12.10.2009

Droite de valeurs et valeurs de droite.

08-ALIRE-LesDroitesEnFrance-08811.png.gif"Les héritiers de mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid".

Nicolas Sarkozy – Bercy 2007


Ce qu’il faut désormais nommer « l’affaire Mitterrand » aura forcément des effets directs et d’autres collatéraux sur la vie politique française et plus particulièrement sur un électorat dit « de droite ». Laissons d’abord de côté le livre et l’écrivain (puisque a été rappelée l’inculture du monde journalistique et politique vu que PERSONNE dans ces zones ou presque n’a lu « Ma mauvaise vie ») et revenons-en à l’homme.


Au-delà de ce récit poignant et de cette confession, l’affaire du récent témoignage de moralité vient frapper encore plus les esprits. Vendredi dernier, le Quotidien de la Réunion a ainsi révélé que le ministre de la Culture était cité en tant que témoin de moralité dans un procès d'assises en appel, fin octobre à la Réunion. Trois hommes doivent comparaître ; ils sont poursuivis pour le viol collectif d'une jeune fille de 16 ans…

 

On se souvient de l’impact sur l’image du monde politique d’affaires sordides en Belgique. Aujourd’hui, il y a fort à parier que « l’affaire Mitterrand » en aura un, plus sourd, car elle génère un profond malaise dans l’électorat de droite.En Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, cette affaire aurait déjà été réglée.

 

Femmes, parents peuvent légitimement s’interroger et, selon plusieurs sources en Alsace et ailleurs, des appels et messages viennent secouer élus et fédérations. Les militants, eux, pourraient avoir du mal à « assumer ». Que répondre sur les marchés à d’éventuelles questions ? Imaginons simplement la question suivante posée à de futurs candidats : « légitimez-vous les actes et propos de Frédéric Mitterrand ? ». On laisse chacun répondre.

 

Qu’en est-il aussi à Strasbourg par exemple, où de plus en plus de gens parlent de l’un ou l’autre parlementaire UMP qui pratiquent un clientélisme éhonté avec les sans-papiers, les immigrés d’origines diverses pour leur obtenir logements, papiers, etc… en espérant qu’ils voteront en remerciement aux prochaines échéances ? (idée ridicule soit-dit en passant, tous les sondages le prouvent). Que font ces parlementaires pour leurs électeurs de droite et ceux-ci accepteront encore combien de temps ce genre de trahisons ? S'imaginent-ils qu'ils resteront fidèles quand ces affaires éclateront au grand jour ?

 

On constatera donc que « l’intégration du MPF » (et désormais le silence de Philippe de Villiers) ne cache pas une réalité de terrain : L’UMP, concentrée sur l’ouverture au(x) centre(s) et à gauche, a oublié son électorat de droite. Il ne faudra donc pas s’étonner qu’il parte sous d’autres cieux ou s’en aille pêcher lors des dimanche des printemps. En 2007, Nicolas Sarkozy voulait libérer les consciences embrumées par 1968. Aujourd’hui, la droite de valeurs attend le retour des valeurs de droites. Maintenant !

 

Éric Neustadt

04.08.2009

A l'UMP, un coup à droite...enfin ?

A l'heure où Philippe de Villers rejoint le comité de liaison pour la majorité présidentielle, on lira avec intérêt l'article ci-dessous (certes orienté et à la vision étriquée...) sur l'un des conseillers les plus importants de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. patrick-buisson_le-conseiller-secret-et-dextreme-droite-de-nicoas-sarkozy-300x273.jpg Espérons que ces éléments annoncent enfin un coup de barre à droite de la part du Président...

 

Lu dans Libération :

Buisson, un conseiller très à droite

PORTRAIT / Par CHRISTOPHE FORCARI

Le proche du Président est un intime des milieux nationalistes.

Patrick Buisson, l’un des conseillers politique les plus influents auprès de Nicolas Sarkozy, ferait volontiers siennes les paroles de la chanson d’Edith Piaf Non, je ne regrette rien, chant de ralliement des soldats putschistes de l’Algérie française et des militants de l’OAS, dont il a d’ailleurs écrit une histoire. Il assume et revendique. Les racines, les origines familiales, la culture, les références et les valeurs : tout fait de l’actuel patron de la chaîne Histoire (filiale de TF1) un homme d’extrême droite, même s’il n’a jamais été vraiment encarté dans aucun des groupuscules de cette mouvance. S’il se présente de manière un brin provocatrice comme appartenant à «la génération Occident», il n’a jamais officiellement milité dans ce mouvement nationaliste. Il aura juste fait un bref passage à la Fédération nationale des étudiants de France (Fnef), lors de ses années estudiantines à Nanterre en 1968. Il y croisera, entre autres, Marie-France Stirbois et Bruno Gollnisch, le numéro 2 du Front national qui n’entretient «aucune relation même à titre privé avec Patrick Buisson».

Partisan. Avant de devenir le conseiller de l’ombre du candidat à l’Elysée Nicolas Sarkozy, un peu avant 2005, Patrick Buisson aura toujours été un ardent partisan de l’union de toutes les droites. «Dès 1984, avant que ne se mette en place la stratégie du cordon sanitaire et du front républicain contre le Front national, il militait en faveur d’une alliance entre le parti de Jean-Marie Le Pen et les partis de droite classique», confie l’ami d’un homme qui n’en a guère. Il sera d’ailleurs l’une des chevilles ouvrières du rapprochement entre Bruno Mégret, alors à la tête des Comités d’action républicaine (CAR), et du leader du FN, avec lequel Patrick Buisson continue à entretenir des contacts réguliers. De 1986 à 1987, il dirige l’hebdomadaire Minute, puis dirige la rédaction de Valeurs actuelles, où il croisera le milliardaire anglais Jimmy Goldsmith et Philippe de Villiers, dont il va devenir très vite le conseiller (pour les européennes de 1994) jusqu’en début 2005.

Collaborateur. Alors qu’il officiait déjà pour Nicolas Sarkozy, «il téléphonait à Philippe de Villiers pour lui dire que tel ou tel mot, tel concept testé pour la campagne de Sarkozy fonctionnait plutôt bien. Et les sondages commandés étaient redressés dans un sens plutôt favorable à Philippe de Villiers», raconte un ex-membre de l’équipe de campagne présidentielle du président du conseil général de Vendée. «Patrick a toujours été dans la position qui est la sienne aujourd’hui, c’est-à-dire celle de go between, d’intermédiaire et de conseiller de l’ombre. C’est un solitaire qui fonctionne seul, pas en bande ni en réseau», explique un ancien journaliste de Minute.

Certains lui reprochent alors d’user de sa position influente à LCI et au sein du groupe TF1 pour mieux vendre ses sondages et ses conseils. En clair, refuser ses services revenait à se voir interdire de passage dans son émission politique. «Il est clair qu’aujourd’hui Patrick à de quoi vivre jusqu’à la fin de ses jours», confie un ancien collaborateur de Minute qui lui reconnaît «un indéniable talent et de grandes capacités d’analyse stratégique». En tout cas, grâce à ses conseils, Nicolas Sarkozy sera parvenu à siphonner une partie de l’électorat frontiste que Patrick Buisson connaît si bien.

10.06.2009

Brève analyse des élections européennes.

les-elections-europeennes.jpg1/ EN FRANCE :
- Le premier enseignement de ces élections est la continuelle progression de l'abstention. Traditionnelle, lors des élections européennes, celle-ci s'accroît encore en 2009 malgré le large éventail de listes proposé aux électeurs. Cette évolution marque une défiance grandissante des citoyens tant vis à vis du monde politique que vis à vis de la construction européenne. Elle reflète aussi une dépolitisation liée à la privatisation des enjeux dans l'ensemble des sociétés occidentales.  L'abstention touche particulièrement les classes populaires et les plus jeunes ce qui a des implications immédiates pour les partis qui réalisent habituellement leurs meilleures performances dans ces couches de la population (extrême droite et extrême gauche). Paradoxalement ce sont ces secteurs qui sont aussi les plus exposés aux conséquences sociales de la crise. Faut-il expliquer leur retrait politique comme l'expression d'un fatalisme grandissant ou convient-il de constater que ce qui reste du matelas social réussit, jusqu'à présent, à amoindrir les effets d'une colère légitime ?


- Succès de la droite sarkozyste arrivée largement en tête. Une crise économique  sans précédent, l'usure du pouvoir et les virulentes attaques du PS et du MoDem contre la personne du chef de l'État n'ont pas réussi à affecter son potentiel électoral. Ceci étant, les réserves de voix de l'UMP semblent se tarir. Outre chez certains abstentionnistes elles ne se trouvent plus que chez les souverainistes qui ont subi une lourde défaite. La thématique de "l'Europe qui protège" mise en scène par l'UMP l'a largement emporté sur celle de "la France seule". Malgré l'opportunisme du personnage l'aventure nationale du candidat de Villiers semble prendre définitivement fin car l'homme préférera toujours la présidence du Conseil Général de Vendée, impliquant une alliance avec le parti présidentiel, au choix plus risqué de l'indépendance. Les résultats médiocres des listes Debout la République de Dupont-Aignan confirment  qu'une parenthèse semble se fermer. Dans son essence, sinon dans son expression, l'idée de l'Europe unie n'est plus contestée que par un électorat résiduel.


- Malgré la lourde défaite du Parti Socialiste, la gauche réformiste, également présente chez les amis de Daniel Cohn-Bendit et ceux de Jean-Luc Mélenchon ne recule pas et le camp social-démocrate conserve son potentiel. Miné par les querelles de personne plus que par les débats idéologiques son émiettement risque de se poursuivre jusqu'à ce qu'une personnalité de carrure présidentiable parvienne à s'y imposer. Comme la droite, la gauche est appelée à renforcer son message environnementaliste pour capter un électorat de sensibilité écologiste qui s'accroît en proportion des désastres que génère une croissance devenue aussi démesurée qu'inégalitaire. À cette aune la gauche demeure le seul concurrent sérieux de la droite libérale pour gérer le système sans écorcher fondamentalement les intérêts des oligarchies dominantes.


- De manière générale les forces du "système" renforcent d'ailleurs leur emprise électorale tandis que la contestation à prétention radicale continue de s'affaiblir alors que les circonstances, crise du capitalisme et crise écologique (qui sont fondamentalement une seule et même chose), paraissent pourtant susceptibles de ménager une voie nouvelle pour une contestation de fond.


- Les listes emmenées par Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Éva Joly font jeu égal avec les socialistes et les dépassent dans de nombreuses villes et dans les grandes régions urbanisées comme L'île de France et le Sud-Est. S'adressant aux couches citadines les plus instruites de la population, qu'il serait caricatural de réduire aux "bobos", ces listes sont les seules à avoir pris au sérieux les enjeux proprement européens de cette élection. Emmenées par des personnalités atypiques mais à la notoriété certaine, elles ont labouré le terrain depuis l'automne et n'ont pas hésité à délivrer un message sortant des ornières habituelles de la politique-slogan. Leurs leaders ne pratiquent pas cette langue de bois qui demeure l'apanage de leurs concurrents tout en se gardant de la démagogie simpliste. Autant de choses qui démentent les calculs et les pratiques de la plupart des États-Majors politiques surplombés par les lois de la communication publicitaire.


- L'extrême droite lepeniste met un coup d'arrêt à sa descente aux Enfers. Les 6,3 % d'électeurs qu'elle rassemble, malgré une abstention massive, semble devoir constituer un socle inaltérable. Le parti va donc continuer d'exister sous la houlette de Marine Le Pen. Comme c'était attendu, et comme le passé l'a toujours confirmé, les dissidences qui émaillent ce mouvement depuis des années ne sont pas parvenues à percer dans l'électorat bien que leurs scores ne soient pas ridicules,dans le Centre, comme dans le grand Nord Ouest. Notons pour finir que la liste Dieudonné perd son pari. Même si elle obtient son meilleur score en Seine-Saint-Denis force est de reconnaître qu'elle n'a pas su mobiliser les Banlieues. Pour l'extrême droite comme pour l'extrême gauche celles-ci demeurent des terres de mission rétives à toute politisation. La révolte "politique" des banlieues demeure un mythe tant pour ceux qui y fondent des espérances "révolutionnaires" que pour ceux qui en manipulent le risque afin d'effaroucher les "bons français".


- Enfin, même si un "nationaliste-autonomiste" corse se trouve élu sur la liste Europe-Écologie du Sud-Est, le régionalisme est absent d'une compétition dont les circonscriptions territoriales sont , il est vrai ,incompatibles avec son expression.

2 / EN EUROPE
Les résultats européens confirment pour la plupart les résultats français laissant ainsi apparaître une homogénéisation des réflexes politiques à l'échelle du continent. La droite libérale et pro américaine se renforce partout ce qui signifie que l'ancrage dans le capitalisme et dans la "solidarité atlantique" vont  se trouver confirmés. D'autant que la stature et le charisme du nouveau président américain rendent son pays moins haïssable même si la stratégie globale de l'hyperclasse étatsunienne reste pour l'essentiel inchangée. Le rêve d'une Europe autonome dans le concert mondial des grands espaces s'éloigne. Le slogan de l'Europe-puissance apparaît de plus en plus comme un voeu pieux. Amère constat d'une sortie de l'Histoire.


Le recul de la social-démocratie est général ce qui ne fait qu'enregistrer l'usure d'un discours qui n'a pas su s'adapter au défis d'un libéralisme conquérant, souvent mâtiné de "populisme", qui parle sans complexe le langage de l'efficacité et de la flexibilité ouvrant notre espace à des flux toujours plus grands d'hommes, de capitaux et de marchandises. L'économie comme destin, tel est le mot d'ordre de la plupart des élites. En ce sens le succès de la "droite européenne" est aussi l'indice d'une défaillance identitaire. De nombreux observateurs font par ailleurs remarquer que l'extrême droite progresse presque partout, ce qui est exact, mais peu mettent le doigt sur les impasses que celle-ci véhicule. Ces impasses sont de deux ordres. Nombre de ces mouvements sont tenaillés par un imaginaire libéral qui fait d'eux, en cas de besoin, de simples forces auxiliaires et provisoires de la droite libérale, c'est à dire d'une idéologie qui incarne le contraire de ce que l'extrême droite est sensée "penser". le deuxième point c'est que ces extrême droite étant souvent sous l'emprise des archéo-nationalismes, elles sont évidemment incapables de s'entendre et de peser à l' échelle du Parlement Européen. Il va de soi, par exemple, que pour un "nationaliste" hongrois l'ennemi principal c'est le "nationaliste" roumain ou slovaque, bien plus que le le "système", concept abstrait difficile à imager. Il en va évidemment de même pour le nationaliste roumain. On pourrait multiplier les exemples.


À contrario on peut dire que le succès des écologistes à l'échelle du continent est beaucoup plus porteur d'avenir que les succès des extrême droite, tout simplement parce que l'écologie unifie tandis que le nationalisme sépare. Cependant l'écologie qui triomphe est prête à bien des accommodements comme l'a montré, il y a quelques années, la campagne de Cohn-Bendit en faveur du oui libéral et libre-échangiste au Traité Constitutionnel Européen.
Au total, aucune force ne semble se dégager à l'échelle du continent qui puisse faire barrage, voir même freiner, la réalisation du "modèle" européen tel qu'il est conçu par les oligarchies dirigeantes et mis en musique à Bruxelles. Celui d'une Europe impolitique, sans histoire et sans frontières, simple segment du marché international. Une Europe qui ne s'accorde qu'un seul magistère, celui des droits de l'homme universel prêchés sans relâche dans l'indifférence d'une planète qui partout ailleurs pratique le réarmement guerrier et puise de nouvelles énergies dans le recours à ses ressources identitaires.


Coclés

28.05.2009

Face à Sarkozy, de quoi le communiste Badiou est-il le nom ?

Alain Badiou a le mérite d'exister, tel Hibernatus. Critique féroce de la présidence de Nicolas Sarkozy, héros de l'extrême gauche, philosophe communiste aux ventes de livres plus que confortables, Badiou récidive dans un entretien accordé à Rue89.

 

Badiou continue à utiliser l'expression de "barabarie sarkozyenne" en assimilant grosso modo, le Président de la République, l'UMP, la droite en général et même ses électeurs à des barbares dangereux, sécuritaires, réactionnaires. Bref, des "fascistes" en langage simplificateur actuel, aisément digérable par ceux qui aiment le manichéisme en politique.

 

Tout n'est pas néanmoins à jeter dans ce discours classiquement de gauche, notamment sa critique du capitalisme. Comme souvent dans ce camp, les effets sont bien analysés mais pas forcément les causes ni les solutions.

 

En attendant, les équipes de l'UMP sont mobilisées par les élections européennes et s'apprêtent à crier victoire dans quelques jours, sans se douter de la dureté et de la radicalisation de ses adversaires. Il serait bon aussi d'écouter les chantres des lendemains qui chantent, pour contrecarrer leur discours...

 

Laurent Husser

 

 

03.04.2009

Rencontre Obama - Sarkozy au Palais des Rohan : La Droite strasbourgeoise y était... évidemment !

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31.03.2009

INTÉGRATION À L'OTAN ET DÉSINTÉGRATION DE L'EUROPE PUISSANCE

OTAN-2d499.jpgDans quelques jours, conformément à la volonté exprimée de longue date par le président Sarkozy, la France entrera pleinement dans le commandement intégré de l'OTAN. Cette décision est, certes, l'aboutissement d'un processus de rapprochement progressif entamé depuis de nombreuses années. Elle n'en divise pas moins toutes les familles politiques et ranime des clivages anciens. Deux camps principaux se dégagent.


- D'une part ceux qui à droite comme à gauche s'y opposent, soit au nom de la souveraineté de la France seule, soit au nom d'une Europe de la défense à construire, indépendante des États-Unis d'Amérique, de leur prétention hégémonique, et de l'aventurisme guerrier dont ils font preuve. Mais la plupart de nos partenaires continentaux se montrent pour le moins réticents et préfèrent confier leur destin à la problèmatique bienveillance de la "puissance indispensable". Il est vrai que l'indépendance a un prix et que de nombreux européens exténués par l'Histoire ne sont pas disposés à l'acquitter.


- D'autre part ceux que la vassalité ne rebutent pas et qui se réjouissent de ce retour. Au delà des effets de manche tactiques ils sont aussi nombreux à droite qu'à gauche. leur argumentaire se résume le plus souvent à dire que de toute façon cela ne change pas grand chose à la donne présente. À l'appui de leur plaidoyer certains évoquent aussi les valeurs communes menacées qui uniraient les deux rives de l'Atlantique. L'union militaire la plus intégrale du camp "occidental" étant selon eux le meilleure gage d'une défense efficace face à la "barbarie".
Pour nos lecteurs nous reproduisons ici deux articles antagonistes sur cette question. Tous les deux cependant situent leur réflexion dans l'optique d'une Europe puissance actrice de son destin dans le cadre d'un monde multipolaire.


Le premier article est paru il y a quelques jours sous la signature d'Alain de Benoist, un intellectuel qui est aussi l'un des piliers de la revue "Éléments". Il est radicalement opposé à l'intégration dans un appareil totalement dominé par les États-Unis et au service, in fine, de leurs seuls intérêts stratégiques. Pour le second, la querelle serait essentiellement rhétorique. C'est pourquoi Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur en géopolitique à l'université de Paris VII  se montre plus conciliant avec la décision du chef de l'État. Pour lui les nations occidentales doivent relever ensemble les nouveaux défis mondiaux, et en premier lieu celui du "terrorisme islamique".

 

Coclès

 


LE RETOUR DE LA FRANCE DANS L’OTAN

 

Une analyse  Alain de Benoist

 

C’est désormais officiel, mais l’annonce en sera faite à l’occasion du sommet prévu les 3 et 4 avril prochains à Strasbourg et à Kehl, pour le 60e anniversaire de l’Alliance atlantique : la France va réintégrer les structures militaires intégrées de l’OTAN. Le premier à en être informé a été le secrétaire général de l’Alliance atlantique, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, qui a rencontré Nicolas Sarkozy en février dernier, après avoir été reçu en audition par les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l’Assemblée nationale.      Avec cette décision, lourde de conséquences politiques et diplomatiques, le chef de l’Etat français rompt avec une tradition d’indépendance nationale vieille de plus de quarante ans que tous ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, avaient (plus ou moins) respectée.      C’est en effet en mars 1966 que le général de Gaulle, posant clairement le problème de la compatibilité de l’OTAN avec les intérêts et l’indépendance de la France, avait pris la décision la plus importante sans doute de sa présidence, en annonçant le départ de la France des structures intégrées de l’OTAN, c’est-à-dire du dispositif plaçant les forces alliées sous l’autorité des Américains, et en exigeant le démantèlement de toutes les bases et installations américaines présentes sur le sol national. Il rejetait ainsi une tutelle faisant de la France un pays vassal des Etats-Unis.


La conviction du Général s’était faite bien avant son retour au pouvoir en mai 1958. Dès le milieu des années 1950, l’OTAN était déjà largement discréditée à ses yeux, dans la mesure où elle impliquait une inféodation inacceptable de la politique étrangère française au leadership américain. C’est la raison pour laquelle, le 17 septembre 1958, quelques mois à peine après la fondation de la Ve République, le général de Gaulle avait adressé au président américain, le général Dwight Eisenhower, et au Premier ministre anglais, Harold Macmillan, un mémorandum réclamant la création d’un « directoire » tripartite de l’Organisation composé des trois puissances américaine, britannique et française. Cette demande se heurta rapidement à une fin de non-recevoir de la part des Etats-Unis. L’année suivante, au printemps 1959, le Général décidait de retirer du commandement de l’OTAN la flotte française de Méditerranée (elle sera également retirée en 1964 du commandement allié de l’Atlantique), puis, à l’automne 1960, de n’affecter que partiellement les forces françaises à la défense aérienne intégrée mise en place dans le cadre de l’OTAN. En 1962, il décidait également de ne pas replacer sous le commandement Centre-Europe de l’OTAN deux divisions françaises qui en avaient été retirées lors du conflit algérien, et précisait que la France se tiendrait dans un rôle de réserve par rapport à la « défense de l’avant » que l’organisation intégrée entendait alors mettre en place en Allemagne le long du rideau de fer. A partir de 1963-64, l’affirmation de l’indépendance de la France devint indissociable de la création d’une force de dissuasion nucléaire française indépendante et d’une contestation générale de la politique des blocs instaurée à Yalta. La décision de mars 1966 sera la conséquence logique de cette politique mûrement réfléchie.

 

Le 21 février 1966, au cours d’une conférence de presse, le général de Gaulle annonce donc le retrait de la France de l’OTAN. Le 7 mars, il fait part au président américain Lyndon B. Johnson de l’intention de la France de recouvrer l’« exercice entier de sa souveraineté ». Deux mémorandums à l’intention des Etats membres de l’Alliance, datés des 11 et 29 mars, en détaillent les modalités. Tout en restant membre à part entière de l’Alliance atlantique, la France se retire de la structure militaire intégrée de l’OTAN. Les forces françaises affectées au commandement de l’OTAN cesseront de l’être à dater du 1er juillet 1966, et les troupes et installations militaires américaines devront avoir quitté le territoire national avant le 1er avril 1967. Les détails de la coopération future entre la France et l’OTAN seront précisés par la négociation qui s’engage à l’automne 1966 entre le général Charles Ailleret, chef d’état-major des armées françaises, et le général américain Lyman Lemnitzer, commandant suprême des forces alliées en Europe. Cette décision aura pour conséquence le transfert en Belgique du Commandement suprême de l’OTAN (SACEUR), jusqu’ici installé à Rocquencourt, près de Versailles.


Bien qu’elle représente une incontestable rupture, la décision de Nicolas Sarkozy ne surprend toutefois pas vraiment. Au cours de ces dernières années, nombre de hauts responsables de l’establishment militaire français sont devenus autant d’agents d’influence de l’atlantisme, tandis que, du côté de la classe politique, la volonté d’indépendance de la France vis-à-vis de l’OTAN s’est incontestablement affaiblie.

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18.12.2008

Quand Dominique de Villepin épingle M. Sarkozy...

devillepin.jpgLes récents développements de l'affaire Clearstream, qui prouvent le harcèlement dont fait l'objet M. Dominique de Villepin ne semblent pas le faire taire, au grand dam du locataire actuel de l'Elysée... Dans un pays anglo-saxon les manoeuvres présidentielles auraient été suivies d'enquêtes journalistiques ; ce n'est évidemment pas le cas en France, puisque "l'investigation" journalistique est quasi-absente de notre paysage médiatique (sauf pour évoquer les sans-papier, l'immigration etc...).

 

Lisons ou écoutons  les propos de ce matin sur les ondes de France Inter de M. Villepin...

 

Plan de relance:
«Je pense que ce plan met l’accent sur un certain type d’investissement, en particulier les travaux publics et les infrastructures, et je pense que cela n’est pas suffisant pour aider notre pays. Je pense que ce plan doit être complété». «Sans doute (ne faut-il pas) faire l’impasse sur la consommation». «Je crains que nous n’ayons pas encore conscience en France de la gravité et de l’ampleur de la crise.» «Il faut sortir de la confusion des projets, de la confusion des initiatives».

Travail le dimanche:
«Il y a des débats inutiles». «Tout ça pour ça. Il y avait possibilité de travailler cinq dimanche par an, on va passer à huit. On voit que cela divise les parlementaires (…). Je pense que c’est un débat inutile, alors qu’on sait que le travail le dimanche ne permettra pas d’augmenter le nombre d’emplois et n’aura pas d’effet sur notre situation économique.

Réforme de l’audiovisuel public:
«On pause un problème d’équilibre financier (à France Télévisions) et on entre des une régression sur le plan des libertés publiques en nommant le président de France Télévision par le président de la République». «Ce n’est pas seulement une régression symbolique. Tout ce qui vient réduire (la) capacité d’expression est dangereux». «Tout ce qui peut conduire à donner plus de pouvoir à quelques-uns doit être regardé avec beaucoup suspicion».

Risque de crise sociale:
«J’ai souvent discuté de ces questions avec Nicolas Sarkozy. Il a toujours eu une conviction profonde qui est que quand ça va très mal, le risque social est moins grand. Moi je n’ai jamais partagé cette analyse».

Déficits publics:
«Est-ce qu’on peut continuer à distribuer tous le jours des milliards qui vont finir pas nous coûter très cher ? Je rappelle un chiffre. J’ai laissé un déficit public de 36 milliards  d’euros que nous avions réduit pendant 2 ans (…). Ce déficit public en 2009 sera de 80 milliards».

Discrimination positive:
«Face au projet de discrimination positive, qui a longtemps tenté le président de la République, il faut être vigilant sur ces principes».

2012:
«Nicolas Sarkozy sait qu’en 2012 il sera jugé à ses résultats. (…) Je pense que si l’on poursuit dans la voie actuelle, ces résultats ne seront pas aux rendez-vous. Et je pense que personne pourra considérer que cela sera une surprise. Parce que c’est prévisible».

Politique étrangère:
«Au-delà de sa gestion de crise qui a montrée qu’elle était capable d’efficacité, (…) il faut aller beaucoup plus loin. L’Europe ne pèse pas suffisamment dans les affaires du monde et la France doit préserver à tout prix son indépendante. Nous avons un rendez-vous dans quelques mois sur «faut-il ou non rentrer dans l’OTAN?». Je pense que cela diminuerait les capacités d’initiative de la France et réduirait son indépendance.

Affaire Clearstream:
«L’affaire ne pèse en rien sur les positons et le discours politique qui est le mien. (…) J’ai dit qu’il  y avait une confusion dans ce dossier entre la situation d’une partie civile privée, Nicolas Sarkozy, et ses fonctions présidentielles qui de ce point de vue ne manquait pas d’influer sur la façon dont le dossier a été géré».

17.12.2008

Comment le quotidien Le Monde ment au sujet de la "discrimination positive" et comment M. Sarkozy poursuit un travail de sape de la société française

arton99.jpgLu ce jour dans Le Monde :

"Les programmes de discrimination positive se multiplient en France, que ce soit dans l'enseignement supérieur ou dans le monde du travail. Ces initiatives sont très diverses dans leurs ambitions, leurs modes de fonctionnement et leurs résultats. Mais une chose les réunit : en aucun cas il ne s'agit de discrimination positive sur une base ethnique, strictement interdite en France. Elles privilégient une discrimination positive basée sur les inégalités sociales ou géographiques, en ciblant les zones urbaines sensibles et les quartiers défavorisés."

 

Ceux qui ne s'accomodent pas de la novlangue actuelle, liront ici évidemment que la "discrimination positive" se fait bien sur une base ethnique, puisque cette citation évoque les banlieues à population principalement immigrée.

Avec la récente polémique autour du journaliste Eric Zemmour, nous aurons bien compris que le mot "race" (que certains semblent évacuer un peu trop vite du vocabulaire français), est visiblement le point central du discours politique actuel. Ce discours — porté principalement par le chef de l'Etat — va encore s'affirmer plus, puisque le Président va prononcer aujourd'hui un discours sur "l'égalité réelle des chances et la promotion de la diversité" à l'Ecole polytechnique, près de Paris, symbole de l'élite française qu'il souhaite ouvrir plus largement aux minorités" et qu'il aimerait retoucher la Constitution Française pour illustrer cela...

 

Chacun comprendra encore que M. Sarkozy travaille activement à détruire définitivement cette fameuse élite française, dont il ne restera bientôt plus que des lambeaux, qu'il faudra par souci d'égalitarisme et d'antiracisme dogmatique, définitivement lacérer.

Oui, comme l'indique bien la catégorie dans laquelle nous rangeons cette note, le désert croît...

 

Laurent Husser

24.10.2008

LE MAUVAIS SORT S'ACHARNE SUR LE PRÉSIDENT SARKOZY.

sarkozy-poupée-vaudou.jpgAlors que notre Président fait feu de tout bois pour civiliser la jungle financière et en finir avec les pratiques barbares d'un capitalisme de fauves, des forces occultes semble vouloir s'acharner sur sa personne.

On savait depuis quelques jours que son compte bancaire personnel avait été piraté il y a quelques semaines par d'audacieux malfrats. Lancées à leurs trousses  les polices de France et de Navarre ont fini par leur mettre la main au collet. Selon la presse il s'agirait de deux citoyens congolais (ou Sénégalais, selon les sources) dont les dépêches ne précisent pas s'il s'agit d'immigrés clandestins aux bons soins du Réseau Éducation Sans Frontières ou si il s'agit d'immigrés choisis dont la présence sur le territoire national pourrait s'inscrire dans la ligne volontariste du ministre Hortefeux.

 

Ce qui est certain c'est que leurs indéniables compétences informatiques semblent les désigner pour une carrière de haut vol dans les arcanes d'un système financier que des irresponsables prétendent, hélas, moraliser au nom d'une conception archaïque de l'éthique. Mais ce n'est pas tout.

 

Sans doute victime des retombées maraboutiques que son discours de Dakar n'a pas manqué de déclencher dans l'ensemble d'un monde noir blessé, à juste titre, de se voir réduit à un immobilisme qui est une injure patente (et un tantinet "raciste") au sens du progrès qui anime l'ensemble de l'humanité, notre Président doit désormais affronter les innombrables dangers de l'envoûtement. Qu'on en juge. Le 17 octobre il a du se résoudre à porter plainte contre un manuel vaudou paru quelques jours plus tôt. Celui-ci est assorti d'un kit féticheur complet (Ed. K & B)avec figurine de tissu à son effigie et aiguilles farceuses que l'acheteur est invité à planter méchamment dans le torse et les jambes du chef de l'État afin de réduire la République à l'impuissance. Soyons juste, un autre matériel sorcier, mis en vente le même jour par le même éditeur s'en prenait, lui, à Ségolène Royal. Mais, tandis que le premier était tiré à 20 000 exemplaires, le second ne l'était qu'à 12 000. Cette offense machiste à la parité  laissera t-elle la HALDE indifférente? Une chose est sûre, c'est qu'une telle accumulation de sortilèges ne peut pas relever du seul hasard. Alors que notre Président entreprend de sauver la planète en répandant la magie blanche de son verbe sur les plaies d'une finance exsangue, une magie noire agit dans l'ombre, sourde au bien commun et indifférente aux appels à l'unité nationale.

C'est consternant !

 

Coclés

19.08.2008

Honneur et patrie

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 Honneur à ceux qui sont tombés !

Dix parachutistes français de la force de l'OTAN en Afghanistan ont été tués dans une embuscade tendue par des talibans. Vingt et un militaires français ont également été blessés mais leur "état sanitaire est maintenant stabilisé", a indiqué le ministre de la défense, Hervé Morin. Les combats se sont déroulés lundi à une soixantaine de kilomètres à l'est de Kaboul et se sont poursuivis dans la nuit.

"Des appuis aérien et terrestre de la coalition ont été engagés au profit des unités au contact. Les combats très violents ont duré plusieurs heures et une opération est toujours en cours dans la zone", a précisé le ministre. Les soldats tués appartenaient au 8 e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Castres (Tarn). Un numéro vert (0800 74 75 75) a été ouvert pour les familles des militaires présents en Afghanistan. L'Elysée, qui a confirmé le bilan, annonce que Nicolas Sarkozy se rendra sur place dès mardi soir.

 

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 I. Si tu crois en ton destin,
Si tu crois aux lendemains
L’ami, faut pas hésiter :
Prends ton sac et viens sauter,
Avec nous tu pourras marcher,
Tu pourras être et durer.

Pour aimer et pour souffrir,
Y’a pas deux moyens de trouver tout ça
Pour toi, sans aucun doute,
Viens chez les paras !

II. Si tu retournes au pays,
Si tu vas revoir ta mie,
Pour nous tu lui conteras
Nos chants, nos cris, nos combats.
Mais qu’elle t’attende ou qu’elle t’oublie,
Pense à ceux qui sont là-bas.

Pour aimer et pour souffrir,
Y’a pas deux moyens de trouver tout ça
Pour toi, sans aucun doute,
Viens chez les paras !

III. Si tu vas au bout du risque,
Si tu tombes sur la piste,
La piste garce et cruelle,
La piste sauvage et belle,
Mourant tu sauras l’aimer
Car elle t’aura tout donné.

Pour aimer et pour souffrir,
Y’a pas deux moyens de trouver tout ça
Pour toi, sans aucun doute,
Viens chez les paras !

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