29.06.2008

HOMO FESTIVUS NE MARQUE PLUS DE BUTS

4304d9ddeb4836b6a5c2225777b87c1a.jpgGrand contempteur du despotisme festif, Philippe Muray écrivait lors du mondial de 1998 : "Une chape de foot est tombée sur ce monde de plomb."
C'était il y a dix ans et des clameurs d'enthousiasme célébraient alors le triomphe des Blacks-Blancs-Beurs et de leur audacieux mélangisme. Le métis, nouvel aryen des temps de fête citoyenne. Tous les approbateurs communiaient dans le même credo. De la prêtraille médiatique au show-biz donneur de leçon, des bouffons de la politique spectaculaire aux innombrables autorités des morales à l'eau de rose, c'était le même délire chauvin pour la France qui gagne.

Qui gagne bien sûr grâce à l'hybridation néo-républicaine. Chaque but marqué résonnant comme un péan immigrationniste. Ce fut un beau dégorgement de divines sottises, une grandiloquente orgie de syllogismes et d'âneries sublimes.
A cette ferveur obligatoire et consensuelle il y avait, disait-on en choeur, un opposant, et tout se passait comme si les Bleus n'avaient jamais gagné que contre lui seul. Et plus l'équipe de France se haussait vers les sommets de la gloire, et plus on l'imaginait , lui l'immonde corrupteur, condamné à boire une nouvelle louche de ciguë.


Il n'y avait, en effet, qu'une seule cible à ce colossal déploiement carnavalesque et cette cible c'était le "fascisme" toujours
ressurgissant de son enfer pour les besoins de la saturnale démocratique. Le Pen était alors le versant noir de cette liturgie de
masse. Versant sans lequel la fête ne pourrait pas justifier la tyrannie qu'elle prétend exercer pour le progrès de l'humanité.
Et hors de question de s'aviser que le monstre, peut-être bien, n'était qu'un tigre de papier tout exprès posé là par la providence citoyenne (et accessoirement par le calcul mitterrandien...) pour faire peur aux enfants et les contraindre à l'obéissance. C'eût été blasphémer car dans le monde des contes de fée il n'y pas de princesse qui ne soit doublée d'une vilaine sorcière.


Dix ans après, les Bleus sont toujours Blacks-Blancs-Beurs, et même très Blacks-Blacks-Blacks si l'on en croit Finkielkraut, mais leur
lot est désormais celui du désastre. En toute logique, si l'on suivait le raisonnement des thuriféraires de 1998, on devrait en tirer des
conséquences plutôt pessimistes sur le destin des sociétés métissées. Mais aller dans ce sens ce serait marcher dans le sillon tracé par les imbéciles.
Plus intéressante est cette remarque faite par la presse russe qui, notant l'absence d'entrain des supporters français, attribuait cette
déprime du délire, non aux piètres résultats de l'équipe, mais à une déliaison entre le pays réel  et la vingtaine de milliardaires qui
portent sa bannière. Ca ne marcherait plus entre les Bleus et la France tricolore.

Franchement, on se demande bien pourquoi.

28.06.2008

Le parti de l'in-nocence et l'équipe de France de Football

c494253932f05b23c5efcf1f4a82159f.jpgCommuniqué n° 693, vendredi 20 juin 2008

Sur les mauvaises performances de l'équipe de France de football

Le parti de l'In-nocence s'étonne que les mauvaises performances de l'équipe de France de football ne fassent l'objet d'aucun commentaire idéologique alors que ses succès, il y a bientôt dix ans, avaient été en grande partie attribués à la diversité ethnique de sa composition, donnée alors comme le juste reflet de "la France qui gagne". Il est pareillement surpris d'entendre de nombreux commentateurs attribuer les bons résultats d'autres équipes européennes à la puissance d'identification dont elles disposent auprès de leurs peuples respectifs, capacité qui pour une raison mystérieuse ferait défaut à l'équipe de France.

Note de LDS : Alors qu'ont fleuri tout au long de la campagne des drapeaux de l'ensemble des pays participants sur les véhicules et façades, on s'interrogera sur la discretion française, à chercher peut-être dans le fossé qui se creuse entre une nation et des mercenaires du ballon rond. Le communiqué ci-dessous du parti dirigé par Renaud Camus rappelle ainsi quelques vérités...

 

24.04.2008

Ode socialiste à l'humanisme.

df8e5bb17166adb6a597631397e67271.jpgL'autre soir Antenne 2 nous servait un docu-fiction sur Mitterrand à Vichy. Le film était suivi d'une série d'interviews où il était essentiellement question de l'antisémitisme vichyssois, du statut des juifs, de leur déportation et de la solution finale. Bien sûr on y fustigeait la cécité de cet homme de "droite" vis à vis de la souffrance juive, cécité que son passage, héroïque, dans la Résistance ne saurait absoudre. Devenu homme de "gauche" François Mitterrand n'aura certes pas lavé l'opprobre qui pèse désormais sur sa mémoire, mais au moins, comme le soulignait Edwy Plenel, le "trotskiste culturel" de service, en devenant "progressiste" sur le tard, aura-t-il acquis un droit aux circonstances atténuantes.

 

En 1961, le même François Mitterrand, pleinement acquis au "progressisme" publiait chez Julliard un essai intitulé "La Chine au Défi". Sur le grand timonier Mao Tsé Toung, il portait alors un jugement plein de mansuétude admirative. Un Mao que les historiens s'accordent pourtant à juger responsable de la mort de trente à soixante millions de Chinois. De ce jugement intempestif il n'est curieusement jamais question. Peut être que pour la "gauche" morale les Chinois ne sont pas tout à fait des hommes comme les autres et qu'après tout ces morts là furent immolés à un juste cause, celle du "progrès" comme dirait Plenel... Qu'on en juge par cet extrait :

 

"Mao n'est pas un dictateur, mais le magistère qu'il exerce lui confère un pouvoir sur son peuple que ne possédèrent jamais ni le fanatisme incantatoire (assorti d'un solide régime policier) de Hitler en Allemagne ni l'énergie dévorante et cynique de Mussolini en Italie; que n'acquerront jamais un Nasser en Égypte, malgré son astucieux mélange de violence, de ruse et de pondération, un Franco en Espagne, malgré l'insolente protection de ses trois gendarmes: l'armée, l'Église et l'argent. Il n'est pas non plus de l'école de Gandhi. Ce marxiste chinois ne peut que demeurer étranger aux méthodes de pensée et d'action d'un Nehru. La rigueur doctrinale s'allie en lui à un réalisme vigilant, au goût et à l'expérience du concret, à la volonté acharnée de bâtir une société qui réponde à ses exigences sans détruire au passage l'objet même qu'elle se propose de servir. Mao est un humaniste. Mais cet humaniste-là, qui mène une révolution conquérante depuis plus de trente ans (il a conduit des armées comme le partisan qui dresse une embuscade et comme le professeur d'école de guerre qui prépare sur la carte la retraite dont il attend la victoire et ne livre combat que sur le terrain qu'il a lui même choisi), qui accepte les devoirs d'un militant et qui se soumet aux disciplines formelles, échappe aux définitions ordinaires. Même en Chine, il représente un nouveau type d'homme. La sagesse, la culture n'ont de sens, pour lui, qu'identifiées à l'action."

 

François Mitterrand, "La chine au défi", Julliard, 1961, p. 27-28.

 

Coclés

29.03.2008

Faut-il brûler Ernst Nolte ?

cdbd4fa60d070dc2d95760f7f86f7ced.jpgL'historien allemand montre l'interdépendance entre le com munisme, le fascisme et le nazisme. Une thèse qui perturbe les nostalgiques de la révolution d'octobre 1917.

Maître d'oeuvre du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois estime qu'Ernst Nolte, dont plusieurs ouvrages sont réédités dans un volume de la collection « Bouquins », a « ouvert la voie des études historiques sur les totalitarismes » (1). D'autres considèrent toujours l'historien allemand comme un personnage sulfureux. L'ont-ils vraiment lu ?

Né en 1923 en Rhénanie-Westphalie, Ernst Nolte est philosophe de formation. Ayant échappé à la guerre, il poursuivra une carrière universitaire. C'est par intérêt pour l'étude des idéologies qu'il est amené, un jour, à se pencher sur le fascisme. Sa trilogie Le Fascisme dans son époque, parue en 1963, contribue à sa nomination aux chaires d'histoire moderne de Marburg et de l'université libre de Berlin. Il passe alors pour un esprit avancé.

Tout bascule en 1986, à la suite d'un article qu'il publie dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Un passé qui ne veut pas passer. » Il s'agit du texte d'une conférence que Nolte devait donner devant un forum de la gauche intellectuelle, mais qu'on lui a refusé de prononcer. Il y expose la thèse du livre qu'il est en train d'écrire et qui sera en librairie en 1987, La Guerre civile européenne, vaste synthèse englobant, de 1917 à 1945, l'histoire du communisme, du fascisme et du nazisme (2). Quelques semaines après la parution de l'article, Jürgen Habermas, philosophe d'extrême gauche, sonne la charge, accusant Nolte (et deux autres chercheurs) de vouloir réévaluer le national-socialisme pour en réduire les responsabilités. Deux ans de polémique s'ensuivront, cette « querelle des historiens » (Historikerstreit) suscitant la publication de près de 1 200 articles et d'une trentaine d'ouvrages.

Que dit Nolte ? Il affirme sans ambiguïté que « l'image négative du IIIe Reich n'appelle aucune révision, et ne saurait faire l'objet d'aucune révision ». Cependant, replaçant le national-socialisme dans son contexte, il s'interroge : si l'assassinat de masse a été la caractéristique fondamentale de ce régime, l'a-t-il été des seuls nazis ? Et d'affirmer l'existence d'un « noeud causal » entre le goulag et Auschwitz : Lénine, selon Nolte, a inauguré un processus abolissant toute distance entre la théorie et les actes. Le discours marxiste sur l'abolition de la bourgeoisie a conduit à la terreur bolchevique, et le discours léniniste et stalinien sur l'élimination des koulaks a entraîné la famine organisée en Ukraine. De même, au terme d'un antisémitisme d'emblée violent, mais purement verbal, les nazis sont passés de la théorie à la pratique avec l'extermination des Juifs. « Le noeud causal, commente Stéphane Courtois, c'est le passage à l'acte fondateur : le crime de masse. » Nolte regarde donc le fascisme et le nazisme comme des phénomènes qui ont leur nature propre, mais qui naissent comme des répliques au libéralisme, et surtout à la violence communiste.

En 1995, dans Le Passé d'une illusion, l'historien François Furet, tout en marquant ses désaccords avec Nolte, saluait à travers lui « une oeuvre et une interprétation qui sont parmi les plus profondes qu'ait produites ce dernier demi-siècle ». Un hommage qui entraînera un échange de lettres entre les deux hommes, dialogue qui paraîtra en 1996 et 1997 dans la revue Commentaire, et qui sera édité ensuite sous le titre Fascisme et communisme (3).

Le « noeud causal » entre communisme et fascisme, Furet le repère plutôt dans la Première Guerre mondiale et le traumatisme qu'elle a laissé en Europe occidentale, provoquant dans des pays comme l'Allemagne et l'Italie une crise du modèle démocratique. Mais l'historien français souligne bien le lien entre les deux systèmes totalitaires : « Personne ne peut comprendre l'un des deux sans considérer aussi l'autre, tant ils sont interdépendants, dans les représentations, les passions et la réalité historique globale. »

Lire Nolte, c'est se confronter à cette méthode comparative. Elle a ses limites. L'historien allemand voit ainsi dans l'Action française, mouvement conservateur et royaliste, une manifestation pré-fasciste, ce qui, dans l'édition « Bouquins », ne convainc même pas Bernard Bruneteau, l'universitaire chargé d'introduire cette partie du Fascisme dans son époque. Par ailleurs, si Nolte, dans Les Fondements historiques du national-socialisme, montre ce que Hitler tirera du pangermanisme, du néo-darwinisme ou de l'antisémitisme de l'Allemagne wilhelminienne, son oeuvre, au total, ne s'étend guère sur les attributs endogènes du nazisme, fruit paroxystique du nationalisme allemand. Cette discrétion gêne le lecteur français, qui n'a pas oublié que la politique étrangère de Hitler (revanche sur le diktat de Versailles, accord avec la Russie contre l'Ouest) rejoignait les buts poursuivis par la République de Weimar.

Il reste l'essentiel. Nolte ne fait scandale que pour ceux qui n'acceptent pas cette réalité : au XXe siècle, le totalitarisme eut deux visages, l'un communiste, l'autre fasciste. Ils furent différents, mais également hideux.


Jean Sévillia
Le Figaro Magazine, 29/03/2008

02.02.2008

Une analyse pertinente des élections municipales lue sur Polémia

a1f0ecf1a5872821eb728830bb53616a.jpgNous trouvons, sur Polémia, une analyse intéressante des élections municipales vues de Paris. Si l'on y ajoute divers paramètres strasbourgeois, on comprend aussi un certain nombre de tendances régionales.

Eric Neustadt

  Municipales 2008 : l’abstention des électeurs de droite sanctionne l’UMP sarkozyste


Les élections municipales de mars 2008 ont été marquées par une abstention exceptionnellement forte, la poursuite de l’affaiblissement du Front national et la défaite naturelle de l’UMP sarkozyste ; dépourvu d’arguments pour mobiliser ses électeurs, le parti majoritaire a été condamné à céder des dizaines de grandes villes aux socialistes et aux communistes.
Explications.


1/ Une abstention exceptionnellement forte due à l’absence de vrais enjeux de fond et à une idéologie municipale unique

Contrairement à la désinformation pratiquée, le dimanche 9 mars au soir, par les journalistes et les instituts de sondage, les Français n’ont pas retrouvé le chemin des urnes. Bien au contraire. Le chiffre de participation du premier tour – 66,5% – est en retrait de 1% par rapport à 2001 et c’est le chiffre le plus faible enregistré depuis 1959. L’abstention a même atteint 39% dans les communes de plus de 3.500 habitants et 44% au-dessus de 100.000 habitants. Et les votes blancs et nuls ont, pour la première fois, dépassé 4% dans les communes de plus de 3.500 habitants.

Au deuxième tour, – dans l’attente des totalisations définitives – l’institut de sondage CSA évaluait à 35% l’abstention, soit 5% de participation en moins qu’en 2001, marquant là aussi un record d’abstention depuis 1959. Sur Paris, de 2001 à 2008 la participation au deuxième tour a baissé de huit points. Dans les communes de plus de 3.500 habitants, l’abstention a atteint 38%, concernant plus d’un électeur sur trois.

Cette forte abstention s’explique aisément par l’absence d’enjeux de fond et l’adhésion des principales listes PC/PS/MODEM/UMP à une idéologie municipale unique : la « gauche » ayant fait mouvement vers la « droite » sur les questions de sécurité et la « droite » vers la « gauche » sur les questions de société. Le vocabulaire « pipo » de la communication a envahi tous les programmes qui se devaient d’être « solidaires » et « éco-citoyens ». (Voir Les municipales à l’ère post-démocratique : http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1609&cat_id=39).

Comme le note justement « Le Monde », dans un article du 16/17mars : « Qu'il s'agisse de logement, de transport, de sécurité ou de petite enfance, l'analyse des bilans et des projets des élus des villes (…) met en évidence des approches souvent similaires dans des communes pourtant dirigées par des maires de bords opposés. Ce pragmatisme explique que la plupart des délibérations examinées par les conseils municipaux soient votées à l'unanimité. Cela explique aussi pourquoi des élus de droite et de gauche réussissent à s'entendre dans le cadre des communautés urbaines et communautés d'agglomération – là où sont mises en œuvre les politiques les plus importantes. »

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16.01.2008

L'immigration ne peut relancer la croissance

f2a0c7d2722ea1a84de56477a15dc4dc.jpegLe Figaro, 11/01/2008
Par Gérard Lafay, professeur à l'université Paris-II.

Pour rechercher les freins à la croissance française, Nicolas Sarkozy a eu la mauvaise idée de confier la présidence d'une commission d'experts à Jacques Attali. Celui-ci avait déjà eu l'occasion d'exercer ses méfaits pendant les deux septennats de François Mitterrand, dont il était l'un des conseillers les plus écoutés. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait proposé une solution qui va à l'encontre du bon sens le plus élémentaire.

Chacun sait en effet que l'économie française est affectée par l'insuffisance de la force de travail, qui entrave nos capacités de croissance et handicape nos régimes de retraite. L'origine de ce défaut se trouve d'abord, chez nous, dans d'absurdes mesures de limitation du travail, tant par le rétrécissement de la période d'activité (retraite à 60 ans) que par le raccourcissement de la durée hebdomadaire (35 heures), deux mesures phares des socialistes. En outre, la baisse excessive du taux de fécondité depuis plus de trente ans a eu comme conséquence une implosion démographique dont les effets catastrophiques commencent à se faire sentir sur tout le continent européen, encore davantage chez nos partenaires qu'en France.

Pour résoudre ces problèmes angoissants, les seules solutions raisonnables sont celles qui s'attaquent aux racines du mal. D'un côté, il faut remettre en cause toutes les mesures limitatives qui, aujourd'hui, ne peuvent plus être considérées comme des «acquis sociaux» ; les premières dispositions prises par le gouvernement pour favoriser le travail vont donc dans le bon sens, à condition d'offrir aux salariés de légitimes contreparties. De l'autre côté, il faut mener une politique démographique globale de long terme, en liant la nature même des régimes de retraite à la constitution du capital humain ; même si la situation est encore plus catastrophique chez la plupart de nos voisins d'Europe que dans notre pays, la France reste en dessous du seuil de renouvellement des générations, correspondant à un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme en âge de procréer.

La politique d'une immigration sélective, préconisée par le rapport Attali, est au contraire l'exemple type d'une fausse solution. C'est une formule à courte vue, bien qu'elle ait déjà été préconisée antérieurement par des hommes de droite, apparemment intelligents, comme Alain Juppé. Même si l'économie française souffre de besoins en travailleurs compétents dans certains domaines, c'est d'abord une erreur qui découle d'une vision étroitement économiste. L'immigration actuelle a déjà un coût réel qui est difficilement supportable pour la France, que mon collègue Jacques Bichot a estimé à 24 milliards d'euros par an. Il faudra y ajouter le coût de l'intégration inéluctable des immigrés déjà présents sur le territoire national, pour un montant que j'ai moi-même estimé à 12 milliards d'euros par an*.

À cette erreur du point de vue français s'en ajoute une autre, qui est encore plus grave sur le plan mondial. Si nous en venions à accueillir chez nous les travailleurs les plus qualifiés, cela signifierait en même temps que nous priverions les pays d'émigration de ces compétences. Ce ne serait pas trop grave pour les pays émergents en expansion rapide, qui ont d'ailleurs peu de chances de voir partir leur main-d'œuvre la plus qualifiée. Mais pour le continent africain, d'où viennent les principaux flux migratoires, ce serait désastreux, qu'il s'agisse du Maghreb ou de l'Afrique subsaharienne. Ces économies ont déjà une croissance insuffisante, qui n'arrive pas à freiner les flux migratoires. Si les plus qualifiés de leurs nationaux, formés chez nous, renonçaient à revenir au pays d'origine, a fortiori si leurs cadres partaient en France et en Europe, chacun de ces pays continuerait à s'appauvrir, entraînant une immigration de masse qu'aucun barrage n'arriverait plus à endiguer.

Jacques Attali a déjà exercé ses ravages pendant les septennats mitterrandiens. Que le président Sarkozy n'écoute surtout pas cette incarnation du socialisme le plus funeste !

*Voir «Immigration/Intégration», colloque de l'Institut de géopolitique des populations, actes publiés sous la direction de Jacques Dupâquier et Yves-Marie Laulan (L'Harmattan, 2007).

30.11.2007

Droite ou pas droite

Il y a quelque temps un débat naissait sur le blog du Robert Grossmann. Véritable agora et lieu d’échange, un débat s’initiait sur la notion de « droite », sur son incarnation politique puis sur les envies, nécessités, volontés de s’affranchir du politiquement correct imposé par la gauche. Sans jamais promouvoir l’alliance avec la bétise, des plumes et commentateurs analysaient la situation et répondaient à Robert Grossmann. Nous publions leurs propos et relançons le débat.

LDS

412b7ca8e44e9ac259d35478054e2cf5.jpgCher Robert Grossmann ,

Depuis le ralliement silencieux du Parti Socialiste à la logique libérale il n'est pas certain que le clivage "droite-gauche" ait encore beaucoup de signification même si, comme le souligne à juste titre le philosophe Jean-Claude Michéa, la "droite" se situe plutôt du coté du libéralisme économique tandis que la "gauche" se mobilise sous l'enseigne du libéralisme sociétal. Ce qui importe c'est que l'un comme l'autre de ces deux versants du libéralisme aboutisse à la même construction sociale puisque reposant sur les mêmes présupposés.

L'ouverture à "gauche" pratiquée par notre président de la République est d'ailleurs éloquente de ce point de vue: "droite" et "gauche" ne constituent plus une polarité pertinente et les clivages se déplacent ailleurs.

En évoquant l'idée d'une droite "respectable, ouverte, tolérante, républicaine" vous suggérez d'ailleurs une définition qui pourrait tout aussi bien s'appliquer à la "gauche" tant cette terminologie "langue de bois" est susceptible de s'étendre à la plus grande partie de l'arc politique. Mais au delà de son aspect conforme, cette formule toute faite a essentiellement pour fonction d'exorciser "l'extrême droite" et d'en conjurer le spectre fantasmatique. Il est certes permis, et même souvent honorable, de n'apprécier ni Jean-Marie Le Pen ni sa petite entreprise familiale, mais le problème c'est qu'à travers ce rejet réitéré jusqu'à l'obsession c'est toute une idéologie qui a pris pied au sein du système politique français pour en devenir l'unique principe moral. Or il se trouve que cette idéologie à prétention moralisante trouve son origine dans une "gauche" internationaliste qui révoque toute idée de frontière et, tablant sur l'unité fondamentale du genre humain, conçoit par principe l'immigration comme un bien (et un juste retour des choses en matière de repentir colonial). La "droite" s'étant laissé piégé par le chantage "antifasciste", il lui est devenu particulièrement difficile aujourd'hui de répondre dans bien des domaines aux exigences du bien commun. Comme par exemple d'envisager sérieusement de réguler des flux migratoires dont la sacro-sainte liberté de mouvement s'ordonne par ailleurs au "laisser faire, laisser passer" qui est au coeur de la logique libérale. Formatée par une gauche qui subit elle-même la pression d'un gauchisme idéologiquement déliquescent mais dont la vulgate s'est répandue dans les média et chez beaucoup de lycéens et d'étudiants, la droite a consenti à des concessions qui risquent bien de la rendre impuissantes. Pour paraphraser Sartre, elle a peut-être les mains pures, mais elle n'a pas de mains.

Bon courage quant même... Coclés

Laurent H, lui, avait également apporté sa contribution :

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01.11.2007

Le Prix des lecteurs du livre d’économie du Sénat : à l’heure où la pensée calculante régit nos vies…

7c03ebb3cbf0b57ba4e210ccecfbaf94.jpgL’initiative est louable : « le Prix des Lecteurs du Livre d'Économie, qui est une initiative du Sénat, a pour vocation de concourir à une meilleure diffusion de la culture économique, en distinguant un ouvrage d'économie scientifiquement incontestable et accessible au grand public. » Ainsi, ce prix des lecteurs du livre d’économie 2007 du Sénat (pour mémoire, près de 12 000 votants l’année dernière et cette année, une forte implication dans le monde des blogs politiques et économiques que nous saluons bien évidemment) permet-il de faire le point sur les sorties récentes des livres à la fois grand public et sérieux d’économie et d’écologie mais s’adressant aussi aux professionnels de l’économie et de la pensée.
La sélection des livres (ci-dessous) reflète les grands problèmes d’actualité internationaux comme la mondialisation, l’écologie ou le piratage culturel mais aussi nationaux, avec la nécessité de la réforme du système français par exemple.
Les approches sont différentes, les chapelles de pensées diverses, mais il y a de véritables explications, questionnements et réponses sur la science économique dans des domaines accessibles au plus curieux des lecteurs et qui donneront de belles armes théoriques aux amateurs de débats argumentés.
Puisqu’ils participent aux débats cruciaux contemporains, il est nécessaire aux livres sur l’économie de donner une pluralité d’avis, tantôt iconoclastes, tantôt classiques.
Jusqu’au 5 novembre minuit, les internautes peuvent voter pour le livre de leur choix, afin de présélectionner 3 finalistes. Le 2e tour aura lieu du 6 jusqu’au 22 novembre 2007.
Le comité scientifique, présidé par Jean-Marc Sylvestre de TF1 et comprenant notamment des personnalités intellectuelles, journalistiques ou enseignantes (Sciences-Po, Université Paris IX et Paris I, Le Point, Métro, La Tribune etc…).
Alors, à l’heure où l’économie régit nos vies (est-ce un bien ou un mal ? Pensons à ce que Heidegger dénonçait déjà il y a quelques dizaines d’années au sujet de l’esprit comptable, de « la pensée calculante »), il est bon de connaître ce qui planifie, ce qui calcule, ce qui compte, pour pouvoir l’appréhender. Il en va ainsi de la chose économique, et de la chose écologique…

À voir sur le site Internet du Sénat, les vidéos des auteurs des ouvrages sélectionnés et pour voter  : http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livree...

- Désordres dans le capitalisme mondial Michel Aglietta, Laurent Berrebi (Odile Jacob)
- Les déséquilibres financiers internationaux Anton Brender, Florence Pisani (La découverte)
- La fin des privilèges. Payer pour réformer Jacques Delpla, Charles Wyplosz (Hachette Littératures)
- L’enfer, ce n’est pas les autres : bref essai sur la mondialisation Pierre Dockès (Descartes et Cie)
- Vers la crise du capitalisme américain ? Paul Jorion (La découverte)
- La crise des années 30 est devant nous François Lenglet (Perrin)
- Petits conseils Laurent Mauduit (Stock)
- La gratuité, c’est le vol Quand le piratage tue la culture Denis Olivennes (Grasset)
- C’est vert et ça marche ! Jean-Marie Pelt (Fayard)
- La croissance américaine ou la main de l’Etat Alain Villemeur (Seuil)

Laurent H.

30.10.2007

LE TEMPS DES CERISES REVIENDRA !

2766784a2feffc682bb3a03749224eba.jpgAu moment où l'ouverture à "gauche" entamée avec succès par le nouveau président de la République confirme la grandissante caducité de la polarité "droite-gauche" et où Dominique Strauss-Khan, "toujours socialiste" selon ses dires, en administre la preuve en intégrant son nouveau poste à la direction du FMI, il nous paraît intéressant de souligner que le "socialisme" ne fut pas toujours la caricature "bourgeoise" qu'il est devenu entre les mains de la Nouvelle Classe et qu'il a su incarner, quand cette étiquette n'était pas encore synonyme d'usurpation, des valeurs que la gauche contemporaine rattrapée par l'individualisme libéral qualifie aujourd'hui de "réactionnaires".
C'est ce que montre, parmi d'autres, Jean-Claude Michéa dans son dernier livre ( "L'empire du moindre mal", Climats, Flammarion, 2007 ). C'est ce sur quoi insiste aussi le dernier numéro de la revue Éléments (en vente dans les principaux kiosques). Ce trimestriel de bon niveau appartient à la galaxie réduite des revues dissidentes et ce numéro 126 analyse ce qu'aurait pu devenir un "socialisme"qui n'aurait pas été annexé, hier par la "gauche" parlementaire et aujourd'hui par les revendications "sociétales" d'un électorat dressé par la stratégie publicitaire de la marchandise.
Ci-dessous l'éditorial d'Éléments.
Coclés

LE TEMPS DES CERISES REVIENDRA !

Le socialisme a longtemps représenté une grande chose. Il a d’ailleurs été une chose avant d’être un mot, car le mouvement ouvrier, à l’origine, ne se définit pas toujours comme socialiste et moins encore comme de gauche. Lointain héritier des guildes et des corporations, né au XIXe siècle de la prise de conscience d’une solidarité d’intérêts entre les membres de la classe laborieuse, il rassemble des déracinés, fils et petits-fils de paysans brusquement jetés dans les grandes villes par la révolution industrielle et qui, menacés par le paupérisme, tentent à leur mesure de recréer des solidarités disparues et de contrôler les conditions de leur existence. Le socialisme naissant est d’abord cela : l’affirmation, face à l’aliénation du salariat et aux exigences du capitalisme bourgeois, des prérogatives du lien social, du vivre-ensemble grâce à des valeurs partagées.

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23.10.2007

Les limites du marketing

ac3647c8ccccd1f1a2e1a59f12586634.jpgCette note va sans doute faire sourire et encore plus lorsque je vous aurais dit qu’elle nous rapproche du point de vue de  Jean Claude Meyer. Là, certains se disent qu’il se passe quelque chose, qu’un tremblement de terre bien plus impactant que le départ de Cécilia est en train de se produire.

Néanmoins, nous devons le dire. Nous sommes d’accord donc avec Schlomo, sur un point au moins. Récemment, nous devançant d’un temps, il a ainsi pu exprimer sa colère face à la francisation d’un nom par la Brasserie Fischer. Nous partageons cette colère !

Alors certes, le marketing a ses lois, mais nous ne partageons pas le choix de Fischer, l’un des dernières brasseries schilickoises d’avoir débaptisé la Doreleï pour en faire une pauvre « Réserve Ambrée ». Si ce changement n’est pas encore effectif sur le site de la marque, cet oubli ne nous empêche pas d’exprimer un courroux légitime.

Certes, la Loreleï et son rocher sont éloignés de Strasbourg, mais les flots ambrées de la Doreleï savaient nous rapprocher du Rhin romantique et nous relier ainsi à Heinrich Heine, à Nerval, à Apollinaire, ce que la réserve ambrée ne fera sans doute pas.

En entendant d’ailleurs le mot réserve, nous nous demandons si ce n’est pas le sort que des marketeux pourraient réserver à l’Alsace, n’être plus qu’une réserve ! Raison de plus de sortir de la nôtre. Il fut un temps où Adelshoffen brassait une Rheingold, un temps heureux et libre, un âge d'or.

Eric Neustadt

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