20.11.2009

Evasion de capitaux, un business communautaire

Transcash … notez le nom écoutez la pub… Oui, celle-ci  qui parle de transferts de footballeurs où plutôt d’homonymes de footballeurs.

Messieurs Benzéma, Ben Arfa et Chamakh profitent de ce nouveau service de transfert d’argent low cost pour envoyer de l’argent au pays.

 Si l’on avait besoin de précisions, c’est l’AFP qui s'y colle: « Des cartes de paiement Visa sans compte bancaire, principalement destinées à faciliter le transfert d'argent des populations immigrées, seront lancées mardi dans la grande distribution, une première en France selon la société qui les commercialise »

Si ce n’est pas de l’évasion organisée de capitaux, cela y ressemble. En pleine crise, on appréciera et on verra ce qu’en diront les Ministères concernés, mais aussi nos chers députés. Nos colonnes leur sont ouvertes. Sauf la 5ème !

24.10.2009

Frédéric Mitterrand, le ministre au pied d’argile et les rappeurs

morsay.jpgNous avons écrit ce que nous pensions de « l’affaire Mitterrand » en temps et heure. Nous avons aussi exprimé en d’autres temps, ce que nous pensions de certains clips de raps violents et racisants (dont certains, tournés en Alsace continuent de polluer la toile). Aujourd’hui les deux positions se croisent avec la dernière intervention du ministre de la Culture.

Cet été, Frédéric Mitterrand avait ainsi été l'un des seuls hommes politiques à prendre la défense du rappeur Orelsan, décrié même par Ségolène Royal, pour sa chanson «Sale pute». Et là, voilà le ministre, amer, de dénoncer les paroles du dernier clip de Morsay, le leader-rappeur du collectif Truand 2 Lagalère.

«J'ai 40 meufs et j'ai toujours la dalle, c'est Morsay j'nique la police municipale» indique le refrain porté par un clip où des « figurants » portent des armes à feu et évoquent gestuellement l’égorgement.

Bien entendu, ce clip véhicule lamentablement l’imagerie pseudo-rebelle héritée de l’Amérique, mère patrie du Rap. Bien entendu, les attaques contre les forces de l’ordre municipales et nationales méritent condamnations et de véritables poursuites. Mais, le ministre de la Culture n’est-il pas aujourd’hui un peu fragilisé dans cette mission-là ? Il ne fait nul doute que les rappeurs lui rappelleront la chose.

23.10.2009

Badaboum, les Bibliothèques idéales se sont cassées la gueule…

livres.jpgCette fois-ci, personne aux DNA ne pourra faire d’article élogieux sur un événement culturel récent, les Bibliothèques idéales…

 

Déjà ce nom, mon Dieu, pourquoi avoir changé le titre original, Bibliothèque idéale ? Est-ce que la Mairie n’a aucun conseiller en Com pour expliquer qu’on ne change pas un nom qui gagne ? À moins qu’évidemment il fallût se démarquer des prédécesseurs à la tête de la ville…

 

Ensuite, les chiffres. Ouïe, les Dernières Nouvelles d’Alsace nous apprennent ce matin que 3700 personnes se sont déplacées sur les divers lieux de manifestation.

 

Lors de la première édition, 6000 personnes, la 2e : 10 000…

On dirait que les étagères de la bibliothèque se cassent la figure, non ?

 

Mais nous tenons le coupable ! Il paraît que c’est parce que cette manifestation n’avait pas eu lieu l’an dernier (elle n’a pas eu lieu parce que la Chargée de la Lecture publique et son Adjoint à la Culture se sont mal débrouillés, c’est aussi simple que cela).

 Peut-être aussi que c’est dû à la diversité des lieux. Peut-être que c’est aussi dû à l’un des maîtres d’œuvre, M. Spire, appelé à la rescousse moyennant un beau chèque (on murmure un chiffre de…30 000 €). Il est vrai que les dépenses ne s’arrêtent pas là puisque la plupart des intervenants se sont fait payer aussi (quoi, 700 € ? Une paille !)

 

Mme Souad El Maysour doit être bien chagrine. Il est vrai qu’elle est l’artisane principale de la manifestation…et de son échec. Mais elle s’empresse d’appliquer la méthode Coué. Il paraît que la médiathèque Malraux a « attiré un public plus jeune, pas habitué à ce genre d’événement ». Sûr que ce public jeune a dû adorer la présentation de M. Birnbaum par exemple sur les Maos reconvertis en néoconservateurs par exemple…

 

Il paraît aussi, toujours d’après notre passionaria anticolonialiste que cela  a permis de « démystifier le rapport à l’auteur et de bouger les lignes de la littérature à Strasbourg ».

 

Sacrée langue de bois, sacrés mensonges. C’est vrai que les lignes de la littérature avaient besoin de bouger, la bonne blague. C’est vrai qu’en termes de démystification, elle ferait bien de faire attention aux mots qu’elle emploie…

 

Les rumeurs courantes d’une éventuelle démission d’un adjoint pourraient finalement se concrétiser.

Car à la Culture, on se demande encore s’il y a un capitaine. Après tout, notre analyse assassine il y a un an sur ce sujet était plutôt juste…

 

Laurent Husser    .

04.10.2009

ÉLECTIONS RÉGIONALES : BIEN MAL ACQUIS PROFITERA-T-IL TOUJOURS ?

images.jpgIl ressort de toute une série d’élections partielles que l’électorat de la droite parlementaire aurait gravement chuté depuis la campagne présidentielle.

 

À telle enseigne que dans de nombreuses villes, on assiste non seulement à une montée en puissance des votes de droite "hors UMP" mais que des communes jusqu'à là détenues par la majorité lui échappent au profit d'une nouvelle mouture de la gauche plurielle.

 

Lors des Élections Européennes, les observateurs ont sous-estimé la dynamique des votes hostiles à la majorité présidentielle et l'éparpillement des voix de droite.

 

La nouvelle ouverture pratiquée à droite avec l'intégration du MPF de de Villiers ne semble pas à cet égard devoir changer la donne, sauf dans certains secteurs de l'ouest du pays. En effet, ce ralliement se réduit pour l'essentiel à celui d'un appareil durement étrillé et une partie des troupes se refusent à suivre comme on le voit dans la région Provence-Alpes-Cote d'Azur avec l'entrée en lice d'une liste "Ligue du Sud"

 

Le parti unique a aujourd’hui son talon d’Achille. Il tient donc aux limites de l’exercice :

-     a) quand l’élection est à deux tours

-     b) quand aucune personnalité régionale ne se trouve en mesure d'incarner avec force la "droite sarkoziste".

 

La clé du scrutin prochain ne sera donc pas, au premier tour, la capacité d’ouverture de la droite, mais bien sa capacité à mobiliser son électorat et à répondre à des « attentes droitières » toujours tentées par la dispersion.

 

Nous sommes dans l’ère du zapping électoral et ceux qui sont déçus de s'apercevoir que certaines promesses présidentielles n'ont pas été tenues pourraient ainsi choisir les « régionales » pour manifester leur mauvaise humeur.

 

Ceux qui estiment aujourd’hui que l’électorat de droite est définitivement acquis commettent une erreur stratégique. Une partie de cet électorat a été conquise à l'arraché par un discours sécuritaire qui est loin d'avoir rempli toutes ses promesses. « Bien mal acquis profitera-t-il toujours " ?

03.10.2009

QUAND L'ÉDUCATION NATIONALE TAPINE EN BANLIEUE...

bonnet_d_ane.jpgVendredi 2 octobre. Un titre dans Libération : "Des élèves payés pour venir au lycée." Est-ce un canular ? Non pas. Pour lutter contre l'absentéisme massif qui affecte certains établissements de la région parisienne, l'académie de Créteil expérimente une nouvelle recette tirée du sac à malices du Haut Commissariat à la Jeunesse. Les classes les plus touchées par la déscolarisation se verront attribuer une cagnotte pouvant atteindre 10 000 euros si elles parviennent à ramener dans le bercail éducatif les brebis égarées qui préfèrent la glande ou la maraude à la contrainte d'une présence régulière entre les murs du lycée. Comme dans la logique commerciale l'opération fait l'objet d'un contrat signé entre partis égaux, l'administration d'une part, les élèves d'autre part.

La récompense est indexée aux résultats obtenus par le "groupe classe". Cette prime d'assiduité ne sera évidemment pas versée individuellement aux plus méritants sujets de la classe citoyenne mais permettra de réaliser des voyages éducatifs ou des projets d'intérêt collectif. La version lycéenne du "travailler plus pour gagner plus" en quelque sorte. Il s'agit d'une expérimentation, nous rassure-t-on qui sera étendue en cas de résultats probants.

Jusqu'où va-t-on descendre ?

L'instruction est un don, coûteux et nécessaire, que la collectivité consent gratuitement à tous les jeunes qui résident sur le territoire de la République. Acquérir l'instruction que l'école délivre est pour chacun d'entre eux le gage d'une intégration sociale accomplie et d'une formation permettant une existence digne au service du bien commun. De tout cela, et pour des raisons diverses, de plus en plus de jeunes n'ont cure. Parmi eux, beaucoup sont issus de l'immigration d'origine africaine. C'est un constat que font tous les rectorats. Plus s'aggrave la déscolarisation précoce dans ces milieux et plus l'intégration républicaine acquiert les contours d'un mythe mensonger. Beaucoup le savent mais la plupart se taisent de peur de se trouver assimilés au pire. "Mal nommer les choses, disait Albert Camus, c'est ajouter au malheur du monde." L'omerta ne nous prépare pas un avenir radieux. 

L'état-Providence est exsangue et endetté jusqu'au cou mais qu'à cela ne tienne, la fiction de l'harmonie diversitaire devant être maintenue coûte que coûte, l'éducation nationale choisit de rattraper par la peau des fesses les absentéistes chroniques par le seul argument qui fait sens dans le monde nihiliste que le néo-libéralisme a construit : "la gagne" ! À ce compte là, l'éducation nationale choisit d'entrer en concurrence avec ce qui mobilise concrètement les absentéistes qu'elle entend sauver à tout prix : la simple fainéantise parfois et, trop souvent, les réseaux informels de la drogue, du vol, du recel, de l'arnaque, du trafic, de la razzia, des détournements de fonds, du racket... 

Ce qui demeure dans ce pays d'utopie progressiste et d'idéalisme pédagogiste ne peut se résoudre à comprendre qu'une part grandissante de la jeunesse est devenue inéducable (et par conséquent inemployable) et ceci tout particulièrement parmi ceux qui constituent les phalanges d'une diversité que la nouvelle religion du métissage interdit de définir pour ce qu'ils sont. Non pas ce qu'ils sont "par essence", mais ce qu'ils sont devenus dans un Occident qui n'a plus rien d'autre à leur enseigner que le culte de l'argent.  

12.09.2009

"C'EST QUAND IL Y EN A BEAUCOUP QU'IL Y A DES PROBLÈMES"

hortefeux-video.jpgC'est l'histoire de l'arroseur arrosé, un grand classique dans le théâtre de Guignol.

 

On s'en souvient : il y a quelques jours le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux virait sans ménagement et sans la moindre enquête préalable un préfet suspecté de propos racistes sur le seul témoignage, controversé, d'une concitoyenne antillaise. Les mauvaises langues assuraient alors que la précipitation du ministre trouvait son explication dans son souhait de lisser une image mise à mal par son action à la tête du ministère de l'Immigration et de l'identité nationale.

 

Si aucun document probant ne permettait d'accuser le préfet, les récents propos tenus par le même ministre lors de l'université d'été de l'UMP ont fait en revanche l'objet d'un enregistrement en bonne et due forme. Difficile dès lors d'échapper à la réprobation organisée des Panurge médiatiques et à la vindicte télécommandée de l'opposition. Si ce n'est Manuel Valls, demeuré d'une discrétion d'archange, tous les ténors de la gauche s'y sont mis, rivalisant de vocalises vertuistes. Et le roulement de l'artillerie lourde antiraciste n'est pas prêt de s'interrompre.

 

Le gouvernement est, bien entendu, solidaire du ministre égratigné, mais puisque les propos ne peuvent être niés c'est leur signification qui est âprement débattue. L'urgence est donc au sauvetage exégétique. Les phrases incriminées : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" n'aurait donc pas visé le jeune militant maghrébin de l'UMP mais des Auvergnats particulièrement insistants qui auraient fait le siège du ministre pour être sur la photo...

 

Misère d'une communication politique devant répondre par des bricolages expéditifs aux défis de l'heure, car à ce compte-là il devient périlleux d'expliquer les saillies qui fusent au même moment dans le style "c'est un kabyle qui boit de la bière et qui mange du porc". Ce n'est pas que le métissage ne puisse pas faire de miracle et nous inventer des Auvergnats, musulmans, kabyles et amateur de cochonnailles, mais enfin, même pour les croyants les plus fanatiques de telles chimères restent encore difficiles à imaginer hors de l'horizon radieux de la France d'après...

 

Les auvergnats, quant à eux, n'ont pas encore protesté contre cette nouvelle interprétation de "l'humour" ministériel et aucune association stipendiée, jusqu'à présent, n'a songé à prendre la défense de cette minorité outragée. Peut-être aussi qu'après tout les dits Auvergnats ne se font qu'une idée approximative du "respect" qui leur est dû et ne songent pas à se formaliser des blessures narcissiques que leur impose une communication aux abois...

 

En attendant, le préfet remercié savoure la prompte vengeance que lui assure ce retour inopiné du boomerang, les ligues de nuisance crient à la lepénisation des esprits et le gouvernement s'enfonce dans la mouise de ses contradictions

 

À qui la faute ?

 

Au-delà d'une actualité microcosmique gonflée à l'hélium de la moraline communicationnelle, il faut bien reconnaître que la "droite" a tout fait, depuis des années, pour s'enfermer dans ce cul-de-sac.

En adhérant au sacre inconditionnel de l'Autre et en prêtant la main à la comédie bouffonne d'un antiracisme devenu fou, la "droite", non seulement n'est pas parvenue à se décharger des soupçons qui pèsent irrémédiablement sur elle, mais elle s'est mise dans l'incapacité de gérer les flux migratoires de manière raisonnable.

Si l'Autre est, quoi qu'il arrive, une richesse; si l'universel est notre seule vocation; si l'exclusion est un péché et si le métissage est la nouvelle appellation de notre rédemption, au nom de quoi nous est-il loisible d'expulser, si maigres soient les chiffres ?

 

Si notre seule définition identitaire repose sur les droits de l'homme et si, conséquemment, toute référence à "l'identité substantielle de la nation" (comme le dit Alain Finkielkraut) est renvoyée aux "heures les plus sombres", il n'y a en effet plus aucune raison de se cramponner à des frontières iniques pour exiger qu'elles filtrent dans la masse du tout-venant. Et, comme le préfet, Hortefeux, ancien préposé à la "rafle" et à la "déportation" est coupable par définition.

Aujourd'hui la "droite" à tête de linotte n'a plus de principes propres à opposer aux tenants de l'universalisme intégral, et c'est pourquoi sans doute, non seulement elle trompe les attentes de vastes segments du peuple, mais se retrouve piégée par les idées qu'elle croit devoir proclamer sans en avoir mesuré les conséquences ultimes.

 

Au-delà de l'écume polémique c'est cela la vraie leçon qu'il faut tirer des avanies qui atteignent le ministre de l'Intérieur.

 

Comme le dit encore Finkielkraut la France n'est pas une "auberge espagnole" et pour demeurer un peuple particulier il lui faut faire des choix, sans haine, mais aussi sans faiblesse.

 

Qui saura se souvenir qu'un peuple qui refuse de choisir s'expose à devoir subir le choix des autres ?

 

03.08.2009

Démographie : cours, camarade, le vieux monde est devant toi

Mis en évidence par Theatrum Belli.

24.06.2009

Conseil Général du Haut-Rhin : la menace rose-verte !

images.jpgLa lecture des résultats des élections européennes est prise très au sérieuse dans certaines directions parisiennes. Parmi les analyses poussées dans certains cercles, l’une porte sur le département du Haut-Rhin.

En effet, à ce jour, la droite y est seulement majoritaire de 6 sièges. Le Conseil Général du Haut-RHin apparaît donc comme pouvant changer de couleur politique

Concrétement, il n’a pas échappé aux analystes et observateurs colmariens que si une alliance PS et Verts faisaient tomber 3 ou 4 élus, la majorité changerait et passerait à gauche. Un effort d’implantation et des moyens de campagne pourraient ainsi venir renforcer la volonté d’en découdre.

Tous les paramètres, dont la présence d’un élu indépendant sont actuellement pris en compte afin de mesurer l’ambiance dans les cantons.

Qu’un des deux départements alsaciens puissent passer à gauche est aujourd’hui clairement une hypothèse qui pourrait devenir conclusion à l’issue des prochaines élections cantonales. Ici, on avait évoqué cette possibilité, il y a deux ans.

22.06.2009

Autopromotion : des babas cools aux bobos militants

images.jpgAujourd’hui, tout devient durable. A tel point que l’adjectif en perd de son sens. Ainsi, on parle d’immobilier durable.

A ce propos, les constructions immobilières durables par nature ne sont-elles pas ces bunkers qui entourent Strasbourg et qui traversent le temps en étant durables sans être pour autant écologiques ? Laissons-là la sémantique.

Plus sérieusement, l’idée est généreuse et voilà que notre quotidien préféré évoque la dizaine de projets d’autopromotion de la ville de Strasbourg comme autant de réussites sociales à venir. Soit mais d’abord, qu’est ce que l’autopromotion ?

Il s’agit de particuliers qui se regroupent afin de réaliser et financer ensemble un projet immobilier, imaginé afin de répondre à leurs besoins d’espace, aux attentes sociétales ainsi qu’aux moyens économiques. Globalement, ce sont de communautés organisées autour d’un projet immobilier généralement éco-responsable.

Globalement, dans les années 70, les babas-cools allaient construire leur communauté dans le Larzac. En 2009 les bobos cools veulent construirent les leurs au cœur des villes. Faut pas déconner non plus ! L’amour de la nature a donc ses limites.

Derrière ce type de projets que nous pourrions soutenir, il convient aussi de voir l’implantation en milieu urbain de communautés - si ce n’est militantes – a minima unifiées par une certaine vision du monde.

Nous serions donc heureux qu’un institut de sondage précise l’orientation politique et militante de ces futurs « collectifs ». Quelque chose nous dit que, justement, les résultats d’un tel sondage seraient plein d’enseignements. Quant à la droite, elle observera sans doute, la naissance d’un tissu associatif « sinistro-centré » ( du latin sinistra) autour de ces âshram urbains. 

NB : pour comprendre et s'engager. Réunion publique d'information à 20h, ce lundi 22.06 au centre administratif (salon carré au 1er étage), 1 parc de l'Etoile à Strasbourg.

18.06.2009

LA COURTE ÉCHELLE DE JACOB

affiche_strasbullles.jpgEmmanuel Jacob est conseiller municipal PS de Strasbourg.

 

Sur son blog il s'en prend à l'affiche du Festival Européen de la Bande Dessinée qui fleurit en ce moment sur tous les murs de la ville. Que lui reproche-t-il ? D'exploiter le filon racorni d'une imagerie alsacienne faite de cathédrale, de cigognes, de bière, de choucroute et de grosse caisse. Sans oublier l'accorte serveuse aux joues rebondies et à la coiffe impeccablement patriotique.

 

Bref, le cliché d'une Alsace qui depuis Hansi ne se donne à voir que dans la répétition ad nauseam d'un folklore immobile et forcément passéiste. Jacob, qui deviendra peut-être prophète en son pays, n'a pas tort. Même bardés d'ironie et de clins d'oeil ces poncifs accumulés disent la difficulté de l'Alsace à se représenter autrement que par des stéréotypes moribonds et guimauves. Et ce syndrome n'est certes pas un signe de grande santé symbolique. La charge du hussard Jacob contre les bulles conformes est donc bienvenue, mais que propose-t-il de leur substituer ?

 

Dans un élan débordant de génie créateur, ce qu'il propose de mettre en valeur, toujours au nom de l'identité alsacienne, c'est "la tolérance, l'accueil des autres et l'humanisme...". Oui, damne, il tire l'échelle sous les monceaux de cochonnailles pour qu'ils se cassent définitivement la figure pour faire aussitôt la courte échelle à la célèbre tirade de tout ce que l'Alsace compte de politiciens sans imagination et nous ressert l'humanisme rhénan, sa modération modérante, son centrisme du milieu, sa raison raisonnable et son inévitable carrefour de rencontre et d'échange, oubliant au passage l'illustre "métissage". Ce qui ne manquera pas de lui être reproché par les censeurs suspicieux de la correctitude.

 

Eh oui, hélas, c'est stéréotype contre stéréotype. La guerre titanesque des topiques et la démonstration une fois de plus administrée que rien ne ressemble plus désormais au conformisme détesté que sa contestation publicitaire par les rebelles en papier mâché.

 

Coclés 

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