04.06.2009
La vieillesse de Rocard est un nauffrage...
Lu dans Libération hier un pauvre texte du pauvre Michel Rocard qui n'en finit plus de finir...
"C’est pourquoi la question de l’adhésion de la Turquie est déterminante. Si l’Europe la rejette, elle se définit comme un club chrétien et participe du choc des civilisations. Je pense que c’est justement parce que la Turquie est musulmane, et non en dépit de sa religion, que nous avons intérêt à ce qu’elle intègre l’Union européenne. L’Europe sera dès lors l’exemple du dialogue pacifié entre la civilisation judéo-chrétienne et l’islam. Et la même logique pourra s’appliquer à l’élargissement à tout le pourtour méditerranéen, voire au-delà. Quelle contribution extraordinaire à l’avenir du monde !"
09:44 Publié dans La Gauche ment | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michel rocard, libération, turquie, union européenne




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Commentaires
sur le pourtour de la méditerranée, rocard va peut-être un peu loin (quoi que, on reconstituerait l'empire romain en quelque sorte). mais pour la turquie, où est le problème ?
Ecrit par : basile | 04.06.2009
- le problème c'est qu'il ne s'agit pas d'un pays européen
- le problème c'est qu'on a passé des centaines d'années à se battre avec eux, rappelez vous Lepante... Certes c'est le passé mais bon, rappelons un peu l'histoire !
- Le problème c'est l'Islam et sa place grandissante, qui serait encore plus grande avec la Turquie....
Ecrit par : Laurent Husser | 05.06.2009
- ça reste à prouver. qu'est-ce qu'être européen ?
- l'europe ne doit-elle pas promouvoir la paix ? on ne s'est pas battu pendant des années avec l'allemagne ou l'angleterre ? la turquie et l'empire ottoman ont surtout été nos alliés à de nombreuses reprises. la dernière guerre contre des turcs (c'était encore l'empire ottoman d'ailleurs) remonte à la 1ère guerre mondiale. ça commence à faire un bail, non ?
- lepante, année 1571. où voulez-vous en venir ?
- au moins vous avez la franchise de dire que l'islam est le problème majeur (pas comme vos acolytes de l'ump qui jurent que l'islam n'est pas le problème, alors que le problème pour eux, c'est bien ça).
une fois cela dit, pourquoi est-ce un problème ? la turquie, pays musulman oui, mais laïc et démocratique surtout. encore, si on parlait de l'arabie saoudite ou de la syrie, je vous dirais volontiers que l'islam est bien un problème, mais là, quel est-il ? arrêtez de faire des généralités. il n'y a pas UN islam, mais DES islams.
l'islam est aujourd'hui un vrai sujet à poser, mais est surtout une réalité. qu'est-ce qu'on fait alors ? on continue de le refouler bêtement, en caricaturant cette religion alors qu'on n'y connaît rien ? ou alors on y met du sien, on promeut le seul pays musulman qui a réussi à faire naître un "islam moderne" qui se fond dans un espace public démocratique
Ecrit par : basile | 05.06.2009
Basile n'a pas tort quand il souligne qu'il n'y a pas un seul islam mais des islam dont beaucoup sont par ailleurs en guerre les uns contre les autres comme on le voit par exemple en Irak et au Liban où chiites et sunnites s'affrontent sans discontinuer depuis des années, ou en France même où les diverses immigrations musulmanes demeurent à ce point liées à leurs patries d'origine qu'il leur est impossible de s'entendre au sein du Conseil Français du Culte Musulman qui avait pourtant été crée dans ce but.
En ce qui concerne la Turquie, ses fondateurs, les Jeunes Turcs et Kemal Ataturk, l'ont voulue laïque (ce qui voulait dire "moderne" dans leur esprit) mais ce sont eux, aussi, qui y ont éradiqué par la force et le crime de masse toutes les minorités chrétiennes principalement grecques et arméniennes.
La situation de la Turquie contemporaine est des plus ambiguë. Si la forme de L'État demeure laïque c'est par la seule pression autoritaire de l'armée qui diffuse par ailleurs un "nationalisme" intransigeant de type ultra jacobin dont chacun connaît les effet tant à Chypre qu'en zone kurde. Dans la population la réislamisation "par le bas" est une donnée massive qui explique les succès de l'AKP au pouvoir depuis de nombreuses années. L'intégration de la Turquie dans l'Europe "démocratique" obligerait l'armée à relâcher sa "pression" (pour ne pas dire plus) et donnerait au parti majoritaire la possibilité de réaliser pleinement son programme islamiste et c'est bien pourquoi Erdogan et ses amis sont devenus de farouches partisans de l'adhésion.
Dans ce contexte il est assez étrange de constater qu'en France, par exemple, les partisans de la "Turquie européenne" se recrutent principalement chez les "progressistes" les plus attachés à la laïcité. Il est vrai aussi que la crainte d'être suspecté de "racisme" et de d'"islamophobie" et le désir de s' exonérer à tout prix d'un soupçon pareil (mortel en politique depuis que cette noble activité est principalement devenue l'art de biaiser avec les vrais défis) explique dans une large mesure cette cécité. À droite les "turquisants" raisonnent autrement; ils sont partisans de la globalisation à outrance et ne conçoivent la politique qu'asservies aux lois du marché et de la "concurrence libre et non faussée". Ils travaillent en général pour l'hyperclasse mondiale et ne voient dans l'intégration de la Turquie qu'une nouvelle opportunité de mettre en concurrence des salariés français, outrageusement rémunérés et décidément bien trop protégés, avec de nouveaux gisements de main d'oeuvre moins exigeants, d'où cette continuelle fuite en avant d'une Europe qui ne doit avoir ni mémoire ni frontières pour pouvoir idéalement s'ajuster aux intérêts du capital transnational.
Ecrit par : Coclés | 05.06.2009
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