03.07.2007

Sur le parvis de la Cathédrale, avec les alsaciennes géantes à coiffe, le ridicule ne tue pas (encore)…

c50831119ec43ac1c150eb31e72aa948.jpg« J'adore la nouveauté, bien au contraire, et, curieux de nature, je ne demande qu'à comprendre. Mais il se fait tout simplement que, dans l'avant-garde officielle de notre époque, y compris chez la plupart des artistes que le marché porte actuellement aux nues, je n'ai précisément rien trouvé de nouveau. Rien d'autre qu'un incroyable mauvais goût doublé d'une platitude aux limites de la vulgarité (deux choses vieilles comme le monde). »


Affligeante initiative, presque aussi affligeante que la médiocre campagne actuelle de promotion des Musées de Strasbourg, sous l’intitulé « Ça décoiffe ». C’est sûr… L’humour régionaliste et lourd avait Huguette Dreikaus, on ne savait pas qu’elle sévissait aussi dans la communication des institutions de la Ville !
On imagine les concepteurs de l’opération, très fiers d’eux-mêmes.
Au fait, quels sont les concepteurs de ces Alsaciennes géantes, notamment celle aux motifs égyptiens et au nom d’une finesse “kolossal”, Kopfertiti  ? Voilà un affront de plus quant aux traditions funéraires égyptiennes.

On a bien repéré M. Raymond Waydelich que l'on a connu plus inspiré ; mais toutes ne sont pas signées, notamment l’Egyptienne dont l’auteur n’a laissé qu’un prénom, Olivier… On conseillera à ces gens la lecture roborative de l’essai du philosophe Christian Delacampagne « Où est passé l’art » (Ed. Panama) d’où sont tirées les citations de notre billet. Les tentatives de mélanger humour et “art” peuvent être ridicules ; n’est pas Wim Delvoye qui veut…


« Telle est d’ailleurs la raison pour laquelle le terme « artiste » a été progressivement remplacé, depuis vingt-cinq ans, par celui de « plasticien ». On voit l’avantage : le terme « plasticien » est plastique. Il peut s’appliquer à quantité de gens qui ne font pas du tout la même chose. Et puisqu’il n’évoque pas directement l’art, il n’oblige pas non plus à évoquer les techniques dont n’importe quelle activité artistique sérieuse exigerait la maîtrise. À un plasticien, on ne demande pas ses diplômes d’artisan. On ne lui demande rien, d’ailleurs. Rien d’autre que de penser ou d’en présenter, du moins, les signes extérieurs – c’est-à-dire d’être capable de dire n’importe quoi en ayant l’air profond.
Conséquence ! n’importe qui peut devenir plasticien, pourvu qu’il ait en tête l’idée d’une œuvre et qu’il sache en parler. Après cela, la question est de savoir si l’œuvre sera réalisée par lui ou par d’autres, ou par d’autres sous sa bienveillante mais lointaine direction (je songe au modèle d’entreprise mis en place par des gens comme Sol LeWitt ou Jeff Koons), n’a plus grande importance. À la limite, la question de savoir si l’œuvre sera réalisée tout court est même secondaire. À l’âge conceptuel, c’est le concept qui compte, pas la réalisation.
»


Laurent H.