29.05.2009
Julien Coupat : L'essentiel, dans la guerre moderne, est cette "bataille des cœurs et des esprits" où tous les coups sont permis.

Au-delà de ce qui peut-être dit, de façon bien souvent fausse par les Médias, le Pouvoir etc... de cette affaire, il faut avant tout lire son principal protagoniste, Julien Coupat, bien éloigné des faux révolutionnaires médiatiques que l'on croise trop souvent.
A l'heure où il écrit ses mots, du coeur du système pénitentiaire, quelques jours avant sa libération, il s'agit d'entendre ce que Julien Coupat cherche à dire.
Sa critique radicale, féroce du Pouvoir en place, de l'Etat, des Institutions devrait interpeller le public, mais comme souvent, il restera EN PARTIE sourd trop occupé dans son cauchemar climatisé. L'Empire dénoncé par Coupat et ses amis repose sur le Biopouvoir et le Spectacle. Foucault, Debord, les parrains de cette pensée sont connus. Il n'est pas sûr que le Pouvoir prenne la juste mesure de ce qui est dit ici. A nous de le faire... Depuis hier 17h Coupat a été libéré. La polémique politique enfle, ridicule comme toujours, quel que soit le camp concerné.
Laurent Husser
Lu dans Le Monde :
Julien Coupat : "La prolongation de ma détention est une petite vengeance"
Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour "terrorisme" avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris, il est soupçonné d'avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. (Il a demandé à ce que certains mots soient en italique).
Comment vivez-vous votre détention ?
Très bien merci. Tractions, course à pied, lecture.
Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?
Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène.
Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.
Les sabotages sur les caténaires SNCF en France ont été revendiqués en Allemagne. Qu'en dites-vous?
Au moment de notre arrestation, la police française est déjà en possession du communiqué qui revendique, outre les sabotages qu'elle voudrait nous attribuer, d'autres attaques survenues simultanément en Allemagne. Ce tract présente de nombreux inconvénients : il est posté depuis Hanovre, rédigé en allemand et envoyé à des journaux d'outre-Rhin exclusivement, mais surtout il ne cadre pas avec la fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l'attaque au cœur de l'Etat en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires. On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public.
Il est vrai que le sabotage des lignes de train y perd beaucoup de son aura de mystère : il s'agissait simplement de protester contre le transport vers l'Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultraradioactifs et de dénoncer au passage la grande arnaque de "la crise". Le communiqué se conclut par un très SNCF "nous remercions les voyageurs des trains concernés de leur compréhension". Quel tact, tout de même, chez ces "terroristes"!
Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de "mouvance anarcho-autonome" et d'"ultragauche"?
Laissez-moi reprendre d'un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d'une période de gel historique dont l'acte fondateur fut l'accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d'"éviter une guerre civile". Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale.
Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.
Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.
Cette analyse sommaire du théâtre des opérations a dû s'imposer assez tôt puisque les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les "anarcho-autonomes". On leur prêtait, pour commencer, l'organisation des émeutes spontanées, qui ont, dans tant de villes, salué le "triomphe électoral" du nouveau président.
Avec cette fable des "anarcho-autonomes", on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l'intérieur s'est docilement employée, d'arrestations ciblées en rafles médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l'y incarcérer. Or celle de "casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l'intention du nouveau pouvoir de s'attaquer à l'ennemi, en tant que tel, sans attendre qu'il s'exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression.
Il importe peu, finalement, qu'il ne se trouve personne en France pour se reconnaître "anarcho-autonome" ni que l'ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920 et qui n'a, par la suite, jamais produit autre chose que d'inoffensifs volumes de marxologie. Au reste, la récente fortune du terme "ultragauche" qui a permis à certains journalistes pressés de cataloguer sans coup férir les émeutiers grecs de décembre dernier doit beaucoup au fait que nul ne sache ce que fut l'ultragauche, ni même qu'elle ait jamais existé.
A ce point, et en prévision des débordements qui ne peuvent que se systématiser face aux provocations d'une oligarchie mondiale et française aux abois, l'utilité policière de ces catégories ne devrait bientôt plus souffrir de débats. On ne saurait prédire, cependant, lequel d'"anarcho-autonome" ou d'"ultragauche" emportera finalement les faveurs du Spectacle, afin de reléguer dans l'inexplicable une révolte que tout justifie.
La police vous considère comme le chef d'un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu'en pensez-vous?
Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d'un régime sur le point de basculer dans le néant.
12:34 Publié dans Les idées parlent | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : julien coupat, guy debord, le jeu de la guerre, kriegspiel, michel foucault, le monde
28.05.2009
Face à Sarkozy, de quoi le communiste Badiou est-il le nom ?
Alain Badiou a le mérite d'exister, tel Hibernatus. Critique féroce de la présidence de Nicolas Sarkozy, héros de l'extrême gauche, philosophe communiste aux ventes de livres plus que confortables, Badiou récidive dans un entretien accordé à Rue89.
Badiou continue à utiliser l'expression de "barabarie sarkozyenne" en assimilant grosso modo, le Président de la République, l'UMP, la droite en général et même ses électeurs à des barbares dangereux, sécuritaires, réactionnaires. Bref, des "fascistes" en langage simplificateur actuel, aisément digérable par ceux qui aiment le manichéisme en politique.
Tout n'est pas néanmoins à jeter dans ce discours classiquement de gauche, notamment sa critique du capitalisme. Comme souvent dans ce camp, les effets sont bien analysés mais pas forcément les causes ni les solutions.
En attendant, les équipes de l'UMP sont mobilisées par les élections européennes et s'apprêtent à crier victoire dans quelques jours, sans se douter de la dureté et de la radicalisation de ses adversaires. Il serait bon aussi d'écouter les chantres des lendemains qui chantent, pour contrecarrer leur discours...
Laurent Husser
14:02 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain badiou, rue89, nicolas sarkozy
26.05.2009
Europe et Islam : une question brûlante ?

Les récents textes que nous avons publié ci-dessous au sujet de la mosquée de Strasbourg, l'Islam aux Pays-Bas ont occasionné de nombreux commentaires, dont certains ont dû être évacué au vu de leur virulence ou des attaques nominatives. Même le FN et les partisans du conseiller régional Patrick Binder se sont manifestés pour la première fois, tout comme leurs adversaires. Adversaires qui soit dit en passant semblent enfin comprendre que La Droite strasbourgeoise demeure le dernier blog de droite à Strasbourg. Il faudra s'y faire, nous existons depuis juin 2005 !
La tentative de diabolisation dont La Droite strasbourgeoise est victime (un grand classique, le fameux reductio ad hitlerum de Leo Strauss) et notamment l'un de ses rédacteurs est un classique de la gauche à l'idéologie bien trempée. C'est ce que la droite à Strasbourg n'a jamais voulu comprendre. Elle en a fait les frais lors des muncicipales, elle en fera les frais régulièrement encore, puisqu'elle se soumet aux oukazes du PS et des grouspusucles de la gauche en général. Mais c'est un détail, à l'heure où certains ont de bons réflexes et aimeraient reconstruire, à l'heure aussi où l'ancien maire de Strasbourg, Fabienne Keller, cherche à réunir ses troupes pour comprendre comment reconstruire à droite. Mais nous en reparlerons...
Les questions d'immigration, d'intégration, de religions sont évidemment sensibles et primordiales. Il suffit de voir quelle importance elles ont pris dans la politique de Nicolas Sarkozy depuis sa campagne présidentielle et son entrée en fonction pour les matérialiser. Il suffit aussi de voir le débat autour de l'entrée de la Turquie dans l'Europe, qui réapparaît ces jours-ci, en raison des élections européennes à venir. L'arrière-plan de la question turque, c'est évidemment l'islam et l'immigration islamique. Le texte ci-dessous est une enquête édifiante sur Rotterdmam, qui, rappellons-le, vient d'élire un maire marocain. Chose qui en soi n'a rien d'extraordinaire, si ce n'était le caractère particulier de la ville de Rotterdam, évoqué ci-dessous.
La Droite strasbourgeoise
Lu sur http://chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y
L'Eurabie a une capitale: Rotterdam
Ici, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Un grand reportage dans la ville la plus islamisée d'Europe
par Sandro Magister
ROME, le 19 mai 2009 – L’un des résultats les plus incontestables du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte est l’amélioration des rapports avec l'islam. Les trois jours passés en Jordanie, puis la visite à la Coupole du Rocher à Jérusalem ont fait passer dans le grand public musulman – pour la première fois aussi largement – l'image d’un pape ami, entouré de leaders musulmans heureux de l’accueillir et de collaborer avec lui pour le bien de la famille humaine.
Mais la distance entre cette image et la réalité crue des faits est également incontestable. Non seulement dans les pays sous domination musulmane, mais aussi là où les disciples de Mahomet sont minoritaires, par exemple en Europe.
En 2002 Bat Ye'or, une chercheuse née en Egypte et de nationalité britannique, spécialiste de l’histoire des minorités chrétiennes et juives – dites "dhimmi" – dans les pays musulmans, a créé le mot "Eurabie" pour définir le destin vers lequel elle voit se diriger l'Europe. Un destin de soumission à l'islam, de "dhimmitude".
Oriana Fallaci a repris le mot "Eurabie" dans ses écrits et lui a donné une résonance mondiale. Le 1er août 2005, Benoît XVI l’a reçue en audience privée, à Castel Gandolfo. Elle refusait le dialogue avec l'islam, lui le voulait et le veut. Mais ils sont tombés d'accord – comme elle l’a raconté ensuite – pour reconnaître "la haine de soi" dont l'Europe fait preuve, son vide spirituel, sa perte d'identité, alors même que le nombre d’immigrés de confession musulmane y augmente.
La Hollande est à cet égard un test extraordinaire. C’est le pays où le libre arbitre individuel est le plus développé – au point que l'euthanasie des enfants y est permise – où l'identité chrétienne s’est le plus effacée, où la présence musulmane devient la plus arrogante.
Le multiculturalisme y est la règle. Mais les contrecoups sont également dramatiques: de l’assassinat du leader politique anti-islamiste Pim Fortuyn à la persécution de la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali et au meurtre du metteur en scène Theo Van Gogh, condamné à mort pour le film "Submission" qui dénonce les crimes de la théocratie musulmane. Le successeur de Fortuyn, Geert Wilders, vit depuis six ans sous protection policière 24 heures sur 24.
Il y a en Hollande une métropole où cette nouvelle réalité se voit à l’œil nu, plus qu’ailleurs. Où des quartiers entiers sont des morceaux de Moyen-Orient, où se dresse la plus grande mosquée d'Europe, où les tribunaux et les théâtres appliquent des éléments de la loi islamique, la charia, où beaucoup de femmes circulent voilées, où le maire est musulman et fils d’imam.
Cette métropole, c’est Rotterdam, deuxième ville de Hollande pour la population, premier port d'Europe pour le volume des échanges.
Le reportage qui suit, réalisé à Rotterdam et publié par le quotidien italien "il Foglio" le 14 mai 2009, est le deuxième d’une série de sept qui constitue une grande enquête sur la Hollande.
L'auteur, Giulio Meotti, écrit aussi pour le "Wall Street Journal". Il publiera en septembre prochain un livre-enquête sur Israël.
Dans la casbah de Rotterdam
par Giulio Meotti
A Feyenoord, on voit partout des femmes voilées filer comme l’éclair dans les rues du quartier, évitant tout contact, surtout avec les hommes, même un contact visuel. Feyenoord a la taille d’une ville, 70 nationalités y cohabitent, on y vit de subventions et d’habitat populaire. C’est là que l’on comprend le mieux que la Hollande – avec toutes ses lois anti-discrimination et toute son indignation morale – est une société à ségrégation totale. Bombardée deux fois par la Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale, Rotterdam est une ville neuve. Comme Amsterdam, elle est en dessous du niveau de la mer mais, contrairement à la capitale, elle n’a pas de charme libertin. A Rotterdam ce sont les vendeurs arabes d’aliments halal qui dominent l'esthétique urbaine, pas les néons des prostituées. Partout on voit des casbah-cafés, des agences de voyages qui offrent des vols pour Rabat et Casablanca, des posters de solidarité avec le Hamas et des cours de néerlandais à prix avantageux.
Deuxième ville du pays, c’est une ville pauvre mais aussi le moteur de l'économie avec son vaste port, le plus important d'Europe. Peuplée majoritairement d’immigrés, elle possède la mosquée la plus haute et la plus imposante de toute l’Europe. 60 % des étrangers qui arrivent en Hollande viennent habiter ici. Ce qui frappe le plus quand on entre dans la ville en train, ce sont les mosquées énormes, fascinantes, dans un paysage verdoyant, luxuriant, boisé, humide : on dirait des corps étrangers par rapport au reste. On l’appelle "Eurabie". Imposante, la mosquée Mevlana des Turcs a les minarets les plus hauts d'Europe, plus hauts même que le stade de l’équipe de football Feyenoord.
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25.05.2009
Immigration, Islam : le cocktail détonnant des Pays-Bas...
A l'heure où aux Pays-Bas se découvrent des nouveaux leaders ou populistes ou issus de l'immigration, deux articles sur ces sujets donnent à réfléchir...
LDS
Lu dans Valeurs actuelles
Le phénomène Geert Wilders
Pays-Bas. Le populiste néerlandais est le favori pour les élections européennes du 7 juin prochain.
Formation islamophobe antieuropéenne, son Parti de la liberté (PVV) séduit les électeurs. Wilders se voit premier ministre après les législatives de mai 2011.
Si des élections avaient lieu aujourd’hui et non en mai 2011, le populiste de droite Geert Wilders, 45 ans, leader du Parti de la liberté (PVV), aurait de sérieuses chances d’occuper le poste de premier ministre des Pays-Bas.Depuis le début de l’année, son parti occupe la première place dans les études d’opinion. Un sondage publié le 31 mars lui accorde 32 députés sur les 150 que compte la Tweede Kamer, la chambre basse du Parlement.
Le PVV devancerait les deux grands partis traditionnels, l’Appel chrétien-démocrate (CDA) du premier ministre Jan Peter Balkenende et le parti travailliste (PvdA) du ministre des Finances Wouter Bos, réunis dans une coalition droite-gauche depuis les législatives du 22 novembre 2006.
Créé il y a trois ans à peine par le député Geert Wilders, le Parti de la liberté compte déjà neuf députés. En 2006, il avait obtenu les suffrages de 600 000 électeurs (6 % des voix). Aujourd’hui, il est crédité de 18 % des suffrages, ce qui en fait le favori des élections européennes du 7 juin. La perspective d’une percée fulgurante du PVV s’annonce comme un séisme politique. À l’image des cheveux blonds platine de son leader, le programme de cette formation populiste décoiffe. Le PVV est résolument hostile à l’Union européenne et aux immigrés musulmans, ses deux chevaux de bataille.
« L’Europe ne devrait pas devenir un super-État, mais se limiter à la coopération économique. Le non au référendum de 2005 sur la Constitution européenne a prouvé que c’est ce que les gens veulent », a expliqué au quotidien de Volkskrant Barry Madlener, tête de liste du PVV aux européennes. Concrètement, le Parti de la liberté souhaite la suppression du Parlement européen et l’exclusion de la Bulgarie et de la Roumanie, des « pays corrompus ». Il rejette la candidature de la Turquie et se dit favorable à un référendum sur le rattachement de la Flandre belge aux Pays-Bas.
Le PVV dénonce « l’islamisation des sociétés occidentales ».Wilders assimile l’islam au fascisme et le Coran au Mein Kampf d’Adolf Hitler. Dans un entretien accordé au Figaro l’année dernière, il avait révélé le fond de sa pensée : «Un million de musulmans pour seize millions de Néerlandais, c’est trop. […] Ma culture est meilleure que la culture islamique. » Il se voit en croisé qui sauvera son pays d’un « tsunami islamique ».
Malgré ses déclarations à l’emporte-pièce, Geert Wilders séduit de plus en plus. Selon une étude publiée dans le magazine Vrij Nederland, 35% des personnes interrogées estiment qu’il ne va pas trop loin dans ses commentaires sur l’islam. Plus de 60% sont d’accord avec sa proposition consistant à retirer aux délinquants d’origine étrangère la nationalité néerlandaise. Après avoir attiré un électorat populaire et peu instruit, il semble gagner du crédit auprès d’une certaine classe moyenne, comme les petits patrons, déçue par les grands partis, notamment les formations de droite.
Geert Wilders a commencé sa carrière politique en 1990 en devenant l’assistant parlementaire du libéral Frits Bolkestein. Élu municipal de la ville d’Utrecht en 1997, député du parti libéral (VVD) en 1998, il en claque la porte en 2004 à cause de divergences sur la Turquie et l’immigration. Il crée son parti, le Groupe Geert Wilders, transformé en Parti de la liberté. « Le PVV n’est pas un parti politique comme les autres, car on ne peut pas en devenir membre sans l’accord de Geert Wilders, qui ne supporte pas la contradiction. Les députés du PVV, que certains qualifient de secte, sont tous ses fidèles vassaux », indique Noël Blandin, auteur d’une note fouillée sur le site de La République des lettres.
Geert Wilders marche sur les traces de Pim Fortuyn, ce leader d’extrême droite hostile aux immigrés (qui a déclaré : « Les Pays-Bas sont pleins »), assassiné juste avant les législatives de 2002, scrutin qui consacra sa Liste Pim Fortuyn à la place de deuxième force politique du pays. Après le meurtre, en novembre 2004, du cinéaste Theo Van Gogh par un fondamentaliste musulman, Geert Wilders commença lui aussi à s’en prendre violemment à l’islam.
Sa haine du Coran a atteint des sommets en mars 2008, lors de la mise en ligne de son documentaire Fitna, violente diatribe de dix-sept minutes contre l’islam qui suscita plus d’indifférence que de colère dans le monde musulman. À cause de ce film, dont une suite serait en préparation, Geert Wilders est poursuivi dans son pays pour incitation à la haine et à la discrimination. Il est interdit de séjour en Grande- Bretagne. En France, l’Association de défense des droits de l’homme a porté plainte contre lui parce qu’il a déclaré que « Paris est maintenant encerclé par les musulmans ».
Le phénomène Wilders révèle le malaise d’une société, réputée pourtant pour sa tolérance face à l’immigration. Ceux que les Néerlandais appellent les allochtones représentent 10 % de la population. Les Turcs, les Surinamiens et les Marocains sont les plus nombreux. Le pays compte 850 000 musulmans (5 % de la population), dont 20 000 à 30 000 radicaux, 500 mosquées et une quarantaine d’écoles coraniques. Entre 1995 et 2001, pas moins de 250 000 demandeurs d’asile ont trouvé refuge aux Pays-Bas. « C’était trop pour que notre société puisse s’en accommoder », expliquait il y a quelques années Paul Schnabel, le directeur de l’Office de planification sociale et culturelle, un organisme gouvernemental.
Les déchirements de la gauche néerlandaise sur le thème de l’immigration illustrent bien la crise identitaire que traverse le pays. En novembre dernier, la ministre travailliste de l’Intégration, Ella Vogelaar, a dû démissionner sous la pression de son parti pour avoir estimé, entre autres, que le port du voile intégral était « concevable ».Un mois plus tard, les travaillistes durcissaient leur discours.«La tolérance n’a pas fait de bien à l’intégration des immigrés, pour devenir néerlandais, il faut renoncer à sa nationalité d’origine », affirme désormais la gauche néerlandaise.
Michel Arnaud
Lu dans Le Figaro
M. le maire de Rotterdam est marocain
De notre envoyée spéciale à Rotterdam, Stéphane Kovacs
Ahmed Aboutaleb, le 5 janvier 2009, lors de sa prise de fonctions à l'hôtel de ville de Rotterdam. Sa nomination sur fond de haines communautaristes a déclenché la polémique dans la cité portuaire. Crédits photo : AFP
Fils d'un imam, Ahmed Aboutaleb, né au Maroc, vient d'être nommé à Rotterdam, premier maire musulman du premier port d'Europe, l'une des villes les plus cosmopolites du monde. «Plus néerlandais que certains Néerlandais», selon ses propres termes, ce travailliste n'hésite pasà fustiger «ceux qui n'acceptent pas les valeurs des Pays-Bas».
Dans la salle du conseil municipal trône le portrait de la reine Béatrix des Pays-Bas. Autour, sur les boiseries patinées, veillent ses ancêtres Juliana, Wilhelmine et Emma.En face, le maire s'appelle Ahmed.
À Rotterdam, certains ont eu «un choc» à l'annoncede la nomination * de ce travailliste, né au Maroc. Ahmed Aboutaleb, lui, demeure impassible : il «comprend les craintes» et prône «la confiance». Geert Wilders, ce député provocateur de droite, auteur d'un film contesté sur l'islam, aurait préféré qu'il soit «maire de Rabat» : «Nommer un Marocain maire de la deuxième ville du pays est aussi fou que de nommer un Néerlandais maire de La Mecque !» Pourtant, du Maroc, qu'il a quitté à 15 ans, Aboutaleb ne conserve pas grand-chose. S'il garde son passeport vert, c'est parce que, en vertu de loi marocaine, «on ne peut pas le rendre.» «Après 32 ans aux Pays-Bas, je suis plus néerlandais que certains Néerlandais, s'exclame-t-il. Tout ce que je pense et fais est néerlandais.»
Fils d'un imam, né en 1961 à Beni Sidel, une bourgade nichée dans les montagnes du Rif, Aboutaleb a laissé derrière lui «une petite maison sans électricité ni eau courante.» Il est loin son rêve d'enfant de devenir poète. Ingénieur de formation, il se retrouve journaliste, puis porte-parole ministériel. Sans s'être présenté devant les électeurs, ce membre du Parti travailliste (PvdA) devient, en janvier 2004, échevin (adjoint au maire) d'Amsterdam, en charge de l'enseignement et de la jeunesse. Quelques mois avant l'assassinat du cinéaste controversé Theo Van Gogh, poignardé et égorgé par un islamiste en pleine rue. Dans un discours devenu célèbre, à la mosquée Alkabir, au lendemain du drame, Ahmed Aboutaleb lance à ses coreligionnaires : «Arrêtez de vous prendre pour des victimes. Si vous ne voulez pas vous intégrer, partez !» Ses prises de position - il s'oppose au port de la burka, n'hésite pas à sanctionner les fraudeurs aux allocations sociales et trouve «drôles» plusieurs des caricatures danoises de Mahomet - lui vaudront des menaces de mort. «Ce collabo défend les intérêts des Blancs !», s'émeuvent des immigrés. Depuis, il vit sous protection rapprochée,tout comme Geert Wilders.
En 2007, la grande coalition (chrétiens-démocrates - travaillistes) lui offre un secrétariat d'État aux Affaires sociales. Puis, en janvier dernier, il s'installe à l'hôtel de ville de Rotterdam. Avec ses 584 000 habitants, dont 47 % d'origine étrangère et environ 15 % de musulmans, Rotterdam est l'une des villes les plus cosmopolites du monde. Bastion de Pim Fortuyn, le leader populiste et xénophobe assassiné en 2002, «c'est aussi une ville déchirée par les tensions intercommunautaires», affirme Ronald Sörensen, chef du groupe Leefbar Rotterdam (Rotterdam vivable), qui a pris la suite du mouvement de Fortuyn. Lefbaar Rotterdam détient 14 des 45 sièges du conseil municipal, les travaillistes, 18. «Beaucoup de gens ici se sentent envahis par les étrangers, poursuit cet ancien professeur d'histoire. Alors, quand on voit arriver un maire né au Maroc…»
Mais, dès le lendemain de la prise de fonctions du nouveau maire, les héritiers de Fortuyn changent d'avis : «J'ai apprécié qu'il prête serment en demandant l'aide de Dieu, et non pas d'Allah, explique Sörensen. Et quand il a laissé entendre qu'il fallait se débarrasser de Tariq Ramadan (professeur d'islamologie qui conseille la municipalité de Rotterdam depuis 2007, NDLR), je n'en croyais pas mes oreilles ! Si on parlait comme lui, on serait traité de racistes !» Dans cette «ville divisée, martèle le maire, ma priorité sera de créer une société de confiance. Car plus la confiance est forte, moins on doit payer pour la police et la justice !» Aux «jeunes Marocains de Rotterdam», il promet de les traiter «comme je traite tous les jeunes. Si vous faites quelque chose de bien, vous pourrez compter sur mon soutien.Mais si vous voulez causer du désordre, je serai impitoyable.»
Pour un peu, le principal tort d'Aboutaleb ne serait pas d'être né au Maroc, mais de venir d'Amsterdam et, surtout, d'être supporteur du club de football de l'Ajax, pire ennemi du Feyenoord Rotterdam ! Frappé d'une «étiquette juive» depuis que des supporteurs se réclamant de la communauté juive d'Amsterdam arborent de façon ostentatoire des symboles du judaïsme, l'Ajax est toujours accueillie à Rotterdam pas des chansons pro-Hamas et des chuintements rappelant les chambres à gaz. Pour protester contre une interdiction de se rendre au stade de l'Ajax, des dizaines de supporteurs de Feyenoord ont manifesté dans les rues de Rotterdam fin février. «Juifs, attention, l'armée de Mahomet va venir vous tuer !», hurlaient-ils, appelant même ce «sale juif» d'Ahmed Aboutaleb à «finir dans une chambre à gaz». Souhaitant «éviter l'escalade», le maire a renoncé à toute poursuite. Pour Ronald Sörensen, c'est «une preuve que les beaux discours ne suffisent pas : j'attends les faits».
Il n'est pas le seul. La délinquance augmente, s'alarme l'opposition. Le chômage aussi. Et, loin des façades de verre étincelantes des gratte-ciel du centre-ville, les quartiers se transforment. «Des églises disparaissent etdes mosquées apparaissent, indique le maire. Cela met des gens mal à l'aise». Arthur Rath a dû vendre son bar du boulevard Zuid, il y a quatre ans, «quand toutes les boutiques chics ont fermé les unes après les autres, remplacées par des coiffeurs afro ou des boucheries halal, subventionnés par la municipalité de l'époque». Aujourd'hui, le bar est turc, et une immense mosquée grise, flanquée de deux minarets, est en construction un peu plus bas. «J'espère que les immigrés auront du respect pour M. Aboutaleb, soupire Arthur Rath. Parce que, pour nous, ils n'en ont pas.» Même incertitude du côté des immigrés. Cihan, agent de sécurité, doute : «Il n'osera pas prendre notre parti, sinon il se fera mal voir par les Blancs.» Inévitablement comparé à Obama, Aboutaleb se trouve des points communs avec le président américain. Mais cet «Obama-sur-Meuse» veut être jugé sur ses résultats, pas sur «sa couleur ». «Si je réussis, je serai un élément clé pour persuaderles immigrés qu'ils peuvent accéder au pouvoir, conclut-il. Si j'échoue,cela aura d'énormes conséquences pour ceux qui viendront après moi.»
* Aux Pays-Bas, les maires sont nommés par le gouvernement et la reine
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21.05.2009
Sarkozy hué à Urmatt : Retour sur une visite présidentielle
De notre correspondant sur place
Vous n’avez entendu que cela et là, on est obligé de s’étonner des dépêches de presse sur le sujet. Du passage du Président de la République à Urmatt, de son discours à la filière bois, on n’a donc retenu que « Sarkozy fut hué par quelques dizaines » de personnes. Une enquête s’imposait. LDS y était !
« Quelques dizaines de manifestants » : Combien étaient-ils ? Une centaine pour les organisateurs, mais plus vraisemblablement 30 à 40 selon nos observateurs. Il s’agissait de salariés dont certains de Steelcase, General Motors et Kronenbourg. On comprend qu’ils expriment une colère face à la crise, mais est-il pour autant adapté de faire du Président de la République le responsable? Il est à la tête d’un pays traversant une crise économique grave et n’est pas pour autant le responsable de décisions de groupes, en partie mondialisés depuis longtemps. Qu’on fait les gouvernements précédents pour limiter l’acquisition des groupes français par des décideurs extérieurs ? Que propose le PS de légitimement crédible et socialement souhaitable ?
Combien dans la salle des fêtes ? : On remarquera qu’aucun journaliste (ou nous ne les avons repéré) n’a trouvé la place pour indiquer le chiffre des personnes rassemblées dans la salle. Nous le faisons : ils étaient plus de 1300 artisans, chefs d’entreprises, créateurs d’emplois et représentants de toutes les familles de la filière bois à écouter un discours, à se réjouir des avancées et à écouter un président qui « met le bois » comme disent certains chanteurs.
Moralité : Sans être plus que cela légitimiste ; nous observons là une information incomplète et ne jugeons pourtant pas le travail de la presse. Mais force est de constater qu’il y a une rupture entre la réalité des faits et les grands soirs auxquels rêvent certains.
En exagérant le buzz autour d’une « révolution en marche », en amplifiant l’écho donné à des problèmes sociaux comme à une situation économique anxiogène, la presse renforce l’union d’une France du réel, autour de son Président de la République mais elle ne s’en rend même plus compte. Croyant faire œuvre de militantisme, cette presse en fait fidélise malgré elle une France silencieuse autour de Nicolas Sarkozy ; voilà un électorat qui pourrait faire son succès aux élections européennes en se mobilisant.
Cette réalité renverra le règlement de la situation politique aux élections régionales et là, la droite alsacienne devra fortement se renouveler et rassembler et ne pas confondre les scores de son président avec ceux des incarnations locales de l’UMP. D’ailleurs, y-a-t-il des Sarkozystes en Alsace ?
Eric Neustadt
18:34 Publié dans La ville en parle | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alsace, urmatt, nicolas, sarkozy, filiere, bois, droite, strasbourg, strasbourgeoise, blog, politique
19.05.2009
Grande Mosquée de Strasbourg : par ici la monnaie s’il vous plaît !

Ah mais c’est que cette mosquée, cela faisait longtemps que personne n’en avait entendu parler ! Pensez donc, cette brillante construction, ce phare architectural qui va montrer la lumière aux Strasbourgeois et à tous les voyageurs de bonne composition était en rade. Paf, bêtement, juste un pauvre chantier pourri, quelques coulées de béton et la messe aurait pu être dite, le chantier n’avançait pas, les herbes folles envahissaient l'espace, les putes de l'Est pouvaient continuer leur boulot aux alentours ; ça tombe bien, certains de leurs clients n'étaient pas pressés de rencontrer l'immam dans les parages...
Les ouvriers étaient-ils trop fainéants ? L’entreprise chargée de ces travaux guère active ? Les factures pas vraiment réglées ? L’emplacement pas assez au soleil ou pas assez à l’ombre ? Le ciment trop mou, le béton trop dur ? Ah misère !
Mais voilà que tout le monde politique met la main à la poche, à NOTRE POCHE parce que c’est évidemment un chantier prioritaire. Et les pires propos sont dès lors prononcés par le personnel politique, de droite comme de gauche. Mais dans le rôle de fossoyeurs de grande classe de l’Alsace, de la France et de l’Europe, il n’y a pas d’étiquettes qui tiennent, juste des politiques cyniques qui nous entraînent à la catastrophe.
Mais depuis hier, nous voilà rassurés. Le chantier peut reprendre, il sera achevé dans une année environ et quel bonheur, une seconde mosquée est d'ores et déjà programmée à la Robertsau par la municipalité socialiste, que l'on jugera petits bras sur ce coup : mais oui, pourquoi pas une mosquée dans tous les quartiers ?! Une chose est sûre, Roland, ce n'est pas le cor qu'il tirera de son sac pour alerter un quelconque Charlemagne face aux sarrasins mais plutôt une flûte comme le joueur de Hamelin...
M. le Président de la Région Alsace Adrien Zeller a néanmoins la palme de la phrase la plus… la plus quoi d’ailleurs ? En effet, il « s'est réjoui que «la société multiculturelle, multireligieuse s'inscrive maintenant dans la pierre». M. Roland Ries, Maire de Strasbourg a été plus lyrique mais tout aussi insupportable : «c'est à nous qu'il revient d'aider les musulmans à construire leurs lieux de cultes, comme pour les autres confessions, afin d'inviter la religion musulmane à la table de la République». » Il n’est pas sûr qu’on picolera et qu’on mangera ce qui nous plaira quand ce banquet aura lieu…
Cela dit, M. Zeller oublie que la majorité des électeurs UMP est contre ce type de construction et de cadeaux faits aux musulmans et aux immigrés mais visiblement, tant que ces électeurs ne sanctionneront pas sévèrement leurs candidats dits de droite de façon cinglante, ceux-là continueront leurs petits arrangements avec les Maures… Rappelons lui une analyse lors de la Présidentielle 2007 : 94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy.
Blah blah du discours politique creux, chacun enfilant des perles, se poussant du coude pour tenter de retirer un maigre score électoral, parce qu’on ne sait jamais, vu le nombre de musulmans à Strasbourg et dans notre pays, il faut penser à leur servir la soupe le plus largement possible.
Qui s’élève contre ces faits et cet argent public versé ? A part le groupe FN de la Région, personne. Il se trouve que dans la citation de Renaud Camus ci-dessous que nous partageons, on peut lire ce qui peut être pensé du FN, notamment via la personne de Jean-Marie Le Pen. Tant que personne d'autre ne critiquera ce genre d'abandon devant le fait multiculturel, la perte de notre identité, bref l'atteinte à notre civilisation, rien n'évoluera dans ce combat. En tant qu'adversaire de l'anti-racisme et de l'immigration, il va falloir serrer les rangs et pas seulement derrière Eric Zemmour par exemple, qui a eu cette belle phrase face au président de SOS racisme : "on a bien compris que le progressisme antiraciste n'était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Komintern dans les années 1930. "Tout anticommuniste est un chien", disait Sartre. Tout adversaire de l'antiracisme est pire qu'un chien."
Car dans quelques années, à ce rythme ce ne sera plus la soupe qui sera servie par les "souchiens" aux immigrés et aux musulmans à la table de la République mais les clefs de la ville, du pays, de notre identité, sur un plateau, une corde au cou en prime. Espérons alors assister à cette scène, pour donner le coup de pied de l’âne à ces chers politiques résolument servils…
La Droite Strasbourgeoise
Premier extrait :
« A partir du moment où les individus sont assez nombreux pour constituer — ou pour reconstituer — un peuple, pour se constituer en fragment d’un vaste peuple qui ailleurs a son propre héritage, sa propre civilisation, sa propre langue, sa foi, il n’y a aucune raison pour ces individus, ou pour la majorité d’entre eux, de s’intégrer à la culture d’accueil et de s’assimiler en elle.
À quoi assistons-nous ?
À l’établissement en France de fragments de terre d’Islam, de myriades de petits “mondes arabes” avec leurs mosquées, leurs écoles coraniques, leurs écoles en langue arabe, leurs femmes voilées, leurs institutions, leurs rites, leurs magasins et même leurs grands magasins.
Et toutes ces enclaves grossissent, se rejoignent, et finissent par constituer des annexes de la terre d’islam, qui amènent à se demander pourquoi tant d’arabes et de musulmans l’ont quittée, cette terre d’islam, si c’est pour retrouver ou pour reconstituer ici la même chose. »
2e extrait :
« Les Français d'origine française, (...) seront [bientôt] minoritaires dans leur propre pays, comme leurs enfants le sont déjà dans leurs écoles, très souvent, et comme les Tibétains le sont maintenant au Tibet du fait de l'installation massive de colons chinois. (...)
La France est comme une vielle fille de bonne famille que les circonstances ont réduite à remplir des fonctions d'institutrice auprès de familles étrangères. Elle élève les enfants des autres. Ils ont d'autant moins de raison, pour la plupart, de s'intéresser à ce qu'elle veut leur apprendre qu'ils sont eux-mêmes, souvent, les héritiers d'autres patrimoines et d'autres traditions, et qu'ils sont en tel nombre en cette situation-là, dans les classes de notre vieille fille, qu'ils ne voient pas très bien pourquoi ne pas demeurer dans leur propre culture, qu'ils ont l'occasion, dans leur vie quotidienne et dans leur environnement ordinaire, en France même, de partager plus que la sienne. À propos d'un tel état de fait, parler d'une très grave menace pour la civilisation et pour l'identité nationales est très insuffisant : il s'agit de bien plus que d'une menace, il s'agit d'une atteinte déjà bien près d'être fatale.
(...) Ç'aura (...) été la grande chance des immigrationnistes de n'avoir en face d'eux, pour s'opposer à leur menées actives ou passives, que Jean-Marie Le Pen, c'est-à-dire un homme auquel la majorité des Français, même parmi ceux qui partageaient nombre de ses constats et adhéraient à une grande partie de son programme, ne pouvaient en aucune façon se rallier. Les plenelliens et autres champions du métissage généralisé et du village universels lui doivent énormément, comme un François Mitterrand avant eux. Ce tigre de papier tenait à merveille pour eux, et sans danger pour leurs entreprises, un emploi qui, confié à un adversaire plus honorable et présentable, eût pu changer le cours de l'histoire. Sauf peut-être en 2002, Le Pen a toujours été une bénédiction pour la gauche.
Ceux qui croient de bonne foi avoir de leur côté toute la morale, toute la bonté, toute la sagesse et la générosité du monde (moyennant quoi ils nous préparent un enfer, dont les appartements-témoins sont des quartiers entiers, si ce n'est des départements…), ceux-là pourraient objecter ici que si certaines idées ont un champion impossible, c'est qu'elles sont elles-mêmes impossibles ; que Le Pen n'est pas un hasard ; que pour soutenir celles des vues qu'il soutient qui ont notre approbation (grosso modo : qu'il faut de toute urgence mettre un terme à l'immigration), il ne pouvait y avoir qu'un homme comme lui. Mais cette opinion-là et cette façon de voir appartiennent tout entier au système de pensée qui nous opprime, à savoir cet antiracisme dogmatique que j'ai appelé ailleurs, à la suite d'Alain Finkielkraut, "le communisme du XXIe siècle". (...) La critique de l'antiracisme dogmatique instituée n'aura de portée véritable que dès lors qu'elle ne sera pas laissée aux seuls racistes. Abandonné au seul Le Pen, le combat contre l'immigration de masse perd ses dernières chances d'aboutir, puisque nous sommes des millions à refuser de nous joindre à cet homme-là - il n'en est pas question.
Je rappelle en effet qu'il ne s'agit pas seulement d'essayer de sauver ce qui peut l'être encore d'un territoire, mais aussi d'une culture, d'une civilisation, de l'âme et de l'esprit d'un peuple. »
11:55 Publié dans La Droite trahit | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mosquée de strasbourg, islam, roland ries, adrien zeller, renaud camus, éric zemmour, anti-racisme, immigration, droite, strasbourg, strasbourgeoise, blog, politique
16.05.2009
Absentéisme : pour un état des lieux alsaciens à l’approche des élections régionales et cantonales.
Non, non, non ! Nous ne sombrons pas dans le populisme, nous y sommes déjà. Nous connaissons le rôle des élus pour en avoir côtoyé et savons qu’au-delà d’un travail de commissions, il y a un travail de terrain. Seulement, Strasbourg et Colmar n’étant pas Paris, nous demandons aux institutions ( afin qu’il y ait une véritable transparence) de délivrer dans les 3 mois précédant leurs prochains renouvellements des tableaux précis permettant de juger de l’absentéisme des élus locaux.
Enfin et parce qu’il faudra bien y venir, nous demandons que l'on réfléchisse à un véritable statut de l’élu intégrant son « salaire », ses obligations, ses devoirs, sa protection juridique et un suivi professionnel continue pour accompagner son « retour à la vie civile ».
Pourquoi, La Droite Strasbourgeoise écrit cela? Tout simplement pour une question de justesse et de justice. Tout d’abord parce que Députés et Sénateurs, Maires de grandes villes, Présidents de Conseils Régionaux et Généraux sont bien couverts, mais qu’il n'en est rien pour les autres. Ensuite parce que nous savons que le statut de l’élu suppose une refonte du territoire ; il faudrait pourtant entamer cette procédure pour la rendre possible. Avec 36.000 communes, la France dispose certes d’un maillage fort et localisé, mais d’un frein structurel à leur développement et leur dynamisation.
Cet héritage est aujourd’hui un peu lourd, mais d’autant plus sensible qu’il faudrait fusionner des communes ou fermer des mairies, optimiser des emplois, mutualiser des moyens. Autant de choses qui semblent impossible en France, mais qui ont dynamisé certains de nos voisins de l’autre côté de la frontière. De notre côté, on continue à entretenir le mille-feuilles et d'en augmenter les coûts pour le contribuable.
En attendant, le suivi de l’absentéisme sera un premier pas vers la responsabilisation de tous les élus qui doivent comprendre qui, par le biais des impôts, leur verse des indémnités.
09:08 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : absenteisme, élus, locaux, alsace, droite, modem, ps, ump, strasbourg, strasbourgeoise, blog, politique
14.05.2009
Alsace d’Abord : quand l’extrême gauche s’agite à Strasbourg…

Il suffit de vouloir prendre son apéro près de la Cathédrale un beau mardi soir vers 7h30 du soir, pour être dérangé par un nid particulièrement grouillant de spécimens d’extrême gauche. Vous tentez d’apprécier votre verre, peine perdue, on dirait des cochons castrés qui s’égosillent à quelques mètres du café Le Fou du Roi où vous êtes avec un ami.
Leur appartenance politique ne fait guère de doute. Drapeau du NPA de Monsieur Besancenot ainsi que celui de la Confédération Nationale du Travail en tête, environ 50 énergumènes font un raffut d’enfer devant une des winstubs les plus connues de la ville, le Strissel.
Mû par une légitime curiosité, me voilà proche d’eux et voyant que certains, cachés derrière leurs foulards pour ne pas se faire reconnaître (pourquoi ? n’est-ce pas interdit par le Ministère de l’Intérieur ? Sont-ils si laids qu’ils craignent de faire peur aux passants ?) s’empressent de me photographier, j’en fais de même, dégainant mon Blackberry.
Certains d’entre eux sans doute attiré par mon appareil ou par ma veste Paul Smith noire s’approchent vivement de moi menaçants. Cherchent-ils à me racketter ? Je comprends leurs difficultés, ils sont en haillons et semblent sales. Je ne peux tout de même pas leur donner ma chemise PS noire !
Par chance, le vent ne porte pas dans ma direction, j’ai les narines sensibles. Heureusement que je porte English fern de Penhaligon's pour me sentir protégé olfactivement.
Ne comprenant pas ce qui se passe, je les vois s’agiter dans ma direction en vociférant « Nazis Raus » et inconscient du danger, je me demande encore pourquoi ils parlent allemand soudain et me parlent de nazis. Suis-je dans un remake de Papy fait de la résistance ? En plein coeur de Strasbourg ?! Merci à la police de s’être interposé à ce moment-là et de me sauver !
Non, ces manifestants d’un autre âge n’étaient pas là pour manifester pour que ce restaurant serve du porc hallal ou pour soutenir la vente de bière typiquement d’Alsace. Ils n’étaient pas là non plus pour faire valoir des arguments posés, démocratiques, intelligents.
Non, ces extrémistes étaient là pour taper, pour hurler et pour porter atteinte à l’ordre public.
Tout cela, parce que le parti Alsace d’Abord avec Jacques Cordonnier son président organisait un repas-débat ici avec Le bloc identitaire. J’apprends cela par un des Pandore ; vérification faite sur le Net, c’est confirmé, le sujet était l’Otan et les élections européennes. Tout cela pour ça ?
Avec leurs slogans bien pénibles (« blah blah ils font la chasse aux immigrés, c’est eux qu’il faut chasser, dehors Cordonnier et ses fachos etc… ») et leur porte-voix, chacun qui passait par là pouvait apprécier leur conception de la démocratie et leur sens de la formule raccourcie.
On reconnaît soudain le pilier habituel de toutes ces manifestations, Monsieur Gomez. Je m’inquiète pour sa santé, il a encore grossi, il suinte, il vacille quelque peu. Il ne faudrait pas qu’il nous claque dans les doigts avec son drapeau en tête des cortèges contestataires !
Ici, il n’est que ridicule comme ses congénères anarchos-communistos-trotskos-gauchos-anti-capitalisto-crados.
Mais le problème n’est pas là. Ainsi, en 2009, à Strasbourg, un parti régionaliste alsacien et européen qui se réunit en privé est menacé dans la tenue de sa réunion par des gauchistes nerveux et morveux ; qui plus est, ils dérangent le restaurateur qui a loué une salle dans son travail habituel.
Ainsi, quand vous vous approchez d’eux, ils tentent de vous violenter en étant cachés par des foulards et des masques. Et pire, on apprendra (de source policière) que certains de ces dangereux personnages ont tenté plus tard d’attaquer un jeune homme qui passait par là.
Après contrôle, l’un d’eux avait une arme sur lui !
Quelques semaines après la tenue ultra-violente de la manifestation anti-Otan, où les dégats matériels ont été énormes, cela prouve que l’extrême gauche - le parti NPA en tête - est donc un vrai danger pour le citoyen lambda.
À quand une dissolution de ces groupuscules anarchistes et gauchistes ?
Laurent Husser
10:38 Publié dans La ville en parle | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alsace d'abord, le bloc identitaire, strasbourg, extrême gauche, le strissel, droite, strasbourg, strasbourgeoise, blog, politique
12.05.2009
Quand Kronenbourg oublie ses racines
Un article paru sur le site Rayons Boissons annonçant une nouvelle campagne de communication autour de la 1664 avait attiré notre attention. On y lisait Caroline Moreau, chef de groupe de la marque 1664 déclarer : « Nous voulons clarifier le message et gagner en impact » et notamment que « Désormais, 1664 communiquera sur la promesse d’une bière premium française. A cette occasion, les codes couleurs de la gamme ont été uniformisés. Exit les collerettes blanches des bouteilles, place au bleu « premium » du pack sur l’ensemble des conditionnements. Sans oublier les touches de rouge et de blanc sur le médaillon de la signature pour rappeler ses origines franco-françaises ».
Oubliées les racines alsaciennes de la bière. Sans doute même les « communicants » du groupe ont-il songé un temps à effacer jusqu’au « rot un wiss », ce rouge est blanc qui rappelle autant le blason de la ville de Strasbourg que le drapeau historique de l’Alsace.
A peine quelque jours après, c’est le site e-alsace, portail d’informations numériques en Alsace qui confirmait nos craintes avec un titre sous la forme d’une question affirmative : « Kronenbourg a honte de ses origines ? ». On peut y lire qu’à partir du 11 mai, 1664 allait faire l’objet d’une campagne appuyée sur « quatre lieux prestigieux du patrimoine français : la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, le Mont Saint-Michel, la Promenade des Anglais de Nice ».
Un rapport avec la choucroute ou du moins avec l’Alsace ? Aucun !
Oublié ce jour de 1664 où le jeune Jérôme Hatt brassa son premier fût ! Oubliées les racines alsaciennes, oublié aussi le soutien des collectivités locales. L’ensemble est aujourd’hui certainement sacrifié sur l’autel du marketing et de l’engagement de certains communicants à « mondialiser la communication » et déraciner les produits. Avant demain, d'en faire de même avec la production peut-être ?
Nous vous invitons donc à faire connaître votre avis sur la question ici et auprès de la marque et à lui donner un écho sur la toile est ailleurs, tant qu’à faire, faisons mousser l’affaire et entendre la voie d’une Alsace qui reste et doit rester une terre de brasseurs.
PS : Nous gardons, nous, le souvenir de cette bière servie dans les régiments et qui faisaient la fierté du contingent alsacien. Un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
22:23 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kronenbourg, 1664, racines, alsaciennes, campagne, communication, strasbourg, identité
Une exposition à voir : les photographies de Benoît Linder
A voir à la Galerie 24,24A rue des Orfèvres à Strasbourg (au fond de la cour) prolongation jusqu'au 30 mai. Attention aux horaires de visite : contact : 03 88 75 59 21.
"Beaucoup de photographes pensent que c'est à l'autre bout du monde que se trouve l'inspiration.
Benoît Linder aime aussi voyager, a déjà exploré Venise et sa lagune par exemple.
Mais depuis quelques mois, comme se concentre un vin de garde, son travail s'est resserré, comme dans « Un voyage autour de ma chambre » de Xavier de Maistre, sur ce qu'il connaît intimement ; la maison de son enfance, celle de ses parents qui se confondent avec leur grand âge aux murs, au jardin, aux choses de leur quotidien.
De ce voyage au cœur des choses de l’âge et de la vie qui passe doucement, voilà les traces photographiques qui semblent tirées d'un autre temps, comme tombées d'un portefeuille trouvé dans un grenier, comme issues d'un album antédiluvien.
L'esprit du monde peut bien souffler, il ne peut rien contre ce qui se voit et se ressent ici. Le temps passe, oui. Mais lui non plus ne peut rien contre les souvenirs et ces traces de vie, d'une belle vie."
Comme le temps passe…
Je me souviens très bien de la maison de la rue St Urbain. Gosse, j’avais des amis juste en face, les jumeaux, terreurs du quartier, avec qui j’étais à l’école primaire et même la maternelle. Le terrain de jeu, c’était la rue, le parc pas loin, qui n’était qu’une étendue abandonnée en fait, rue de la Ménagerie, où nous avions construit une cabane sommaire, où nous faisions des batailles géantes façon Guerre des boutons. C’est là qu’on faisait des trucs secrets, qu’on fumait des lianes comme des cigarettes…
Cette maison était un peu un endroit magique pour moi, car intéressé par les fleurs et les plantes ; ma passion était servie, même à travers le grillage, car chose curieuse, je ne suis jamais entré ni dans ce beau jardin ni dans la maison.
Il y a le jasmin d’hiver, Jasminum Nudiflorum qui fleurit jaune en janvier, lors des grands froids. Il y a le kiwi, Actinidia deliciosa qui donne ses fruits à l’automne. L’automne étant sans doute la période que je préférais (et que je préfère toujours) quand je passais devant cette maison en allant à l’école, avec ses brumes, ses dahlias, Dahlia et chrysantèmes Chrysanthemum fleurissant soudain, tandis que le jardin prenait doucement son aspect un peu triste, dénudé, qu’il a en hiver.
J’apercevais de temps en temps le jardinier, dans son royaume, tout occupé à tailler, planter, bouturer, arroser, traiter, nourrir toutes ses plantes, qui lui rendent bien.
Depuis quelques années, le hasard voulu que je rencontre Benoît et que je devienne son ami.
Je ne suis toujours pas allé dans la maison de ses parents, il m’en parle quelquefois, j’ai vu les clichés qu’il a pris, captant ce qui fait l’essence et le quotidien de la vie de ses parents désormais âgés et fragiles.
Je passe moins souvent devant cette maison, mais quand c’est le cas, j’ai toujours un moment pour observer le beau jardin. L’été, la nuit, c’est un moment délicieux, car un peu de fraîcheur saisie le passant curieux, un peu d’humidité contemplative.
Le temps presse désormais. Car l’amour que l’on porte à ses proches, à ceux que l’on aime et bien, c’est maintenant et pas demain qu’il faut le montrer. Demain, il sera trop tard. Les plantes et le jardin resteront, espérons, encore longtemps. Ces images de Benoît aussi.
Laurent H.
09:58 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exposition benoît linder, galerie 24, strasbourg



