16.07.2008

Quand la droite est gauche !

84eee9c5d4a864855343e3896c2de1f4.jpgOn nous promettait hier de « travailler plus pour gagner plus ». Ce fait, acquis par la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy, la réalité est devenue toute autre. De facto, on travaille plus pour gagner autant, voire moins, tant finalement l’impact sur le pouvoir d’achat se fait sentir.

Il y a d’un côté les effets premiers de la hausse du prix des matières premières (effets qui ne sont rien à côté de ce qui se profilent et qui laissent imaginer un litre de carburant à 2 €, mais également l’augmentation du gaz mais aussi de facto, de tous les produits liés au pétrole ou à son utilisation).

Il y a de l’autre côté une augmentation naturelle, du fait des charges, des décisions de l’Etat mais aussi de l’ensemble des collectivités locales dont, au lieu d’imposer la simplification, on multiplie les frais de fonctionnement (en rajoutant après les départements, en doublon, les communautés de communes).

La salarié lui, travaille plus pour gagner moins ou tout au moins vivre moins bien. Le patron de PME et l’artisan sont eux, désormais les rackettés désignés d’un système à l’agonie car ils ne peuvent ni délocaliser, ni fuir le pays.

Le pays va donc dans le mur et la mondialisation en est devenu un accélérateur. Les dernières mesures libérales sur le temps de travail (qui limitent les congés à 5 semaines plus le 1er mai pour les cadres) n’y changeront rien. Trop de libéralisme a tué le libéralisme !

Voilà finalement de quoi décevoir le petit peuple de droite et remotiver les discours gauchisants de Madame Royal et de la jeune pousse Besancenot.

Eric Neustadt

04.07.2008

Ingrid Bétancourt : La Jungle qui cache la forêt !

2b7d535429c729d03cf5b775893ea523.jpgFaut-il suspendre son jugement et se laisser emporter par le torrent d'émotion larmoyante que les médiatiques font pleuvoir comme un brouillard amazonien sur le paysage desséché d'une politique nationale qui part en capilotade ? Sans cautionner le moins du monde la énième bourde de notre royale Ségolène, il faut bien avouer que la "miraculeuse" libération d'Ingrid Betancourt tombe vraiment à pic pour jeter un voile d'unanimité festive sur le désastre de la coupe d'Europe de Football et les mauvais présages qui altèrent une Présidence française de l'Union Européenne
entachée par le "No" des Irlandais et le tir de barrage du plombeur polonais.

C'est sûr, la libération d'Ingrid va alimenter le grand feuilleton jubilo-lacrymogène de l'été (pourvu qu'il ne pleuve pas trop). La grande tribu des people réducteurs de têtes molles va faire chorus autour de son totem au son du tam-tam médiatique, histoire de dissiper cette languissante morosité qui s'est emparée du "moral des ménages" sans que l'on sache trop bien pourquoi... Balayée donc, au moins jusqu'au Tour de France et aux Jeux olympiques, le pétrole qui crève le plafond, les bruits de botte dans l'orient compliqué, les délocalisations qui s'accélérent, et le pouvoir d'achat en berne. Sans parler de la tragédie qui se poursuit au Darfour...

Les festivocrates vont peut-être dire que La Droite Strasbourgeoise cultive un pessimisme "réactionnaire". Pour les détromper, nous finirons donc sur une note positive. Oui, cela nous réjouit de voir Ingrid, partie de presque rien (fille d'un ministre colombien de l'Éducation sous la dictature du général Gustavo Rojas Pinilla, avant de devenir conseiller de Kennedy) devenir une icône positive et dire tout ce qu'elle doit aux inlassafd953505bc29b9817feb5888a90ae029.jpgbles coureurs de bois humanitaire que sont notre Président et son ministre des Affaires étrangères. Oui, cela nous réjouit de constater que sitôt recouvrée sa liberté elle choisisse la terre de France pour en célébrer le rôle pionnier. Oui cela nous réjouit de faire pièce à ces légendes absurdes qui veulent que la forêt vierge soit préjudiciable à la santé et les familles recomposées contraires à l'amour filiale.

Oui tout cela, et bien d'autres choses encore, cela nous comble de joie et nous n'allons plus nous poser ces question de trouble-fête qui font la pitance ordinaire des jobards.  Homo festivus célèbre la liberté d'Ingrid et nous dansons la gigue avec les Picaros. Viva el Che y el Marsupilami. Houba Houba !

28.04.2008

Sur la commémoration de la Shoah

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Suite au succès presque interplanétaire de l'extrait de l'interview d'Emmanuel Todd à la Revue pour l'intelligence de monde, livré lundi dernier, la Droite strasbourgeoise remet le couvert avec un deuxième morceau choisi. Il a le mérite de montrer qu'en plus d'être lucide, l'auteur a de l'humour... qui peut ne pas faire rire tout le monde.

 

« Quand Sarko se rend compte qu'il n'a pas de solution pour résoudre la crise économique, il nous sort son gadget mémoriel sur la Shoah, qui prépare peut-être une nouvelle campagne islamophobe ! Dans la société française d'aujourd'hui ce ne sont pas les Juifs qui sont persécutés, je me permets de la dire en tant que descendant d'un grand rabbin de Bordeaux. Ceux qui en prennent plein la gueule pour des questions d'origine sont les musulmans [...]

Si on voulait vraiment emmerder Sarkozy, on appuierait son projet de célébration en demandant que les petits musulmans en soient dispensés, puisque eux n'ont pas participé à la Shoah ! Sarko a été un chouïa trop loin en montrant qu'il n'a rien compris au judaïsme, pas plus qu'aux banlieues d'ailleurs. Ceux qui ont vraiment morflé le sentent. Où est la joie de survivre au-delà des massacres, qui fait partie intégrante du judaïsme ? Il y a des choses avec lesquelles on ne fait pas joujou, parce qu'elles risquent de vous péter à la gueule ».

21.04.2008

Sur le problème islamique

2218c18340036fd8a0fea414d4fa95b7.jpgLe numéro de mars-avril de la Revue pour l'intelligence du monde publie une excellente entrevue avec le sociologue Emannuel Todd. Non seulement son point de vue est dérangeant, mais il a peut-être aussi un petit temps d'avance. Premier morceau choisi : le problème islamique.

 

« C'est nous qui sommes entrés dans une crise de civilisation. Les gens font de l'islam un repoussoir et un bouc émissaire, sans comprendre qu'ils vivent eux même dans une société malade. Et pas seulement parce que c'est l'argent qui domine, mais parce qu'on a atteint le vide absolu au niveau des valeurs, d'une atomisation narcissique du monde, d'une incapacité totale de l'action collective, etc. Sarkozy est un symptôme beaucoup plus grave qu'Ahmadinejad ! Et comme toujours en pareils cas, on exagère les menaces, on se raconte qu'on est victime du terrorisme islamique alors qu'en réalité c'est nous qui dévastons des pays musulmans, et c'est nous qui parlons d'envoyer des bombes sur l'Iran. »

04.03.2008

L'ouverture, à quoi bon ?

A l'heure où les troupes de droite, notamment UMP, mesurent l'étendue du désastre électoral à venir - et qui sera ENTIEREMENT de leur faute, il est intéressant de constater qu'à Strasbourg, la liste dite Union Pour Strasbourg menée par Mme Keller, est toujours brandie fièrement comme "liste d'ouverture, de rassemblement,", bref du blah blah faussement communicationnel. Une question se pose : pourquoi voter pour une liste regroupant des entitées éparses, non étiquettées à droite ou UMP, qui semblent être des étiquettes infâmantes pour cette équipe ? Autant voter pour une liste idéologiquement homogène, comme les listes de Robert Spieler ou de Roland Ries dans ce cas, non ? 

Reste qu'en cas de défaite, il sera loisible aux troupes UMP-UPS-MODEM de pleurer sur leur triste sort au Conseil Municipal. Les premières places éligibles étant principalement squattées par des non droitistes, des centristes et des idéologiquement faibles, on va bien rire dans les travées...

Lu sur le blog d'Ivan Rioufol :http://blog.lefigaro.fr/rioufol/


dd57d117f64845c61c3d60d35450acd6.jpegEffet de l’hystérie anti-Sarkozy? Jack Lang n’a "aucune envie d’entrer dans un gouvernement" (Libération, lundi). La dégringolade du président refroidit les postulants à l’ouverture. "Claude Allègre est un homme avec qui j’aimerais un jour travailler", a expliqué néanmoins Nicolas Sarkozy, mardi au Parisien. Mais la stratégie élyséenne, qui a vidé la gauche d’une partie de ses talents et le PS de 80.000 adhérents, a accéléré la décomposition de l’opposition, devenue teigne. Le degré zéro de la politique vient d’être atteint.

Le "Casse-toi, pauv’con", marmonné par Sarkozy devant un micro indiscret, samedi au Salon de l’agriculture, en réponse à un homme qui venait de lui dire: "Touch’moi pas, tu m’salis", a suscité un déchaïnement. De ces répliques pitoyables, l’opposition a voulu y voir la défaillance du chef de l’État dans ses fonctions. Ce faisant, elle s’est montrée incapable d’argumenter autrement que sur les bonnes manières (qui se perdent). Difficile d’être plus cancanier.

Les irritations que Sarkozy suscite ont déjà été partagées ici. La familiarité qu’il affiche feint une proximité dont les gens commencent à douter. Le tour de passe-passe sur le traité européen a aussi laissé des traces. La réserve de François Fillon, qui le devance de 22 points, est plus payante. Pour autant, les réformes ne sont pas remises en question par les sondés. En affrontant le président sur sa personne, la gauche montre un désarroi qui annonce d’autres férocités.

Malgré tout, c’est ce Sarkozy mal élevé, hyperactif, impatient, qui reste utile à une France longtemps pantouflarde. Il est peu probable qu’il change sa manière d’être. "Ma conception du rôle du chef de l’État, ce n’est pas de cultiver la sympathie", assure-t-il. Pour celui qui jusqu’alors s’occupait à tester sa séduction, l’aveu d’indifférence annonce peut-être la vraie rupture. Renoncer à plaire ne peut qu’inciter à accélérer les changements.

C’est en tout cas sur ce terrain de l’action que les Français le jugeront le plus sûrement, plutôt que sur la marque de ses lunettes ou de prétendus risques qu’il ferait courir à la République. Mais si Sarkozy s’est coupé de la gauche avec qui flirtait, ses dispersions pourraient lui faire perdre une droite déçue par ses timidités. "L’ouverture, je vais la continuer", assure le chef de l’État. À quoi bon?

15.02.2008

There's no business like Shoah business...*

aee2ae4c4eac8eee96fbf21d7b57112f.jpgAvec la parution le 23 février prochain en Allemagne et en langue allemande des Bienveillantes de Jonathan e60c5e6dbbc406ce0fddf1fb9530a749.jpeg Littel sous le titre "Die Wohlgesinnten", on sera surpris par la récente décision de M. Sarkozy, obligeant un enfant à "s'approprier" le fantôme d'un mort depuis plus de 60 ans dans de tragiques conditions.

Nous ne sommes pas dans "Le fantôme de Canterville" d'Oscar Wilde et le Président de la République ferait bien d'y penser à deux fois...:

"J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah (...) Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui". 

 

 

 

* Titre ironique du Tagesspiegel concernant la sortie de "Die Wohlgesinnten

18.09.2007

Sarkozy et Kouchner : des choix géostratégiques éclairants...

Pendant que M. Sarkozy montre de quel côté il se trouve, tout comme M. Kouchner qui s’agite (a-t-il déjà des vapeurs ?), le président iranien et l'agence de presse officielle iranienne ont de l’humour… :« Le nouveau locataire de l’Elysée veut aujourd’hui copier la Maison Blanche ; cet Européen s’est mis dans la peau des Américains et imite leurs hurlements».
Et pendant ce temps, israël bombarde la Syrie mais personne ne s’offusque… Que font Dominique de Villepin et Jacques Chirac ?

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Mahmoud Ahmadinejad.
Chaï Hin/AFP.

06.06.2007

J’ai fait mienne l’analyse de Gramsci !

medium_images.33.jpg« J’ai fait mienne l’analyse de Gramsci ! » La phrase est de Nicolas Sarkozy durant la campagne qui l’a mené à la présidence de la République. L’idée de se référer à la stratégie du communiste italien Antonio Gramsci (1891-1937) a, semble-t-il, été jugée comme l’originalité d’une droite réarmée intellectuellement et parfaitement décomplexée (cf. le Monde Diplomatique, juin 2007).

Pour Gramsci, le combat politique ne s’arrête pas à celui des idées, mais doit rapidement conquérir celui de la culture. C’est sur le plan culturel en effet, que peuvent s’opérer les retournements de fond, qui se traduisent dans les urnes par une victoire possiblement contre-intuitive : offrons une culture au prolétariat afin qu’il combatte sur ce terrain l’hégémonie phagocytante de la bourgeoisie, en quelque sorte. C’est l’idée de base qui mènera à la métapolitique, c’est-à-dire à l’idée que tous les champs (ou presque) peuvent contribuer à une victoire politique, et qu’il faut donc politiquement occuper tous les terrains.

Cette occupation du terrain, Nicolas Sarkozy l’a choisie très déstabilisante pour la gauche. En incluant dans son gouvernement une partie de l’aile sociale libérale du PS (Kouchner, Besson, Jouyet, Hirsch), il décale un peu encore le périmètre de la droite. Le centre de gravité de la vie intellectuelle et politique continue à se déplacer, appuyé selon D. Eribon (1), sur des intellectuels néo-conservateur proches de l’instutitut Raymond Aron, des revues Esprit, Le Débat et Commentaires, dont le coup de force serait d’avoir réussi à diffuser, depuis plusieurs années, de vieilles idées de droite en les présentant comme une rénovation de la pensée de gauche.

Mais encore faut-il préciser que l’idée d’un gramscisme de droite, tout aussi originale qu’elle puisse paraître, n’a rien d’une nouveauté, puisqu’elle reprend en fait une thèse soutenue par la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist (2) dès les années 1980. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme … à droite toute !

 

(1) D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, 2007, Ed. Léo Scheer

(2) Pour un gramscisme de droite, 1982, Ed. du Labyrinthe

 

07.05.2007

Et à Strasbourg, sait-on ce qu’est la droite ?

medium_h_9_ill_906281_047371.3.jpgLa victoire écrasante du Président Nicolas Sarkozy nous fait sourire pour de multiples raisons. L’une d’elles tient au fait que depuis le début, notre blog cherche à décomplexer ce que nous appelons la Droite - cette appellation recouvrant tout l’arc des sensibilités du centre à l’extrême, en passant par les libéraux ; une idée défendue par les divers contributeurs de La Droite strasbourgeoise. Depuis juin 2005, notre « programme » est clair, augmenter la porosité entre ces différentes tendances et même au-delà, car une bonne idée appartient à tous, qu’elle soit de droite ou de gauche.
Ainsi, dès notre avant-propos, en mai 2005 (ce qui fait de nous, soit dit en passant, le pionnier des blogs politiques strasbourgeois…) nous écrivions en titre de notre manifeste, qu’il fallait : « Décomplexer la Droite… Réarmer idéologiquement la Droite ».
C’est en partie chose faite aujourd’hui, au plan national, contre vents et marées par Nicolas Sarkozy, très aimablement conseillé par certains éminents personnages droitiers, dont on ne citera que Gérard Longuet, qui ont su ponctionner des idées à la gauche, au centre et même à la soi-disant extrême droite, qui, nous  l’avons vu, n’a guère supporté le choc électoralement.
À Strasbourg par contre, pour les tenants de la Ville, Fabienne Keller et Robert Grossmann, il n’y a pas de clivages, car le mot “droite” fait peut-être peur ?
Le président de l’UMP a montré durant la campagne que les mots d’immigration, d’Islam, d’identité nationale, de chrétienté, de France, de patriotisme, n’étaient pas des mots obsolètes ou dangereux.
Par contre, à Strasbourg, on a peur de leur ombre…
On voit ce qu’il est advenu de la pensée unique distillée par la gauche depuis plus de 20 ans : balayée au vent des fondamentaux droitiers, que Nicolas Sarkozy a dépoussiéré, remis au goût du jour.
Le PS local et ses amis, eux ne renient pas leur fondamentaux (tant mieux !) et passeront peut-être sur le corps de ceux qui n’auront pas osé garder leur identité de droite, avant de se tourner plus largement vers le centre.

La guerre du goût
Car à Strasbourg, l’équipe en place ne serait-elle pas un peu trop fascinée par le serpent Kaa qu’elle a en face d’elle, c’est-à-dire la Gauche sous ses multiples avatars ou par le qu’en dira-t-on des Dernières Nouvelles d’Alsace ?
Dans un de nos récents articles, nous avons donné une piste, une fois de plus aux gens de bonne volonté. Il serait bon de s’y reporter : (http://ladroitestrasbourgeoise.blogspirit.com/archive/200...). À l’heure de la victoire au plan national, il suffit d’observer les scores au plan local de Mme Royal, pour comprendre que la partie n’est pas jouée à Strasbourg et que le danger socialiste est là. Pour nous, il est l’heure encore une fois de muter mais de garder le cap. Nous gardons nos idées, mais le temps des provocations est fini, le temps des clins d’œil aussi, qui permettaient à certains de nous coller une étiquette. Le temps du soutien aveugle aux partis et personnes en place est aussi révolu, place simplement à tous ceux qui voudront afficher clairement leurs convictions, place à une forte droite strasbourgeoise mais place aussi au débat avec toutes les forces en présence, avec le centre et la gauche aussi, tant Strasbourg a besoin d’un nouveau souffle, d’une ambition. Place au temps des idées, au temps du débat ; au temps surtout de la guerre du goût, notre mot d’ordre, notre slogan…

Légende : Nicolas Sarkozy à son arrivée salle Gaveau le 6 mai (AFP)

24.02.2007

Le meeting de Nicolas Sarkozy (comme pour celui de M. Bayrou, Mme Royal et les autres) à Strasbourg : le spectaculaire intégré irradie toute réalité.

medium_images.24.jpg« Partout où règne le spectacle, les seules forces organisées sont celles qui veulent le spectacle. Aucune ne peut donc plus être ennemie de ce qui existe, ni transgresser l’omertà qui concerne tout. On en a fini avec cette inquiétante conception, qui avait dominé durant plus de deux cent ans, selon laquelle une société pouvait être critiquable et transformable, réformée ou révolutionnée. Et cela n’a pas été obtenu par l’apparition d’arguments nouveaux, mais tout simplement parce que les arguments sont devenus inutiles. À ce résultat, on mesurera plutôt que le bonheur général, la force redoutable des réseaux de la tyrannie.

Jamais censure n’a été plus parfaite. Jamais l’opinion de ceux à qui l’on fait croire encore, dans quelques pays, qu’ils sont restés des citoyens libres, n’a été moins autorisée à se faire connaître, chaque fois qu’il s’agit d’un choix qui affectera leur vie réelle. Jamais il n’a été permis de leur mentir avec une si parfaite absence de conséquence. Le spectateur est seulement censé ignorer tout, ne mériter rien. Qui regarde toujours, pour savoir la suite, n’agira jamais : et tel doit bien être le spectateur. »

Guy Debord « Commentaires sur la société du spectacle »

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