06.12.2009

L’achat local, un geste équitable et responsable

1941066756.jpg« Vos emplettes sont nos emplois ». Qui se souvient de ce slogan militant des années de crise ? La crise, pas celle-ci, celle traversée par nos parents. Aujourd’hui, la situation imposerait une réaction semblable.

A l’approche des fêtes, comment ne pas vous conseiller de regarder les étiquettes ?

Vous pestez contre les salaires qui n’augmentent pas ? Comment cautionner un produit « Made in China » ? Vous regardez avec anxiété les nouvelles de l’économie ? Pourquoi ne pas faire évoluer votre mode de vie ?

En Bretagne, on évoque désormais un « achat militant ». Une telle pratique mériterait de se généraliser partout.

A qualité égale, il convient de faire l’effort d’acheter des produits en fonction de la proximité de leur production. D’abord régional, national, européen, ce choix serait à la fois équitable, responsable, durable dans le meilleur sens du terme. Il convient d’y penser … au quotidien !

02.12.2009

Débat à la TV Suisse avec Daniel Cohn Bendit et Oskar Freysinger

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http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&prog...

01.12.2009

Suisse, les minarets de la discorde

0454_udf_minaret.jpgLe peuple suisse a déjoué tous les pronostics en se prononçant massivement ce dimanche contre l'érection de minarets sur le territoire de la Confédération. Il a surtout infligé à ses propres élites un affront inattendu en révoquant l'argument machinal de la "tolérance" derrière lequel les oligarchies abritent habituellement leur parti-pris immigrationniste.


En Europe, les commentaires, dépités ou furieux, sont à l'unisson de ceux des élites politiques helvétiques et, partout, l'inusable pathos du "repli frileux" a repris du service couplé aux habituels arguments du "racisme" et de l'"islamophobie". Quant aux Verts locaux ils ont promis de faire appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour qu'elle réprouve la volonté populaire montrant ainsi dans quelle estime ils portent la démocratie directe qu'ils sont sensés approuver. C'est aussi l'aveu que notre continent s'est bien doté d'institutions orwéliennes spécialisées dans la dénégation de la souveraineté du peuple. Une clique de juges recrutés par cooptation selon des procédures opaques étant susceptibles d'abolir une volonté majoritaire exprimée de manière transparente. Le procédé ne devrait guère étonner les Hollandais et les Français qui se souviennent de ce qu'il advint de leur refus du traité constitutionnel européen.


Si les résultats de cette votation n'affectent en rien le libre usage du culte musulman, il interdit l'un des signes "ostensibles" de la présence islamique en Suisse à la manière dont la loi française prohibe le voile à l'école sans remettre en cause le libre exercice de la religion. L'argument fut d'ailleurs le même de part et d'autre de la frontière; aux "républicains" français qui soutenaient que le voile est un usage tribal qui n'a rien à voir avec les obligations coraniques ( dont il est hardiment recommandé de souligner qu'elles ouvrent sur un horizon de tolérance et de respect mutuel ) répondait chez les Suisses l'argument selon lequel, dans le Coran, il n'est fait nulle part mention des minarets.


Il n'empêche, chacun sent bien, et les électeurs en premier lieu, que derrière ces arguties, c'est bien l'immigration et le refus des proportions qu'elle a prise en Europe qui sont en cause. Le chantage moral au racisme appuyé sur une propagande massive et permanente interdisent d'en parler librement et un appareil législatif de plus en plus contraignant servi par le mouchardage rémunéré des ligues de vertu dissuadent l'analyse et découragent la libre délibération. D'où ce recours, en Suisse comme ailleurs, à un métalangage qui se coule dans l'euphémisme et la paraphrase afin de signifier sans dire et de suggérer sans avouer.


Comme dans toutes les sociétés où la censure morale étend son empire répressif, enfreindre directement l'interdit expose à la condamnation et à une sorte d'atimie qui ne peut dire son nom dans une société qui continue à se prétendre libérale. D'où le biais des minarets là, ou de la burqa ici, car c'est une grande constante de la tyrannie du Bien que de sécréter partout et toujours de l'hypocrisie. Une hypocrisie qui est aussi l'ultime rempart d'un for intérieur agrippé à sa liberté de jugement.


Quoi que serine le prêchi-prêcha politico-médiatique il est peu probable que les Suisses soient soudainement devenus des adeptes de l'intolérance religieuse et l'on notera que si ils s'en prennent aux minarets, ils demeurent cois sur les stûpas bouddhistes, ce qui n'est sans doute pas dépourvu de signification. bezu_ali_baba12.jpg


Bref, tandis que le peuple suisse renâcle le plus paisiblement du monde aux syndromes de sa dépossession les oligarchies n'hésitent pas à brandir le spectre du châtiment et à proférer les pires menaces.

Châtiment : le tourisme alpin pourrait se trouver menacé par la mauvaise réputation du pays et les exportations de la Confédération vers les pays musulmans en être durablement affectées. Une manière de dire que les mal-votants n'auraient pas volé le chômage dont ils pourraient pâtir à l'avenir.

Menace : experts, médiatiques et politologues de connivence s'interrogent gravement sur les "dérives" de la démocratie et certains n'omettent pas de rappeler avec le tremblement adéquat de la voix qu'Hitler, somme toute, est parvenu démocratiquement au pouvoir.

La leçon qui nous fut infligée après le succès du non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen est ici resservie aux citoyens suisses "immatures" et soumis, c'est de notoriété public, à des "peurs irrationnelles". Par là se découvre l'inconscient des élites libérales qui n'apprécient jamais tant la démocratie que lorsqu'elle est censitaire.


La démocratie, surtout quand elle est directe (et pour Rousseau c'était la seule qui vaille) serait trop assujettie à l'inconstance du peuple (et à sa proverbiale bêtise). Il faudrait donc l'encadrer de manière à ce que ses résultats soient conformes aux intérêts et aux lubies de l'oligarchie, sachant que les seules peurs légitimes sont celles qu'elle distille (du réchauffement climatique à la grippe AH1N1 et au retour de la peste xénophobe).


Outre le changement de peuple auquel certains s'emploient avec entrain, la solution à tous ces tourments pourrait donc résider dans une politique restrictive du droit de vote qui ne serait désormais accordé qu'à ceux qui, à cinquante ans, ont prouvé leur excellence en arborant fièrement leur Rolex.


C'est vrai qu'il s'agit, hélas, d'une montre suisse mais personne n'est parfait !


Coclés

03.11.2009

A propos de la taxe carbone.

taxe-carbone_940x705.jpg« De nos jours, la taxation est plutôt considérée comme une façon d’augmenter les rentrées pour l’Etat plutôt que comme un outil capable d’influencer le comportement corporatif et individuel. Elle est maintenue au niveau jugé tolérable par le marché et l’électorat. Ainsi la taxe sur le pétrole ou sur les véhicule est elle déterminée par le souhait de maximiser le revenu sans rompre les statu quo économiques plutôt que par des considérations environnementales ou sociales ».


Richard Roger (prix Pritzker 2007), 1997.

29.10.2009

L'aide fatale à l'Afrique

deadaid.jpgL'aide fatale est un livre d'une grande portée, qui va bien au delà du politique et de l'économique.
L'aide au développement telle qu'elle se met en place avant et surtout après les indépendances est une des expressions de l'ethnocentrisme occidental.


L'idée même de "développement", comme l'a montré Serge Latouche consiste à appliquer sur un terreau culturel très différent de celui de l'Europe moderne des recettes (et une conception du monde) qui ne peuvent pas être universalisables sans courir à l'échec. Au coeur de cette conception du monde il y a l'imaginaire économique présent aussi bien à "droite" qu'à "gauche". Un imaginaire réducteur qui ne peut se frayer un chemin dans les consciences qu'en déblayant devant lui tous les acquis de la culture et de l'identité interprétés comme autant de "préjugés" à liquider pour assurer le triomphe du Produit Intérieur Brut. De ce point de vue, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'aliénation coloniale de l'Afrique n'a jamais été aussi grande que depuis que le continent a accédé à l'indépendance.


Peut-on revenir sur tout ce gâchis ?
À terme c'est l'idée même d'universel qui mériterait d'être interrogée et critiquée. C'est en effet en traduisant ses propres "préjugés" moderne en termes d'universel que l'Occident s'est arrogé le statut qui est encore le sien, celui du maître de la planète et, surtout, de modèle unique à imiter partout. Mais l'Occident peut-il se résoudre à une telle remise en cause ? Cela paraît difficile à imaginer car ayant tout liquidé au nom du progrès (autre nom du développement) il risquerait bien, dans ces conditions, de se voir acculé à son propre néant.

 

Coclès

 

Lu dans Valeurs actuelles :

 


par Frédéric Pons
Une financière africaine fait le procès de l’assistance étrangère. Elle dynamite cinquante ans de mauvaises habitudes.

Universitaire zambienne, âgée de 40 ans, Dambisa Moyo a grandi dans l’Afrique postcoloniale. Elle n’a pas connu le combat pour l’indépendance mené par ses aînés, ni leurs engagements tiers-mondistes dans la rivalité Est-Ouest. Elle a grandi dans un continent abonné aux perfusions internationales puis s’est formée dans les meilleures universités occidentales. Elle y a découvert certaines routines intellectuelles et “la mauvaise conscience de l’homme blanc”. Revenue en Afrique, Dambisa Moyo dresse le constat des ravages provoqués par des méthodes de développement ineptes, perpétuées au nom de la stabilité par la plupart des élites africaines ou européennes, et bien souvent aussi pour des raisons d’intérêts personnels moins avouables.
Le constat qu’elle dresse dans l’Aide fatale est terrible.


Seule une Africaine pouvait le dire avec cette force, sans encourir de soupçons de néocolonialisme, voire de discrimination raciale. « Au cours des cinquante dernières années, les pays riches ont déversé 1 000 milliards de dollars d’aide à l’Afrique. » Revigorant et iconoclaste, son essai dénonce les gourous qui règnent sur le développement et l’assistance humanitaire depuis cinq décennies. « L’aide ne marche pas, poursuit- elle. Entre 1970 et 1998, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11 à 66 %. »
Diplômée de Harvard et d’Oxford, ancienne de la Banque mondiale et de la banque américaine Goldman Sachs, Dambisa Moyo connaît la réalité des chiffres qu’elle utilise à l’appui de sa thèse, le procès – politiquement incorrect – de l’assistance au continent noir : « Le résultat de l’aide, c’est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande et l’Afrique à l’écart du progrès économique. »
Elle sait qu’existent de bonnes raisons justifiant cette aide : « Nous vivons dans une culture de l’assistance… Il y a comme un impératif moral pour les pays riches à aider les pauvres. » Les milliards de dollars dépensés au chevet de l’Afrique n’ont-ils donc pas amélioré le sort des populations ? Bien au contraire, répond l’essayiste qui parle « d’un désastre total sur le plan politique, économique et humanitaire ».


L’aide à l’Afrique s’est inspirée de la conférence de Bretton Woods (États-Unis). L’accord signé le 22 juillet 1944 permit le redressement des pays touchés par la guerre. Si l’aide fournie à l’Europe avait pu si vite la reconstruire, le même programme pouvait avoir les mêmes effets en Afrique. «Erreur », répond Dambisa Moyo.Les contextes étaient différents. L’Europe ne fut pas totalement dépendante de l’aide en question : les flux financiers du plan Marshall ne représentèrent au maximum que 2,5 % du PNB des principaux pays européens. Ce n’est pas le cas de l’Afrique où l’assistance équivaut aujourd’hui à 15 % de son PNB ! Le plan Marshall fut limité à cinq ans : l’Afrique est sous perfusion depuis plus de cinquante ans. Constante et sans limitation de durée, cette aide n’incita pas à l’effort.


Une compassion orchestrée à l’échelle mondiale
Dans les années 1980, la « dépendance de l’Afrique est même renouvelée ». Afin d’aider les pays africains à payer leurs dettes, la contribution du Fonds monétaire international passa de 8 à 12 milliards de dollars entre 1982 et 1983 : «Cela ne pouvait qu’accroître la dépendance des pays pauvres et qu’aggraver leur endettement. » La décennie suivante confirma « l’insuccès de cinquante ans d’une politique d’intervention concurrente », avec ses conséquences : corruption généralisée, accroissement de la pauvreté, déclin de la croissance, explosion de la dette à 1 000 milliards de dollars.
Les États donateurs, les organisations internationales et la plupart des ONG affirment que seuls des principes de bonne gouvernance et de démocratie peuvent encourager la croissance et permettre la prospérité. Dambisa Moyo réfute ce credo : « La démocratie n’est pas le préalable de la croissance économique, comme le soutiennent les champions de l’aide.Au contraire, c’est le développement économique qui est le préalable de la démocratie. » Elle cite le Sénégal, pays démocratique, avec une croissance de 3 % en 2006, et le Soudan, pays non démocratique, bénéficiaire d’une croissance économique sans précédent. Autre exemple : la Tunisie, “autocratie tempérée” ou “démocratie sous contrôle”, devenue un modèle de développement maîtrisé dans un environnement africain de violences et de misère endémiques.
L’auteur s’interroge : « Comment les pays occidentaux ont pu espérer que l’introduction accélérée d’institutions démocratiques dans des nations sousdéveloppées garantirait aux pays d’Afrique un changement immédiat de leur fortune économique et politique ? » N’a-t-il pas fallu des siècles de développement aux pays occidentaux pour arriver à leur modèle démocratique actuel ?
« L’Afrique est devenue l’objet d’une compassion orchestrée à l’échelle mondiale », dit aussi l’auteur en visant les grands shows humanitaires de Londres ou de Paris, Bob Geldof ou Bono : « Les donateurs occidentaux cherchent quelqu’un, n’importe qui, pour leur indiquer la meilleure manière de s’attaquer aux problèmes de l’Afrique. »


Les élus et hauts fonctionnaires africains n’ont pas su s’exprimer sur les mesures à prendre. « La dépendance à l’aide ne fait que saper la capacité des Africains, quel que soit leur rang, à décider au mieux de l’orientation économique et politique de leur pays. »
Cette assistance limite les capacités de développement. « Au cours des trente dernières années, les pays les plus dépendants de l’aide peuvent se prévaloir d’un taux de croissance annuel moyen de moins de 0,2 %. » L’aide encourage les trafics : « Elle est l’un des supports majeurs de la corruption. » Mobutu Sese Seko, l’ancien président du Zaïre, vola 5 milliards de dollars, l’équivalent de la totalité de la dette extérieure de son pays.


Une étude de la Banque mondiale l’atteste : « 85 % des flux de l’aide servaient à des fins différentes de celles formulées à l’origine. » Dès 1947, un directeur de la Banque mondiale l’affirmait : « Quand nous croyons payer une centrale électrique, nous finançons en réalité un bordel. » Selon l’auteur, la Banque mondiale aurait ainsi “participé” au détournement d’environ 100 milliards de dollars. Avec la corruption associée aux prêts d’autres institutions multilatérales, ce serait 200 milliards évaporés !
Dambiso Moyo distingue deux formes de corruption : positive, quand l’argent volé est réinvesti dans le pays ; négative, quand l’argent volé est placé dans des comptes à l’étranger. Dans l’Ouganda des années 1990, la dépense publique pour l’éducation était siphonnée à l’échelle nationale : à peine 20 cents par dollar versé atteignaient les écoles primaires. La corruption tarit les investissements : « Rares seront les entrepreneurs nationaux et étrangers qui risqueront leur argent […] d’où la stagnation des investissements, fatale pour la croissance. »Curieusement, « les agences en charge du développement continuent d’assister les États africains les plus corrompus et les moins responsables ».
L’auteur remarque que le “business de l’aide” est le gagne-pain de la Banque mondiale, du FMI, des Nations unies, des ONG : « Le succès d’une politique de prêt se mesure par la taille du portefeuille de prêts du donateur et non par la proportion de l’aide effectivement utilisée pour l’objectif fixé. » À cela s’ajoute la crainte de voir les pays incapables de rembourser leurs dettes : « On en arrive à une situation absurde où le donateur a un plus grand besoin d’octroyer l’aide que le bénéficiaire de la recevoir. »
L’aide étrangère est parfois belligène : « La perspective, en prenant le pouvoir, d’avoir accès aux richesses illimitées de l’aide est irrésistible. » Les guerres civiles en Somalie (comme au Soudan, au Congo, au Liberia) illustrent l’impitoyable concurrence entre clans pour le contrôle de l’importante aide alimentaire déversée sur ce pays exsangue.

L’aide est source de paresse chez les dirigeants
Renforçant la monnaie locale, l’aide pénalise les industries exportatrices : « Les biens de fabrication locale destinés à l’exportation coûtent plus cher sur le marché international et ne sont plus compétitifs. » Elle rend donc le pays aidé encore plus dépendant de l’aide future. L’épargne est réduite car l’élite dépense en biens de consommation. « Il n’y a pas assez de maind’oeuvre qualifiée ou d’occasions d’investissement de taille pour employer effectivement la manne dont ils disposent. »
Dambisa Moyo démontre enfin que les capitaux et les investissements privés chutent quand l’aide remplace la ressource fiscale. Effet pervers : les populations ne paient pas d’impôt et ne sont donc pas représentées : « Le gouvernement ne doit rien à son peuple. » Partout, le même scénario se vérifie : « L’aide est source de paresse chez les dirigeants africains. Elle leur apparaît comme un revenu permanent. Ils n’ont pas d’incitation à chercher d’autres moyens de financer le développement à long terme de leur pays. »

L’Aide fatale, de Dambisa Moyo, JC Lattès, 280 pages, 20 €.

01.10.2009

Les chrétiens d'Orient sacrifiés

 

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Les médias français n'en n'ont évidemment pas parlé et n'en parlent jamais ; cela fait des dizaines d'années que cela dure, souvenons-nous des guerres du Liban et des chrétiens lâchés par la communauté internationale. Nous sommes sûrement trop occupés à tenter de faire de la place à l'Islam dans notre République ou dans le concordat en Alsace-Lorraine (vieux serpent de mer...), trop occupés à donner encore et encore des gages à une religion qui décidément ne connaît pas la réciprocité dans ses propres contrées, qui s'émeuvent du sort des Palestiniens mais qui ne s'inquiètent guère du sort des chrétiens.


Il y a quelques jours, le Saint-Père Benoît XVI a rencontré les Patriarches et les Archevêques du Moyen Orient en faisant l'annonce d'une Assemblée Spéciale du Synode des Évêques pour le Moyen Orient qui se tiendra du 10 au 24 octobre 2010, sur le thème « l'Église catholique au Moyen Orient : communion et témoignage : « La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. » (Act 4.32).

Qui se soucie du sort des chrétiens d'Orient ? Nous renvoyons au remarquable texte du non moins remarquable écrivain Richard Millet ci-dessous.

La Droite strasbourgeoise


Les chrétiens d'Orient sacrifiés

Par Richard Millet

Maronites, coptes, melkites, syriaques, arméniens, assyriens, chaldéens, grecs-orthodoxes, éthiopiens-catholiques, outre des catholiques et des protestants... Comment peut-on être un chrétien d'Orient ! se dit l'Occidental déchristianisé, assis sur sa Sécurité sociale et persuadé que le monde se limite à la béatitude démocratique. N'ont-ils pas, ces chrétiens, ce qu'ils méritent, c'est-à-dire le tort d'être divisés en trop d'Eglises aux noms étranges, quasi sectaires, probablement obscurantistes ? Existent-ils même, puisqu'ils ne passent jamais à la télévision, sauf pour Noël, à Bethléem, et que les écrivains ne s'y intéressent pas, à l'exception de Jean Rolin, qui a consacré aux chrétiens de Palestine, espèce rare, un livre, « Chrétiens », dans lequel le regard de l'écrivain était nu : un Européen les découvrait, ces chrétiens d'Orient dont on ne sait à peu près rien en Occident, avant tout parce qu'on n'en veut rien savoir.

Il se peut qu'ils soient morts politiquement entre 1975 et 1989 (avec la guerre civile du Liban), poumon de la chrétienté orientale. Respectés en Syrie, dans la paradoxale main de fer de l'alaouite Assad, ils sont menacés, brimés, exilés ou tués en Egypte, en Turquie, en Irak, où la cynique importation de la démocratie américaine entraîne des assassinats et un exode massif : plus de 200 000 chrétiens, sur 400 000, ont déjà quitté le pays.

En vain attend-on l'indignation des pleureuses d'Europe ou des Etats-Unis.Toute paix, même la pseudo-paix des braves, suppose un vaincu, lequel ne saurait être les juifs, ni les musulmans, ni même les Kurdes, qui ont retrouvé leur territoire. Est-il illégitime de penser, hors toute théorie du complot mais selon le mécanisme de la victime émissaire cher à René Girard, que ce seront les chrétiens, dans leur ensemble, qui seront sacrifiés sur l'autel de la paix au Proche-Orient ? La raison d'Etat suppose l'horreur sacrificielle. Et puis ces chrétiens relèvent, après tout, de la grande complexité asiatique. Ils maintiennent une foi si vive, si lumineuse, si traditionnelle qu'ils seraient la version insoupçonnée de l'intégrisme islamique. Nous autres, modernes, socialistes, francs-maçons, féministes, écologistes, agnostiques, laïques, qui avons depuis longtemps jeté aux orties ces croyances arriérées, n'avons-nous pas raison de mettre tout ça dans le même sac ?

En vérité, nous creusons notre propre tombe : le sort des chrétiens d'Orient est exemplaire de ce qui se passe quand on nie la dimension spirituelle du monde. L'invisible n'est pas uniquement une affaire de fantômes ni l'origine réductible à la seule génétique. Entrez dans une église d'Orient ; vous y entendrez ce que le silence des églises d'Occident vous cache : le bruissement des anges. C'est nous autres, Européens, qui, en ayant refusé d'inscrire dans la Constitution de l'Union le caractère chrétien de nos racines, rendons possible une éradication programmée, et déjà effective : vidée de ses chrétiens, soit de ses éléments souvent les plus instruits, les plus ouverts, les plus modernes, cette région du monde sera musulmane, à l'exception d'Israël. Nous nous renions : la mort des chrétiens orientaux est le signe non seulement de notre honte mais de la mort de notre civilisation. Ils meurent silencieusement de ce que nous ne voulons être chrétiens.

28.09.2009

Les Before et After du G-20…

pittsburgh.jpgL'équipe éditoriale de La Droite strasbourgeoise accueille dès aujourd'hui un nouveau contributeur, sous l'excellent pseudonyme d'Olrik... Les amateurs de Blake & Mortimer apprécieront...


Il y a quelques jours, en épluchant les pages web de la presse officielle, que ce soient celles des DNA, de Libération, du Figaro ou des Échos, on se doutait à l’avance de ce qu’on allait découvrir : un concert de louanges pour célébrer les grandes et courageuses résolutions du G-20. Libération a même réussi à écrire un article de 700 mots sous le titre « Ce que le G20 a décidé », c’est-à-dire avec rien… Quelle volubilité !

 

Il y a 6 mois, lors du G-20 de Londres, nous avions eu droit au même rituel. Quelques semaines avant un G-20, on chante partout que l’économie repart de plus belle et que le pic de la crise est passé. Ensuite, une semaine après sa clôture, le G-20 est toujours présenté comme un succès prompt à combler tous nos espoirs de reprise. Bien évidemment, chaque sommet se focalisera sur sa petite marotte médiatique du jour, histoire de donner un os à ronger aux foules crédules et aux journalistes moins volubiles que ceux de Libération… ou plus scrupuleux. Au G-20 de Londres, les global-leaders nous avaient rejoué la pièce des paradis fiscaux, avec listes noires, grises et blanches (on en frémit encore). Au G-20 de Pittsburgh, nous avons eu droit à l’acte II. Celui du bonus des traders.

 

Il faut les voir, nos chefs de gouvernement et nos ministres de l’économie, rouler des mécaniques et nous dire, pleins d‘une détermination feinte, que les bonus des traders et des dirigeants des banques seront désormais encadrés. À ces mots, on entend au loin la clameur des milliers de Madoff du monde entier, toujours en activité, pris d’une hilarité irrépressible. Comme si la décision de « limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation » ne recelait pas dans sa définition même son propre moyen de contournement. On appréciera ici le très subtile : « quand ils menacent un niveau de saine capitalisation ». Autant dire, jamais…

 

Il est également dit et écrit que la place des pays émergents sera accrue au sein du FMI, au détriment bien évidemment de l’Europe, sans que les États-Unis y perdent leur droit de véto. La belle affaire ! Cette instance internationale clef reste donc entièrement sous contrôle étatsunien, c’est-à-dire sous l’influence du principal responsable de la crise.

 

Alors que tout le monde se congratule, le MEDEF dit lui-même redouter la disparition de 70.000 PME, principales pourvoyeuses d’emplois en France. On ne parle pas non plus des 5.000 entreprises menacées par la dégradation inquiétante du marché des LBO dont 70% ne respectent d’ores et déjà plus leurs clauses de prêts auprès des banques. Ce ne sont pas moins de 1,5 million d’emplois qui sont ici concernés.

 

Car si une bourse totalement déconnectée de l’économie réelle (surtout quand on sait que 40% du volume du NYSE est généré par 5 titres : http://blog.crottaz-finance.ch/wp-content/uploads/2009/09...) rejoue à nouveau avec son yoyo spéculatif, le chômage, lui, n’en finit pas de gonfler. 32 200 chômeurs de plus pour le mois d’aout, des chiffres très mauvais. À ce rythme-là, les 600 000 chômeurs supplémentaires seront atteints pour la seule année 2009. Un chiffre d’autant plus inquiétant qu’il va de pair avec l’affaissement tant redouté de la consommation des ménages et l’annonce d’un déficit budgétaire qui dépassera allègrement les 8% du PIB… (13% pour les USA). Et tout le monde de nous dire que l’année 2010 sera pareil.

 

En écrivant ces lignes, je décide de me relire, tellement ces données économiques me semblent invraisemblables. Rien ne sortira du G-20, car la solution tient dans un seul gros mot qu’il est interdit de prononcer : le protectionnisme européen.

 

Olrik


 

22.09.2009

Pourquoi la délinquance repart à la hausse ? Parce que les populations délinquantes sont de plus en plus nombreuses !

emeutes.1229345212.jpgLu sur l'excellent site Polemia :


La progression de la délinquance revient sur le devant de l’actualité.

En vérité, la progression des « violences contre les personnes », relativement bien prise en compte par les statistiques, n’a jamais cessé : moins de 100.000 faits en 1975, plus de 200.000 en 1995, plus de 400.000 en 2008 (1).

En revanche, depuis 2002 les chiffres globaux de la délinquance stagnaient ou régressaient. Mais ils sont repartis à la hausse au cours des douze derniers mois : de plus de 12% pour les cambriolages ; de plus de 25% pour les attaques à main armée.


Explications :

La première explication est simple : la délinquance est le résultat du nombre d’individus à fortes tendances délinquantes en liberté. Or, de 2000 à 2007 la population pénitentiaire (2) s’est accrue, passant de 47.837 en 2000 à 64.003 en 2007. C’est ainsi 17.000 individus supplémentaires qui se sont trouvés hors d’état de nuire.

Mais, compte tenu des capacités d’hébergement des prisons, ce chiffre de 64.000 détenus est aujourd’hui un maximum que certains jugent même excessif : les bénéfices apportés à la sécurité de 2000 à 2007 par l’augmentation du nombre des détenus ont donc atteint un plafond.

Et si l’adoption de la nouvelle loi pénitentiaire en cours de discussion aboutit à vider les prisons, on assistera même mécaniquement à une flambée de la délinquance. C’est ce qui s’est toujours produit, dans le passé, à chaque libération exceptionnelle d’une masse de détenus.

Plus il y a de populations à forte criminalité relative, plus il y a de délinquance.

C’est aussi un fait statistique : la propension à la délinquance est plus élevée dans certaines populations que dans d’autres.

L’immense majorité des jeunes ne sont pas délinquants mais le pourcentage de ceux qui passent à l’acte est très supérieur à celui des vieux.

L’immense majorité des immigrés ne sont pas délinquants mais les actes de délinquance sont plus fréquents au sein des populations issues notamment du Maghreb et d’Afrique Noire que dans la population générale : lors des émeutes de 2005, Gérard Larcher – à l’époque ministre du travail, aujourd’hui président du Sénat – avait clairement souligné le rôle des jeunes d’origine africaine, issus de familles polygames, dans le développement des violences.

A cela il faut ajouter la tendance de certains immigrés à se solidariser contre la police avec les délinquants : un phénomène qui se constate massivement dans les banlieues de l’immigration et nulle part ailleurs !

Or, la population immigrée ne cesse de croître à hauteur de 200.000 entrées par an principalement issues d’Afrique Noire et du Maghreb.

Dans le même temps la population déjà présente mais issue de l’immigration connaît aussi un accroissement naturel : le nombre de jeunes issus de l’immigration augmente dans la tranche d’âge 13-25 ans, la plus propice au basculement vers la violence et la délinquance.

Ceci n’est pas sans conséquence : à partir du moment où les groupes de population qui servent de vivier privilégié à la délinquance augmentent de plusieurs pour cent par an… il n’est pas surprenant que la délinquance reprenne sa progression au même rythme.

Culture de l’excuse et désarmement moral de la police

D’autant plus que les actes de délinquance, en particulier lorsqu’ils sont issus des banlieues de l’immigration, bénéficient de la part de la sphère médiatique, du pouvoir politique et des autorités judiciaires de la culture de l’excuse. Ainsi la responsabilité individuelle se trouve trop souvent mise au second plan derrière la responsabilité collective supposée de la société présumée « raciste ».

La police, naturellement encline à contrôler plutôt les personnes les plus susceptibles d’être en infraction (plutôt les hommes jeunes que les vieilles femmes, par exemple), est souvent accusée de « chasse au faciès : comme si la police devait interpeller un échantillon représentatif de la population générale et non un échantillon représentatif de la population délinquante, comme l’a fait justement remarquer le préfet de police de Paris.

La police est d’ailleurs fréquemment accusée de « bavures », y compris lorsque des « jeunes » se tuent tout seuls à la suite d’infractions routières ou pénales qu’ils étaient en train de commettre.

C’est dans cet esprit délétère que viennent d’être créés des comités Théodule de « conciliation » entre les « jeunes des banlieues » et la police, comme s’il s’agissait de deux bandes rivales…

Alors que, jusqu’à preuve du contraire, les policiers cherchent plutôt à faire respecter la loi que certaines bandes de jeunes enfreignent… y compris en caillassant des pompiers, des agents d’EDF, des conducteurs de train ou même des praticiens de SOS Médecins, peu susceptibles de participer à des « violences policières ».

« Antiracisme » et désarmement des citoyens

Au demeurant, la première défense contre la délinquance, c’est le citoyen, c’est la victime potentielle, qui a le droit et aussi le devoir de l’exercer. Or, là aussi nous assistons à une inversion des valeurs. La notion de légitime défense a disparu non des textes mais de la jurisprudence.

Un homme (ou une femme) agressé ou cambriolé est donc placé devant le choix suivant :

- se laisser faire, ce qui est contraire à sa dignité mais conforme aux recommandations officielles ;

- tenter de résister, y échouer et recevoir des coups supplémentaires ;

- tenter de résister, y parvenir et risquer alors de se voir poursuivi par son agresseur avec l’appui du parquet et des associations « humanitaires » et/ou « antiracistes ».

C’est ce qu’on appelle un jeu perdant/perdant.

Changer de paradigmes

Le rétablissement de la sécurité n’est pas affaire de mots. C’est affaire de paradigmes. Or, de Jospin à Sarkozy, les paradigmes dominants n’ont pas changé : l’ « antiracisme » et la « culture de l’excuse » continuent de régner en maîtres. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les résultats en matière de sécurité de Brice Hortefeux soient assez comparables à ceux de Daniel Vaillant ; leur politique puise aux mêmes sources idéologiques ; leurs collaborateurs sont d’ailleurs les mêmes.

Ce n’est, en effet, pas par hasard si Brice Hortefeux a choisi comme directeur de cabinet le préfet Michel Bart, ancien directeur de cabinet de Daniel Vaillant lorsque ce dernier était ministre de l’Intérieur : mêmes hommes, mêmes politiques, mêmes idéologies, mêmes paradigmes… et mêmes (mauvais) résultats.

Il est donc vain d’attendre quoi que ce soit des alternances politiques puisqu’elles se font à l’intérieur du seul champ d’action permis par l’idéologie dominante.
Ce qu’il faut, c’est un changement des paradigmes :

- Abandon de l’ « antiracisme » et retour à la stricte égalité des citoyens ;
- Réhabilitation de la défense légitime et défense de la dignité des personnes ;
- Mise en œuvre du principe de précaution dans la refonte des politiques d’immigration et arrêt de toute immigration en provenance de pays dont beaucoup d’originaires en France sont mal intégrés.




(1) Statistiques de la police judiciaire.
(2) Statistiques pénitentiaires.

12.09.2009

"C'EST QUAND IL Y EN A BEAUCOUP QU'IL Y A DES PROBLÈMES"

hortefeux-video.jpgC'est l'histoire de l'arroseur arrosé, un grand classique dans le théâtre de Guignol.

 

On s'en souvient : il y a quelques jours le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux virait sans ménagement et sans la moindre enquête préalable un préfet suspecté de propos racistes sur le seul témoignage, controversé, d'une concitoyenne antillaise. Les mauvaises langues assuraient alors que la précipitation du ministre trouvait son explication dans son souhait de lisser une image mise à mal par son action à la tête du ministère de l'Immigration et de l'identité nationale.

 

Si aucun document probant ne permettait d'accuser le préfet, les récents propos tenus par le même ministre lors de l'université d'été de l'UMP ont fait en revanche l'objet d'un enregistrement en bonne et due forme. Difficile dès lors d'échapper à la réprobation organisée des Panurge médiatiques et à la vindicte télécommandée de l'opposition. Si ce n'est Manuel Valls, demeuré d'une discrétion d'archange, tous les ténors de la gauche s'y sont mis, rivalisant de vocalises vertuistes. Et le roulement de l'artillerie lourde antiraciste n'est pas prêt de s'interrompre.

 

Le gouvernement est, bien entendu, solidaire du ministre égratigné, mais puisque les propos ne peuvent être niés c'est leur signification qui est âprement débattue. L'urgence est donc au sauvetage exégétique. Les phrases incriminées : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" n'aurait donc pas visé le jeune militant maghrébin de l'UMP mais des Auvergnats particulièrement insistants qui auraient fait le siège du ministre pour être sur la photo...

 

Misère d'une communication politique devant répondre par des bricolages expéditifs aux défis de l'heure, car à ce compte-là il devient périlleux d'expliquer les saillies qui fusent au même moment dans le style "c'est un kabyle qui boit de la bière et qui mange du porc". Ce n'est pas que le métissage ne puisse pas faire de miracle et nous inventer des Auvergnats, musulmans, kabyles et amateur de cochonnailles, mais enfin, même pour les croyants les plus fanatiques de telles chimères restent encore difficiles à imaginer hors de l'horizon radieux de la France d'après...

 

Les auvergnats, quant à eux, n'ont pas encore protesté contre cette nouvelle interprétation de "l'humour" ministériel et aucune association stipendiée, jusqu'à présent, n'a songé à prendre la défense de cette minorité outragée. Peut-être aussi qu'après tout les dits Auvergnats ne se font qu'une idée approximative du "respect" qui leur est dû et ne songent pas à se formaliser des blessures narcissiques que leur impose une communication aux abois...

 

En attendant, le préfet remercié savoure la prompte vengeance que lui assure ce retour inopiné du boomerang, les ligues de nuisance crient à la lepénisation des esprits et le gouvernement s'enfonce dans la mouise de ses contradictions

 

À qui la faute ?

 

Au-delà d'une actualité microcosmique gonflée à l'hélium de la moraline communicationnelle, il faut bien reconnaître que la "droite" a tout fait, depuis des années, pour s'enfermer dans ce cul-de-sac.

En adhérant au sacre inconditionnel de l'Autre et en prêtant la main à la comédie bouffonne d'un antiracisme devenu fou, la "droite", non seulement n'est pas parvenue à se décharger des soupçons qui pèsent irrémédiablement sur elle, mais elle s'est mise dans l'incapacité de gérer les flux migratoires de manière raisonnable.

Si l'Autre est, quoi qu'il arrive, une richesse; si l'universel est notre seule vocation; si l'exclusion est un péché et si le métissage est la nouvelle appellation de notre rédemption, au nom de quoi nous est-il loisible d'expulser, si maigres soient les chiffres ?

 

Si notre seule définition identitaire repose sur les droits de l'homme et si, conséquemment, toute référence à "l'identité substantielle de la nation" (comme le dit Alain Finkielkraut) est renvoyée aux "heures les plus sombres", il n'y a en effet plus aucune raison de se cramponner à des frontières iniques pour exiger qu'elles filtrent dans la masse du tout-venant. Et, comme le préfet, Hortefeux, ancien préposé à la "rafle" et à la "déportation" est coupable par définition.

Aujourd'hui la "droite" à tête de linotte n'a plus de principes propres à opposer aux tenants de l'universalisme intégral, et c'est pourquoi sans doute, non seulement elle trompe les attentes de vastes segments du peuple, mais se retrouve piégée par les idées qu'elle croit devoir proclamer sans en avoir mesuré les conséquences ultimes.

 

Au-delà de l'écume polémique c'est cela la vraie leçon qu'il faut tirer des avanies qui atteignent le ministre de l'Intérieur.

 

Comme le dit encore Finkielkraut la France n'est pas une "auberge espagnole" et pour demeurer un peuple particulier il lui faut faire des choix, sans haine, mais aussi sans faiblesse.

 

Qui saura se souvenir qu'un peuple qui refuse de choisir s'expose à devoir subir le choix des autres ?

 

27.08.2009

Le désert idéologique français

6a00d83451d47569e200e54f3ebb3b8834-800wi.gifUn article à l'ossature faible, comme toujours chez Alain Duhamel. Un vrai constat néanmoins, même si Duhamel manie le poncif comme d'autres la truelle.

Ses conclusions laissent rêveurs (sur la droite et l'extrême droite notamment) et quant à laisser une fois de plus le bénéfice à la gauche, du champ intellectuel, bof et re-bof.

Mais enfin, ce texte a le mérite de paraître à un moment où il faut d'urgence retrouver de vraies bases idéoologiques !

 

Laurent Husser

 

Lu dans Libération :

Il n’y a plus un seul maître à penser comme le furent Aron, Sartre ou Camus. Il n’y a plus, en politique, d’intellectuels phares sur le modèle d’Althusser, Furet, Braudel ou Foucault.

Par ALAIN DUHAMEL

«La politique, ce sont les idées», s’exclamait le vénérable Albert Thibaudet en ouverture de l’un de ses livres les plus fameux (1). Ce n’était déjà qu’à moitié vrai lorsqu’il l’écrivait, au tournant des années 1930 : «Les forces sociales, les intérêts économiques et financiers, les histoires nationales pesaient déjà puissamment.»

Aujourd’hui, quatre-vingt années plus tard, dans la France du XXIe siècle, cela sonne carrément faux. Même au cœur du pays traditionnellement le plus fiévreux d’Europe, le débat politique est devenu un véritable désert idéologique. Il n’y a plus un seul maître à penser comme le furent Aron, Sartre ou Camus. Il n’y a plus, en politique, d’intellectuels phares sur le modèle d’Althusser, Furet, Braudel ou Foucault. Le monde s’est métamorphosé, le communisme s’est effondré, la mondialisation s’est imposée, l’individualisme a triomphé, la crise financière, économique, écologique, sociale submerge les clivages. On aurait pu imaginer que, face à de tels tremblements d’univers, la pensée politique allait se renouveler, que des projets allaient surgir, que des auteurs allaient grandir, que les idéologies allaient se reconstruire. Il n’en a rien été. Cela viendra un jour. Les hommes ne se passent pas d’utopies, ni les sociétés d’horizons ou de mirages. On entrevoit bien quelques pistes, quelques chimères, quelques intuitions, quelques prises de conscience ici ou là mais rien de fort, rien de bâti, rien de vigoureux, rien de cohérent : tout au plus des échappées parmi les futaies.

Puisque tout change, et à quel rythme, l’extrême gauche aurait dû réinventer ses doctrines, renouveler ses concepts rouillés, imaginer un autre monde. On sent bien qu’elle recherche un théoricien d’envergure, qu’elle rêve de promouvoir Alain Badiou en grand idéologue. Le philosophe français le plus traduit dans le monde, comme il ne manque jamais de le préciser, fait certainement merveille dans sa discipline. En politique, il en reste aux pamphlets exigus et aux nostalgies cavalières. De ce côté-là, on ne manque ni d’agiles gymnastes médiatiques (Besancenot), ni d’honorables défenseurs de la foi (Krivine), ni de tribuns lyriques à l’ancienne (Mélenchon), mais d’idéologie originale, revisitée par les événements. Le paradoxe est que la décomposition du communisme orthodoxe semble avoir stérilisé ceux-là même qui s’y étaient opposés. En s’effondrant, le communisme a en quelque sorte empoussiéré tout ce qui l’entourait.

Sur d’autres terrains, l’écologie a certes remporté des batailles mais, outre que chaque parti tente maintenant, à gauche comme à droite, de se coiffer de vert, l’idéologie n’a jamais été le point fort des écologistes français. Jadis, Jacques Ellul ou René Dumont tentaient d’organiser le foisonnement écologique. Leurs descendants ont plus d’électeurs que d’auteurs. Dans le débat hexagonal, l’idéologie écologique demeure une ripopée. La situation est mille fois pire et dix mille fois moins excusable chez les socialistes. De ce côté-là, on regorge d’économistes de premier plan, de sociologues valeureux, de politologues affûtés. La gauche réformiste attire des escadrons d’intellectuels. Mais quels résultats idéologiques ? Le dernier projet développé et assumé date de 1979 et a été rédigé sous la houlette de Chevènement. C’est dire qu’il relève plus du XIXe que du XXIe siècle. Le PS est capable de produire un programme de gouvernement en quelques semaines. Il peut proposer une équipe ministérielle au grand complet, flanquée de cabinets imposants mais au service de quelle idéologie structurée ? Après la tragédie de la Seconde Guerre mondiale, Blum était capable, malgré son âge, de publier A l’échelle humaine. Vingt ans après la chute du Mur et en pleine crise économique, où est l’équivalent ? Quel texte ambitieux relève de l’idéologie ?

On dira que la situation est identique à droite où l’on compte il est vrai comme toujours moins d’intellectuels disponibles. Est-ce un handicap ? L’extrême droite a des sentiments mais pas de pensée. La droite française ne s’est jamais vraiment convertie au libéralisme et, comme elle abandonne progressivement ses préjugés nationalistes, elle ressemble de plus en plus, sur le plan idéologique, à ces corniauds qui vagabondent sans état d’âme. Le sarkozysme a des racines historiques (le bonapartisme), il a un style (le volontarisme théâtral), il a une méthode (le pragmatisme proclamé). Pour le reste, il se passe sans regret de toute doctrine et n’aspire à aucune théorie. La droite a toujours été moins intellectuelle et moins idéaliste que la gauche, elle se passe fort bien d’idéologie constituée. Quant au centrisme révolutionnaire, il se recommande de l’humanisme et du bien commun, ce qui peut lui valoir la sympathie des vieux croyants de la doctrine sociale de l’Eglise des années 50, maigre viatique pour traverser le désert idéologique français.

(1) Les Idées politiques de la France, 1932.

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