10.07.2008
Histoire : La complexité à l’assaut de la correctitude
Si l'on en croit les contes de fée relatifs à la seconde guerre mondiale qui prolifèrent dans le sillage d'une "mémoire" toujours plus impérieuse, les choses sont simples. Du moins pour ce qui concerne la France.
D'une part une droite revancharde qui n'a pas digéré le Front Populaire et une extrême droite cultivant le nationalisme et l'antisémitisme le plus rance. Dotées d'un tel pedigree elles se couchent devant le vainqueur national-socialiste et accouchent fatalement de Vichy. D'autre part la gauche humaniste et tolérante de toujours dont les protagonistes se rassemblent, unanimes, dans les rangs de la Résistance.
C'est beau comme l'Antique et ça n'a pas pris une ride. Cette légende téléologique a été fabriquée à la Libération tant par les Staliniens qui tenaient alors le haut du pavé en terme d'influence intellectuelle que par des gaullistes qui ne pouvaient pas gouverner le pays sans compromis avec un Parti Communiste représentant plus du quart de l'électorat. Noircir les vaincus était aussi nécessaire aux communistes qui devaient faire oublier leur atermoiement "pacifiste" de l'été 1940 qu'aux partisans du Général qui ne pouvaient fonder la légitimité de la France Libre (dés l'Appel du 18 juin) que sur la trahison d'une poignée de misérables.
Les vainqueurs écrivent l'histoire, c'est une banale constante, mais généralement leur mythologie disparaît dés que leur génération passe la main. Les historiens prennent alors le relais pour fouiller les archives, mettre en pièce les falsifications autobiographiques et restituer au passé son ordinaire trivialité. La fausse gloire y perd un peu de son lustre mais la vérité y retrouve généralement son prestige. C’est en cela d'ailleurs que l'histoire diffère d'une mémoire toujours traversée par des affects et des passions jouant sur le particularisme et ses ressentiments victimaires. La discipline historique demeure soumise au débat rationnel quand la mémoire, elle, se fige par vocation dans la pesanteur du dogme. En ce sens le triomphe d'une mémoire statufiant le légendaire dans le marbre de la loi n'est pas une bonne nouvelle et atteste d'une fâcheuse régression pour une Europe dont l'identité intellectuelle, au moins depuis les temps modernes, fut toujours synonyme de dialectique, de négation, d'esprit critique et de délibération argumentée.
On ne pas pas dire pour autant que les historiens n'ont pas fait leur travail, mais ce travail est demeuré pour l'essentiel inaudible. Seuls ont été canonisés ceux qui comme Paxton alimentaient la doxa véhiculée par le pouvoir politico médiatique. Bossuet disait que l'histoire
est le bréviaire des rois; dans la France d'aujourd'hui c'est la mémoire seule qui est devenue normative. D'où cette stupéfaction mâtinée de scandale lors de la parution du livre de Pierre Péan. Dans "Une jeunesse française" (1994) il racontait en biographe fouineur et scrupuleux le passé ambivalent de François Mitterrand. Un parcours bien éloigné des schémas simplistes et manichéens qui tracent une frontière infranchissable entre le Bien et le Mal. Une jeunesse étudiante dans le voisinage de l'Action Française, la meurtrissure de la défaite, le stalag et l'évasion, l'engagement dans les rouages de l'État français couronné par la francisque, puis au
cours de l'année 1943 le glissement progressif d'un patriotisme maréchaliste et anti-nazi vers la Résistance, giraudiste d'abord, puis, non sans réticence, gaulliste par raison.
Parcours heurté mais courageux dans une époque où les engagements furent bien rares. Parcours qui fut celui de biens des résistants. N'ayant pas appartenu comme Sartre et tant d'autres épurateurs au maquis du Flore et des Deux-Magots, Mitterrand ne se vantait pas outre mesure d'un passé pourtant irréprochable. Peut-être appartenait-il à cette France d'autrefois où les grandes choses s'accomplissaient en silence. Ce silence, bien sûr fut interprété à sa charge par l'immense tribu des héros de papier à qui on ne la fait pas.
07:40 Publié dans La culture sauve | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : résistance, histoire, DEVOIR, mémoire, droite, strasbourgeoise, gaullisme
06.06.2008
Alsace, le crépuscule des droites
Les dégâts collatéraux des élections municipales de Strasbourg n’ont pas tardé à se faire sentir sur ce que l’on nommera les droites strasbourgeoises.
A droite de la droite parlementaire, le mouvement régionaliste Alsace d’Abord a changé de dirigeants, Robert Spieler, son ancien président participe lui à la création d’une nouvelle structure politique et le Front National, lui, semble englué dans la succession de Jean Marie Le Pen.
Au centre, le Modem n’incarne pas l’ex-Udf et son attachement au centre droit. Une partie des responsables de ce mouvement prend du recul et l’autre se bat contre les « gauchistes », nom donné aux nouveaux venus des Verts, du Ps et de la gauche radicale.
A l’UMP enfin, la droite s’est divisée en deux groupes distincts dirigés l’un par Fabienne Keller et l’autre par Robert Grossmann. Se surexpose à cette situation une Ump qui unifie les trois circonscriptions strasbourgeoise au grand dam de certains élus locaux.
Si l’on rajoute à cette observation l’analyse de la situation nationale, la côte du gouvernement et le peu d’emprise des droites sur le terrain, on peut légitimement annoncer que l’Alsace connaît aujourd’hui un crépuscule des droites, préalable demain à la conquête des institutions régionales par la gauche.
Cette conquête a déjà commencée. De nombreuses villes, institutions, communautés de communes sont aujourd’hui dirigées par des équipes de gauche. Citons la Communauté d'Agglomération Mulhouse Sud Alsace (39 communes), la Communauté Urbaine de Strasbourg (28 communes), Strasbourg, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden mais aussi le nombre croissants d’élus socialistes au sein des deux Conseils Généraux et de Conseils Municipaux.
A Strasbourg, la gauche positionne actuellement une relève, une jeune garde militante qui accède aujourd’hui aux mandats et fonctions que la droite n’accordait pas au moins de 40 ans.
Bref, des nouvelles générations se mettent en place. A droite, d’étranges rencontres se font par delà les partis. Cette voie est la bonne à suivre, il faut faire sauter les clivages imposées par la gauche et le politiquement correct, il faut en finir avec les scléroses et leurs gourous, faute de quoi Strasbourg restera à gauche mais mieux encore d’autres communes, d’autres cantons, voire la région tomberont dans l’escarcelle politique d’une gauche qui sait militer et conforter ses réseaux du centre gauche à la gauche extrême.
09:00 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : droite, strasbourg, centre, démocrates, progres, alsace, strasbourgeoise
20.05.2008
Strasbourg : des histoires de cumuls et de cocus
Le blog des jeunes ump, dans un article intitulé « Hourra au PS de Stras ! » entend dénoncer un certain nombre de cumuls que la gauche strasbourgeoise se permettrait depuis sa victoire aux élections municipales. Certains élus s’enrichiraient donc en additionnant charges et responsabilités mais surtout émoluments. Et alors, serions nous tentés de dire ?
En effet, si le sujet du cumul reste intéressant, la dénonciation ici effectuée est inopérante tant il suffira à la gauche de demander à la droite quelle fut sa méthode vertueuse lorsqu’elle était « aux affaires » pour légitimer ensuite des attaques ad-hominem.
Pour sa part, la Droite Strasbourgeoise traitera le sujet sous deux angles. Le premier pour rappeler qu’aucun parti, ni de gauche, ni de droite n’a souhaité permettre la mise en place d’un véritable statut de l’élu permettant de limiter les cumuls et le second pour féliciter le PS pour sa stratégie d’implantation et d’enracinement « économique et sociale » d’une partie de ses jeunes loups.
Premier écueil de la dénonciation des cumuls, on remarquera que l’on dénonce souvent le cumul des autres et jamais les siens. Certains lanceurs de boomerang feraient donc bien de baisser la tête pour ne pas subir les effets du retour de l’attaque lancée. Second écueil, on remarquera que le cumul se justifie souvent par la professionnalisation du politique et si l’on se réjouit d’avoir des élus compétents, on notera aussi que seuls les sénateurs, les députés et certains maires bénéficient d’une véritable couverture sociale à laquelle l’ensemble des autres élus n’a droit. On comprendra donc que des passionnés de la chose publique tentent d’en devenir des professionnels tout en se couvrant économiquement. Sans véritable statut de l’élu (salaire et couverture sociale), non seulement on encourage le cumul de ceux qui persistent mais l’on fait fuir aussi des personnes compétentes qui ne veulent pas sacrifier leur carrière professionnelle sans une contrepartie équivalente.
Peut-on donc en vouloir à la gauche ? Non, car d’abord, jeter la suspicion sur le travail des élus et un mauvais service à rendre à celles et ceux qui s’impliquent dans la vie de la cité.
Ceci dit, LDS félicite la gauche strasbourgeoise pour son travail d’enracinement économique et social de quadras militants. On remarquera même que le cumul de fonctions, de mandats et de postes (assistant parlementaire et adjoint au maire, etc.) s’applique à gauche pour enraciner une génération d’élus dans le long terme. Qu’en a fait la droite ? S’interroger, c’est répondre à la question du renouvellement nécessaire à une partie de la droite strasbourgeoise et alsacienne.
En permettant à certains de devenir fonctionnaires ou équivalents, à d’autres d’être assistants, élus et plus si affinités, la gauche place son argent (fut-il publique, il est le sien quand elle décide de son affectation) et ses emplois sur des « start-up's» politiques aptes à durer dans le temps.
Ce choix, la gauche ne le fait pas au hasard. Là, où, à droite, on choisit des personnalités parfois transparentes, à gauche, on choisit des personnes fortement idéologisées. Confortées par leur nouveau statut social, dont les bénéfices s’additionneront sur les 6 prochaines années, ces jeunes pousses seront demain une relève économiquement rassurée et idéologiquement conquérante. Peut-on en faire le reproche à la gauche ?
Nous ne le ferons pas car, dans un contexte que certains qualifieraient de métapolitique ou méta idéologique, la fin justifie ce moyen. N’en déplaise aux jaloux et cocus d’aujourd’hui, la gauche assume et elle n’a que faire d’une droite qui tape, une fois de plus à côté.
Eric Neustadt
21:10 Publié dans La Gauche bouge | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : droite, strasbourgeoise, gauche, cumul, mandat, bies, bitz
01.05.2008
Quand l'Afrique s'éveillera
"Humanitairement, ce n'est pas la France qui va donner des leçons à la Chine". La déclaration d’Eunice Barber a le mérite de la clarté. Surtout lorsqu’elle rajoute : Il y a tellement de Noirs et d'Arabes qui se font incendier (ou massacrer selon la radio) en France. Là, les humanitaires ne se lèvent pas.
L’athlète poursuit : « J'aimerais que les Noirs soient un peu comme les Chinois, qu'ils se développent, qu'ils achètent tout ce qu'ils peuvent acheter. Ils ne font que du business. C'est ainsi qu'on respecte les gens et les Chinois on les respecte car économiquement ils sont bien. J'ai envie qu'on leur donne leur chance ».
Moralité, la charmante Eunice ne portera pas le badge imaginé par certains athlètes français.
La Droite Strasbourgeoise apprécie le vœu de cette sportive née à Freetown en Sierra Léone de voir l’Afrique se développer et s’étonne donc qu’elle n’ait pas préférer les couleurs du Sierra Léone pour incarner, à Pékin et ailleurs, cette Afrique qui s’éveille. Eveil, que nous appelons de nos vœux !
09:10 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : eunice, barber, chine, afrique, sport, droite, strasbourgeoise
28.04.2008
Sur la commémoration de la Shoah
Suite au succès presque interplanétaire de l'extrait de l'interview d'Emmanuel Todd à la Revue pour l'intelligence de monde, livré lundi dernier, la Droite strasbourgeoise remet le couvert avec un deuxième morceau choisi. Il a le mérite de montrer qu'en plus d'être lucide, l'auteur a de l'humour... qui peut ne pas faire rire tout le monde.
« Quand Sarko se rend compte qu'il n'a pas de solution pour résoudre la crise économique, il nous sort son gadget mémoriel sur la Shoah, qui prépare peut-être une nouvelle campagne islamophobe ! Dans la société française d'aujourd'hui ce ne sont pas les Juifs qui sont persécutés, je me permets de la dire en tant que descendant d'un grand rabbin de Bordeaux. Ceux qui en prennent plein la gueule pour des questions d'origine sont les musulmans [...]
Si on voulait vraiment emmerder Sarkozy, on appuierait son projet de célébration en demandant que les petits musulmans en soient dispensés, puisque eux n'ont pas participé à la Shoah ! Sarko a été un chouïa trop loin en montrant qu'il n'a rien compris au judaïsme, pas plus qu'aux banlieues d'ailleurs. Ceux qui ont vraiment morflé le sentent. Où est la joie de survivre au-delà des massacres, qui fait partie intégrante du judaïsme ? Il y a des choses avec lesquelles on ne fait pas joujou, parce qu'elles risquent de vous péter à la gueule ».
15:50 Publié dans L'épée perce | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : todd, shoah, islam, sarkozy, droite, strasbourgeoise, strasbourg
24.04.2008
Ode socialiste à l'humanisme.
L'autre soir Antenne 2 nous servait un docu-fiction sur Mitterrand à Vichy. Le film était suivi d'une série d'interviews où il était essentiellement question de l'antisémitisme vichyssois, du statut des juifs, de leur déportation et de la solution finale. Bien sûr on y fustigeait la cécité de cet homme de "droite" vis à vis de la souffrance juive, cécité que son passage, héroïque, dans la Résistance ne saurait absoudre. Devenu homme de "gauche" François Mitterrand n'aura certes pas lavé l'opprobre qui pèse désormais sur sa mémoire, mais au moins, comme le soulignait Edwy Plenel, le "trotskiste culturel" de service, en devenant "progressiste" sur le tard, aura-t-il acquis un droit aux circonstances atténuantes.
En 1961, le même François Mitterrand, pleinement acquis au "progressisme" publiait chez Julliard un essai intitulé "La Chine au Défi". Sur le grand timonier Mao Tsé Toung, il portait alors un jugement plein de mansuétude admirative. Un Mao que les historiens s'accordent pourtant à juger responsable de la mort de trente à soixante millions de Chinois. De ce jugement intempestif il n'est curieusement jamais question. Peut être que pour la "gauche" morale les Chinois ne sont pas tout à fait des hommes comme les autres et qu'après tout ces morts là furent immolés à un juste cause, celle du "progrès" comme dirait Plenel... Qu'on en juge par cet extrait :
"Mao n'est pas un dictateur, mais le magistère qu'il exerce lui confère un pouvoir sur son peuple que ne possédèrent jamais ni le fanatisme incantatoire (assorti d'un solide régime policier) de Hitler en Allemagne ni l'énergie dévorante et cynique de Mussolini en Italie; que n'acquerront jamais un Nasser en Égypte, malgré son astucieux mélange de violence, de ruse et de pondération, un Franco en Espagne, malgré l'insolente protection de ses trois gendarmes: l'armée, l'Église et l'argent. Il n'est pas non plus de l'école de Gandhi. Ce marxiste chinois ne peut que demeurer étranger aux méthodes de pensée et d'action d'un Nehru. La rigueur doctrinale s'allie en lui à un réalisme vigilant, au goût et à l'expérience du concret, à la volonté acharnée de bâtir une société qui réponde à ses exigences sans détruire au passage l'objet même qu'elle se propose de servir. Mao est un humaniste. Mais cet humaniste-là, qui mène une révolution conquérante depuis plus de trente ans (il a conduit des armées comme le partisan qui dresse une embuscade et comme le professeur d'école de guerre qui prépare sur la carte la retraite dont il attend la victoire et ne livre combat que sur le terrain qu'il a lui même choisi), qui accepte les devoirs d'un militant et qui se soumet aux disciplines formelles, échappe aux définitions ordinaires. Même en Chine, il représente un nouveau type d'homme. La sagesse, la culture n'ont de sens, pour lui, qu'identifiées à l'action."
François Mitterrand, "La chine au défi", Julliard, 1961, p. 27-28.
Coclés
12:45 Publié dans Les idées parlent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois, mitterrand, chine, défi, vichy, droite, strasbourgeoise
23.04.2008
Aimé Césaire : Y a pas bon...
Du recyclage de la négritude
par Pierre Damiens
Que Césaire ait chanté sa couleur et en ait fait une arme idéologique, on ne saurait l’en blâmer tout à fait. Il n’a fait en cela que suivre l’air du temps de ces années trente et quarante qui l’ont intellectuellement façonné, et au cours desquelles le fascisme puis le national-socialisme ont érigé la notion de race et d’identité culturelle comme fondement de l’édifice politique et social. Césaire n’est donc qu’un théoricien «racialiste» parmi d’autres, un des nombreux gauleiters tropicaux dont l’entreprise a pu prospérer, après que le règlement juridique et politique du conflit mondial a conféré aux peuples de couleur le monopole du nationalisme légitime.
Son succès, tout relatif quand on le compare à celui de l'épopée sioniste ou castriste, n’est pas dû à son seul talent. La lourdeur de sa plume, la pauvreté de son inspiration et la redondance de ses thématiques font de l’œuvre de Césaire un monument tautologique. Non. La réussite du concept de négritude provient essentiellement de son contexte et de sa contribution aux desseins hégémoniques des grandes puissances. A l’issue de la seconde guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS se sont partagé l’Europe. Cependant, les empires coloniaux britanniques et français subsistent. Il faut encore les dépecer afin de parachever la redistribution des cartes stratégiques. Tandis que les USA soutiennent discrètement les mouvements indépendantistes, Moscou met en branle le formidable outil de propagande qu’est le Parti Communiste, devenu l’apôtre de la révolution mondiale et de la libération des peuples colonisés.
C’est ainsi qu’Aimé Césaire est recruté par le PCF, avec pour mission d’arracher les Antilles à la souveraineté française. Mais Césaire n’est pas Guevara et ce bourgeois n’est pas prêt à sacrifier son train de vie à son idéal affiché. C’est en potentat local qu’il règnera sur la Martinique, employant habilement le mouvement autonomiste comme un moyen de marchandage avec la métropole, menaçant de prendre le large tout en prenant grand soin de ne pas larguer les amarres. Cumulant despotiquement les mandats électoraux et les emplois administratifs, profitant des subsides de l’État français, il détournera pendant plus d’un demi-siècle cette manne financière contre le pays qui l’a élevé, éduqué et nourri et qui ne cessera, jusqu’à sa mort, de le couvrir d’honneurs et d’avantages, dans un amour à sens unique qui tient du masochisme. 
Cependant, la postérité de Césaire ne s’incarnera pas seulement dans la perpétuation de son chantage autonomiste, dans ce subtil mélange d’émeutes et d’appel à la solidarité nationale auquel sont abonnés les fonctionnaires de la révolte créole. Césaire et sa négritude ont été récupérés à d’autres fins. Ce n’est pas un hasard si, de la gauche affairiste à la droite mercantile, l’hommage à Césaire rivalise de grandiloquence avec le culte stalinien de la personnalité. La négritude est, pour les hommes liges de la mondialisation et du cosmopolitisme, un instrument de culpabilisation de l’indigène de France, de condamnation de l’identité française et de mise en œuvre du diktat du métissage de l’Europe. La lecture fastidieuse du Discours sur la décolonisation imposée à nos lycéens n’a pas pour objectif d’éveiller ces derniers à la responsabilité politique de l’individu, à la nécessité de son enracinement, à l’indispensable communion des êtres au sein d’une communauté de culture et de destin.
A contrario de l’intention prétendument émancipatrice de l’œuvre de Césaire, celle-ci a été recyclée pour participer à l’avènement d’une nouvelle ère d’asservissement : le règne totalitaire d’un ordre mondial, mettant au service d’une intelligentsia cooptée, un cheptel humain standardisé, docile et résigné.
L'auteur
Pierre Damiens, âgé de 38 ans, est consultant international en sécurité.
Lu sur l'excellent blog littéraire du Stalker : http://stalker.hautetfort.com
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14.04.2008
Changement de décor
A la veille de son troisième anniversaire, la weblog de la Droite Strasbourgeoise s'offre un nouveau costume. Plus qu'un simple nettoyage de printemps, l'actualité locale et nationale demande de marquer le coup, en même temps qu'elle offre l'opportunité d'une réflexion et d'un positionnement politique renouvelés : « Ce n'est qu'après avoir tout perdu qu'on est libre de faire ce que l'on veut » (Tyler Durden).
La vie mouvementée qu'a connu le blog depuis sa création en juin 2005, l'invite aujourd'hui naturellement à évoluer : de nouvelles plumes sont venues compléter une équipe rédactionnelle de hussards (les références sont à chercher autant dans la cavalerie que dans la littérature) qui s'agrandit encore et s'enrichit d'une nouvelle diversité ; la ligne politique est désormais libérée des contraintes et des « positions de principe » liées aux précédents mandats ; quelques-uns ont fait leur outing tandis que d'autres préservent un anonymat qui leur garantit une certaine liberté d'expression...
Graphiquement, il convenait donc également de marquer le changement. Les couleurs d'abord, marquent une rupture avec le bleu des droites de tous poils, et visent à se dégager des réflexes établis par l'intelligentsia pour recomposer un discours censé, cohérent et assumé en totalité. Le rouge et le blanc rappellent naturellement les armes de Strasbourg, et la belle Strasbourgeoise, toujours ravissante, est représentée sous les traits d'une marionnette dont on ne voit qui tire les ficelles. Il n'y a évidemment pas de paranoïa derrière cette image ; simplement l'idée qu'il faut rester lucide et attentif, comme le rappelle la citation d'Ernst Jünger. N'est pas libre celui qui croit. Enfin, la rosace de la cathédrale de Strasbourg marque notre attachement à la ville et aux siècles qui constituent son histoire et sa culture, mais également le quotidien (l'avenir aussi, naturellement) de tous les strasbourgeois. Parallèlement, la Droite Strasbourgeoise lance le Right Club, dont nous vous reparlerons très prochainement.
Avec aujourd'hui plus de 5000 lecteurs mensuels, la Droite Strasbourgeoise se porte donc bien, et elle vous en remercie. Elle compte bien garder le cap et continuer à décrypter l'actualité locale et nationale, à la lumière des valeurs qui sont les siennes, pour offrir autant de cartouches à un réarmement idéologique plus que nécessaire. L'objectif s'associe à un combat qui nous fera voir du pays, sur tous les fronts qui composent le champ métapolitique, avec une seule arme, celle de la critique. Et, comme le dirait notre bon ennemi Alain Bihr : « L'arme de la critique n'est jamais autant acérée et ne fait jamais autant de mal à l'ennemi que lorsqu'elle est patiemment affûtée sur la meule du concept [...] Sacrifier à l'exigence théorique ne doit pas cependant nous priver de manier cette autre arme polémique que constituent l'humour et l'ironie ».
Pierre-Antoine Beyer
21:20 Publié dans La Droite avance | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : la droite strasbourgeoise, strasbourg, ernst junger, alain bihr, tyler durden, droite, strasbourgeoise
29.08.2007
www.ladroitestrasbourgeoise.com
Sur notre Apple 1, ancêtre de l'Apple 2, lui même ancêtre de l'I-Pod, les équipes R&D ( Recherche & Développement) de la Droite Strasbourgeoise viennent de paramêtrer le nouveau nom de domaine qu'il vous faudra rajouter en lien sur vos sites avec notre prochaine mutation.
Désormais : www.ladroitestrasbourgeoise.com est actif.
Comme vous aimez-vivre dangereusement, vous mettrez ce lien sur vos blogs et dans vos favoris. Pire, vous lirez son contenu et le transmettrez à des amis qui nieront connaître notre existence. Pour cette mission, nous comptons sur vous, amis et ennemis !
12:15 Publié dans La Droite avance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : droite, strasbourgeoise, municipales, politique, strasbourg, alsace
10.04.2007
Autour du nihilisme : De l’Eglise, de la culture de mort et de l’eugénisme
Notre récente publication d’un éditorial du Père Abbé Dom Louis Marie et intitulé « Abbaye St Madeleine du Barroux : contre la culture de mort » a fait réagir un correspondant nommé Coclès que nous citons ici : "Que l'Europe soit modelée par ses racines chrétiennes est une évidence que seuls les rédacteurs du projet constitutionnel européen ont souhaité taire afin de maintenir la porte ouverte à de futurs impétrants comme la Turquie. Mais ces racines sont-elles les seules ? On peut à bon droit se demander ce que serait la théologie chrétienne sans la philosophie grecque, ce que serait le droit canon sans l'esprit juridique romain, l'iconographie et l'architecture chrétienne sans l'art antique et les apports "barbares" venus du monde celto-germanique. Quant à l'abbé du Barroux, fidèle à son Eglise, il règle bien vite les questions posées par ce qu'il appelle d'une manière cavalière "la culture de mort". Toutes les sociétés de l'Antiquité ont pratiqué l'eugénique négative sans jamais l'assimiler à un crime. L'enfant grec ne devenait un être "humain" que quelques jours après sa naissance effective ce qui permettait aux sages femmes de procéder à la suppression des nouveux nés les plus lourdement handicapés sans que la loi ne considère cette opération comme un crime. De même le suicide était-il honoré comme une fin de vie souhaitable tant par les Grecs que par les Romains, soit pour en finir avec les souffrances d'une agonie pénible soit pour résoudre une question d'honneur. L'avortement était également licite dans toutes ces sociétés et sa pratique s'est poursuivie tout au long du Moyen Age. Ces société qui participent aussi de notre héritage étaient-elles pour autant adonnées à "la culture de mort" ? C'est au contraire l'exubérance de la vie que l'on y célébrait sans retenue. La véritable question c'est qu'en Gréce en particulier, les citoyens étaient conscients de se donner leurs propres lois par la délibération démocratique. Ils n'obéissaient à aucun code surplombant issu d'une volonté divine. Ils savaient la loi oeuvre humaine et susceptible de multiples remaniements. C'est ce que Castoriadis a appelé l'autonomie par opposition à l'hétéronomie qui régle toute la pensée de l'abbé du Barroux. Un abbé qui donne malheureusement, comme tous les monothéistes dans un ethnocentrisme bien naïf. La manière dont il décrit les "idoles" aztèques, la façon dont il adhère à l'imagerie d'Epinal d'une conversion paisible des Amérindiens charmés par les beautés de la Vierge de Guadalupe laisse pantois. Même Montaigne, quelques décennies après les faits, avait fait litière de ces fadaises au nom d'une pensée du relatif qui ruinait le présupposé universaliste des évangélisateurs. Aujourd'hui comme hier, les missionnaires ne pouvaient considérer la pluralité du monde qu'à travers les préjugés de leur propre culture, et de ce fait, c'est cette pluralité qu'ils mettaient en péril. La "gauche" colonialiste fut l'héritière de cet esprit là, au nom cette fois de l'universalité des droits de l'homme. Il est surprenant que la "droite" strasbourgeoise ne fasse pas le rapprochement".
(http://ladroitestrasbourgeoise.blogspirit.com/archive/200... ).
Ouvrons le débat grâce à lui :
L’intérêt premier en diffusant cet éditorial était de rappeler, qu’au sein même de l’Eglise catholique actuelle, un discours « pur et dur » pouvait encore se tenir, loin de la langue de bois humanitariste habituellement en vogue. Le rôle du Père Abbé et de l’Abbaye du Barroux, (fief du Traditionalisme en France) est important : maintenir la flamme vacillante d’un catholicisme, non encore abattu devant l’inéducable décrépitude d’une partie de ses élites, d’une partie de ses structures, puisque nos évêques sont hélas en grande partie responsable de l’état de l’Eglise française.
En bref, au lieu de ne tenir qu’un discours tiers-mondiste, égalitariste et bon enfant, il serait bon de revenir aux fondamentaux du catholicisme.
Tout d’abord, nous partageons pleinement votre avis au sujet de l’intervention du Père Abbé sur les idoles indiennes (forcément "horribles" par rapport à la Vierge) et sur les populations autochtones, considérées ici comme de paisibles sauvages qui n’attendaient que l’étincelle divine apportée par les pères blancs.
Mais on peut aussi soupçonner au vu de la référence à la bataille de Lépante, que Dom Louis-Marie a une idée derrière la tête et qu’il voit un grand péril actuel pour notre civilisation et la chrétienté : l’Islam…
Mais ceci n’est qu’un détail, devant un enjeu plus important.
Le biopolitique, principe qui régit de plus en plus la vie des gens Vous abordez le principe forgé par Michel Foucault du « biopolitique » et c’est bien de cela qu’il s’agit aussi actuellement, quand on parle de législation autour de l’avortement, de l’euthanasie, de la recherche génétique. Pour ma part, j’y vois le nihilisme, terme fourre-tout certes, mais qui a le mérite de recouvrir de nombreux événements et faits qui sont en train de gagner la bataille des idées et de la pensée.
Vous parlez tout d’abord de l’exubérance de la vie défendue lors des siècles passés par nos aïeux et c’est justement aussi pourquoi nous souhaitions mettre ce sujet en avant. Il est effectivement curieux de constater que c’est bien la pulsion de mort, couplée au nihilisme le plus destructeur qui prédomine dans notre société, de façon larvées, mais laissant apparaître sa tête, comme une immonde bestiole à qui il faudrait la trancher.
Autrement dit, nos trois notions - avortement, euthanasie, recherche sur les embryons - ne sont qu’une seule et même chose, un hymne à la mort, sous couvert de faciliter la vie. Faciliter est le verbe clef. Dans nos sociétés de progrès occidentales, c’est la facilité qui prime on ne doit plus s’embarrasser d'un bébé, d’un vieillard : autant les éliminer, pour que puisse continuer la course à la compétitivité par exemple, dans le cas de l’avortement, souvent pratiqué pour qu’une jeune fille ne soit pas gênée dans sa carrière professionnelle. Cessons la propagande médiatique et sociétale tentant de disculper l’avortement : un embryon est un être humain, qu’il ait 1 jour, une semaine ou un mois. À partir de là, chacune et chacun choisit en son âme et conscience, mais il s’agit d’un acte grave, pas d’un simple geste hygiénique, comme se débarrasser d’une verrue.
Point n’est besoin de suivre le raisonnement du Père abbé (qui est le raisonnement classique de l’église catholique), au sujet des avortements, pour comprendre que la culture de mort évoquée ici est devenue une chose tellement courante que l’on a l’impression que les candidats à la présidentielle en France et une partie de nos « élites » considère l’avortement, les recherches sur les embryons etc.…comme des actes tellement banals, qu’on peut les évoquer entre deux portes, avec quelques précautions certes (comme des comités d’éthiques, un brin fantoches) mais qui sont presque acquises.
La Technique : l’arraisonnement des corps humains. Nous parlons donc ici de ce principe qui me déplaît, celui du corps humain considéré comme une chose jetable, transformable et utilisable à merci, comme une marchandise.
Le corps devient un stock d’organes, comme une simple réserve biologique, qui sera bientôt transformable, jetable, utilisable à merci par la technique, cette grande arme du nihilisme : nous sommes dès lors sur le terrain de Heidegger, qui a évoqué clairement ce fameux stock d’organes, cette Technique, cet arraisonnement.
Nous sommes donc bien sur le terrain dangereux de la Technique , sans que nos politiques, sans que nos journalistes, sans que nos leaders d’opinions, sans que les associations féministes, pro-euthanasie etc…se doutent une seconde qu’ils/elles nous entraînent sur le terrain de l’utilitarisme du corps humain devenu une simple machine.
La déréalisation technique des corps est sans doute une joie pour les fanatiques du progrès à tout va, qui se réjouissent des recherches du genre : un embryon humain dans un ovocyte de vache ou un clone de poule greffé avec une tête de chien. Les chimères - au vrai sens du terme - sont fascinantes, mais elles sont radicalement contre-nature, monstrueuses, comme l’est la recherche sur les embryons humains, que l’ont fait éclore et que l’on manipule après sans contrôle.
L’écrivain Michel Houellebecq a très bien saisi ce phénomène en ce sens il est bien l'auteur passionnant évoquant l'ère du nihilisme accompli.
Il est encore intéressant de constater que dans cette grande fabrication, l’homosexualité est devenue "un réglage normalisé".
Ainsi, sans parler de morale, il se pourrait bien que dans « sa sagesse infinie », l’Eglise catholique combatte le nihilisme, qu’elle nomme culture de mort, bien que ce nihilisme recoupe encore beaucoup d’autres choses.
Au moment de Pâques, il est bon de le rappeler. Lors de la veillée de Pâques que certains ont vécu ce Samedi Saint, c’est la lumière qui gagne le terrain sur la nuit, c’est le Christ ressuscité qui apparaît, ayant vaincu les limbes et les ténèbres.
C’est un beau symbole il me semble et point n’est besoin d’être croyant pour y voir le combat victorieux de la vie et de l’amour contre la mort…
14:55 Publié dans Le désert croit | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paques, barroux, strasbourg, droite, politique, strasbourgeoise


