15.06.2009
Plus tard, je ferai trotskiste !
La différence entre trotskisme et opportunisme en 2009 ? Aucune, il suffit de tourner sa veste, toujours du bon côté.
Pas de doute, cette réalité est vraie. Il est de bon ton d’avoir été d’extrême gauche. Peu importe que l’on ait cautionné l’idéologie la plus meurtrière du XXème siècle, le trotskisme est cool, et l’extrémisme de gauche assez fun.
Pour eux, le goulag est une soupe et Tambov une jolie colonie de vacances. Eux, ils savent donner des leçons de morale collective pour mieux gérer leur carrière individuelle et culpabiliser ceux qui se souviendraient des années où ils portaient étoiles rouges et noires sur leur perfecto.
Combien sont-ils à avoir été « trots » dans l’équipe municipale et finalement dans les recrues embauchés depuis « La libération de la Cus » ? Va-t-on jusqu’au PSU ? Ah, toujours, ce besoin de s’inventer des fascistes, d’inspecter les consciences et d’être finalement plus intolérants que les intolérants. Hier le FN était facho, aujourd’hui c’est Nicolas et demain un autre.
Mais après tout, doit-on leur en vouloir ? Ne vaudrait-il pas mieux en vouloir à une droite « soumise » qui laissent la gauche et son extrême dicter « fatwas » et « interdits » ! Nous ne sommes pas loin de le penser, car s’il y a soumission, c’est que le sujet est prédisposé et qu’il a refusé depuis longtemps de se rebeller ou de se battre pour ses libertés, au premier rang desquelles, la liberté de pensée. Masochisme, peut-être ?
A-t-on déjà ainsi entendu un maire PS modifier une liste, une nomination parce qu’un des bénéficiaires viendrait de l’extrême gauche. Ben, non, comme nous l’avons déjà écrit : « le trotskisme est cool, et l’extrémisme de gauche assez fun ». Sacré Léon !
« Le jugement moral est conditionné, avec le jugement politique, par les nécessités intérieures de la lutte » expliquait-il. Autrement dit, la fin justifie les moyens. Chez beaucoup de néo-bobos strasbourgeois aujourd'hui, c'est la faim qui justifie les moyens. Voilà s’en doute pourquoi profitent-ils des moyens offerts par un système qu’ils voulaient hier détruire et dont ils sont aujourd’hui les gardes embourgeoisés.
Bon, on les comprend. D’ailleurs, finalement, c’est la droite qui n’assume pas son rapport à l’argent. La gauche, elle s’en accommode et elle dicte sa ligne.
Peut-être convient-il d’inviter la gauche à continuer encore et encore. Car peut-être ses excès réveilleront-ils la droite à force de lui faire mal.
Eh oui, en ce début de XXIème siècle, les plus conservateurs sont à gauche. Raison de plus de rêver d’une révolution venue d’ailleurs, d’une insurrection des consciences. Peut-être faut-il créer les conditions d’un Trotskisme de droite ?
Eric Neustadt
12:00 Publié dans La Gauche bouge | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : extrême, gauche, ps, strasbourg, lcr, jcr, pan, guche, socialiste, droite




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Commentaires
Pour la fraction en exil de la bureaucratie soviétique (c'est comme cela que Castoriadis appelait les trotsko) leur attribuer Tambov et le Goulag relève du crime de leonicide. C'est gravissime et sans rémission possible. Si vous les chatouillez un peu (et ils ont l'épiderme réactif) ils vous répondront que tout cela, ces crimes affreux (des "détails" par rapport aux finalités grandioses du système) c'est lié à la dégénérescence stalinienne. Si vous leur rappelez que le système concentrationnaire a été en grande partie mis sur pied dès 1918 par le grand Léon himself ils se mettront de très mauvaise humeur et invoqueront l'état archaïque de la société russe de l'époque. Bon, les trotskistes, trois chapelles en tout dès l'avant guerre, ont quant même soutenu jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'en 1989, que bien que dégénérée l'URSS était un "État ouvrier" avec tout ce qu'en novlangue léniniste ce qualificatif peut avoir de positif. Pour le reste la compréhension du PS vis à vis des trotskistes comme vis à vis des staliniens repose sur leurs communes origines idéologiques. Même le congrès de Tours n'a pas pu entamer cette "fraternité" comme le montre les rodomontades "révolutionnaristes" des congrès SFIO. A Épinay en 1971 Mitterrand lui même a du invoquer les mannes des grands ancêtres pour s'emparer du nouveau Parti Socialiste, c'est dire, lui, le bourgeois charentais épris de littérature droitiste et chevalier de la Francisque... C'est sûr depuis le tournant de la rigueur de 1983, le PS est devenu un parti bourgeois comme les autres, gérant en alternance les intérêts du Capital et expédiant ses élites qui à l'OMC, qui au FMI, mais il n'empêche, contrairement à la social démocratie allemande il n'a pas fait son Bad Godersberg et joue alternativement une petite musique radicale quand il est dans l'opposition et de la grosse caisse libérale quand il est aux affaires. Il est aussi devenu, et bien avant que l'écologie lui en fasse obligation, une grande machine à recycler les trotskistes, d'où l'abondance des représentants de la secte dans ces rangs. Que ce soit au service du PS ou au service des Américains comme ce fut souvent le cas dans les années de guerre froide, les trotskistes politiques en rupture de ban deviennent alors des "trotskistes culturels" selon l'expression d'Edwy Pleynel, un ancien de l'hebdomadaire Rouge, et en même temps qu'ils travaillent pour le Capital ils continuent de servir cet horizon d'espérance qui les a toujours mu, celui d'un monde sans frontières où les identités "archaïques" seraient finalement arasées pour laisser place à la société paradisiaque du melting potisme universel. Peut être que finalement les plus messianiques d'entre eux ont fini par s'apercevoir que le Capital faisait ça beaucoup mieux qu'un prolétariat toujours encombré de références au vieux monde. C'est déjà ce que pensait le père Marx qui ne voyait dans la révolution qu'un accomplissement de la mission progressiste de la bourgeoisie.
Vous voyez, il n'y a pas besoin d'inventer un "trotskisme de droite" pour faire ce que la gauche et la droite font déjà toutes seules, et très bien. Ce qui serait plus original en revanche, serait d'inventer cette autre chose qui permettrait d'arrêter ce mouvement infernal et de conserver à l'existence des hommes un minimum d'humanité.
Ecrit par : Coclés | 15.06.2009
Pour arrêter ce mouvement infernal, peut-on faire une critique radicale de ce monde? Peut-on réinventer une analyse qui va la racine des choses, c'est une critique radicale. Marx analysait l'échange marchand en tentant de prendre le problème à la racine.
Pour lui l'humanité était à venir, pour certains l'humanité s'éfiloche et ne nous gardons d'humain que le nom.
Faut-il compter sur notre président pour arrêter ce mouvement infernal, je crains que non.
Ecrit par : Leplatane | 17.06.2009
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