24.09.2009

Et si le Conseil de l'Europe partait de Strasbourg ?

TURK.jpgSoit ils ne font pas de veille (et c’est grave), soit ils nous cachent la vérité (et c’est pire). Dans les deux cas, une information semble avoir été dissimulée aux Strasbourgeois par leurs responsables politiques ! Une ville, un pays aimeraient nous déposséder d’un de nos atouts. La Belgique ? Du siège du Parlement européen ? Non ! Cherchez encore ? Allez, encore un effort…

Toujours pas ? Il s’agit de nos amis Turcs. Toujours prêt à élargir l’Europe, un lobby turc réclame désormais « une nouvelle capitale pour un nouveau conseil de l’Europe ». Le reste prend la forme d’une tribune de Murat Daoudov, le responsable des relations étrangères de « l’Union des Municipalités de Marmara, dans le quotidien Today's Zaman0. Une tribune qui connait un certain succès auprès de groupes de pression qui souhaitent autant l’entrée de la Turquie dans l’Europe que l’affaiblissement du vieux continent.

Au sommaire des arguments de l’ami Murat, tout fait office de cartouches :

-      L’Europe devrait “partager” ses valeurs avec la Turquie, la Russie, l’Arménie, et donc quel sens donner au maintien du siège du COE à Strasbourg

-      Le choix de Strasbourg ne serait plus justifié du fait de l’évolution de l’Europe.

-      D’autres encore

Avec comme cerise sur le gâteau, les avantages offerts par Istanbul pour devenir le « nouveau siège », et une réflexion cruelle sur la desserte aérienne de Strasbourg

“The city on the Bosporus presents many advantages. First of all, the center of Greater Europe should be open to all its countries. Nowadays, to go to Strasbourg -- the symbol of Europe's unity -- Europeans from 12 countries need to obtain a Schengen visa, while citizens of all 46 countries can travel to İstanbul without prior visa formalities. And they can do so easily: While only six international connections to European cities are offered to Strasbourg, 82 CoE cities are connected by air to İstanbul. After all, as Brussels is open to all EU citizens, shouldn't the “capital” of the CoE also have its doors open to all members?”

Cette revendication, assise, sur le principe qu’Istanbul symboliserait l’Europe multiculturelle du XXIème siècle n’a pas encore été commentée par nos élus, en Alsace.

Une fois encore la Droite Strasbourgeoise soulève le voile. Avec une question cependant, le futur siège du Conseil de l’Europe ? Un ou deux minarets ?

Eric Neustadt

PS : Nous attendons les réactions officielles.

03.08.2009

Démographie : cours, camarade, le vieux monde est devant toi

Mis en évidence par Theatrum Belli.

21.04.2009

Colombey-les-deux-églises, samedi 18 avril 2009, 6h du soir…

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Le crachin qui tombe sur la Haute-Marne ajoute une touche grise au tableau sobre et austère d’une maison nichée au coeur d'un parc arboré, la Boisserie.
À quelques mètres de l’entrée, un buisson aux fleurs blanches et simples, rappellent les aubépines vues ce matin dans la petite église de Colombey-les-deux églises sur l’autel, comme un écho proustien : « Les festons de leur feuillage sur lequel étaient semés à profusion, comme une traîne de mariée, de petits bouquets de boutons d'une blancheur éclatante... » Après tout il ne fallait pas moins convoquer le Grand Écrivain pour illustrer une journée passée auprès du Grand Homme.

P1030809.JPGUne tombe dépouillée au matin, un instant de recueillement dans l’église adjacente au cimetière, fidèle à ce que j’imagine être une église de province, reliquaire étrange dans un coin retiré, Saints en pagaille dont une Jeanne d’Arc belliqueuse et vengeresse et surtout un Christ gigantesque, étonnant dans sa blancheur.

L’avouerais-je ? je n’étais pas confit d’adoration devant le Général. Il me semble qu’il ne suffit pas d’admirer béatement un tel homme pour se dire « gaulliste » ou ne serait-ce que pour recueillir quelques idées gaulliennes bien délavées quarante ans, à moins d’être vécues réellement. Mais comment les revivre, leur rendre chair et sang alors que l’époque a tant changé ?

La mythologie du Grand Homme, qu’est-ce au final ? Qu’est-ce que représente encore le Général De Gaulle ? Comme l’écrit Régis Debray :  « Qu'est-ce qu'un grand homme ? On n'y répondra pas sans rompre le pieux consensus qui salue dans le héros du 18 Juin la voix plus que le texte, la grandeur plus que la pertinence, le panache du rebelle plutôt que la sagesse de celui qui avait prévu et préparé l'actuel chambardement de l'Europe et de nos illusions. Remplacer l'encensoir par le télescope. Procéder à un renversement d'optique. (…) De Gaulle fonde le courage du résistant sur l'intelligence de ce qui résiste. »
Au terme de cette journée, c’est déjà cela que je retiendrais, fierté et rébellion, résistance et grandeur, ce ne sont finalement pas de mauvais termes pour fonder une éthique personnelle, même s’il y a loin des valeurs à leur mise en œuvre. C’est peu, c’est déjà beaucoup.P1030817.JPG

Il faudrait toujours se méfier des admirations posthumes. Du moins des influences trop évidentes. Il ne sert à rien en ce début bien entamé de XXIe siècle de parler “le De Gaulle”, de faire du psittacisme, faire du neuf avec du vieux. La monnaie de Gaulle n’a plus cours, elle est pourtant présente partout mais comme une grande partie de la parole politique : démonétisée.
Mais pourtant, l’esprit de Gaulle résiste littéralement, irrigue encore certains idéalistes, nourri ceux qui sont sensibles à la longue mémoire, à cette mémoire qui englobe  les images d’Épinal, celles de ceux qui ont forgé la gloire de mon pays depuis plusieurs centaines d’années.

C’est peut-être au terme du parcours, par deux fois, que l’importance de tout cela m’a saisi. Au Mémorial Charles de Gaulle, à la fin du parcours, il y a une salle où est projetée en boucles une vidéo des funérailles du Général, sur un fond de cordes mélancoliques.
Quelques images à la volée, un half-track transportant le cercueil. Des drapeaux par dizaines, cortège de DS noires, fusiliers marins et d’autres militaires en tenue d’apparat. André Malraux apparaît hagard, lui se doute déjà que l’ombre gagne, qu’il survivra quelques années mais que rien ne sera plus semblable, que c’est un peu de lui-même qui est enterré dans ce sol calcaire.

Un adieu à la France qui s’en va

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Une France se signe et s’incline devant le tombeau, elle s’incline tant qu’elle ne sait pas encore qu’elle est en train de disparaître aussi et que le dernier Président qui la mènera au cœur de l’Histoire, ce sera dix ans plus tard François Mitterrand, ennemi politique de Charles de Gaulle.

Par deux fois, j’observais ce film, par deux fois, je comprenais qu’ici dans cette salle sombre se condense en quelques images l’Histoire de France, les richesses de la religion catholique et surtout la mort d’un personnage qui depuis a été phagocyté par la mémoire du pays et de ses habitants. Ils agitent encore les ossements sacrés du Général mais ne savent-ils pas qu’ils ont trahi depuis longtemps les promesses faites ?
Ces images sont un adieu à la France qui s’en va…

Curieux hasard, j’ai visité quelques jours auparavant le tombeau de Mitterrand à Jarnac, sous une même pluie, sous un même ciel lourd et gris, dans un même paysage de France paisible, les bras de la Charente serpentant paresseusement à travers les prairies. Quel lien souterrain uni ces deux hommes, ces deux tombes ? Sans doute ce même souci hautain de dire « j’ai servi la France ».

Nul n’y échappe. Il suffira, quelques instants après de se retrouver dans le parc de la Boisserie, pour renforcer ce curieux sentiment. Le poids du lieu, le poids des événements historiques se fait sentir soudain. La vue du bureau qu’occupait De Gaulle englobe au loin la Marne et la Champagne ; il ne faut pas moins d’un tel horizon dégagé pour embrasser du regard ce qui fait un tel paysage. La terre de France ; la voilà, c’est peut-être ce qui doit se ressentir par-delà les nuages, les champs et les arbres. Cette terre de France, elle est là, se sent, se voit, se touche.

A mes pieds, une rose des vents indiquant Paris, Lille, Dijon et Colmar, points cardinaux dans la geste gaullienne. Un peu plus loin une croix, les reliques d’un ancien court de tennis et d’un mini-golf.P1030933.JPG

Assis sur un banc en face de la Boisserie, je goûte le silence profond de la campagne, à peine traversé par le bruit de la pluie, le chant d’un merle, les six coups du clocher du village.

À côté de l’entrée de la propriété une ferme, une vache qui sort, conduite par un paysan.
Un peu plus tôt, j’avais appris que le 10 novembre 1970, il avait été un des jeunes hommes de Colombey ayant porté le cercueil du Général en terre.

 

Laurent Husser

13.02.2009

Armée : l'Islam est dans la place !

troie.jpgSecret Défense est un blog sérieux, que nous lisons régulièrement. Animé par Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, il permet de se faire une idée de l’ambiance « sous le treillis ». S’y expriment (lorsque les commentaires sont ouverts) des spécialistes, des anciens mais aussi sans doute de nombreux militaires astreints au devoir de réserve élémentaire.

Au travers de ses colonnes et des commentaires, on en apprend beaucoup sur les soupirs de la grande muette.  « Moins de cinq engagés volontaires de l'armée de terre (EVAT) ont exprimé, en 2008, le souhait de ne pas partir en opérations extérieures "pour des raisons confessionnelles", reconnait l'état-major interrogé par Secret-Défense. Il s'agit de jeunes musulmans qui ne voulaient pas aller combattre d'autres musulmans en Afghanistan. Leur nombre serait de trois ou quatre. »
L’auteur précise « Le nombre de militaires français de confession musulmane est inconnu. La loi française interdit toute comptabilité en fonction de la religion. Mais une simple visite dans n'importe quel régiment montre que de nombreux Français issus de l'immigration s'engagent ».

On n’en saura pas plus, mais pourtant il semble que les manifestations d’humeurs ne soient pas si rare que cela, comme il semble que des femmes soldats, sous-officiers ou non, aient eu parfois du mal à rappeler la notion de grades et de hiérarchie (par delà le sexe) aux nouveaux engagés. Question de culture sans doute !

On suivra de près l’évolution de ces faits, tout en soulignant que l’on peut se demander quelles seraient les conséquences de tels actes, si une tension internationale encore plus importante poussait la France à s’engager pour la sécurité du pays ou celle de ses ressortissants. Sur certains blogs, la nouvelle a été en tout cas accueillie avec joie.

20.01.2009

Obama vu par Dantec : American Black Box !

dantec-strasbourg.jpgDans son N°1896,  Le Point donne la parole à Maurice G. Dantec. Celui-ci déclare à Elisabeth Lévy : "Obama fera bien pis que Bush". A l'heure où même les DNA dénoncent, par l'entremise de l'éditorialiste Jean Claude Kiefer une certaine Obamamania, à l'heure où Schiltigheim se lâche dans un ridicule Obama's Day, les propos de Dantec sonne nt comme un réveil. Vous savez, celui qui vous casse les oreilles, mais qu'il vous faut écouter pour bien commencer la journée. Plus grand est l'espoir mis dans Obama, plus grande sera la déception...

Eric Neustadt

Spécial États-Unis - Interview Maurice G. Dantec - « Obama fera bien pis que Bush »
Français de plume, il se dit « nord-américain » d’adoption. Ecrivain déjanté, catholique allumé et rocker habité, perpétuant la tradition des imprécateurs, Maurice G. Dantec est peut-être le dernier défenseur de George W. Bush.
Propos recueillis par Élisabeth Lévy

Le Point : Le monde entier se réjouit et croit que l’Amérique peut rebondir. Le monde entier, sauf vous. Votre nature, disons malicieuse, vous pousserait-elle à détester ce que la plupart des gens aiment ?

Maurice G. Dantec : N’est-ce pas plutôt l’inverse (1) ? Les masses démocratisées ont le don d’opter pour tout ce qui me fait horreur. Quant à Barack Hussein Obama, on voit déjà la realpolitik remplacer les beaux discours humanistes. Les Américains en avaient juste marre de se faire cracher au visage par tous les bobos de la planète, de l’extrême rien à l’extrême nul, alors qu’ils sont la forteresse du monde libre et qu’ils le savent. J’attends avec impatience le départ des soldats américains d’Irak : on assistera à une guerre civile interconfessionnelle de grande ampleur, avec des rebondissements intéressants entre l’Iran et le Pakistan. A côté, Gaza-ville ressemblera à un ball-trap. Lorsque les forces occidentales partiront d’Afghanistan, les talibans seront de retour au pouvoir en moins d’un mois. Les mêmes qui ont voté (ou auraient voulu le faire) pour Obama pleureront alors à chaudes larmes sur le sort des femmes exécutées ou lapidées publiquement dans des stades bourrés de crétins barbus.

Vous remarquez que « promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau » a quelque chose de raciste...

Je remarque, une fois de plus, que voter pour un Noir parce qu’il est noir n’est pas un geste foncièrement raciste. Si j’appelle à voter pour un Blanc parce qu’il est blanc, il est probable que je risque la prison. Par ailleurs, quand vous connaissez la tradition « politique » de l’Illinois (Etat champion toutes catégories en matière de gangstérisme et de corruption), vous me permettrez d’émettre un doute sur les « mérites » de l’ami du pasteur Wright, antisémite notoire qui a « formé » le sénateur Barack Hussein Obama.

« On ne voit pas en quoi le taux de mélanine de Barack Obama va l’aider à résoudre les problèmes de la première puissance du globe », écrivez-vous. Vous ne voulez pas d’un président noir ?

Si un Noir républicain s’était présenté, j’aurais appelé à voter pour lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Personnellement, je porte du noir tous les jours. Son programme ? Postgauchisme californien + archéo-social-démocratie + culpabilisation du White Anglo-Saxon protestant + politique étrangère sans réelle consistance + mensonges à ses propres partisans + come-back de la realpolitik avant même son entrée en fonctions + économie portnawak où le protectionnisme se conjugue avec le capitalisme le plus effréné + candidat du gros pognon new wave + valeurs progressistes eugénistes + foi religieuse étrangement syncrétique + amitiés douteuses de crétins antisémites + incompétence gouverneurale + rhétorique d’avocaillon sorti de Harvard + vendeur de rêve comme on dit vendeur d’automobiles d’occasion = ? Pas le moindre taux de mélanine là-dedans, je m’intéresse plus à la structuration neuronale. Vous n’avez pas compris qu’il sera amené à faire bien pis que George W. Bush.

Avec la présidence Bush, vous saluez « la dernière souveraineté impériale qui menaçait le projet de gouvernement socialiste supranational de l’Onuzie ». Qui menaçait-elle véritablement ?

Elle menaçait, en premier lieu, la souveraineté des Etats-Unis, celle qui importe pour eux, que les autres se débrouillent, le Grand Satan s’occupe de SES affaires, pour une fois. J’indique, néanmoins, que cette guerre entre la souveraineté impériale et le supranationalisne onuzi se concentre aux Etats-Unis mais a lieu, évidemment, en tous points du globe.

Ah bon, el-Assad n’a pas compris en quoi la destitution de son frère ennemi du Baas irakien menaçait son propre pouvoir ? J’ai dû rater un épisode. D’où venaient, déjà, tous ces « insurgés » entre 2004 et 2007 ? Ah, oui, du Costa-Rica, j’oubliais !

Mais je rêve ou quoi ? Vous n’avez pas compris que, depuis le 11 septembre 2001, la récréation est terminée ? C’est la guerre, la IVe Guerre mondiale, celle qui se mène sur tous les fronts à la fois. Il n’y a eu aucun attentat aux Etats-Unis depuis sept ans justement. En revanche, il s’en est produit en Europe, on se demande pourquoi. Peut-être pas la même conception de la « sécurité », précisément. Rappelez-moi où se trouve votre Guantanamo Bay ?

Idem pour la grande croisade démocratique promise par les néo-conservateurs. Certes, le régime de Saddam Hussein a cédé la place à... on ne sait quoi, mais, d’accord, c’est un progrès. Pour le reste, les mêmes dirigeants (ou leurs enfants) corrompus sont en place et, de surcroît, ils sont devenus indispensables à une Amérique affaiblie.

Ah, parce que vous pensez que démocratie et corruption sont incompatibles ? J’adore votre sens de l’humour.

Indispensables à l’Amérique ? On entre dans le domaine du pur comique. C’est très exactement l’inverse : tous ces pays vivent grâce au pétrole que l’Occident leur achète et aux mégasubventions que les Etats-Unis leur versent pour éviter leur total effondrement. La destruction comme point préliminaire, disait Ernst Jünger. Je me contretape de ce qui succédera à Saddam Hussein et à ce gouvernement de transition. Encore une fois, j’ai peur de me répéter, mais c’est la guerre, c’est-à-dire la propagation contrôlée du chaos. Cette guerre a été pliée militairement dès 2007, ce qui va en sortir sur le plan géopolitique risque d’être fort intéressant. Ce qui comptait, c’était de foutre en l’air Saddam Hussein en tant que tel, parce qu’il était justement le maillon faible de tout le dispositif. Ce qui arrivera à l’Irak, c’est aux Arabes, et aux Iraniens, de le décider. Connaissant ces pays et leurs principaux voisins, je parie sur une authentique catastrophe régionale. Il suffira d’attendre que le prix du baril de brut vaille celui d’un bidon d’eau de vaisselle sale.

De même, votre Amérique qui fait peur aux « bobos du grand Club Med internationaliste » est quand même un peu composée de « born-again » égarés qui pensent qu’il faut brûler Darwin et se faire justice soi-même.

Oui, oui, bien sûr, tout le monde sait que les 58 % d’Américains qui ont voté McCain sont des crétins de « rednecks » ignares qui brûlent les livres de Darwin et ceux de la Bibliothèque rose, tous les matins en se levant, après un salut au drapeau devant une croix enflammée. D’autres poncifs typiquement français ?

Quant au deuxième amendement de la Constitution, il est heureusement indéboulonnable et il est ce qui fait de tout Américain un homme libre, c’est-à-dire un homme ayant le droit de porter une arme, comme à Sparte ou Rome.

La guerre, écrivez-vous, est l’unique forme pensable du monde. L’âge démocratique et consumériste est sans doute ennuyeux, mais que faire si c’est ce que veulent « les gens » ? Rappelez-vous la conclusion de la lettre aux djihadistes (2) de Muray : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts . »

Ce que veulent « les gens » m’indiffère au plus haut point. Que voulaient « les gens » en 1940 ?

Je cite Muray, certes, que j’estime, mais ai-je le droit d’être parfois en désaccord avec lui ? On ne gagne rien quand on est mort. Il subsistait peut-être une trace de nihilisme dans sa pensée. Ce sont les Bédouins djihadistes qui sont du côté de la mort (rappelez-vous Madrid 2004), et où est sa victoire ? demandait saint Paul. L’Occident bobo-gauchiste n’en a même plus la force.

Mais, comme aux Thermopyles-300 contre 10 000-, la civilisation indo-européenne s’appuie toujours sur un petit nombre d’hommes libres (donc armés) contre des myriades d’esclaves.

Vous regrettez que l’Europe ait été incapable d’accueillir la Russie dans une Alliance transocéanique, mais sur ce point il y a eu une grande continuité de Clinton à Bush, d’Albright à Rice.

Vous êtes dans l’erreur sur ce point précis : Condoleezza Rice et l’ensemble de l’administration Bush ont multiplié les contacts avec la Russie de Poutine. Rappelez-vous le discours à Moscou en 2003, lorsque la Russie a laissé l’intervention en Irak se dérouler. De multiples propositions ont été faites, mais le vieil establishment postsoviétique est resté bloqué sur l’époque de l’URSS, et Zeropa-Land n’a su produire ni le moindre geste significatif ni la moindre proposition concrète. Par conséquent, le projet du bouclier antimissile fut perçu comme une provocation par Moscou. Si on rajoute l’arrogance « eurodémocratique » des Ukrainiens qui détournent le gaz en provenance de Russie et ne paient pas leurs traites et les Géorgiens qui veulent jouer les gros bras en Ossétie du Sud, on peut comprendre que les Russes commencent à s’énerver

1. Voir son texte « Le drapeau rouge flotte sur l’Amérique ».

2. « Chers djihadistes », de Philippe Muray (Mille et Une Nuits, 2002).

 

14.01.2009

De Gaulle avait déjà des vues clairvoyantes sur Israël et les pays Arabes...

 

 

14.08.2008

Un autre de Gaulle...

 861ab28642ffaa65917f4b1fc688f0a5.jpgA écouter sur France Culture, une série d'émissions écrites par Pierre Assouline sur de Gaulle. Archives, débats et documents à écouter en direct ou en podcast.

10.04.2008

La Flamme, le Tibet, et de sombres souvenirs.

0c0e78b7ebf978032bc7dc8d284f756d.jpgAprès Londres et Paris, la mascarade festiviste poursuit sa captivante aventure à San Francisco. Allumer le feu ou éteindre la flamme, that is the question. D'un coté, les forces du Bien, de l'autre l'axe du Mal.

D'une part le Dalaï Lama, incarnation de la suprême sagesse, de la non violence et de toutes ces vertus qui font l'ordinaire des stages de remise en forme pour les bobos stressés. De l'autre la tyrannie chinoise et son mélange improbable de dictature partitocratique et de libéralisme échevelé. Tout ce que le siècle passé a inventé de pire réuni en un seul système. Au centre, le Tibet, victime authentique d'une politique agressive de modernisation et de développement doublé d'une immigration de masse qui répand l'américanisme à des altitudes rarement atteintes. Bref, un ethnocide qui est depuis belle lurette le lot de la planète toute entière.

ce6a3a1b2584c23a38ff8f22c31e9947.jpgPékin a été désigné par les Olympiens (les dieux nous pardonnent) pour être cette année le coeur vibrant de la cosmopolis sportive. Hommage est ainsi rendu aux successeurs de Mao qui ont su choisir la voie de l'économie libre et de la concurrence non faussée et faire entrer plus d'un milliard d'hommes dans l'univers enchanté de la journée de douze heures, du supermarché, des embouteillages et de la pollution de masse.
 
Les jeux olympiques c'est un peu comme l'adhésion à l'OMC, une reconnaissance de dette de la part d'une Amérique vivant à crédit grâce aux bons du trésor en monnaie de singe que les Chinois lui achètent chaque année par dizaines de milliards. Les Bons et les Méchants se tiennent par la barbichette. Mais nous n'avons pas le droit de rire ! Pas le droit de rire, parce que l'olympisme c'est du sérieux quant même. La réconciliation de tous les peuples du monde dans la compétition désintéressée (et non faussée), c'est tout de même pas rien. Ces élans de ferveur, cette sublime gratuité; comment ne pas céder à ces magnifiques retrouvailles avec l'esprit plein de noblesse de notre belle antiquité ?

Une ONG au moins a voulu sauver l'honneur et rendre aux jeux leur dignité d'autrefois, loin de toute arrière pensée politicienne. Gloire soit ainsi rendue aux courageux militants de Reporters Sans Frontière. Ces authentiques rebelles à l'ordre du monde ont su braver la lâcheté ambiante pour nous rappeler que malgré leurs indéniables progrès (comme dirait Kouchner), les Chinois n'étaient pas tout à fait dignes du cadeau qu'on leur octroyait. Qu'on le sache enfin, au Tibet, les Chinois tuent !

 

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04.04.2008

Faut-il se réjouir de l’indépendance du Kosovo ?

18c4384cfd5379014fc49bb53efaa6cd.jpgL’indépendance autoproclamée du Kosovo albanais  est à première vue une bonne nouvelle pour toutes les régions d’Europe qui , au moins aussi riches et peuplées que l’ancienne province serbe  , aimeraient parfois  en faire de même , à commencer par l’ Alsace .Notre Sarko national n’a pas craint d’applaudir des deux mains, oubliant un peu vite – mais il n’est pas à une bourde près !-  que cela pourrait donner des idées aux Basques, Bretons ou Alsaciens , sans parler des Corses qui ne rêvent que de çà…Son collègue espagnol a été plus circonspect, ne reconnaissant pas de facto ladite indépendance , Catalogne et Pays Basque obligent…Tout aussi réservés , pour les mêmes raisons ,les dirigeants roumains , slovaques et chypriotes qui ont du fil à retordre avec leurs minorités. Dans la logique de cette indépendance,  on ne voit pas pourquoi les Chypriotes turcs , par exemple , ne feraient pas sécession , scellant ainsi à  jamais la partition de l’île qui vit naître Aphrodite…

Ce qui me gène dans l’indépendance du Kosovo , ce n’est pas tant l’avènement d’un nouvel état islamique mais le fait   que les indépendantistes albanais se sont d’emblée placés sous le signe affirmé d’un 51e état américain , arborant à tout vent  la bannière étoilée en guise de ralliement à l’oncle Sam. Un Kosovo sous tutelle américaine dont l’Europe, autre vassale consentante, devrait assurer la sécurité , non merci ! En fait, les Américains ont encouragé, soutenu et finalement permis au Kosovo de se séparer de la Serbie , pour mieux  contrôler la route du pétrole qui traversera le nouvel pseudo état fantoche. Tout cela bien sûr au nom de la sacro-sainte religion des droits de l’homme si « chers » à Kouchner et à l’empire américain !

Je m’explique : le Kosovo albanais n’a pas de pétrole, comme le Koweit ou l’Irak, , mais sa situation géographique est stratégique, car le pipeline trans-Balkans d’une compagnie pétrolière enregistrée aux USA le traversera. Et lorsqu’on sait par ailleurs, que  des réserves importantes de gaz et de pétrole ont été découvertes dans le nord de l’Albanie , vous avez tout compris…Dans son livre « America at War in Macedonia » , le professeur Michel Chossudovsky  décrit fort justement les motivations réelle de la guerre contre la Serbie à laquelle s’était associée la France de Chirac . Et de rappeler que la politique US de protection des routes du pipeline, venant du bassin de la mer caspienne et traversant les Balkans, a été définie par le secrétaire d’état  à l’énergie de Clinton, Bill Richardson ,  quelques mois à peine  avant le bombardement de la Yougoslavie en 1999 »  Et de citer le noble croisé des droits de l’homme américains en Yougoslavie : «  Il s’agit de la sécurité énergétique de l’Amérique », dixit Billy le démocrate , en ajoutant sans vergogne :
«  C’est aussi pour empêcher la création de voies intérieures par ceux qui ne partagent pas nos valeurs. Nous essayons de tirer ces nouveaux pays indépendants vers l’Occident. » CQFD !

José Meidinger

P.S Des irréductibles contre une    "indépendance au rabais" 
Le mouvement Vetëvendosje (Autodétermination), dont le jeune leader Albin Kurti vient d'être condamné à trente jours de     prison, milite pour le départ des institutions internationales et une indépendance "immédiate et sans conditions" du Kosovo.

15.02.2008

There's no business like Shoah business...*

aee2ae4c4eac8eee96fbf21d7b57112f.jpgAvec la parution le 23 février prochain en Allemagne et en langue allemande des Bienveillantes de Jonathan e60c5e6dbbc406ce0fddf1fb9530a749.jpeg Littel sous le titre "Die Wohlgesinnten", on sera surpris par la récente décision de M. Sarkozy, obligeant un enfant à "s'approprier" le fantôme d'un mort depuis plus de 60 ans dans de tragiques conditions.

Nous ne sommes pas dans "Le fantôme de Canterville" d'Oscar Wilde et le Président de la République ferait bien d'y penser à deux fois...:

"J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah (...) Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui". 

 

 

 

* Titre ironique du Tagesspiegel concernant la sortie de "Die Wohlgesinnten

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