnu qu’il n’y avait jamais eu de camps d’extermination serbes et qu’il s’était contenté de relayer servilement les mensonges du dirigeant bosniaque Izetbegovic. On apprend désormais de la bouche même de celle qui a mené l’enquête, la Finlandaise Helena Ranta, sur le massacre de Racak attribué par l’OTAN à la Serbie, et qui servit de justification aux bombardements de 1999, que celui-ci n’était pas le fait des forces serbes et qu’elle avait dû accréditer ce mensonge sous la pression du chef de mission de l’OSCE, William Walker. On ne s’étonnera pas que toute la presse française, ou presque, qui a fait de la Médiocratie sa fange d’élection, soit tombée dans un panneau aussi grossier. Timisoara et les «bébés koweïtiens arrachés dans leur couveuse» par les vampires irakiens lui avaient déjà permis d’ingérer les techniques de désinformation américaines.


Trêve de vérité historique, celle-ci ne fait pas vendre. Nous allons donc continuer de servir les ambitions américaines et sa politique de marginalisation de la Russie et d’emprise sur les ressources énergétiques de l’Europe centrale. Il faut dire que le fromage otanien a de quoi exciter les papilles des militaires de haut rang : quelques 800 strapontins dans l’OTAN, avec les salaires et les avantages correspondants, cela peut expliquer l’empressement de certains à défendre à corps et à cris cette réintégration. Est-ce un hasard si la quasi-totalité des généraux qui occupent les postes stratégiques ont fait un passage par les États-Unis dans leur carrière et reçu l’adoubement du commandement américain ?
Dans le même temps, Hervé Morin décide d’évincer purement et simplement, sur la seule foi d’un article du Point, Aymeric Chauprade, un des piliers du renouveau de l’école française de géopolitique, qui a osé s’être livré à une analyse critique et circonstanciée des points d’ombre et des béances manifestes de la thèse officielle des attentats du 11-Septembre. En faire un clone de Meyssan est si odieux que le stratagème ne vaut même pas un commentaire sur le fond. Les auteurs de son renvoi se sont disqualifiés eux-mêmes en tentant de le marquer au fer avec le label «conspirationniste», tant le professeur est à cent lieues du «délire complotiste» dont Jean Guisnel a tenté de l’affubler dans Le Point. Qu’un journaliste connu pour ses mœurs déontologiques douteuses, s’ingénie à salir la réputation d’un universitaire reconnu internationalement pour la qualité de son travail et de ses analyses, cela donne la mesure de la forfaiture du pouvoir politico-médiatique. Cela donne surtout la mesure de ce qui le sépare de la réalité profonde du pays qui a toujours rejeté en bloc l’alignement transatlantique dont les sarkozystes se font les chantres.


696979619.jpg Mais, après tout, peut-on vraiment s’offusquer du fait que le Collège Interarmées redevienne ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire une institution soviétoïde, fondamentalement alignée sur les desiderata du pouvoir ? Non, la chose est dans la logique. En revanche on ne peut qu’être choqué quand le général Desportes, son directeur, appelle dans un discours de façade à la libération de la pensée stratégique française, et que dans le même temps il se fasse sur le champ un devoir d’enterrer ce mot d’ordre dès qu’il prend forme. Une telle schizoïdie, en sus d’être malhonnête, est surtout terriblement dangereuse. La France pouvait-elle se permettre, tant son déficit de rayonnement est profond dans le domaine militaire, de se passer d’un universitaire de l’envergure d’Aymeric Chauprade ? À dire vrai, il ne fait pas bon chercher la vérité quand elle brise le vernis du pouvoir et en vient à contrarier les amitiés atlantistes que certains au sommet de l’État ont si viscéralement chevillées au corps. Furieuse passion de la servitude volontaire. Confort mortel du vassal surtout.



Il est vrai qu’il est plus simple de mettre à mort symboliquement une personne que de l’assassiner physiquement. Il suffit désormais pour réduire un chercheur de lui accoler le stigmate infâme du «conspirationnisme». La manœuvre est si facile, si abjecte, que l’homme honnête ne peut qu’en concevoir la plus grande indignation et la plus farouche colère. Mais n’est-ce pas le même ressort ignoble qui a joué dans l’affaire Péan-Kouchner ? Oh le rusé ! Oh le malin ! Qui a bien senti que le qualificatif de «cosmopolite» – parti qu’il a par ailleurs toujours revendiqué avec son ami BHL – lui ouvrait une faille énorme, celle de l’ethnomasochisme, celle de la culpabilité désormais ontologique à laquelle nous damne l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ? Il a suffi à notre aimable ministre des Affaires Étrangères – qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom – de jeter sur Péan le soupçon d’antisémitisme pour gagner le soutien du Monde, du Nouvel Obs et consorts. Il faut lire l’éditorial de Philippe Cohen dans Marianne qui dénonce à juste titre ces petits soldats du Système comme les vrais «fourriers de l’antisémitisme». Croyez-le le subterfuge n’est pas prêt de mourir. Il se montre si efficace aux esprits faibles pour proscrire et marginaliser. Le leurre sert trop bien les intérêts de ces assis. Comme ils tremblent des tremblements douloureux du crapaud dès qu’on prononce le mot «souveraineté» ! Aymeric Chauprade paie évidemment son statut de souverainiste. L’article du Point – commandé en sous-main ? – qui a suffi à placer sa tête sur le billot de la solidarité transatlantique et le coup de sang – prémédité – de Morin, n’auront servi que de prétextes à son épuration politique pure et simple. Les officiers du CID – israéliens compris – qui ont suivi ses cours pourront en témoigner : il s’est toujours montré d’une extrême modération dans son rôle de professeur. Il n’a jamais fait état de ses prises de position idéologique. Contrairement à d’autres toujours bien installés dans leurs fonctions, il n’a jamais insulté le devoir de réserve. Les officiers stagiaires lui ont même dressé une haie d’honneur pour signifier au commandement du CID leur totale désapprobation.


Au-delà du sordide et de la bassesse de la méthode, il faut reconnaître au clan pro-américain qui goupille le pouvoir politico-militaire le mérite de la cohérence. Ils ont posé soigneusement les jalons du processus de liquidation de l’héritage gaulliste et de ce que jadis, dans un temps qui nous paraît désormais préhistorique, on nommait «l’indépendance stratégique» : parution du Livre Blanc qui réduit notre armée à n’être qu’une force de maintien de paix, piteuse voiture-balai destinée à accomplir les basses besognes que l’armée américaine dédaigne; annonce officielle de notre retour dans l’OTAN en l’échange de l'ébouage de Guantanamo et de deux commandements mineurs qu’on nous jette comme des miettes pour récompenser notre si patente inféodation; enfin épuration des dernières voix savantes du souverainisme au sein de l’institution militaire. Les prochains sur la liste noire ? Le Canard Enchainé, ce faux-ennemi qui sert à merveille les intérêts de l’Anti-France, vient de les désigner à la vindicte : Réveillard, Lugan, Venner, Conrad, etc. Bref tous ceux qui ont le tort de défendre la nation. Heureuse nostalgie des purges staliniennes !


Quelle étrange, absurde situation, où celui qui tente de faire face à la pantomime sinistre des mensonges est désormais travesti en extrémiste, et où ceux qui plongent la France dans la régression et sacrifient l’idéal républicain tentent de se faire passer pour des progressistes et des républicains. Qui punit, qui ostracise ? Le médiocre, le traître. Qui est puni, qui est ostracisé ? Le savant, le patriote. Quel retournement des rôles qui veut tout dire du drame de la vérité où notre pays se meurt ! Si la liberté d’expression n’a plus de sens dans ce pays qui n’est plus que l’ombre de lui-même, soit ! Mais qu’au moins le pouvoir nous livre une liste écrite des tabous et des vérités indicibles ! Cela facilitera le travail d’autocensure. Cela aidera les penseurs à se mettre à l’index des critiques interdites. Il faudrait songer à instaurer un crime de lèse-servitude pour graver dans le marbre la ligne de camp et délimiter le théâtre d’opérations de la post-nation.
Décidément, dans cet âge de ténèbres, il ne fait pas bon se poser en adversaire du consensus médiocrate qui voue la France au gouffre. Mais l’infâme là-dedans, ce n’est pas tant l’imposture que ce licenciement incarne, nous en avons tant vu ces dernières années condamnés au silence. Combien sont ceux qui, dans l’ombre des ministères, dans l’anonymat, ont déjà subi cette ostracisation et qui la subiront encore ? Non l’infâme là-dedans, c’est que ce sont les opportunistes et les lâches qui se font juge de paix, ce sont les gestionnaires du désastre qui abattent le marteau du déshonneur sur l’homme de conviction.


Sachez-le messieurs, jeunes et plus vieux qui – insensés que vous êtes ! – voulez conserver ce qui reste de l’indépendance de la France, l'état de défenseur de la souveraineté et de conjurateur du déclin vous voue désormais à la marge et à la pauvreté, à la flétrissure et à l’injustice. Il vaut mieux piller les entrailles du cadavre national que d’en appeler à sa résurrection. Forçons-nous le trait ? À peine hélas. Voilà où s’achève le thrène. Chant de mort pour nation défunte. La boucle est bouclée. La pensée rentre dans la résistance.
Au moment où toutes les conditions sont réunies pour établir au niveau mondial un équilibre de pouvoir multipolaire, et où les neo-cons américains s’effacent, nous nous faisons – sublimes pavloviens que nous sommes – néo-conservateurs ! Nous sommes prêts à tirer un trait sur nos emprises africaines, où nous avons des intérêts économiques et sécuritaires cruciaux, et à basculer nos forces en Afghanistan pour flatter le messie Obama. Le chemin de notre vassalité est tout droit tracé. Il est à craindre que la chassie de l’atlantisme qui embue les yeux de nos dirigeants ne parvienne plus à les leur faire déciller. Voilà comment s’orchestre le suicide volontaire d’une nation, alors qu’elle a en puissance tous les moyens de l’autonomie. Soyez en sûrs : le syndrome 40 n’a pas fini de travailler la chair du cadavre. Peu importe que la France soit morte, la nécrophilie atlantiste ira la violer dans sa tombe.



La prochaine étape dans l’infamie ? La transformation du siège de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU en siège européen et la mutualisation sous commandement euratlantique de la force de frappe nucléaire. Malheur aux vaincus.

 

Samuel Gelb

 

Illustration : image satirique russe contre l'Otan

 

19.02.2009

Feu de poubelle à Strasbourg : un adjoint au maire interpellé

L'information parue ce jour dans les Dernpoubelles-anti-feu.jpgières Nouvelles d'Alsace serait d'une triste banalité si elle ne mettait en vedette l'un des adjoints au maire de Strasbourg.

Éric Elkouby est en effet adjoint au maire délégué aux foires et marchés, tâche particulièrement angoissante au moment où c'est toute l'économie de marché qui semble vaciller sur ses bases.Il est également collaborateur et suppléant du député Armand Jung, un cumul qui frise l'excès et pourrait expliquer des conduites de décompensation, fussent-elles aberrantes et accessoirement délictuelles.

 Samedi dernier donc, jour de la Saint-Valentin, après une journée de dur labeur monsieur Elkouby est raccompagné au centre ville par son député qui l'abandonne céans à sa solitude. Il fréquente l'un ou l'autre bar puis, éméché, il se défoule en se livrant à quelques dégradations sur le mobilier urbain et un chantier de construction. Pris sur le fait, ce qui d'emblée exclut la préméditation chez un contrevenant doué d'un minimum de raison, il est interpellé puis gardé à vue jusqu'à ce que ses amis l'extraient dimanche après-midi de sa geôle. L'adjoint que l'on imagine volontiers contrit a pris soin de s'excuser et a indemnisé ses victimes. La procédure judiciaire suit son cours.

Politiquement, si l'adjoint fautif se trouve suspendu de certaines de ses responsabilités, il demeure adjoint au maire, la municipalité ne désirant pas se passer de ses compétences et de sa force de travail pour d'aussi vulgaires broutilles.

 A la Saint Valentin, il ne faut pas trop abuser sur le vin

Pour une municipalité très "gauche divine" qui ne perd jamais une occasion de sermonner son monde, cette anicroche a comme un goût amer. Les faux dévots doivent donc voler au secours de Tartuffe et comme il est logique c'est Armand Jung qui monte au front, patelin, pour empiler les circonstances atténuantes. Car enfin, quoi que socialiste, l'adjoint maintenu n'en est pas moins homme et, partant, tragiquement faillible. " Que ceux qui n'ont jamais eu un coup de blues, plaide l'ami député, de surcroît le jour de la Saint-Valentin, lui jettent la première pierre". Pire que celle du coureur de fond, la solitude de l'élu démocratique est, en effet, un drame insoupçonné qui laisse trop souvent indifférents ses égotistes électeurs. Il est donc opportun que le prix du dévouement citoyen leur soit ici rappelé.
Second argument présenté par la défense "une charge de travail importante" qui suggère que même à gauche le "travailler plus" sarkozyste est susceptible de dégâts inattendus.

Si Armand Jung avait bien voulu s'en tenir là son argumentaire, aussi bouffon soit-il, n'aurait pas dépassé les limites de la décence et, de faits répréhensibles mais sans grande gravité jusqu'à un plaidoyer téléphoné qui paie naturellement son tribut à l'amitié politique, tout serait resté dans la norme du genre. Mais, hélas le député n'a pu s'empêcher d'en rajouter une louche, mine de rien, en passant. Et cette louche ajoute de l'obscène à la bouffonnerie. Pour disculper son suppléant il évoque "les agressions verbales très violentes dont il avait fait l'objet le 31 décembre dans son bureau d'adjoint de l'Elsau et qui l'ont marqué durablement".

On se souvient que ce jour là des associatifs "musulmans" avaient rudoyé l'adjoint et, s'emportant, n'auraient pas hésité à proférer à son encontre des injures homophobes et antisémites. Mais l'affaire est controversée et la justice ne s'est toujours pas prononcé sur ces imputations. On ne sait donc pas si ce jour là monsieur Elkouby fut traité de "cosmopolite anglo-saxon" mais recourir à ce rappel fait pour le moins songer aux misérables arguments présentés par Bernard Kouchner devant la représentation nationale pour ne pas avoir à répondre aux graves accusations du livre de Pierre Péan.

Toutes proportions gardées, car l'affaire strasbourgeoise demeure microscopique, c'est la même tactique d'évitement consistant à agiter le spectre de l'antisémitisme pour museler l'argument rationnel et contraindre les rieurs au repli honteux qui est ici mise en oeuvre. Comme Péan sensé se taire après qu'on ait fait peser sur lui le pire des soupçons, les opposants à l'actuelle équipe municipale sont ainsi priés de s'abstenir de jouer leur rôle tandis que tous ceux que réjouissent les mésaventures des pères-la-pudeur seraient contraints au mutisme sous peine de voir leur hilarité suspectée de complaisance avec l'innommable.

Franchement, ce chantage là est de trop et il pourrait bien se retourner contre ses initiateurs en laissant à penser aux esprits faibles que certaines appartenances valent brevet d'immunité.

Coclés

16.02.2009

ANGLETERRE ET EXTRÊME DROITE : AU PAYS DE L'HABEAS CORPUS

d0361eae.jpgPayant au prix fort la financiarisation intégrale de son économie, le Royaume Uni est aujourd'hui le pays de l'Union Européenne le plus touché par la crise. Le temps est loin où les libéraux, à commencer par notre président de la République, le citaient en exemple. Adieu les lendemains chantant de la mondialisation heureuse; c'est désormais l'explosion sociale qui menace.
Dans ce contexte de déréliction l'extrême droite locale connaît une progression régulière qui inquiète l'establishment politique et affole les moralistes au point que, dans la panique, certains n'hésitent plus à remettre en cause les plus anciennes traditions du pluralisme démocratique.
Deux informations parues dans Le Monde du samedi 14 février sont à cet égard révélatrices d'un climat de paranoïa et de chasse aux sorcières qui n'est pas sans rappeler ce que les amateurs de pathos ont pris pour habitude de nommer "les heures les plus sombres".


La première concerne l'Église anglicane, la confession majoritaire outre-Manche. En début de semaine un synode de l'Église nationale dont on ne peut douter que les conclusions ont été inspirées par le souffle divin a interdit à ses pasteurs d'adhérer au British National Party, sorte de FN britannique qui consacre l'essentiel de son énergie à combattre l'immigration issue du tiers-monde.
Le motif invoqué par les ecclésiastiques anglais est que les valeurs chrétiennes ne sont pas compatibles avec celles que véhicule le BNP. En bonne logique, cela doit signifier qu'un chrétien authentique, s'il s'en trouve, doit non seulement s'interdire de porter un jugement négatif sur le fait migratoire mais qu'il pourrait bien lui être recommandé d'en exiger l'accroissement sous peine d'excommunication. Cette innovation théologique ne laisse pas de surprendre, mais les volontés de Dieu étant impénétrables (à la différence des frontières), on ne doute pas que les croyants sincères auront à coeur de suivre leurs prélats afin de transfigurer l'Autre en nouveau Christ collectif missionné pour rédimer les malheureux pêcheurs insulaires


Si le synode, attentif au maintien des valeurs chrétiennes, s'est prononcé avec courage sur les diaboliques méfaits du BNP il n'a rien dit, en revanche, sur les traders fous, les banquiers indélicats, les amateurs de titrisation, les fabricants de faux bilans, les agents de notation corrompus et les faiseurs de crédits toxiques, toutes catégories d'individus dont la malfaisance ne saurait approcher celle, redoutable, des populistes xénophobes. Sans valoir approbation, ce silence, dans un contexte de croisade moralisatrice, laisse supposer au quidam que l'industrie financière, même dans ses excès, ne saurait être considérée comme un obstacle à l'incarnation des valeurs évangéliques de charité et de pauvreté...
Conscient quant même de la témérité des décisions entérinées par le synode le secrétaire général de la docte assemblée a néanmoins prévenu que ces vénérables résolutions pourraient être juridiquement contestées. Il se trouve en effet que le BNP est constitutionnellement autorisé et que les membres du clergé sont réputés libres d'adhérer au parti politique de leur choix. Petit bémol légaliste qui montre que les démocraties n'ont pas encore accompli, hélas, tout le chemin qu'il leur faut parcourir pour se démettre de leurs principes afin de résister au Mal.


La seconde information concerne le député néerlandais Geert Wilders. Ce ci-devant élu libéral a quitté sa formation d'origine pour fonder le "Parti pour la liberté aux Pays-Bas", mouvement qui se consacre essentiellement à dénoncer ce qu'il désigne comme les effets pathogènes de l'immigration musulmane dans un pays jusqu'à peu présenté comme une vitrine de la tolérance multiculturelle. Dans un climat marqué par des tensions intercommunautaires grandissantes, Wilders a été menacé de mort par les barbus locaux et il  ne se déplace qu'accompagné d'un essaim de gardes du corps détachés par la puissance publique échaudée par les dramatiques précédents des affaires Pim Fortuyn, Théo Van Gogh et Ayaan Hirsi Ali. Il faut dire que Wilders n'y va pas de main morte en assimilant le Saint Coran au "Mein Kampf"  d'Adolf Hitler. Il y a quelques mois, pour illustrer sa démarche dénuée, on en conviendra volontiers, de tout esprit oecuménique, il a commis un clip intitulé "Fitna" (discorde). Les croyants musulmans comme les adeptes de la tolérance y voient un immonde pamphlet islamophobe mais la justice néerlandaise pourtant très chatouilleuse sur le sujet du racisme n'y a rien vu à redire. C'est justement ce film qui était projeté l'autre jour à la Chambre des Lords. Devait suivre un débat avec Geert Wilders. Le débat n'a pas eu lieu.

Dés son arrivée à l'aéroport londonien d'Heathrow le député hollandais a été arrêté puis renvoyé vers Amsterdam comme un vulgaire sans-papiers. Raison invoquée par les officiels britanniques : ses propos contre l'islam représentaient une menace pour le Royaume Uni. Le gouvernement des Pays-bas s'est offusqué et son ministre des affaires étrangères a promis qu'il soutiendrait Geert Wilders si celui-ci se décidait à intenter une action contre la Grande Bretagne, la violation des accords de libre circulation entre pays membres de l'Union étant ici manifeste. Les "antifascistes" britanniques, quant à eux, se sont réjouis de cette expulsion montrant ainsi qu'il savent reconnaître l'utilité des frontières qu'ils prétendent par ailleurs abolir.


Deux faits, mineurs sans doute, mais qui s'ajoutent à beaucoup d'autres de même calibre liberticide. Dans une Angleterre qui a inauguré très tôt le cycle moderne de l'émancipation politique de l'individu comme dans une France qui se veut missionnaire des droits humains l'heure du reflux semble avoir sonné. Comme si la nécessité de faire accepter aux récalcitrants une immigration que plus personne ne maîtrise passait par la réduction progressive de libertés chèrement acquises. Et ceci sous les applaudissements des dévots de l'altérité.
La diversité serait-elle le fourrier du despotisme à venir ?

Coclès

 

Illustration : "Honi soit qui mal y pense"

13.02.2009

Armée : l'Islam est dans la place !

troie.jpgSecret Défense est un blog sérieux, que nous lisons régulièrement. Animé par Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, il permet de se faire une idée de l’ambiance « sous le treillis ». S’y expriment (lorsque les commentaires sont ouverts) des spécialistes, des anciens mais aussi sans doute de nombreux militaires astreints au devoir de réserve élémentaire.

Au travers de ses colonnes et des commentaires, on en apprend beaucoup sur les soupirs de la grande muette.  « Moins de cinq engagés volontaires de l'armée de terre (EVAT) ont exprimé, en 2008, le souhait de ne pas partir en opérations extérieures "pour des raisons confessionnelles", reconnait l'état-major interrogé par Secret-Défense. Il s'agit de jeunes musulmans qui ne voulaient pas aller combattre d'autres musulmans en Afghanistan. Leur nombre serait de trois ou quatre. »
L’auteur précise « Le nombre de militaires français de confession musulmane est inconnu. La loi française interdit toute comptabilité en fonction de la religion. Mais une simple visite dans n'importe quel régiment montre que de nombreux Français issus de l'immigration s'engagent ».

On n’en saura pas plus, mais pourtant il semble que les manifestations d’humeurs ne soient pas si rare que cela, comme il semble que des femmes soldats, sous-officiers ou non, aient eu parfois du mal à rappeler la notion de grades et de hiérarchie (par delà le sexe) aux nouveaux engagés. Question de culture sans doute !

On suivra de près l’évolution de ces faits, tout en soulignant que l’on peut se demander quelles seraient les conséquences de tels actes, si une tension internationale encore plus importante poussait la France à s’engager pour la sécurité du pays ou celle de ses ressortissants. Sur certains blogs, la nouvelle a été en tout cas accueillie avec joie.

11.02.2009

Interdire la fessée : Y'a pourtant des claques qui se perdent !

bad-kids-spank.jpgIl y a urgence, il faut réagir … La crise ? Non ! Ben Laden ? Non ! Les élections régionales en Alsace ? Non ! On apprend que l'année 2009 doit devenir l'année de la fin des fessées.

En effet, l'assemblée Générale des Nations Unies a posé comme année butoir l'année 2009 afin que les châtiments corporels (donc la fessée, la claque et la violence physique sous toutes ses formes) soient abolis dans le monde.

Dominique Versini, nommée défenseure des enfants par décret du Président de la République, entend donc faire légiférer le Parlement. Une telle annonce a de quoi étonner.

Tout d’abord parce qu’il existe déjà suffisamment de lois pour lutter contre les violences faites aux enfants. A quoi bon une nième loi ?
Ensuite, sur les moyens de lutte contre les « donneurs de fessée ». Va-t-on installer des webcams au domicile de tous les parents ? Va-t-on pousser les enfants à la délation des parents fesseurs ?

On ne commentera pas plus cette annonce délirante. On va peut-être interdire la fessée, il n’empêche qu’en politique, il y a des claques qui se perdent.

Eric Neustadt

09.02.2009

L'étrange affaire Williamson : politique et religion

Williamson.jpgL’annonce, courant janvier 2009, de la prochaine levée de l’excommunication des évêques lefebvristes a immédiatement soulevé les passions, y compris chez de nombreux laïcs connus… pour leur absence de sentiments religieux.

1. Or la décision préparée par Benoît XVI relevait à la fois de la théologie et du gouvernement de l’Eglise : les non-catholiques auraient donc pu ne pas se sentir concernés, ou à tout le moins rester sur la réserve.

Tel n’a pas été le cas : un déluge médiatique s’est abattu sur le Vatican. Il faut en comprendre les causes. Les sociétés occidentales vivent sous l’emprise d’une idéologie dominante de plus en plus tyrannique. Cette idéologie dominante repose sur quatre piliers :

- l’antiracisme ;
- le mondialisme ;
- la rupture de la tradition ;
- la « gauche » meilleure que la « droite ».

Or la décision de Benoît XVI pouvait apparaître comme un coup de balancier vers la « droite ». Surtout, et c’est là l’essentiel, elle revenait à renouer avec la tradition et à marquer un intérêt pour des rites liturgiques antérieurs à la rupture de Vatican II (la messe de Saint-Pie V, notamment).

Pour les élites en révolte contre les formes traditionnelles de la foi et de la civilisation européenne et chrétienne, contre les valeurs familiales et la loi naturelle, la décision de Benoît XVI signifiait une insupportable rupture avec l’idéologie dominante.

2. Tout a donc été entrepris pour faire revenir le pape sur sa décision. Avec les moyens habituels de ce genre d’entreprise : la campagne de diabolisation médiatique dirigée cette fois contre le Saint-Père. Opération d’ailleurs déjà tentée après son grand discours de Ratisbonne sur la foi et la raison.

L’instrument de la manœuvre fut une singulière émission de la télévision suédoise diffusant un entretien avec Mgr Williamson, l’un des quatre évêques excommuniés en 1988.

Etrange entretien que celui-ci : réalisé en novembre 2008 mais diffusé deux mois plus tard, au moment même (le 22 janvier) où la décision du pape devait être rendue publique ; entretien en forme de piège puisque, consacré au départ à des sujets religieux (le dogme, les rites, l’action de la Fraternité Saint-Pie X), il dérive vers la fin sur des sujets plus profanes : l’histoire de la seconde guerre mondiale.

Mgr Williamson y exprime ses doutes sur l’existence des chambres à gaz homicides : propos licites en Suède (où ils furent d’abord diffusés), en Grande-Bretagne (pays de Mgr Williamson) et en Argentine (où il exerce son magistère), mais propos éminemment choquants dans le monde et pénalement répréhensibles en Allemagne (où ils furent enregistrés) et en France (où ils furent abondamment diffusés par les grands médias).

La campagne de promotion des propos de Mgr Williamson apparaît d’ailleurs bien singulière. En ces matières placées sous le contrôle répressif de la loi pénale les journaux font d’ordinaire silence : or, du « Figaro » au « Nouvel Observateur », pour ne citer que la France, l’audience donnée aux propos de Mgr Williamson fut immense. Il est vrai que l’inspiratrice de l’entretien n’était autre que Fiammetta Venner, une trotskyste exemplaire, militante pro-avortement et pro-mariage homosexuel. L’objectif du pouvoir médiatique était clairement d’obtenir du pape qu’il retire sa décision.

3. Et ce au rebours de toute logique : en effet, le choix pontifical, d’ordre théologique, consistait à revenir sur un acte pris en 1988. Le pape n’avait donc aucune raison de prendre en considération des propos profanes tenus en 2008.

De plus, les autorités ecclésiastiques – Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X et les milieux autorisés du Vatican – n’eurent aucun mal à faire valoir que les propos profanes de Mgr Williamson ne relevaient pas de son magistère. Ce que celui-ci reconnut d’ailleurs bien volontiers. Ces opinions, aussi contestables et condamnables qu’elles puissent paraître, n’avaient pas à relever du débat.

4. Mais la logique et la raison sont rarement victorieuses dans les campagnes médiatiques. Le pape ayant maintenu, le 24 janvier, sa décision de lever les excommunications, une campagne s’engagea pour obtenir des autorités catholiques des déclarations fermes et définitives sur la seconde guerre mondiale.

Trois forces conduisirent cette campagne : des grands médias, des gouvernements (la chancelière allemande, notamment), les religieux juifs en Italie et en France où le grand rabbin Bernheim se montra particulièrement déterminé.

Cette ingérence extérieure dans la vie de l’Eglise catholique peut paraître étrange. Tout comme est surprenant le fait que les autorités catholiques, après avoir observé que le sujet évoqué par Mgr Williamson ne relevait pas de son magistère, aient abordé le même sujet dans le cadre de… leur propre magistère. Erreur en janvier ? Vérité en février ?

A cet égard la déclaration, sur Radio Vatican, de Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, est troublante. Affirmer « Celui qui nie le fait de la Shoah ne sait rien ni du mystère de Dieu, ni de la Croix du Christ » peut interpeller aussi bien d’un point de vue catholique que d’un point de vue agnostique, pour ne pas dire voltairien.

D’un point de vue catholique, il peut paraître surprenant de placer un fait d’histoire, certes douloureux, dans le corpus théologique du mystère de Dieu et de la Croix. Sans doute s’agit-il de diplomatie vaticane. Car un simple père, fut-il « communiquant », ne peut faire évoluer le dogme catholique et y incorporer la Shoah. Et rien ne permet de penser que, pour les autorités de l’Eglise en tout cas, Auschwitz ait vocation à remplacer la crucifixion du Christ comme événement ontologique central. De tels bouleversements du credo catholique exigeraient à tout le moins un concile, ce qui ne semble guère d’actualité. D’autant que l’Eglise, qui incarne l’éternité, n’a pas vocation à céder à l’immédiateté.

D’un point de vue voltairien, la déclaration du père Federico Lombardi et surtout les pressions qui l’ont précédée peuvent aussi paraître surprenantes à plus d’un titre. La civilisation européenne a depuis longtemps distingué les vérités religieuses et les vérités scientifiques, qui ne sont pas de même nature. Usuellement un fait d’histoire repose sur des constats, des discussions, des débats et il se peut même que la vision qui en est donnée soit révisée. C’est le point de vue de ceux qui défendent la liberté pour l’histoire. D’ailleurs on voit mal en quoi des déclarations émanant de hautes autorités religieuses pourraient conforter des vérités historiques qui relèvent d’un autre ordre. Cette confusion peut même apparaître comme une régression de la pensée.

Une fois de plus les esprits libres devraient résister au tumulte médiatique. Car, comme l’a fort bien dit Benoît XVI au début de son pontificat, « (il ne faut pas) se dérober, par peur, devant les loups. »

Polémia

05.02.2009

Conseil Consultatif des Résidents Étrangers : Concours de flatulences à Strasbourg

touche pas.jpgLa municipalité UMP de Strasbourg avait en son temps supprimé le Conseil Consultatif des Résidents Étrangers (extracommunautaires). La gauche le rétablit. S'ensuit une polémique picrocholine entre les deux camps qui ont le même objectif mais entendent le réaliser par des voies différentes. Chacun s'accuse d'encourager le communautarisme et y va de son slogan, incisif, percutant et sommaire, comme il convient à tous les slogans.


Selon la gauche, "nous sommes tous des immigrés"; selon la droite, version Fabienne Keller, "nous sommes tous des Strasbourgeois". Pour accentuer le trait l'ancien maire parle aussi d'une "nationalité strasbourgeoise" dont on pensait à tort qu'elle avait disparu depuis 1681 et la conquête de la ville libre impériale par les armées du roi de France.

On le voit, d'un coté comme de l'autre on abonde volontiers dans le flatus vocis (formule latine qui désigne des expressions gorgées de vents mais dépourvues de signification).

Si nous sommes tous des immigrés et même des immigrés strasbourgeois, il va de soi que le notion d'immigration perd, en effet, tout son sens et que les problèmes qu'elle peut engendrer se trouvent résolus avant même d'avoir été posés. Fonction magique du langage politicien qui peut dissoudre les réalités désagréables en noyant le poisson de la différence conflictuelle dans les eaux de vaisselle de la petite cuisine sémantique.

Mais ce que ces formules insensées s'emploient à conjurer revient, subrepticement,  dans la prose même des élus sous l'emballage d'un "communautarisme" honni qui pointerait partout son vilain mufle. La prestidigitation est un art difficile.  Bien sûr, le communautarisme c'est toujours l'autre, mais la répétition du terme à droite comme à gauche dit assez une hantise commune que la course aux formules niaises ne parvient pas à exorciser.

Non seulement nous serions tous des immigrés de nationalité strasbourgeoise, mais nous serions tous guettés  par le démon communautaire. Plus certains que d'autres néanmoins, puisque c'est toujours dans le contexte de l'immigration que le tocsin communautariste fait retentir ses alarmes. Ce qui introduit, de manière oblique, quelques méchantes failles dans la "nationalité strasbourgeoise" soi-disant partagée. Si la tentation communautaire en menace certains plus que d'autres n'est-ce pas l'aveu brutal que cette nationalité n'est qu'une formule creuse livrée en préambule comme un certificat de bonnes moeurs antiracistes ?

Le problème des fantassins de l'ordre nouveau diversitaire c'est leur tendance schizoïde. Ils sont écartelés entre deux conformismes. L'ancien, de nature républicaine leur commande de haïr la différence au nom de l'assimilation individualiste jacobine et d'un universalisme ronflant qui n'est que l'expression du vieil ethnocentrisme occidental. Le nouveau qui a tous les attraits de la fraîcheur et leur commande d'honorer sans cesse la diversité et d'en célébrer l'avenir radieux.

Pris en tenaille entre deux versions incompatibles du Bien, ils virevoltent de l'une à l'autre dans une folle sarabande où leur esprit se brouille et où le petit baluchon de leurs références philosophique se met à tanguer dangereusement. D'où leur propension à se contredire sans même s'en apercevoir.

Pour sortir de ce maelström, il faudrait se résoudre à poser clairement les bases de la dispute.

Soit l'on en reste à la logique républicaine qui ne considère que des individus abstraits destinés à s'assimiler au bout d'un parcours semé d'embûches et de traquenards.

Soit l'on adhère à la logique diversitaire qui implique une franche reconnaissance des identités collectives et en gère au mieux les inévitables conflits.

Dans le premier cas, comme l'a logiquement souligné Robert Grossmann dans son intervention du 2 février, il n'est nul besoin de "représenter" les étrangers en tant que tels. Dans le second, il faut accepter le risque communautaire qui n'est, somme toute, que l'expression d'un désir de différence que le mot même de diversité s'emploie à légitimer.

Quoi qu'il en soit, la pâte sociale travaille toute seule, indépendamment des discours et décisions politiques et il semble bien qu'elle conspire spontanément vers des logiques identitaires et communautaires. Dans une France qui a déjà tant donné à l'américanisation, ce serait finalement bien compréhensible.

 

Coclés

03.02.2009

Elections européennes : le sondage qui dérange.

ps-printemps-europe.jpgOn le sait, les sondages sont comme les promesses électorales, ils n’engagent que ceux qui y croient. Toutefois, La Droite strasbourgeoise a épluché celui commandé par les amis de Jean-Luc Mélanchon.

 

Selon IFOP, l’UMP totaliserait 25. 5 % des voix devant le PS (22.5 %), un front de gauche potentiel rassemblant Lutte ouvrière, le Nouveau Parti anticapitaliste, le Parti communiste français et le Parti de gauche arriverait 3ème, avec 14,5% des voix devant le Modem (14 %), les Verts (7%), le MPF (6.5 %) et le FN (6%).

 

De son analyse ressortent ainsi plusieurs points :
- La gauche totalise (PS-Front de Gauche- Verts) : 44 %
- L’UMP 25.5 %
- Les souverainistes (FN et MPF) : 13.5 %
- Le centre 14 %

 

On notera, malgré l’excellente présidence française de l'UE, la faiblesse désormais naturelle de l’UMP, aggravée par les nouvelles orientations du Modem ; celui-ci est plus près de flirter avec la gauche, qu' à replacer le centre à droite. Désormais privée d’alliance, l’UMP pourrait donc - même si elle peut gagner les élections européennes - sortir « touchée » des élections européennes et entrer de manière fragilisée dans la campagne des régionales et des cantonales. Alors bien sûr, concernant le centre, il y a lieu de prendre en compte les disparités et charismes locaux, mais ...

L’impact de la crise ne commençant qu’à se faire sentir, la gauche pourrait en profiter. plus vite qu'on ne croit. En a-t-on conscience en haut lieux ? Sans doute, mais on ne voit rien venir.

Eric Neustadt

02.02.2009

L'évêque et le grand rabbin

 

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Si il est vrai que les voies du Seigneur sont impénétrables, les saints hommes qui s'en disent les interprètes sont bien souvent tout aussi déroutants. Un prélat catholique anglais, tout juste réadmis dans le sérail, fait scandale et ceux qui n'aiment pas le Pape ou souhaiteraient lui dicter la manière dont il doit conduire son magistère en profitent pour faire comme si le soupçon de révisionnisme devait s'étendre à l'ensemble de l'Église. Une Église que la conscience masochiste du pêché et une longue campagne de déstabilisation rend particulièrement fragile vis à vis de ce type de manoeuvre.


C'est un jeu sournois mais finalement assez classique. Plus que les milliers de bombes qui se sont abattues sur Gaza, la manipulation médiatique est une arme de destruction massive qui laisse à ses victimes bien peu de chance de sortir indemnes des opérations que la situation monopolistique des grands organes de presse lui permet d'entreprendre sans grand risque de se heurter à la contradiction.
Laissons là Mgr Williamson et tournons-nous un moment vers les donneurs de leçons. Comme nous l'apprend le site internet du Jérusalem Post le récent conflit israélo-palestinien a donné à l'ancien grand rabbin séfarade d'Israël, Mordechai Eliyahu, l'occasion d'exprimer une forte pensée dont on aimerait être sûrs qu'elle n'est pas représentative du judaïsme israélien tout entier, fut-il séfarade.


Eliyahu a,  en effet, écrit au premier ministre Ehud Olmert pour le persuader, arguments théologiques à l'appui, que les civils gazaouis étant tous collectivement responsables des tirs de roquettes sur le sud du pays, ils méritaient un châtiment aussi exemplaire qu'indifférencié. Selon l'ancien grand rabbin, dont la prose a été distribuée dans toutes les synagogues du pays, rien ne s'oppose moralement à ce que les civils palestiniens subissent les contrecoups de leur complicité objective avec les "terroristes". A l'appui de son raisonnement, il cite l'histoire biblique du massacre de Sichem (Genèse 34) et le commentaire de Maimonide (Lois des Rois, 9, 14).
Joint par des journalistes, son fils, lui même grand rabbin de la ville de Safed, a surenchéri. "Si les roquettes ne s'arrêtent pas après que nous ayons tué 100 palestiniens, alors nous devons en tuer un millier. Et si elles ne s'arrêtent pas après que nous en ayons tué 1000, alors nous devons tuer 10 000 palestiniens. Si elles ne s'arrêtent pas, nous devons en tuer 100 000, même un million. Quoi qu'il en coûte pour les faire cesser".
Contrairement à ce que font beaucoup, au risque de voir le boomerang de la mauvaise foi leur revenir inopinément dans le figure, il ne faut pas généraliser, comme on dit. De même qu'un grand rabbin, et même deux, ne font pas le judaïsme, il est peu probable qu'un évêque anglais fasse l'ensemble de l'Église romaine. Que l'un donne dans la soustraction des morts alors que l'autre envisage leur sainte multiplication n'a ici qu'une importance relative.


Ce qui parait certain en tous cas, c'est que l'angélisme éthique dont se prévalent aujourd'hui les divers monothéismes doit sans doute davantage à la nécessité dans laquelle ils se trouvent de composer avec une sécularisation massive, et aux accommodements qu'elle implique, qu'aux textes fondateurs où réside leur logique profonde. C'est aussi vrai en Europe qu'en Israël où l'on voit bien que s'écartant des recommandations du grand rabbin de Safed (fondées sur divers génocides cananéens bénis par Dieu) le gouvernement d'Ehud Olmert a eu l'insigne sagesse de se contenter d'un bon millier de morts seulement et de quelques autres milliers de blessés...
Ceci dit, une autre question ne peut manquer de tarauder l'observateur: où se trouve donc, dans le monde musulman, les forces de sécularisation susceptibles de mettre un frein aux exigences du Saint Coran et à l'exemplarité guerrière de son Prophète ?

 

Coclès

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