29.08.2009

PS, Cumul des mandats et statut de l'élu

images.jpgLa question du non-cumul des mandats va donc être à l’ordre du jour de la réforme initiée par Martine Aubry. Outre le fait qu’il y a peu de chance qu’elle soit sincèrement bien accueillie, cette version militante du partage des richesses est la tarte à la crème du paysage politique français.

Officiellement, tous les élus sont pour, pratiquement, ils sont contre. Alors bien entendu, qui dit cumul de mandats dits cumuls de moyens, de revenus et finalement d’envie d’y revenir. La chair est faible et certains l'ont compris en Alsace.

Au-delà de cet aspect, débattre, c’est aussi s’interroger sur le statut de l’élu. La plupart des mandats ne permettent pas à la majorité d’entre eux de compenser le temps accordé à la collectivité, ils justifient la recherche d'une compensation plus grande du "don de soi".

En effet, hors grandes villes et grands mandats, sait-on que les Conseillers municipaux n’ont finalement droit qu’à quelques gratifications pour des dizaines d’heures engagées, sait-on qu’une partie des mandats ne donne pas lieu à une couverture sociale et que d’autres, nécessitant un engagement réel et durable, n’octroient que quelques points retraites .

Le non-cumul pourrait ainsi assécher la fibre démocratique et limiter la variété des corps et csp représentées à une poignée, des libéraux aux retraités en passant par les fonctionnaires couverts par des « autorisations de disponibilités ».

On rétorquera que l’on ne fait pas cela pour l’argent… Bien entendu, mais de tout temps, le sacerdoce a ses limites. Là se pose la question des solutions : la première serait finalement le non-cumul assorti d’une professionnalisation des élus et de la réduction de leur nombre, ce qui implique, en France, une réforme des communes. Qui osera initier un tel travail d’Hercule ?

La seconde reste de limiter les cumuls tout en avançant lentement vers un véritable statut de l’élu qui permet de pouvoir exercer tout en ne cumulant que peu de responsabilités.

Le cumul est donc l’arbre qui cache la forêt des réformes. En avançant ce point, il n’est pas dit que le PS rendre service au débat. Et du côté des élus locaux, nombreux au sein de la gauche strasbourgeoise, des dents doivent déjà grincer.

27.07.2009

La droite n’est pas bonne, heureusement pour elle, il y a la gauche parisienne

Lagaffe-cadences.jpgOn ne peut pas dire que l’application du programme sarkoziste soit particulièrement droitier. Les ex-électeurs du FN, du MPF, du RPF ont soutenu le Président et ils se retrouvent avec encore plus de Ministres gauchisants (on ne parle pas de la Culture). Merci !

Restent donc que si ces moutons rechangeaient de bergeries, la Présidence serait obligée de ruser pour refaire le coup de la « Sarkozisation des Esprits ». Encore faut-il qu’il y ait d’autres bergeries ?

Heureusement pour la droite, il y a la gauche. Particulièrement la gauche parisienne, qui passe son temps, à détruire le travail, l’implication et parfois le talent des élus locaux de gauche. Tout le travail local, habile souvent, est détruit par chaque querelle de chefs et cheftaines et par l’image générale du parti. Tout cela fait le lit des Verts et peut-être de la droite.

Après la victoire UMP des Européennes, la gauche ne peut qu’espérer une défaite aux régionales. En effet, détenant 21 régions sur 22, elle ne peut guère faire mieux. Donc, la droite pourra crier victoire.

Reste l’Alsace. Le nom du tête de liste, proclamé par les siens, à droite ne fait pas l’unanimité. Mais là encore, la gauche, alors qu’elle pourrait surfer sur sa vague municipale, semble freiner par les ambitions législatives de certains.

Eh oui, ne pas prendre de risques aux régionales ( même le risque de gagner), permettra peut-être à l’un ou l’autre de prolonger leur carrière par un mandat parlementaire, gagné dans la 2ème et 3ème circonscription strasbourgeoise.

Idéalistes, non ! Carriériste, oui !

06.07.2009

Régionales 2010 : quelle tête de liste pour la gauche en Alsace ?

coq.jpgNous avons évoqué les débats internes à l’UMP portant sur la désignation par les militants UMP de la tête de file (et non de liste) du parti. La même problématique se pose à gauche. Listes séparées, listes communes et avec qui.

Les formations sont aujourd’hui tentées d’y aller séparément même si certains clans prônent l’union. Là, c’est autour de l’élément rassembleur que se pose le souci.

D’abord, du côté PS, on évoque Jacques Bigot, Raphael Nisand. On sait cependant qu’au-delà de l’engagement, on sait calculer et qu’un mauvais score à quelques mois de législatives pourrait limiter les ambitions dans des circonscriptions spécialement recoupées. On évoque ensuite les verts et une tête de liste féminine qui pourrait être Andrée Buchmann ou Sandrine Bélier en raison de leur notoriété. Reste en cas de listes séparées, la question Waechter.  Intégrera-t-il la gauche et celle-ci lui laissera-t-il la possibilité d’incarner seul, le vote vert ?

A suivre …

22.06.2009

Autopromotion : des babas cools aux bobos militants

images.jpgAujourd’hui, tout devient durable. A tel point que l’adjectif en perd de son sens. Ainsi, on parle d’immobilier durable.

A ce propos, les constructions immobilières durables par nature ne sont-elles pas ces bunkers qui entourent Strasbourg et qui traversent le temps en étant durables sans être pour autant écologiques ? Laissons-là la sémantique.

Plus sérieusement, l’idée est généreuse et voilà que notre quotidien préféré évoque la dizaine de projets d’autopromotion de la ville de Strasbourg comme autant de réussites sociales à venir. Soit mais d’abord, qu’est ce que l’autopromotion ?

Il s’agit de particuliers qui se regroupent afin de réaliser et financer ensemble un projet immobilier, imaginé afin de répondre à leurs besoins d’espace, aux attentes sociétales ainsi qu’aux moyens économiques. Globalement, ce sont de communautés organisées autour d’un projet immobilier généralement éco-responsable.

Globalement, dans les années 70, les babas-cools allaient construire leur communauté dans le Larzac. En 2009 les bobos cools veulent construirent les leurs au cœur des villes. Faut pas déconner non plus ! L’amour de la nature a donc ses limites.

Derrière ce type de projets que nous pourrions soutenir, il convient aussi de voir l’implantation en milieu urbain de communautés - si ce n’est militantes – a minima unifiées par une certaine vision du monde.

Nous serions donc heureux qu’un institut de sondage précise l’orientation politique et militante de ces futurs « collectifs ». Quelque chose nous dit que, justement, les résultats d’un tel sondage seraient plein d’enseignements. Quant à la droite, elle observera sans doute, la naissance d’un tissu associatif « sinistro-centré » ( du latin sinistra) autour de ces âshram urbains. 

NB : pour comprendre et s'engager. Réunion publique d'information à 20h, ce lundi 22.06 au centre administratif (salon carré au 1er étage), 1 parc de l'Etoile à Strasbourg.

18.06.2009

LA COURTE ÉCHELLE DE JACOB

affiche_strasbullles.jpgEmmanuel Jacob est conseiller municipal PS de Strasbourg.

 

Sur son blog il s'en prend à l'affiche du Festival Européen de la Bande Dessinée qui fleurit en ce moment sur tous les murs de la ville. Que lui reproche-t-il ? D'exploiter le filon racorni d'une imagerie alsacienne faite de cathédrale, de cigognes, de bière, de choucroute et de grosse caisse. Sans oublier l'accorte serveuse aux joues rebondies et à la coiffe impeccablement patriotique.

 

Bref, le cliché d'une Alsace qui depuis Hansi ne se donne à voir que dans la répétition ad nauseam d'un folklore immobile et forcément passéiste. Jacob, qui deviendra peut-être prophète en son pays, n'a pas tort. Même bardés d'ironie et de clins d'oeil ces poncifs accumulés disent la difficulté de l'Alsace à se représenter autrement que par des stéréotypes moribonds et guimauves. Et ce syndrome n'est certes pas un signe de grande santé symbolique. La charge du hussard Jacob contre les bulles conformes est donc bienvenue, mais que propose-t-il de leur substituer ?

 

Dans un élan débordant de génie créateur, ce qu'il propose de mettre en valeur, toujours au nom de l'identité alsacienne, c'est "la tolérance, l'accueil des autres et l'humanisme...". Oui, damne, il tire l'échelle sous les monceaux de cochonnailles pour qu'ils se cassent définitivement la figure pour faire aussitôt la courte échelle à la célèbre tirade de tout ce que l'Alsace compte de politiciens sans imagination et nous ressert l'humanisme rhénan, sa modération modérante, son centrisme du milieu, sa raison raisonnable et son inévitable carrefour de rencontre et d'échange, oubliant au passage l'illustre "métissage". Ce qui ne manquera pas de lui être reproché par les censeurs suspicieux de la correctitude.

 

Eh oui, hélas, c'est stéréotype contre stéréotype. La guerre titanesque des topiques et la démonstration une fois de plus administrée que rien ne ressemble plus désormais au conformisme détesté que sa contestation publicitaire par les rebelles en papier mâché.

 

Coclés 

15.06.2009

Plus tard, je ferai trotskiste !

blog_trotsky.jpgLa différence entre trotskisme et opportunisme en 2009 ? Aucune, il suffit de tourner sa veste, toujours du bon côté.

Pas de doute, cette réalité est vraie. Il est de bon ton d’avoir été d’extrême gauche. Peu importe que l’on ait cautionné l’idéologie la plus meurtrière du XXème siècle, le trotskisme est cool, et l’extrémisme de gauche assez fun.

Pour eux, le goulag est une soupe et Tambov une jolie colonie de vacances. Eux, ils savent donner des leçons de morale collective pour mieux gérer leur carrière individuelle et culpabiliser ceux qui se souviendraient des années où ils portaient étoiles rouges et noires sur leur perfecto.

Combien sont-ils à avoir été « trots » dans l’équipe municipale et finalement dans les recrues embauchés depuis « La libération de la Cus » ? Va-t-on jusqu’au PSU ? Ah, toujours, ce besoin de s’inventer des fascistes, d’inspecter les consciences et d’être finalement plus intolérants que les intolérants. Hier le FN était facho, aujourd’hui c’est Nicolas et demain un autre.

Mais après tout, doit-on leur en vouloir ? Ne vaudrait-il pas mieux en vouloir à une droite « soumise » qui laissent la gauche et son extrême dicter « fatwas » et « interdits » ! Nous ne sommes pas loin de le penser, car s’il y a soumission, c’est que le sujet est prédisposé et qu’il a refusé depuis longtemps de se rebeller ou de se battre pour ses libertés, au premier rang desquelles, la liberté de pensée. Masochisme, peut-être ?

A-t-on déjà ainsi entendu un maire PS modifier une liste, une nomination parce qu’un des bénéficiaires viendrait de l’extrême gauche. Ben, non, comme nous l’avons déjà écrit : « le trotskisme est cool, et l’extrémisme de gauche assez fun ». Sacré Léon !

« Le jugement moral est conditionné, avec le jugement politique, par les nécessités intérieures de la lutte » expliquait-il. Autrement dit, la fin justifie les moyens. Chez beaucoup de néo-bobos strasbourgeois aujourd'hui, c'est la faim qui justifie les moyens. Voilà s’en doute pourquoi profitent-ils des moyens offerts par un système qu’ils voulaient hier détruire et dont ils sont aujourd’hui les gardes embourgeoisés.

Bon, on les comprend. D’ailleurs, finalement, c’est la droite qui n’assume pas son rapport à l’argent. La gauche, elle s’en accommode et elle dicte sa ligne.

Peut-être convient-il d’inviter la gauche à continuer encore et encore. Car peut-être ses excès réveilleront-ils la droite à force de lui faire mal.

Eh oui, en ce début de XXIème siècle, les plus conservateurs sont à gauche. Raison de plus de rêver d’une révolution venue d’ailleurs, d’une insurrection des consciences. Peut-être faut-il créer les conditions d’un Trotskisme de droite ?

Eric Neustadt

 

24.03.2009

Strasbourg : La rue appartient à celui qui y manifeste

greve2.jpgAu-delà du titre naturellement politiquement incorrect et militaire de cette note. Nous illustrons une certaine réalité sociale du moment. La gauche manifeste et la droite résiste. Retour sur les manifestations du 19 mars dernier.

« Et à l’Assemblée et dans la rue, on est là et on continue …. ». La délégation du Parti Socialiste lors des manifestations du 19 mars a eu le mérite de présenter un visage presque unitaire. Sous la houlette de Mathieu Cahn, Philippe Bies, Syamak Agha Babaei (très en voix) et des leaders locaux (mais qui surveillait Roland R., Armand  J.et Robert H.?), le PS a souhaité démontrer que l’équipe locale ne sombrait pas dans le « bling bling » des ors de la ville et savait reprendre la terrain.

Une gauche tout en couleur, qui profite du savoir-faire technique de certains militants et qui a voulu donner  l'image de l’union. « Des socialistes rassemblés et unis » selon les propos de Mathieu Cahn, sous-entendu « lorsqu’il faut contrer la droite » et portés par une Catherine Trautmann, en pleine campagne européenne.

Les messages sont autant militants que les réponses sont absentes des entretiens. La Droite Strasbourgeoise peut comprendre que l’on manifeste contre la droite ; elle aurait aimé connaître les solutions économiques et sociales viables proposées par la gauche strasbourgeoise. En effet, si les slogans ne sont pas des formules magiques lorsqu’ils sont de droite, il en va de même lorsqu’ils sont de gauche. Non ?

Au-delà du propos et de la thématique de la journée, la mobilisation de terrain reste un message clair aux droites strasbourgeoises. La gauche est là, même quand elle ne bouge pas, elle ambitionne, sur fond de crise, de conquérir cantons, Région et demain circonscriptions. Que va donc lui opposer la droite locale, les droites locales ?

Qu’à cela ne tienne, nous continuerons, pour notre part à tenir haut le drapeau de la contestation. Car l’une des leçons de l’époque et du boboisme triomphant, c’est bien que l’idéal révolutionnaire, la pensée moderne sont désormais des valeurs de droite, l’immobilisme, la réaction, le conservatisme faisant désormais partie d’un corpus de gauche. Humpf... On peut toujours y croire, non ?

06.11.2008

Droite en Alsace : la roche tarpéienne se profile-t-elle à l'horizon ?

images.jpgNous faisons partie de ceux qui tirent dès aujourd’hui une sonnette d’alarme à propos des prochains rendez-vous de la droite alsacienne avec le corps électoral. A certains moments, nihilistes, nous serions tenté de suivre l’adage nietzschéen et faire notre son "Ce qui tombe, ne le retiens pas, pousse le". De l’autre, notre conscience nous pousse à éveiller celles des autres...

Les élections municipales et cantonales de 2008 ont confirmé la poussée de la gauche en Alsace, non seulement dans les ensembles urbains mais aussi à la campagne, générant un afflux de maires et d’élus PS ou verts. Sachant que ces derniers éliront les grands électeurs des prochaines sénatoriales, il convient mathématiquement d’annoncer une percée de la gauche en Alsace lors du prochain renouvellement du Sénat. Pour peu que les droites et centres soient divisés, la victoire de la gauche n’en aura que plus d’éclat. Nous nous demandons même si la gauche n’a pas les moyens de faire tomber la chambre haute...

Restons en Alsace, où si le Conseil Général du Bas-Rhin peut rester à droite ; toute perte de canton pourrait affaiblir son homologue du Haut-Rhin dont la majorité ne tient qu’à 4 cantons. De quoi calmer les ardeurs révolutionnaires.

Du côté des députés, le 8/9 de l’UMP sera difficile à réaliser. Selon les candidats qui se présenteront et selon les éventuelles modifications des contours même des circonscriptions, la 1, la 2 et la 3 pourraient tomber à gauche.

Restent enfin, et non dans l’ordre chronologique, les élections européennes où pourraient se manifester un rejet de l’action gouvernementale et enfin, les régionales.

La vraie question est de savoir si l’Alsace peut passer à gauche. La Droite Strasbourgeoise le pense au vu de l’état actuel de l’Ump en Alsace et au vu du manque de renouvellement des générations militantes. La droite est aujourd’hui dans une situation délicate et fragilisée. Seuls un élargissement de sa base idéologique, un renouveau des femmes et hommes capables de l’incarner et l’ébauche d’une droite de rupture apte à prendre en considération les attentes des Alsaciens pourraient faire changer les choses. Après de grandes villes de la CUS, après de nombreux cantons, l’Alsace pourrait être gouvernée par une gauche moderne alliée aux verts et à une partie du modem qui seront prompts à négocier des mandats, derniers moyens de survie en dehors des partis.

Pour contrer cela et mettre fin aux ambitions des Zeller et Richert, d'aucuns laissent aussi entendre que la tête de liste pourrait être dictée par Paris, en la personne d'un homme de gauche et moderne : à savoir Jean Marie Bockel. Nous ne savons pas si le Riesling aide à avaler les couleuvres... Quoiqu'il en soit, la droite trinquera !

Note : Votre analyse recoupe la nôtre ou au contraire vient nous contredire ? Echangeons ou tout au moins ne faisons pas l’économie d’une réflexion de fonds sur l’état et les perspectives politiques en Alsace !

Eric Neustadt

01.08.2008

Strasbourg : Art, culture, jeunesse, tout change, même la gauche

acb1009dbcbd6f3a76be8dc81bc983ff.jpgNous avions exprimé nos doutes sérieux (et nous les assumons) concernant les Alsaciennes en temps et heures, ce même si une partie de notre équipe les regardaient d’un œil amusé. Aujourd’hui, la polémique enfle et c’est cet aspect qui nous amuse encore plus.

Ainsi, on notera cette dernière phrase d’un article de Denis Tricard paru dans les DNA d’Aujourd’hui : « M. Gsell préfère les « spectacles de qualité », régulièrement donnés par des groupes folkloriques, à ces « véritables mastodontes à la limite de l'injure pour notre gent féminine », dont la présence et la décoration n'ont jamais été « expliquées », mais qui « faisaient un peu pitié » parce que « taguées » et « graffitées »…

Prenez le nom évoqué et remplacez-le par un responsable d’un parti de droite ou pire, encore plus à droite. Vous aurez à coup sûr un communiqué de diverses officines dénonçant la vision réactionnaire dudit élu et rappelant qu’on ne juge pas l’art.

Imaginez donc, un élu de droite préférant les groupes folkloriques, dénonçant l’esthétisme de l’art moderne qu’il ne « comprend » pas et mettant au pilori, tags et graffitis. Voilà de quoi rappeller les "heures les plus sombres".

« Véritables mastodontes à la limite de l'injure pour notre gent féminine » … Hum, faudrait pas abuser non plus. Le chiffre d’or n’est pas atteint mais à ce ryhtme, Miss Liberty est mal foutue.

 Mais ce n’est pas tout, notre quotidien préféré nous apprend que dans un autre quartier, un élu demande la fermeture d’un autre établissement en raison d’un trafic de drogue. Damned, cela fait beaucoup de fermetures en peu de temps dans les nuits strasbourgeoises.

Là encore, imaginons un élu de droite demandant la fermeture d’un établissement et imaginons ensemble le concert des vierges effarouchées ou d’autres structures expliquant qu’un petit joint ne fait pas de mal

Tout cela pour vous dire que l’échiquier politique strasbourgeois bouge en effet, que la gauche prend ses aises et que la droite observe comment on fait clairement de la politique.

Quant aux Alsaciennes, on apprend enfin qu’elles feront l’objet d’une donation et resteront en Schweighouse et Ohlungen, alors que ce festival disparaîtra pour peut-être prendre place à Strasbourg.

« Liliane Bétancourt » de fibres et plâtre, elles seront, elles aussi retenus loin des leurs parce qu’elle dérangent le pouvoir en place.

 

18.06.2008

Politique Friction : La gauche remporte les élections régionales en Alsace (2)

 Les résultats tombent (suite)

837f00036bdff913d15c1e719fb49b02.jpgDans les salons du Petit Broglie, les petits fours n'attirent aucun des barons de la droite locale. Même celui-ci léger avec du saumon frais reste sur les tables. Sénateurs et Députés se regardent. Le décor baroque semble terne tout à coup. Une élue arrive avec des résultats complémentaires, elle s'effondre en larmes.

Les derniers chiffres tombent, le Préfet tend une feuille à un quarteron d'anciens élus.

  •  
    • Liste « Une gauche unie pour l'Alsace » : 45 %
    • Liste « UMP, démocrates et indépendants de progrès » : 37 %
    • Liste « l'Alsace au centre » : 8 %
    • Liste « Alsace d'abord, la force régionaliste » : 5.2 %
    • Liste « Front National - Avec Marine Le Pen » : 4.8 %

Le Président du Conseil Régional s'assied dans un fauteuil. Au bar, un député commande un Whisky. Les téléphones vibrent quand les leaders de la droite strasbourgeoise rentrent dans la salle.

« Tout cela, c'est de la faute à Sarkozy , quelle idée de changer le mode de scrutin » déclame une personnalité. « Oui, franchement, Sarko a déconné » répond une autre avant de s'en prendre au Premier Ministre. Les critiques pleuvent. Tout cela vient de la faute de Paris.

« Pourquoi n'avons-nous pas pu nous unir comme la gauche a su le faire ? » demande un Conseiller municipal. Fusillé du regard par une élue centriste bronzée car rentrant encore de vacances, il plonge son nez dans sa bière...

Un autre le soutient. « Mais put...., tu as raison et on l'a entendu durant toute la campagne. Les Alsaciens nous ont parlé de l'Italie, de cette droite unie qui tient le pays depuis 4 ans et qui a su redresser l'économie. Ils nous ont aussi parlé de la Gauche Unie, mais comme d'habitude, personne n'a osé faire remonter l'info de peur de finir accroché au Pont du Corbeau».

Un silence répond à ce qui apparaît comme une arrogance. « Cette défaite, les blogs l'ont annoncé depuis celle des municipales » affirme un dandy, un knack à la main. Tous se regardent, mais tous savent ce qu'il en est. Ils savent aussi qu'ils en portent la responsabilité.

Pour se rassurer, un vieux loup de la droite locale s'interroge: « cela doit être une tendance nationale, non ? ». Non, la droite reprend même Paca et d'autres régions, là où des unions ont su se faire, la droite s'affirme. En Alsace, sa division a sonné le glas.

Tout d'orange vêtue, une élue centriste déclame : « on aurait de toutes les façons pas pu s'allier avec la droite extrême, cela ne serait pas passé ». Dans d'autres régions, certains ne s'en sont pas privés. Calculatrices en main, certains ont fait de rapide calcul. Une génération d'élus comprend que pour elle, l'heure de la retraite a sonné et qu'en plus, elle n'a pas de relève.

Place Kléber, rejoints par les jeunes des quartiers, on chante alternativement la Marseillaise et l'Internationale. Un adjoint au Maire de Strasbourg dénonce certains slogans communautaires qui s'en prennent directement à lui avant de disparaître rapidement sous les huées des jeunes de Koenigshoffen.

L'Alsace vient de passer à gauche. Mais tout cela était écrit... Dans un bar strasbourgeois, une poignée d'hommes et de femmes semblent insensibles à l'évènement. Un homme se lève parmi eux. « Vodka Pomme pour tous, maintenant, tout peut arriver »...

1c84626d2551f258e3b082c5b8bde93d.jpgA la télévision, la tête de liste de la « Gauche Unie » prend la parole. Un jeune baisse le son et s'adresse au Dj : « Eh, mets nous du bon son ». Un remix de Transmission fait entendre la voix légendaire de Ian Curtis, les couples se lèvent et dansent. Cette soirée est vraiment rock'n roll !

Dans la rue, les drapeaux du PS, réjoints pas des drapeaux d'autres pays continuent de défiler.

Ici, le temps suspend son vol... Il ne reste plus qu'à écrire l'histoire... Certains s'en chargent...

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